Le pied de page de lierreboursivo-ai.com affiche, ce 27 octobre 2026, la mention « © 2021-2026 Lierre Boursivo Ltd (UK Company 14263229) ». Le numéro existe, mais il ne désigne pas cette marque : il correspond à QUANTUM AI LTD, une société immatriculée à Luton le 29 juillet 2022 et radiée le 2 janvier 2024. Aucune entreprise du nom de Lierre Boursivo n’apparaît au registre britannique, et le nom de domaine, lui, a été déposé le 14 juillet 2026, soit trois ans et demi après la disparition de la société dont il emprunte l’immatriculation.
Sommaire
- Un numéro de société bien réel, mais qui appartient à une entreprise radiée
- Quatre champs, un identifiant de clic, et un départ immédiat vers un partenaire
- Des chiffres qui changent d’une page à l’autre, et un domaine plus jeune que son récit
- Sept portraits sur la page de l’équipe, trois sur l’accueil, et un aveu en passant
- Derrière la vitrine, un socle commun à plusieurs gabarits
- Deux fronts à ouvrir : la banque teneur de compte et le juge pénal
- Avant de composer le numéro affiché : quatre questions
Un numéro de société bien réel, mais qui appartient à une entreprise radiée
Un numéro d’immatriculation n’est pas un ornement : il désigne une personne morale unique, avec une date de naissance, un siège et une fin. Celui que la vitrine affiche est vérifiable en deux clics sur le registre public des sociétés britanniques. Il renvoie à QUANTUM AI LTD, dont le siège déclaré se trouvait au 35 John Street, à Luton, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Londres, avec quatre codes d’activité tous tournés vers le logiciel et les portails web. La société a été dissoute il y a près de trois ans.
La vitrine, elle, annonce un autre décor : « 1 Finsbury Avenue, EC2M 2PF London, United Kingdom », un immeuble de bureaux du quartier de Broadgate, un standard téléphonique au +44 01678 939865 et une adresse de courriel unique, relevée dans les pages de contact comme dans l’annonce de recrutement. Aucun de ces éléments ne figure au registre pour le numéro 14263229. Interrogé par le nom de la marque, le registre ne renvoie d’ailleurs aucune société Lierre Boursivo : les seules entités approchantes portent d’autres noms et n’ont aucun rapport avec le courtage.
Le récit d’ancienneté qui accompagne ce numéro varie d’une page à l’autre. La page d’accueil parle d’une maison présente « depuis 2022 », la page de présentation affirme que « le projet a commencé à prendre forme en 2021 », et le pied de page revendique un copyright ouvert en 2021. Une entreprise de courtage qui existe depuis quatre ans laisserait des traces : comptes déposés, dirigeants successifs, changements d’adresse. Ici, la seule trace datable est un nom de domaine créé à l’été 2026.
Un détail achève de nouer les deux histoires. La vitrine emploie dix fois le mot « quantum » : « Quantum Computing » sur l’accueil, « We understand quantum computing » dans la section technique, « home quantum computing » sur la page de l’équipe, « quantum coherence » dans l’offre d’emploi. La société dont elle reprend le numéro s’appelait précisément QUANTUM AI LTD. Le vocabulaire de la marque est le résidu du projet auquel appartenait cette immatriculation.
Ce décor d’immatriculation n’est pas isolé. Un dossier voisin, publié le 26 octobre, décrivait la même mécanique sur tradeassetlimited.com : une société britannique du même nom, radiée depuis 2024, servait déjà de caution à une promesse de rendement quotidien. Le registre des sociétés est devenu un catalogue dans lequel les opérateurs de ces vitrines viennent chercher une respectabilité à bas prix.
Dernière mise à jour : 27/10/2026
📄 Instantané de la capture
Voici la page servie par lierreboursivo-ai.com, relevée le 27 octobre 2026 et conservée par BrokerDefense. On y voit la promesse d’une équipe britannique, le compteur d’utilisateurs actifs, le formulaire d’inscription à quatre champs et le bandeau de chiffres qui l’accompagne. Ces repères datent la version présentée aux visiteurs.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Quatre champs, un identifiant de clic, et un départ immédiat vers un partenaire
Le parcours réel du site tient dans une page. Le bulletin d’accueil réclame l’identité du visiteur, son courriel et son téléphone, avec l’acceptation des conditions : aucun mot de passe n’est créé, aucune pièce d’identité n’est demandée, aucun montant n’est fixé à ce stade. Un champ caché accompagne pourtant chaque envoi, nommé « clickid ». Sur la copie du gabarit conservée dans le dossier du site, sa valeur est encore le texte « {clickid} » ; sur la page effectivement servie aux visiteurs, ce même champ porte une chaîne tirée au sort, identique au témoin déposé dans le navigateur à la première visite. La substitution se fait donc côté serveur, à chaque visiteur.
Le script de validation se charge du reste : il reconstruit une adresse de traitement interne au dossier du site et y envoie le formulaire. La réponse contient une adresse web, et le navigateur y redirige le visiteur sans autre explication. Avant l’envoi, le même script interroge un service de géolocalisation pour préremplir l’indicatif téléphonique, et le sélecteur de pays privilégie l’Inde et l’Australie. Un bandeau latéral fait défiler des inscriptions attribuées à des prénoms et à des villes, alimenté par un fichier de noms qui tourne en boucle.
L’argent, enfin, n’apparaît qu’en petits caractères. La page d’accueil fixe un « dépôt minimum de 190 £ » présenté comme un moyen de tester la plateforme, la FAQ reprend le même seuil, et les données structurées de la page le transforment en offre commerciale au prix de 190 livres sterling. Rien n’indique où va ce versement, ni à quel établissement il est adressé : aucune banque, aucun IBAN, aucun numéro de compte n’est publié. La politique de confidentialité prévoit d’ailleurs de transmettre les coordonnées « à des plateformes tierces » lorsque le visiteur demande une mise en relation, ce qui décrit exactement la fonction du site : capter des prospects et les revendre.
La vitrine le dit même à demi-mot dans son pied de page, en anglais : les noms et les vidéos présentés « ne montrent aucune société ni aucun service réel », et toutes les personnes filmées sont des comédiens. Un site qui prévient que sa propre équipe est jouée par des acteurs ne vend pas un logiciel d’analyse, il vend une inscription.
Des chiffres qui changent d’une page à l’autre, et un domaine plus jeune que son récit
Les indicateurs ne se recoupent pas. L’accueil annonce 410 684 utilisateurs actifs, la page de présentation « 300 000+ », et les deux pages promettent la même disponibilité de 99,9 %. La taille du code est donnée à « 600M+ », sans qu’on sache s’il s’agit de lignes ou d’octets. Les six témoignages alignent cinq étoiles chacun, prénom et ville, sans nom de famille ni moyen de vérification ; le balisage de la page en tire une note agrégée de 5 sur 5 pour six avis, tout en laissant vide la liste des avis qui devraient la fonder. Un moteur de recherche qui lit ces données affichera donc une plateforme parfaitement notée, sur la foi d’une page qui ne cite aucune source.
Les dates, elles, se contredisent plus nettement que les chiffres. La citation attribuée au directeur général affirme un lancement « en janvier 2022 », la page de présentation remonte à 2021, et les conditions générales comme la politique de confidentialité portent la mention « Updated on: 1 January 2026 », six mois avant l’existence du nom de domaine. Aucune capture publique de ce site n’est conservée dans les archives d’internet : un service qui se dit établi depuis quatre ans n’a laissé aucune trace de son passé, pas même une version antérieure de sa page d’accueil.
Le domaine a été enregistré le 14 juillet 2026 auprès du bureau Sav.com, avec une échéance au 14 juillet 2027 et un simple verrou de transfert. Les serveurs de noms sont confiés à Cloudflare, le titulaire est masqué et la signature DNSSEC n’est pas activée. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Sept portraits sur la page de l’équipe, trois sur l’accueil, et un aveu en passant
La page « The team » présente sept personnes, chacune avec une fonction, une université et un diplôme : un doctorat en informatique quantique à Oxford pour le directeur général, un master de l’Indian Institute of Technology pour le directeur technique, puis Waterloo, McGill, Nouvelle-Galles du Sud, Colombie-Britannique et Melbourne. L’accueil, lui, n’en montre que trois, dont une « responsable scientifique » absente de la page dédiée. Deux listes, deux compositions, pour une même entreprise de sept personnes.
Le texte qui introduit ces portraits mérite d’être lu tel quel : l’équipe se décrit comme « genuinely enthusiastic about everything quantum », avec une pointe d’humour involontaire, « almost as if we were AI-generated ourselves ». La phrase suivante invite à rejoindre « the growing team that is leading the way in home quantum computing », c’est-à-dire l’informatique quantique domestique, activité dont le site ne parle nulle part ailleurs. Deux paragraphes plus haut, l’annonce de recrutement cherche des profils en « quantum coherence » et promet un travail à distance pour une expansion au Canada et en Australie.
Ces pages ont un point commun : elles ne sont atteignables que par le dossier interne du site, celui que le code de la page d’accueil déclare comme base de tous ses liens. L’adresse publique du domaine, seule, renvoie une page dont les sous-pages n’existent pas. Autrement dit, l’itinéraire de lecture complet, équipe, contact, conditions, confidentialité, passe par un chemin que le visiteur n’emprunte que s’il clique sur la bonne ancre, et que les moteurs de recherche n’explorent pas.
Derrière la vitrine, un socle commun à plusieurs gabarits
Le fichier qui produit les données structurées du site porte, en tête, trois lignes qui en disent long : « Auto-synced from _shared/seo.js », « Source of truth for all templates », et la commande « node sync-seo-js.mjs ». Ce n’est pas le commentaire d’une plateforme de courtage, c’est la note de service d’une fabrique : un même socle de référence alimente plusieurs modèles de sites, répliqués à la commande. Les autres fichiers du dossier parlent d’ailleurs une autre langue : les commentaires qui décrivent le bandeau des faux inscrits et l’envoi du formulaire vers le partenaire sont rédigés en russe, dans un fichier comme dans l’autre.
L’audience confirme ce montage. La page charge deux compteurs : un compteur Yandex Metrica, avec enregistrement des sessions et cartographie des clics, et un compteur Google Analytics. Le premier est l’outil de mesure le plus courant en Russie, le second est universel ; les deux tournent sur une vitrine entièrement anglophone qui se présente comme britannique. Le reste de la pile est banal : Cloudflare devant, un serveur d’origine Caddy identifié par son en-tête, un certificat Google Trust Services de type WE1 émis le 20 septembre 2026 et valable jusqu’au 19 décembre, couvrant le domaine et tous ses sous-domaines.
Deux détails trahissent l’assemblage. L’image de partage déclarée dans l’en-tête du document pointe vers une adresse qui ne rend qu’une page d’erreur de 1 165 octets, alors que le fichier réel attend dans le dossier interne du site. Et le plan de site ne déclare que trois adresses, dont deux qui n’existent pas à la racine. Un gabarit dupliqué, rempli à la chaîne, dont on a oublié de recâbler les chemins. Le procédé rappelle la signature de copie relevée sur expertlegitchampstrade.com, où le document conservait encore l’adresse du site recopié.
Deux fronts à ouvrir : la banque teneur de compte et le juge pénal
Une personne qui a laissé ses coordonnées sur lierreboursivo-ai.com doit d’abord conserver la trace de ce qu’elle a vu : la page telle qu’elle s’est affichée, l’heure de l’envoi du formulaire, le numéro depuis lequel un « spécialiste » l’a rappelée, le nom qu’il a donné et les courriels reçus ensuite. Si un versement est parti, il faut y ajouter l’ordre de virement, l’intitulé exact du bénéficiaire et son IBAN, ou l’adresse du portefeuille si le paiement s’est fait en crypto-actifs. Ces pièces se rassemblent avant toute réclamation, pendant que les délais bancaires courent encore.
La suite se joue sur deux terrains. Le premier est celui de la banque teneur de compte, qu’il faut saisir vite et par écrit, en joignant la chronologie et les pièces : c’est la voie qui offre encore une chance de rappel des fonds. Le second est pénal : la plainte se construit comme un récit daté, et la page dédiée au dépôt de plainte en détaille les pièces attendues. Une plateforme de notation publique le crédite par ailleurs de 25 % de confiance seulement, un score qui suffit à classer ce domaine parmi ceux qu’il vaut mieux ne pas approcher, comme on le voit sur cette évaluation publique.
Il reste un contrôle que chacun peut faire seul, et il prend une minute : le nom affiché en bas de page ne figure ni dans les listes de l’Autorité des marchés financiers, ni dans le fichier commun que tiennent les autorités européennes, publié par l’ABE Infoservice. Cette absence ne vaut pas certificat de régularité, et le risque demeure entier pour celui qui verse : à cette date, aucune mise en garde publique ne vise cette marque.
La question du recours a été posée à Maître Anne Bernard-Dussaulx, dont la pratique relève du barreau de Paris : que reste-t-il à une personne ayant viré des fonds à une entité dont l’immatriculation appartient à une autre société ? La séquence filmée ci-dessous résume sa position sur les deux fronts, bancaire et pénal.
Avant de composer le numéro affiché : quatre questions
Le numéro affiché en pied de page, 14263229, existe bien, mais il désigne QUANTUM AI LTD, immatriculée le 29 juillet 2022 à Luton et radiée le 2 janvier 2024. Aucune société du nom de Lierre Boursivo n’apparaît au registre britannique. Le siège londonien affiché sur la vitrine ne correspond pas non plus à celui que le registre associe à ce numéro.
Le bulletin ne crée aucun accès : il recueille l’identité, le courriel et le téléphone, avec l’acceptation des conditions, et l’identifiant de clic est ajouté côté serveur. Le script envoie ensuite la saisie vers un fichier de traitement interne, reçoit une adresse en retour et y redirige le navigateur. La vitrine annonce alors un rappel par un spécialiste et un dépôt minimum de 190 livres.
Non. La page d’accueil annonce 410 684 utilisateurs actifs, la page de présentation 300 000 et plus, et aucune des deux ne cite de source. Les six témoignages affichés n’ont ni nom de famille ni moyen de vérification, alors que le balisage de la page en tire une note de 5 sur 5 pour six avis. Aucune capture publique du site n’est conservée dans les archives, ce qui interdit de comparer ces chiffres à un état antérieur.
Oui. Ce nom ne figure ni dans les listes de l’Autorité des marchés financiers, ni dans le fichier commun tenu par les autorités européennes, à la date du 27 octobre 2026. Cette absence ne vaut pas autorisation : elle indique seulement qu’aucun avertissement public ne visait cette marque à cette date. Un versement déjà parti se signale d’abord à sa banque, puis par une plainte dont les pièces sont listées sur notre page dédiée.
Vous avez communiqué vos coordonnées à une vitrine de ce type ?
Le service d’aide aux victimes reprend la page telle qu’elle vous a été présentée, le nom annoncé au téléphone par l’interlocuteur et les références du versement, puis indique les démarches encore ouvertes auprès de votre banque.
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