Dix jours après notre relevé du 17 septembre 2026, la vitrine eth-999.com, exploitée sous le nom Onchain-ETH et présentée comme une plateforme de minage de liquidité adossée à Ethereum, ne rend plus aucune page, tandis que le nom a été reparamétré le 23 septembre 2026, soit le jour même où les serveurs de noms ont changé et où un nouveau certificat a été émis. Le verdict est sans ambiguïté : les frais de gas réclamés avant tout dépôt, les deux adresses de réception ERC-20 et les rendements affichés de 2 % à 4 % relevaient d’un dispositif frauduleux, non d’un service de minage. Cette mise à jour, fondée sur nos relevés du 27 septembre 2026, documente la bascule technique et précise ce que les personnes ayant transféré des fonds doivent conserver.
Sommaire
- Sous ce nom, plus rien n’est servi depuis le 23 septembre
- Bascule du 23 septembre : nouveaux serveurs de noms, certificat réémis
- Ce que la page servait encore le 17 septembre
- Des marques citées en caution, sans le moindre contrat
- Deux noms d’appui et un stockage objet asiatique
- Un nom verrouillé jusqu’en mars 2027, sans titulaire déclaré
- Retraits, frais de gas et versements : trois questions
Sous ce nom, plus rien n’est servi depuis le 23 septembre
Nos vérifications du 27 septembre 2026 établissent que le nom résout toujours vers deux adresses machine du réseau de diffusion, mais qu’aucune page n’est servie à ces adresses : l’adresse de tête renvoie l’erreur 502 du réseau de diffusion, la page de connexion fait de même, et le port non sécurisé donne un résultat identique. Trois interrogations successives confirment ce constat. La variante préfixée par www ne retourne aucune adresse réseau, ce qui était déjà le cas le 17 septembre.
Rien n’indique pourtant que le nom ait été abandonné : il est verrouillé jusqu’au 20 mars 2027, et sa fiche de registre a été modifiée le 23 septembre 2026. Essor-Invexaro.fr constitue un cas comparable : son nom est resté au registre après la disparition de sa vitrine.
Pour les personnes qui souhaitent vérifier l’état du dossier, la fiche WHOIS complète sur DomainTools reproduit les données publiques du registre telles qu’elles étaient accessibles à la date de notre relevé.
Dernière mise à jour : 27/09/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par eth-999.com, prise le 17 septembre 2026 : les compteurs d’activité, la grille des sept paliers de rendement et le tableau des gains y sont visibles, de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Bascule du 23 septembre : nouveaux serveurs de noms, certificat réémis
La fiche du registre a été modifiée le 23 septembre 2026, soit six jours après notre premier relevé. La paire de serveurs de noms publiée ce jour-là n’est plus celle que nous avions relevée le 17 septembre : la nouvelle paire appartient au réseau de diffusion, ce qui signifie que le routage du nom a été reconfiguré.
Le certificat servi à cette date n’est pas non plus celui que nous avions relevé. Le 17 septembre, le certificat en service avait été délivré le 3 septembre 2026 par Google Trust Services et courait jusqu’au 2 décembre 2026. Celui qui est servi aujourd’hui a été délivré le 23 septembre 2026 par Let’s Encrypt, il court jusqu’au 22 décembre 2026 et couvre le nom ainsi que l’ensemble de ses sous-adresses.
Les journaux publics de certificats que nous avons consultés recensent huit émissions pour ce nom entre le 20 mars 2026 et le 9 septembre 2026, portées par quatre autorités distinctes : GoDaddy, Sectigo, Let’s Encrypt et Google Trust Services. Ce que ces relevés établissent est précis : à chaque émission, un équipement a été mis en état de servir du contenu chiffré. Ce qu’ils n’établissent pas, c’est qu’un service fonctionnait, ni qu’une activité commerciale légitime se poursuivait derrière ce nom.
Ce que la page servait encore le 17 septembre
Notre première enquête, menée le 17 septembre 2026, a relevé quatre compteurs affichés en tête de vitrine : 411 838 participants, 707 817 nœuds valides, 300 616 ETH de production cumulée et 6 196 796 USDC versés. Ces chiffres étaient produits par la vitrine elle-même, sans méthode de calcul ni période de référence précisée.
Le tableau des gains présentait quarante-huit adresses distinctes, chacune reproduite deux fois à l’identique, dans le même ordre et avec les mêmes montants : une construction qui ne peut résulter d’activités réelles de minage.
Sept paliers de rendement étaient indexés sur la mise : 2 % pour 100 unités, 2,4 % pour 1 000, 2,6 % pour 5 000, 2,8 % pour 20 000, 3 % pour 50 000, 3,2 % pour 200 000 et 4 % pour 500 000. Avant même de relier un portefeuille, la vitrine réclamait des frais de gas en ETH. Deux adresses de dépôt ERC-20 étaient publiées, l’une pour l’USDT et l’autre pour l’USDC. Le mécanisme de retrait était paramétré à 2 % de frais, avec un plancher de 10 unités et un plafond de 100 000.
Des marques citées en caution, sans le moindre contrat
La vitrine affichait les logos d’OpenZeppelin et de Consensys sous l’intitulé « Contract Auditors », sans lien sortant, sans référence de rapport et sans date de mission. Crypto.com, Coinbase et Cash App apparaissaient sous l’intitulé « Partners ». Les logos des portefeuilles que le visiteur était invité à relier complétaient ce tableau.
Aucune de ces sociétés n’a mandaté l’exploitant de ce nom. Elles n’ont pas à être mises en cause ici, et c’est précisément parce que la vitrine se réclamait d’elles qu’elles sont citées : leur notoriété servait de caution visuelle à un service qui n’existe pas. Les conditions générales, restées à l’état d’essai, reprenaient le contenu d’une note d’information d’un service de liens abrégés, répétée sept fois, et les règles de parrainage se réduisaient à une réponse de deux mots.
Deux noms d’appui et un stockage objet asiatique
La vitrine s’appuyait sur deux noms techniques. Le premier, img.usdt8886.com, servait les visuels et le logo. Les contrôles effectués le 27 septembre 2026 montrent qu’il résout toujours vers le réseau de diffusion et présente un certificat couvrant usdt8886.com et ses sous-adresses, valable jusqu’au 28 novembre 2026. Son adresse ne rend cependant plus rien : la connexion n’aboutit pas. L’adresse de tête usdt8886.com ne retourne quant à elle aucune adresse réseau.
Le second nom d’appui, s0.static777.top, hébergeait la note d’information. Il répond encore, mais en erreur 403 par erreur de stockage objet, désignant un compartiment inexistant chez le même prestataire de stockage objet asiatique, derrière le réseau de diffusion, que nous avions identifié le 17 septembre. Son certificat porte static777.top et ses sous-adresses, valable jusqu’au 16 novembre 2026. L’adresse de tête static777.top ne retourne aucune adresse réseau.
Cette configuration, où une vitrine principale cesse de répondre pendant que ses adresses techniques restent partiellement accessibles, rappelle le dossier Aurolonix.com, dont la vitrine s’est tue alors que ses autres adresses restaient ouvertes.
Aucune copie publique de cette page ne semble avoir été conservée dans les archives du web, à ce que nous avons pu constater. Ces deux noms restent des appuis techniques documentés ; rien dans nos relevés n’établit qu’ils relèvent du même exploitant que la vitrine principale.
Un nom verrouillé jusqu’en mars 2027, sans titulaire déclaré
Le nom eth-999.com a été créé le 20 mars 2026. Son échéance court jusqu’au 20 mars 2027. Quatre verrous portent sur le nom : sa suppression, son renouvellement, son transfert et sa modification. Le titulaire déclaré est masqué. Le bureau d’enregistrement est une entité américaine dont la maison mère est aussi une société de services d’hébergement. Le nom ne publie aucun enregistrement de messagerie et aucune donnée de texte : il ne peut ni recevoir ni envoyer de courrier, et aucun sous-domaine n’est publié.
Contrôle effectué le 27 septembre 2026 sur l’export officiel daté du 24 septembre 2026 : aucune ligne ne porte le nom de eth-999.com dans la rubrique des mises en garde que publie le superviseur français des marchés. Ce silence ne vaut pas attestation : un tel document n’a pas vocation à recenser toutes les entités non autorisées, et sa parution suit son propre calendrier. L’autorité chypriote des marchés n’a publié aucune mise en garde visant ce nom, et aucune entreprise britannique ne répond de cette dénomination. Trois absences constatées, qu’il serait abusif de lire comme un feu vert.
Les personnes qui ont réglé des frais de gas en ETH puis transféré des USDT ou des USDC vers l’une des deux adresses de dépôt publiées par eth-999.com doivent réunir plusieurs éléments avant toute démarche : les empreintes des transactions avec leur montant en euros à la date de l’envoi, les échanges écrits avec l’interlocuteur quel qu’ait été le canal utilisé, les captures du tableau de bord avant qu’il cesse de répondre, les coordonnées des deux adresses de réception ERC-20, l’ordre de virement et les éléments permettant d’apprécier le devoir de vigilance de la banque qui l’a exécuté. Que la vitrine cesse de répondre ne modifie rien aux engagements de ceux qui ont encaissé ces sommes. La procédure de dépôt de plainte et les recours pénaux disponibles sont présentés sur notre page dédiée.
Le profil public du nom reste consultable : la fiche ScamDoc de eth-999.com le situe à 1 % de confiance, au plus bas de son échelle. Cet indice porte sur le comportement technique du nom et ne vaut pas autorisation d’exercer.
Maître Denitza Gueorguieva, avocate à Lyon et membre du barreau de cette ville, revient dans un entretien accordé à notre rédaction sur les recours bancaires ouverts après une escroquerie au faux investissement, et sur la mécanique des virements intermédiaires qui brouille l’identification des fonds détournés.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Retraits, frais de gas et versements : trois questions
Un transfert ERC-20 vers une adresse contrôlée par l’exploitant est irrévocable sur la chaîne : la transaction ne peut pas être annulée. La récupération passe par des voies judiciaires ou par une demande de blocage adressée à la plateforme d’échange qui a reçu les fonds en aval, si elle peut être identifiée. Conserver l’empreinte de chaque transaction et son montant en euros à la date de l’envoi est la première étape indispensable.
Dans un dispositif frauduleux de ce type, les frais de gas constituent une première ponction, distincte du dépôt principal. Ils sont prélevés avant que le visiteur ait transféré la moindre somme en USDT ou en USDC, ce qui permet à l’exploitant de percevoir une somme immédiate sans aucune contrepartie de service. Aucun protocole de minage de liquidité légitime ne conditionne la simple connexion d’un portefeuille au règlement préalable de frais.
Non. L’arrêt du service ne met pas fin aux responsabilités pénales ou civiles des personnes qui ont contrôlé les adresses de réception et encaissé les fonds. Les empreintes des transactions sur la chaîne Ethereum sont permanentes et publiques. Les éléments réunis avant la disparition de la vitrine, notamment les captures du tableau de bord et les échanges écrits, conservent leur valeur probatoire dans le cadre d’une plainte ou d’une procédure civile.
Des particuliers sollicités par une offre de minage de liquidité présentée comme adossée à Ethereum, ayant réglé des frais de gas puis transféré des USDT ou des USDC vers l’une des deux adresses publiées par eth-999.com, ont intérêt à faire examiner leur situation avant d’engager une démarche. BrokerDefense reprend chaque dossier pièce par pièce avant de proposer une orientation : les faits propres à ce nom, la traçabilité des transactions et la chronologie des échanges déterminent les voies encore ouvertes.
Article réécrit le 27/09/2026


