Sommaire
- Une inscription Forex en octobre 2025, sur un .com remplacé depuis
- Un dépôt du 28 juin 2026, un .com resté en 404 et un certificat d’août
- Deux places revendiquées, un troisième matricule, et pas une personne morale
- Quinze formules à 40 % par trade, un capital promis à l’échéance
- Un standard du Nevada, deux adresses sans ville et une assurance sans assureur
- Les traces à conserver quand un virement est déjà parti
- Nos réponses aux internautes qui interrogent ehamarkets.pro
Une inscription Forex en octobre 2025, sur un .com remplacé depuis
Le 19 octobre 2026, la fiche nominative que l’Autorité des marchés financiers consacre à ehamarkets.com répond encore : l’enseigne y est présentée comme non habilitée à commercialiser, en France, des produits ou des services d’investissement. La fiche porte la date du 7 octobre 2025 et le libellé « Forex ». Le lendemain, 8 octobre 2025, la liste noire belge des autorités reprenait le même nom sous la même qualification.
L’adresse que porte notre carte est autre : ehamarkets.pro. Le dépôt de ce nom au registre public date du 28 juin 2026, soit huit mois et vingt jours après l’inscription du .com. Le .pro lui-même n’apparaît dans aucun des six fichiers de listes noires que l’AMF publie à la date de notre passage. Il ne s’agit donc pas d’une inscription prise au nom du domaine-carte, mais d’une marque déjà signalée, rouverte sous un autre suffixe, avec la même promesse de rendement et les mêmes références d’agrément.
Le dossier n’est pas isolé. La page « Regulation and Licensing » de ce .pro aligne exactement les deux références que portait alsetmarkets.com, documenté le 19 octobre au matin, et la troisième, britannique, déjà relevée sur apexforges.com le 12 octobre. Un détail matériel achève la démonstration : le cookie de session servi par les trois applications s’appelle remedy_algo_trade_session. Ce n’est pas le nom d’une enseigne, c’est celui du moteur d’espace client, repris tel quel et rebadgé en surface. Trois noms distincts, un seul produit.
Dernière mise à jour : 19/10/2026
📄 Document
Voici, mise à disposition gratuitement par BrokerDefense, la capture de la page affichée par ehamarkets.pro le 19 octobre 2026, avec son bandeau « Trade Global Markets With Confidence », la grille des quinze formules d’investissement et le compteur d’activité qui défile en bas de page. Trois repères suffisent à situer l’écran qu’un déposant a eu sous les yeux.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Un dépôt du 28 juin 2026, un .com resté en 404 et un certificat d’août
Le registre public du domaine situe l’enregistrement de ehamarkets.pro au 28 juin 2026, à 6 h 52 UTC, pour une échéance au 28 juin 2027. Le titulaire n’est pas publié : seule apparaît l’entité du bureau d’enregistrement, Hosting Concepts B.V., qui commerce sous le nom Registrar.eu. Deux serveurs de noms Cloudflare portent la zone, et le statut porte l’interdiction de transfert au titulaire, un verrou que prennent la plupart des revendeurs à l’ouverture.
Le .com de la même marque, lui, a été déposé le 25 septembre 2024 et reste enregistré jusqu’au 25 septembre 2028. Il résout toujours, par l’intermédiaire de Cloudflare, mais l’adresse racine ne renvoie plus qu’une page d’erreur de 548 octets. La vitrine a donc été retirée sans que le nom soit abandonné : la marque est conservée, l’écran de vente a été déplacé vers un autre suffixe. C’est la chronologie que la fiche de l’AMF permet de dater : signalement en octobre 2025 sur le .com, ouverture du .pro en juin 2026.
Le certificat qui protège les échanges est un certificat Google Trust Services de type WE1, émis le 26 août 2026 pour le seul nom ehamarkets.pro et valable jusqu’au 24 novembre 2026. Il est délivré sans intervention humaine, ce qui n’établit rien sur l’identité de l’exploitant. Derrière Cloudflare, l’application tourne sur un hébergement mutualisé Hostinger : les en-têtes de réponse annoncent la plateforme, le panneau d’administration de l’hébergeur, un serveur LiteSpeed et PHP 8.3.35. Un courtier qui revendique des centaines de gestionnaires de comptes et quarante distinctions internationales n’a donc, comme infrastructure, qu’un hébergement d’entrée de gamme et un moteur acheté.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Deux places revendiquées, un troisième matricule, et pas une personne morale
La page « Regulation and Licensing » tient en deux phrases. La première attribue à « Eha Markets », avec le numéro 709718501, une inscription aux Seychelles et une licence de la Financial Services Authority locale. La seconde reprend le même nom pour lui accorder un matricule HE 19818009 et la qualité de société d’investissement chypriote autorisée par la CySEC dans le cadre de la directive MiFID II. Relisez la phrase : l’enseigne est déclarée nom commercial d’elle-même. Aucune personne morale n’est nommée, aucun registre n’est cité autrement que par ses initiales.
Deux contrôles suffisent à mesurer l’écart. D’abord, la liste des sociétés d’investissement chypriotes publiée par la CySEC, consultée le 19 octobre 2026, numérote ses membres sous la forme 009/65, 435/23 ou 282/15, et ne comporte aucune firme portant ce nom ; un numéro précédé de HE relève du registre des sociétés de Chypre, pas d’un agrément de la commission des marchés. Ensuite, la FAQ du site verse une troisième référence au dossier : une immatriculation britannique, numéro 08683932, présentée comme preuve d’existence légale. Ce numéro existe, et il ne désigne pas un courtier. Le registre britannique l’attribue à ALLBIT LTD, immatriculée le 10 septembre 2013, toujours active, dont le siège déclaré se situe à Rotherham, dans le Yorkshire du Sud. Une entreprise de treize ans, sans activité de courtage connue, dont le matricule sert ici de parure.
La vitrine se contredit d’ailleurs dans ses métadonnées. Sur les écrans de connexion et d’inscription, la description logée dans le code de la page n’a jamais été remplacée : elle commence par « Eha Markets LIMITED??? », enchaîne sur « OPERATING IN THE UK » et énumère devises, pétrole, gaz et immobilier. Une entreprise d’investissement chypriote soumise à MiFID II ne laisse pas ce reliquat sur ses propres formulaires.
Quinze formules à 40 % par trade, un capital promis à l’échéance
C’est la partie que le visiteur voit en premier, et celle qui ne ressemble à aucun courtier. Sous le titre « Investment Opportunities », la page d’accueil déroule quinze formules, chacune assortie d’un pourcentage et de la même ligne : « Principal return on maturity ». Le plan « Beginner » annonce 40 % par trade à partir de 50 dollars. Le plan « Business » annonce 3,1 % par trade, mais exige 50 000 dollars pour être ouvert. Le plan « Basic » se situe entre 294 et 500 dollars, quand le plafond du plan « Standard » est fixé à 24 996 dollars, au dollar près.
Les formules par actif ne sont pas plus cohérentes. En crypto, le palier « Growth » promet 35 % par trade entre 300 et 1 500 dollars, tandis que le palier « Premium », deux fois plus élevé, tombe à 5,5 %. En actions, la grille descend de 4 % à 1,5 % à mesure que le ticket augmente. Une seule ligne porte le nom d’une valeur cotée, « BYD Stock », avec 35 % par trade. Dans une grille de placement, le petit déposant est donc servi à 40 % et le gros à 3,1 % : aucun produit financier ne fonctionne ainsi, et surtout aucun courtier en CFD ne verse un pourcentage fixe par opération en restituant le capital à l’échéance.
La FAQ achève de décrire un autre métier que celui annoncé. La société s’y décrit comme une « professional team of cryptocurrency industry developers », avec pour argument « a unique trading bot ». Les retraits se font vers un « wallet number », tandis que les dépôts passent par un portefeuille de cryptomonnaies (bitcoin, ether, tether sur deux réseaux, TRON, dogecoin, litecoin) et par le service PerfectMoney. Une question porte sur l’inscription d’un enfant. Une autre assure qu’aucune donnée personnelle n’est collectée, et que la commission se prend sur « the company’s profits from the development of cryptocurrency robots ». Le formulaire d’ouverture se contente d’un identifiant, d’un nom, d’une adresse électronique, d’un numéro de téléphone et d’un mot de passe : aucune pièce d’identité, aucun justificatif de domicile, aucun test d’adéquation n’est exigé.
Le formulaire d’inscription n’est pas le seul indice de série. Une évaluation publique du nom, ouverte au même moment, lui accorde 25 % de confiance, dans le bas de son échelle. Consultez la fiche d’évaluation publique du domaine pour lire le détail des signalements déposés.
Un standard du Nevada, deux adresses sans ville et une assurance sans assureur
La page de contact donne deux adresses, sans pays ni code postal : « 301 HOWARD STREET » et « 199 BAY STREET ». La première correspond à une artère de San Francisco, la seconde à une artère de Toronto, et rien ne dit laquelle serait le siège. Le numéro de téléphone rattaché à la page, le 702-706-4466, porte l’indicatif du Nevada. Un exploitant qui revendique deux places régulées, l’une aux Seychelles et l’autre à Chypre, joint donc ses interlocuteurs par un standard de Las Vegas, depuis deux adresses sans ville. Aucune immatriculation locale, aucun nom de société, aucune mention de représentant légal n’accompagne ces coordonnées.
Les promesses chiffrées, elles, sont plus affirmées que les adresses. La page d’accueil garantit une « industry-leading insurance protection for client funds up to $1,000,000 » sans nommer un seul assureur, sans police d’assurance, sans référence de couverture. Elle revendique « 40+ International Awards », puis « 42+ Industry Awards » un peu plus bas, cent gestionnaires de comptes, et se présente comme l’un des courtiers les plus réputés du secteur. Les témoignages de clients promettent 200 000 dollars gagnés en un mois. En bas de page, un bandeau « Live Trading Activity » annonce en boucle qu’un trader d’Helsinki vient d’investir 47 230 dollars sur le NASDAQ 100, puis un autre, et ainsi de suite : ce compteur est fabriqué par le navigateur, il ne reflète aucune transaction.
Rien de tout cela ne tient à l’examen, mais l’ensemble se tient comme un décor : une charte sobre, des modules de cotation TradingView et Coinlib, une messagerie Smartsupp pour répondre aux visiteurs, Google Tag Manager et Microsoft Clarity pour mesurer les visites, Tailwind et Alpine.js pour l’habillage. Ce sont les briques gratuites d’un site de contenu, pas l’infrastructure d’un intermédiaire financier qui dit conserver les fonds de ses clients en comptes séparés.
Les traces à conserver quand un virement est déjà parti
Un versement parti vers ehamarkets.pro ne se rattrape pas en relançant le support. Ce qui subsiste, en revanche, ce sont les traces. Elles se ramassent vite : le formulaire de l’ordre transmis à la banque, le relevé qui montre le débit, la capture de la conversation ouverte dans la bulle Smartsupp, et les messages échangés avec l’adresse [email protected]. Ceux qui promettent un retrait contre un complément de frais, ou qui annoncent une libération des fonds après paiement d’une taxe, ont une valeur particulière : ils datent la mécanique et identifient son auteur. Pour un dépôt en tether TRC20, il faut conserver l’empreinte de la transaction et l’adresse du portefeuille de destination, telles qu’affichées dans l’espace client.
Ces pièces doivent être réunies avant que la vitrine ne change de suffixe, ce qui est déjà arrivé une fois à cette marque. Le dossier pénal que nous documentons, dont la plainte et ses annexes constituent la première pièce, réunit les éléments qu’un enquêteur sait exploiter, et la liste des acteurs non autorisés publiée par l’AMF permet de rattacher l’enseigne à un signalement officiel. Aucun de ces documents ne rend les fonds à lui seul, mais leur réunion transforme un récit en dossier daté.
Nous avons demandé à Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau parisien, ce que la fraude au faux RIB et l’arnaque au virement laissent comme recours, c’est-à-dire ce qu’il reste à faire quand un paiement est parti sur la foi de coordonnées fournies par un tiers. L’entretien est visible dans la vidéo qui suit :
Nos réponses aux internautes qui interrogent ehamarkets.pro
Le .pro n’apparaît dans aucun des fichiers de listes noires publiés par l’AMF à notre passage du 19 octobre 2026. En revanche, le nom ehamarkets est inscrit sous le libellé « Forex » au nom du .com de la même marque depuis le 7 octobre 2025, et la liste belge l’a repris le 8 octobre 2025. La marque est donc signalée, et le suffixe a changé après le signalement.
Ils décrivent un placement à rendement fixe, avec restitution du capital à l’échéance, et non une activité de courtage. Chez un intermédiaire en CFD, le client achète et vend un contrat à un prix de marché : aucun professionnel ne garantit 40 % par opération, et le barème de ehamarkets.pro est inversé, puisque la formule la moins chère offre le taux le plus élevé alors que la formule à 50 000 dollars n’en promet que 3,1 %.
Suspendre immédiatement tout nouvel envoi, y compris les frais de vérification ou de libération que le site réclame ensuite. Rassembler la preuve du virement, le relevé bancaire correspondant, les messages de [email protected] et les captures de la conversation Smartsupp, puis faire examiner le dossier avant de lancer la moindre démarche, pour que la chronologie des versements reste intacte.
Ehamarkets.pro n’est donc pas seulement une vitrine de courtage dépourvue d’agrément : c’est la réouverture, sous un autre suffixe, d’une marque déjà signalée par deux autorités, portée par un moteur d’espace client qui sert au moins deux autres enseignes du même dossier. Entre la grille à 40 % par trade et les trois numéros d’immatriculation empruntés, le visiteur n’a jamais eu affaire à un intermédiaire financier, mais à un produit de placement habillé en salle de marché. Faire évaluer le dossier par BrokerDefense avant d’écrire au support, c’est figer les dates, et empêcher qu’un nouvel envoi soit vendu comme la clé d’un remboursement.
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Notre service d’aide aux victimes examine les pièces du dossier avant toute démarche.
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