PuPrime arnaque : puprime.com blacklisté par l’AMF depuis 2021

Le domaine puprime.com, vitrine du courtier de CFD qui se présente sous le nom PuPrime, figure depuis le 7 avril 2021 sur la liste noire des sites non autorisés catégorisés en Forex publiée par l’AMF. Cette inscription n’a jamais été levée, et l’opérateur a depuis ouvert d’autres portes à destination du public français, elles aussi reprises sur la même liste. Ce que la vérification contemporaine établit avec précision, c’est la date exacte et la séquence complète de ces entrées successives.

puprime.com sur la liste noire forex de l’AMF depuis 2021

La liste noire des sites non autorisés catégorisés en Forex publiée par l’AMF, dans sa mise à jour du 4 septembre 2026, mentionne www.puprime.com sous la date du 7 avril 2021. Une inscription sur cette liste signifie que l’entité visée ne dispose d’aucune autorisation pour proposer ses services en France : elle n’est pas agréée, n’est pas passeportée depuis un État membre de l’Union européenne, et n’offre donc à ses clients résidents français aucune des garanties prévues par le cadre réglementaire européen.

Après cette première entrée, deux domaines supplémentaires orientés vers le marché français ont été ajoutés à la même liste : fr.puprime.net le 17 octobre 2022, puis fr.puprime.online le 8 novembre 2024. La logique est identique dans les trois cas : un domaine identifié, une inscription sur la liste noire, et la poursuite du service. Ce schéma, qui consiste à continuer de toucher le public français en changeant de porte après chaque inscription, se retrouve dans d’autres dossiers traités par BrokerDefense, notamment celui de Quantiumax.one, blacklisté par l’AMF le 4 septembre 2026 et toujours en ligne au moment de la publication de cette analyse, sans qu’aucun lien entre les deux opérateurs ne soit établi.

Ce que la multiplication des domaines français révèle, c’est la capacité de l’opérateur à anticiper les inscriptions et à maintenir un accès opérationnel pour le public francophone, malgré l’identification formelle par le régulateur. L’article d’origine de BrokerDefense, publié le 3 août 2024, mentionnait déjà une inscription AMF : la vérification réalisée en septembre 2026 la confirme et en établit la date précise.

Dernière mise à jour : 10/09/2026

puprime.com : un nom enregistré en 2019 et jamais abandonné

La fiche d’enregistrement publique du domaine puprime.com indique une date de création au 30 juillet 2019, une expiration prévue au 30 juillet 2027, et une dernière modification de la fiche le 29 juin 2026. Le bureau d’enregistrement est Gandi SAS. Les serveurs de noms actifs sont ns-129-b.gandi.net, ns-184-a.gandi.net et ns-234-c.gandi.net. Le statut d’interdiction de transfert est en place, ce qui signifie que le domaine est verrouillé et ne peut pas être cédé à un tiers sans levée expresse de cette restriction.

Un domaine enregistré depuis 2019, dont l’expiration est programmée en 2027 et dont la fiche a été modifiée aussi récemment que juin 2026, n’a rien d’une coquille jetable. L’ancienneté d’un enregistrement n’est en aucun cas un gage de conformité réglementaire, mais elle atteste qu’un service tourne, que des ressources techniques sont maintenues et que l’opérateur entend poursuivre son activité. Vous pouvez consulter l’ensemble des données disponibles via la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Une licence des Seychelles authentique, sans effet en France

Le pied de page de la vitrine indiquait, dans les captures archivées datant d’août 2024 : « PU Prime Limited is authorized and regulated by the Financial Services Authority of Seychelles under License No. SD050, with registered address at CT House, Office 1A, Providence, Mahe, Seychelles. » La vérification dans l’annuaire public des entités supervisées par la Financial Services Authority des Seychelles confirme qu’une entité « PU Prime Limited » y figure bien, avec cette adresse, ce nom commercial et ces contacts. La licence locale existe réellement : elle n’est pas inventée.

Mais une autorisation délivrée par les Seychelles n’a aucune portée en dehors de ce territoire. Elle n’autorise pas le démarchage de résidents français, ne crée aucun passeport européen et ne donne droit à aucun des mécanismes de protection prévus par le cadre réglementaire européen ou par le droit français de la consommation. C’est précisément le décalage entre « autorisé quelque part » et « autorisé en France » qui constitue le cœur du problème. Ce type de montage, où une licence offshore réelle sert à donner une apparence de légitimité sans que cette légitimité ait le moindre effet sur le territoire français, se retrouve dans d’autres dossiers : VenturoFX.com, par exemple, revendiquait un agrément CySEC introuvable dans les annuaires du régulateur chypriote, une situation distincte mais qui illustre la même logique de décrochage entre la référence affichée et la réalité de l’autorisation.

Des entités à Chypre et aux Seychelles pour brouiller l’identité

Le même pied de page indiquait également : « Finzero Cap Ltd, registered in the Republic of Cyprus with registration number HE414308 and registered address at 62 Athalassas, Mezzanine, Strovolos 2012, Nicosia, Cyprus. » Il s’agit donc de deux entités légales distinctes, toutes deux réelles et inscrites dans leurs pays respectifs : PU Prime Limited aux Seychelles et Finzero Cap Ltd à Chypre, avec des numéros d’immatriculation vérifiables.

La vitrine revendiquait par ailleurs des restrictions géographiques excluant les résidents des États-Unis, de Singapour, de l’Australie et de la Chine. Ce type de clause vise généralement à se prémunir des régulations les plus strictes, tout en laissant le service ouvert à d’autres marchés, dont la France. La coexistence de deux entités dans deux juridictions différentes complique, selon les praticiens du droit, l’identification du débiteur auquel un épargnant lésé pourrait s’adresser dans le cadre d’une action : laquelle des deux sociétés est contractuellement responsable, dans quelle juridiction, et selon quel droit applicable ? Ces questions ne trouvent pas de réponse simple dans la seule lecture du pied de page de la vitrine.

Un site toujours en ligne et des portes françaises rouvertes

Au moment de cette mise à jour, puprime.com répond et affiche un mur de vérification anti-robot avant tout accès au contenu. Le domaine est actif, l’infrastructure fonctionne, le service tourne. L’opérateur n’a pas mis fin à son activité après l’inscription sur la liste noire de l’AMF en avril 2021.

Au contraire : après cette première entrée, deux nouvelles adresses françaises ont été ouvertes et ont elles-mêmes été reprises sur la liste noire. fr.puprime.net y figure depuis le 17 octobre 2022, fr.puprime.online depuis le 8 novembre 2024. Un dispositif qui continue de fonctionner alors que le régulateur français l’a identifié depuis plus de cinq ans témoigne d’une capacité opérationnelle maintenue et d’une indifférence aux inscriptions successives. Pour un épargnant, cela signifie que la présence en ligne d’un service n’est pas un indicateur de sa conformité, et que l’absence de blocage technique ne vaut pas autorisation.

Quelles démarches après des versements sur puprime.com ?

La première étape consiste à réunir et à conserver l’ensemble des preuves disponibles : relevés bancaires mentionnant les virements vers des comptes associés à PuPrime, justificatifs de dépôt, captures des pages de la vitrine affichant la licence SD050 ou les coordonnées de Finzero Cap Ltd, et tout échange écrit avec le service client du site.

Il est ensuite important de contacter sans délai l’établissement bancaire qui a laissé passer les opérations. Les fonds envoyés à un intermédiaire non autorisé en France laissent des traces dans les circuits bancaires, et le devoir de vigilance de l’établissement peut être interrogé, en particulier lorsque les virements présentaient des caractéristiques inhabituelles. La banque dispose parfois de leviers pour agir, même après coup.

Le dépôt d’une plainte pénale constitue une étape importante du processus. BrokerDefense consacre une page dédiée aux plaintes pénales qui détaille les modalités et les points d’attention propres à ce type de dossier. Il est également recommandé de consulter directement les listes noires et mises en garde de l’AMF pour vérifier si d’autres domaines associés à l’opérateur figurent dans ces listes. Dans le cas de PuPrime, trois domaines y sont inscrits, ce qui constitue un élément concret à verser au dossier. La revendication d’une licence seychelloise et la présence d’une entité chypriote (Finzero Cap Ltd) sont deux éléments supplémentaires à documenter et à mentionner explicitement dans toute démarche formelle.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Qu’une licence obtenue à l’étranger ne suive pas les fonds jusqu’en France est précisément l’une des réalités que les épargnants peinent à appréhender avant d’agir. C’est ce point, et les leviers qui restent ouverts du côté des banques et des juridictions, que développe Maître Caroline Willm, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, en abordant la notion d’extranéité, c’est-à-dire ce que change concrètement, pour un épargnant, le fait que les structures destinataires des fonds soient établies hors de France. L’entretien ci-dessous revient sur ces mécanismes avec précision.

PuPrime : les questions que se posent les épargnants

PuPrime est-il autorisé à proposer du trading en France ?

Non. Le domaine puprime.com figure depuis le 7 avril 2021 sur la liste noire des sites non autorisés catégorisés en Forex publiée par l’AMF. Cette inscription signifie que l’entité ne dispose d’aucune autorisation pour proposer ses services à des résidents français, et qu’aucune protection réglementaire française ou européenne ne s’applique aux clients concernés.

Que faire après avoir versé des fonds sur puprime.com ?

Il convient en premier lieu de rassembler toutes les preuves disponibles : relevés bancaires, justificatifs de virement, captures de la vitrine mentionnant la licence SD050 ou l’entité Finzero Cap Ltd, et échanges avec le service client. Contacter sa banque rapidement pour signaler les opérations est une étape clé, tout comme le dépôt d’une plainte pénale. BrokerDefense peut accompagner les personnes concernées dans l’évaluation de leur situation.

La licence des Seychelles affichée par le site a-t-elle une valeur en France ?

Non. Une autorisation délivrée par la Financial Services Authority des Seychelles ne vaut que dans ce territoire. Elle n’autorise pas le démarchage de résidents français, ne constitue pas un passeport européen et ne donne droit à aucune des protections prévues par le cadre réglementaire de l’Union européenne. La licence locale de PU Prime Limited est réelle, mais elle est sans effet pour un client domicilié en France.

Les personnes ayant ouvert un compte sur puprime.com et versé des fonds à la suite d’un démarchage en ligne se trouvent dans une situation particulièrement exposée : le site n’est pas autorisé en France, les structures destinataires sont établies aux Seychelles et à Chypre, et trois de ses domaines figurent sur la liste noire de l’AMF. BrokerDefense invite toute personne concernée à faire évaluer sa situation au plus tôt, afin d’identifier les démarches adaptées à son cas et de ne laisser passer aucun délai susceptible de limiter ses options.

Article réécrit le 10/09/2026

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

SERVICE DE VÉRIFICATION

Vérifier le destinataire de votre paiement avant d’effectuer votre virement

ÉTUDE DE TRAÇAGE

Litiges cryptoactifs

SERVICES

BROKER DEFENSE

Offres spécifiques en matière de gestion des litiges dans le domaine de l’investissement et des escroqueries financières.

Ceci pourrait vous intéresser