En septembre 2026, le nom sirius-trade.co ne figure plus dans le registre des .co : la plateforme qui se présentait deux ans plus tôt comme un « courtier international » a non seulement cessé de répondre, mais son enregistrement a été entièrement effacé des fichiers du registre.
Sommaire
- Plus aucune trace de sirius-trade.co dans le registre des .co
- « Trade with a Global Broker » : les promesses d’une fausse plateforme de trading
- Un portail client sur my.sirius-trade.co et des pages de vitrine standardisées
- Un nom enregistré en juin 2024 pour douze mois, une identité jamais dévoilée
- De l’été 2024 au printemps 2025 : la courte existence d’une vitrine
- Des fonds versés à Sirius Trade : les recours possibles
- Sirius Trade : les questions que se posent les épargnants
Plus aucune trace de sirius-trade.co dans le registre des .co
Lorsque le registre des .co est interrogé sur sirius-trade.co en septembre 2026, il ne retourne aucune fiche d’enregistrement : le nom ne figure plus dans ses fichiers. Ni l’adresse principale ni le sous-domaine www ne répondent. Ce n’est pas une simple expiration ni un changement de serveurs : le nom a été effacé du registre, sans qu’il soit possible de dater précisément ce retrait. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Le sort de sirius-trade.co n’est pas isolé parmi les fausses plateformes que BrokerDefense documentait en novembre 2024. silverfleet-capital.com, autre faux courtier dénoncé par BrokerDefense le 23 novembre 2024, ne répond plus non plus en septembre 2026. Le même jour, BrokerDefense publiait également une enquête sur tradetrustfutures.com, fausse plateforme de trading, elle aussi silencieuse en septembre 2026. Trois noms dénoncés lors d’une même vague d’enquêtes, trois noms muets deux ans plus tard : aucun élément ne permet d’établir qu’ils partageaient un opérateur commun, mais le constat de leur extinction est documenté.
Ce silence absolu contraste avec l’activité apparente de la vitrine à l’automne 2024, lorsque BrokerDefense en relevait le contenu, les prétentions et les manquements. L’effacement du registre marque la fin formelle d’une existence qui n’avait duré que quelques mois.
Dernière mise à jour : 06/09/2026
« Trade with a Global Broker » : les promesses d’une fausse plateforme de trading
La vitrine sirius-trade.co se présentait sous le slogan « Trade with a Global Broker » et se décrivait comme une « société mondiale de courtage et d’investissement ». Les termes choisis visaient à rassurer : « comptes ségrégués », « protection contre le solde négatif », spreads qualifiés de « très compétitifs », support annoncé « 24/6 ». L’argument le plus frappant restait l’effet de levier affiché jusqu’à 1:300, un niveau incompatible avec les règles en vigueur dans les juridictions régulées de l’Union européenne.
La gamme de produits proposée couvrait le Forex, les matières premières (pétrole brut, Brent, or, argent), les actions, les indices boursiers, les contrats à terme et les cryptomonnaies. Trois environnements de trading étaient présentés comme des « plateformes de pointe » : un Webtrader accessible depuis le navigateur, un Mobile Trader pour les appareils portables et un Desktop Trader à installer sur ordinateur. Le parcours d’inscription était découpé en quatre étapes : ouvrir un compte, l’approvisionner, envoyer des documents de vérification, puis commencer à trader.
La page « About Us » développait le registre de la légitimité en évoquant une « international brokerage house » sans jamais nommer de société, citer un numéro d’enregistrement commercial ni mentionner la moindre autorité de régulation. Derrière un vocabulaire soigneusement emprunté au secteur financier réglementé, la vitrine ne reposait sur aucune assise identifiable.
Un portail client sur my.sirius-trade.co et des pages de vitrine standardisées
Les boutons « Sign In » et « Sign Up » de la vitrine renvoyaient vers un portail client hébergé sur un sous-domaine dédié, my.sirius-trade.co, avec des pages distinctes pour la connexion (/login) et l’inscription (/register). La séparation entre vitrine publique et espace client est caractéristique des kits de fausses plateformes de trading : elle permet de gérer les fonds déposés dans un environnement distinct de la page d’accueil.
La vitrine elle-même était construite avec WordPress et le générateur de pages Elementor. Une déclinaison roumaine était accessible via le chemin /ro/, signe d’un ciblage multilingue délibéré. Le site comportait l’ensemble des pages types que l’on retrouve sur ce type de vitrine : présentation des types de comptes, fiches produits par classe d’actifs, descriptions des plateformes, pages intitulées « security of funds », « anti-money laundering », « risk disclosure », « bonus terms and conditions », ainsi que des conditions générales, une politique de confidentialité et une page cookies. Ce catalogue de pages standardisées donnait une apparence de sérieux sans apporter aucune garantie réelle.
Un nom enregistré en juin 2024 pour douze mois, une identité jamais dévoilée
Le constat AFNOR établi le 25 novembre 2024 révèle que le nom sirius-trade.co avait été créé le 24 juin 2024 auprès du registraire PDR Ltd (PublicDomainRegistry), pour une durée d’un an, avec une échéance affichée au 24 juin 2025. Les données du titulaire étaient masquées. À l’époque, le nom s’appuyait sur les serveurs de noms de Cloudflare et la vitrine était hébergée sur l’infrastructure cloud Microsoft Azure, dans un centre de données situé aux Pays-Bas.
Sur le plan de l’identité, l’opacité était totale. L’enquête BrokerDefense de novembre 2024 n’a relevé aucune société nommée, aucune licence, aucun numéro d’agrément, aucun numéro de téléphone et aucune adresse physique. Le seul point de contact proposé était le courriel générique [email protected]. Aucune autorité de régulation n’était mentionnée, ni dans les conditions générales ni ailleurs. Les listes consultées en septembre 2026 ne mentionnent pas ce nom parmi les acteurs non autorisés recensés, mais l’absence d’identité constitue en elle-même le principal signal d’alerte : une plateforme qui ne peut pas citer son agrément n’en possède pas.
De l’été 2024 au printemps 2025 : la courte existence d’une vitrine
La première trace archivée du nom sirius-trade.co remonte au 22 août 2024 : la vitrine était déjà en ligne à cette date. Le contenu complet de la plateforme a été documenté entre le 25 novembre et le 23 décembre 2024, période couverte par le constat AFNOR (accueil, page « About Us », page « Contact Us », page des conditions générales). C’est durant cet intervalle que BrokerDefense a conduit son enquête et publié ses conclusions.
Les dernières traces d’un contenu actif datent de décembre 2024. Dès avril 2025, les captures réalisées les 16 et 23 de ce mois montrent que le nom ne renvoyait plus qu’une page par défaut du serveur d’hébergement, une page générique sans rapport avec la plateforme de trading. En septembre 2026, même cette page a disparu : le nom ne figure plus dans le registre. La durée d’enregistrement initiale d’un an et l’abandon du contenu avant même l’échéance théorique de juin 2025 s’inscrivent dans le cycle habituel de ce type de vitrine éphémère.
Des fonds versés à Sirius Trade : les recours possibles
Les personnes qui ont effectué des versements vers sirius-trade.co doivent en premier lieu rassembler et conserver l’ensemble des justificatifs disponibles : relevés de virements, confirmations de paiement, échanges de courriels, captures d’écran de l’interface client. Ces éléments constituent la base documentaire de tout recours.
Il est recommandé de signaler les transactions à l’établissement bancaire ayant traité ou laissé transiter les fonds, en formulant expressément un signalement pour opération suspecte. La responsabilité d’un établissement peut être recherchée pour manquement à son devoir de vigilance lorsqu’il a permis le transfert de fonds vers une entité sans agrément identifiable. Vérifier si le nom apparaît sur la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF reste utile, même si l’absence d’une entrée ne vaut pas validation de la plateforme. Le dépôt d’une plainte pénale est une étape essentielle : notre page dédiée aux plaintes pénales détaille les modalités et les autorités compétentes.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Chaque versement effectué vers une plateforme comme sirius-trade.co a laissé une trace, à la fois dans les relevés de l’épargnant et dans les systèmes de l’établissement qui a exécuté le virement. Cette documentation chiffrée constitue le point de départ des recours : lorsqu’une banque a laissé transiter ou encaissé des fonds au profit d’une entité sans agrément sans procéder aux vérifications qui s’imposaient, sa responsabilité peut être recherchée pour manquement à son devoir de vigilance. Des décisions de cours d’appel et de la Cour de cassation ont condamné des banques étrangères opérant en France dans des dossiers d’escroquerie au faux investissement, ouvrant droit à indemnisation pour les victimes. Maître Anne Bernard-Dussaulx analyse dans la vidéo ci-dessous ces décisions et ce qu’elles changent concrètement pour les personnes qui ont versé des fonds à une telle plateforme.
Sirius Trade : les questions que se posent les épargnants
Non. En septembre 2026, le nom ne figure plus dans le registre des .co : aucune fiche d’enregistrement ne subsiste et ni l’adresse principale ni le sous-domaine www ne répondent. Les dernières traces archivées d’un contenu datent de décembre 2024 ; dès avril 2025, le nom ne servait déjà plus que la page par défaut du serveur d’hébergement.
Rien ne permet de l’établir. L’enquête BrokerDefense de novembre 2024 n’a relevé aucune société identifiable, aucun agrément, aucun numéro d’enregistrement ni aucune mention d’une autorité de régulation. La vitrine annonçait un effet de levier jusqu’à 1:300 et des comptes « ségrégués », mais ne fournissait qu’un courriel générique pour tout contact. Les listes consultées en septembre 2026 ne mentionnent pas ce nom.
Les personnes ayant versé des fonds doivent conserver l’ensemble des justificatifs (virements, échanges, captures d’écran), signaler les transactions à l’établissement bancaire qui a reçu ou laissé transiter les fonds, dont la responsabilité peut être recherchée pour manquement au devoir de vigilance, et déposer plainte auprès des autorités compétentes. Le service d’aide aux victimes de BrokerDefense peut les orienter dans ces démarches.
Sirius-trade.co aura existé moins d’un an sous forme de vitrine active, le temps de recueillir des versements avant de disparaître sans laisser ni société ni interlocuteur identifiable. L’effacement du nom du registre des .co en 2026 marque l’aboutissement logique d’un dispositif conçu pour ne laisser aucune prise. Pour les personnes qui ont versé des fonds, les recours restent ouverts tant que les traces bancaires subsistent.
Article réécrit le 06/09/2026


