Le 4 septembre 2026, l’Autorité des marchés financiers a inscrit sur sa liste noire l’adresse [email protected], classée dans la catégorie « Usurpation AMF ». Le libellé de cette boîte imite une adresse de service du régulateur, mais le nom qui la porte, amf.eigen.eng.br, est un sous-domaine ajouté devant un domaine brésilien sans aucun rapport avec la finance. Nos vérifications du 8 septembre 2026 ne trouvent sous ce nom aucune page web : il n’existe que pour envoyer des courriels. Toute sollicitation signée de cette adresse doit être considérée comme frauduleuse.
Dernière mise à jour : 08/09/2026
Sommaire
- Inscrite le 4 septembre 2026 par l’AMF : l’adresse [email protected]
- Un libellé et un sous-domaine construits pour singer l’administration du régulateur
- Aucune page web, aucun certificat : le sous-domaine ne sert qu’à la messagerie
- eigen.eng.br, un domaine brésilien enregistré en 2020 sans aucun lien avec la finance
- Dans la salve du 4 septembre, d’autres adresses du même gabarit déjà documentées
- [email protected] : les questions fréquentes après ce signalement
Inscrite le 4 septembre 2026 par l’AMF : l’adresse [email protected]
La mise en garde publiée par le régulateur, mise en ligne le 4 septembre 2026, classe le nom [email protected] dans la catégorie « Usurpation AMF » et précise que cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers à proposer certains services ou placements financiers en France. La page consacrée à cette adresse est consultable sur le site de l’AMF.
La catégorie « Usurpation AMF » ne vise pas une banque ou une plateforme imitée, mais l’autorité de contrôle elle-même. Un message censé émaner d’un régulateur inspire immédiatement confiance : les expéditeurs exploitent cette apparence officielle pour obtenir une réponse, des données personnelles ou bancaires, voire un virement. Un point simple permet d’écarter ces courriels : les communications authentiques de l’AMF proviennent du domaine amf-france.org, et aucune administration française ne peut écrire depuis un nom de domaine brésilien.
Un libellé et un sous-domaine construits pour singer l’administration du régulateur
La décomposition de l’adresse révèle le montage. La partie locale, amf-fradmin3reg, commence par « amf-fr », une référence directe à l’institution française, et contient la séquence « admin », comme une boîte de service administratif ; le groupe final « 3reg » donne à l’ensemble l’allure d’un identifiant interne de gestion. La partie domaine ajoute devant eigen.eng.br un sous-domaine « amf » qui répète encore le sigle du régulateur. Le résultat évoque une adresse de correspondance officielle, alors qu’aucun lien n’existe avec l’AMF.
Le suffixe .eng.br renforce le contraste : au Brésil, cette catégorie du registre national est réservée aux professionnels de l’ingénierie. Rien dans un tel nom ne relève de la finance française, et l’écart entre l’apparence administrative du libellé et la nature technique du domaine est précisément ce que les filtres ne savent pas toujours détecter : un courriel bien rédigé, expédié depuis un domaine âgé et banal, passe plus facilement qu’un message parti d’une adresse créée la veille.
Aucune page web, aucun certificat : le sous-domaine ne sert qu’à la messagerie
Au moment de nos vérifications du 8 septembre 2026, amf.eigen.eng.br ne publie aucune adresse IP : aucune des variantes testées, avec ou sans www, en http comme en https, ne présente le moindre contenu. Les archives publiques du web ne conservent aucune capture sous ce nom, et aucun certificat de sécurité n’a été émis spécifiquement pour ce sous-domaine. Autrement dit, il n’y a pas de site à visiter ni de page à signaler : le nom existe uniquement comme support d’adresses de courrier électronique.
La seule configuration détectée est destinée aux courriels : le sous-domaine pointe vers les serveurs de messagerie de Google, publie un enregistrement SPF autorisant Google à expédier des messages en son nom ainsi qu’un code de vérification Google. Les boîtes formées sur ce nom étaient donc prêtes à émettre sans jamais avoir besoin d’une page web qui aurait pu trahir le montage. Le site d’analyse ScamDoc consacre une fiche à amf.eigen.eng.br, analysée pour la première fois le 7 septembre 2026 : son indice de confiance de 61 % y est calculé à partir de l’ancienneté du domaine porteur, enregistré en 2020, un âge qui ne dit rien de l’adresse frauduleuse elle-même, puisque aucun site web n’existe sous le sous-domaine.
eigen.eng.br, un domaine brésilien enregistré en 2020 sans aucun lien avec la finance
Le nom eigen.eng.br a été enregistré le 5 février 2020 auprès du registre national brésilien, avec une échéance fixée en février 2027. Il est détenu par un particulier domicilié au Brésil et hébergé chez un prestataire brésilien ; le site qui y répond n’affiche aujourd’hui qu’une simple page de maintenance. Rien dans ces éléments, ni dans l’historique du nom, ne le rattache à une activité financière : le sous-domaine « amf » a été ajouté à la configuration de ce nom tiers pour donner une adresse d’apparence officielle adossée à un domaine réel et vieillissant, peu susceptible d’éveiller les soupçons. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dans la salve du 4 septembre, d’autres adresses du même gabarit déjà documentées
amf.eigen.eng.br n’est pas un cas isolé. Le 4 septembre 2026, l’AMF a inscrit le même jour plusieurs adresses conçues sur le même principe, que nos équipes ont documentées dans la foulée. L’adresse [email protected], posée elle aussi sur un sous-domaine « amf » d’un domaine tiers sans lien avec la finance, a rejoint la liste noire dans la même catégorie, comme nous l’avons détaillé dans notre enquête sur amf.laxmipackaging.co.in. Les boîtes pré[email protected], portées par un domaine enregistré en juillet 2026 et dépourvu de tout site, ont subi le même sort le même jour, un montage décrit dans notre analyse de accsmanager.com. Cette répétition, d’une salve à l’autre, montre des opérateurs qui renouvellent leurs supports pour prolonger leurs campagnes.
Les personnes qui ont répondu à un message provenant d’une telle adresse, ou qui ont versé des fonds à la suite d’un contact frauduleux, gardent néanmoins une possibilité de recours : un virement laisse une trace bancaire exploitable, et les juridictions condamnent les établissements qui ont exécuté des opérations sans exercer leur vigilance. Dans la vidéo ci-dessous, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, présente une victoire judiciaire obtenue devant le tribunal judiciaire du Mans dans un dossier de faux investissement : la banque qui avait reçu les fonds a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance, et les victimes ont été indemnisées.
Si un courriel prétendument envoyé par l’AMF depuis [email protected] arrive dans votre boîte, ne répondez pas : toute réponse confirme aux expéditeurs que votre adresse est active. N’ouvrez pas les pièces jointes et ne cliquez pas sur les liens, qui peuvent mener vers une page de collecte de données ou installer un programme malveillant. Signalez le message comme pourriel, puis transmettez-le à l’AMF : l’adresse figure déjà sur la liste noire, mais chaque signalement alimente le travail des enquêteurs, et le service Epargne Info Service répond au 01 53 45 62 00.
Si des fonds ont déjà été versés après un contact passé par cette boîte, prévenez votre banque immédiatement pour tenter d’interrompre ou de contester l’opération, conservez l’intégralité des échanges ainsi que les relevés et captures d’écran, puis déposez plainte pour escroquerie et usurpation d’identité. Notre guide de la procédure pénale détaille les étapes à suivre. Méfiez-vous enfin des appels ou courriels qui proposeraient, contre un paiement préalable, de « débloquer » des fonds ou de « récupérer » des sommes au nom de l’AMF : une autorité publique ne demande jamais d’argent à un épargnant, et cette seconde sollicitation serait une nouvelle arnaque.
[email protected] : les questions fréquentes après ce signalement
Non. L’AMF a inscrit ce nom sur sa liste noire le 4 septembre 2026, dans la catégorie « Usurpation AMF », et précise que cet acteur n’est pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. Les courriels authentiques du régulateur proviennent du domaine amf-france.org : une adresse qui se termine par un nom de domaine brésilien ne peut pas émaner de ses services. Tout message signé de cette adresse doit être ignoré.
Parce que la fraude se joue dans les courriels, pas sur le web. Le sous-domaine amf.eigen.eng.br ne publie aucun site : il est configuré uniquement pour la messagerie, avec des serveurs de Google, afin de laisser partir des messages sans laisser de page à saisir ou à archiver. Le libellé « amf-fradmin3reg » et le sous-domaine « amf » servent à donner une apparence d’administration officielle à des sollicitations frauduleuses posées sur un domaine brésilien qui n’a rien à voir avec la finance.
Contactez votre banque sans délai pour signaler et contester le virement, conservez l’ensemble des échanges et des justificatifs, puis déposez plainte pour escroquerie et usurpation d’identité. Ne répondez à aucune demande de frais préalables pour « débloquer » un retrait ou « récupérer » des fonds, même présentée au nom de l’AMF : une autorité publique ne demande jamais d’argent à un épargnant.
L’inscription du 4 septembre 2026 fournit aux épargnants un repère officiel : l’adresse [email protected], qui empruntait l’apparence d’un service de l’AMF, est confirmée comme frauduleuse par le régulateur lui-même. Les personnes qui ont reçu un message de cette boîte, ou qui ont versé des fonds après un tel contact, ont intérêt à agir vite : interrompre un virement encore possible, préserver les preuves et engager les démarches auprès de leur banque et des autorités. BrokerDefense reste à leur disposition pour une évaluation préalable de leur situation, sans frais et sans engagement.


