Alpha-Flow.ai arnaque : une fausse IA de trading aux statistiques inventées

La vitrine Alpha-Flow.ai prétend faire trader une intelligence artificielle « depuis 2019 » et affiche des statistiques de gains d’une précision chirurgicale, mais le nom de domaine qui la porte n’a été enregistré que le 19 août 2024. Ce décalage de cinq années résume à lui seul le procédé : des chiffres de performance fabriqués, une équipe d’experts sans existence vérifiable et un système de frais prélevés sur des profits annoncés, le tout sans aucune société identifiable derrière la collecte. L’enquête de BrokerDefense, menée le 2 septembre 2026, détaille les mécanismes de cette plateforme toujours accessible.

Dernière mise à jour : 02/09/2026

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Capture de la page d’accueil de alpha-flow.ai

Des statistiques « depuis 2019 » sur un domaine né en 2024

En tête de la page d’accueil, un compteur annonce un « profit total généré pour les membres et partenaires » et un tableau présente des statistiques consolidées « depuis 2019 » : 81,23 % de positions longues gagnantes, 79,81 % de positions courtes gagnantes, 8,7 % de rendement moyen par mois. Ces valeurs à deux décimales, présentées comme le résultat de plusieurs années de trading réel, ne reposent sur aucune pièce vérifiable : aucun relevé, aucun historique, aucune entité réglementée ne les étaye. Or le nom de domaine alpha-flow.ai a été enregistré le 19 août 2024 et son certificat de sécurité a été émis en septembre 2025. La mention « depuis 2019 » ne peut donc désigner que des chiffres inventés pour habiller une collecte de fonds, une pratique déjà observée sur d’autres vitrines du même type, comme la plateforme Nuverex, dont les rémunérations de recrutement masquaient l’absence totale d’activité réelle.

Des « experts » au pedigree impossible à vérifier

Pour crédibiliser le dispositif, la vitrine présente cinq « experts » : un architecte du système de trading, un ancien dirigeant de sociétés de change, un expert-comptable associé, un spécialiste du comportement humain et un conseiller en cyberdéfense. Les biographies multiplient les références flatteuses, les prix et les apparitions médiatiques, mais aucune ne permet d’identifier précisément les personnes : pas de société, pas de mandat social, pas de parcours vérifiable dans un registre professionnel. Une recherche indépendante ne retrouve aucune trace de ces profils associés à un système de trading. L’astuce est classique : habiller la vitrine de visages et de titres, sans jamais exposer la moindre réalité vérifiable, comme le faisait également la plateforme Trade Scanner, dont les « données de marché » provenaient d’une société fantôme.

Trois formules, des frais sur les profits et des boutons de paiement

Alpha-Flow propose trois formules : un plan de base présenté comme gratuit, un plan intermédiaire à 99 dollars par mois et un plan « Pro » à 250 dollars par mois. Tous fonctionnent sur le même principe : l’internaute est invité à connecter un compte de trading ouvert chez un courtier, puis le « logiciel » traderait à sa place. Les gains seraient ensuite partagés selon des paliers : la plateforme conserverait 50 % des profits pour les comptes de 1 000 à 2 999 dollars, 30 % entre 3 000 et 19 999 dollars, et 20 % au-delà de 20 000 dollars. La page insiste sur le fait que les fonds « ne viennent jamais chez eux » et « restent sous le contrôle total » de l’utilisateur. Pourtant, les boutons d’inscription renvoient vers des liens de paiement Stripe, et le parcours de souscription transite par des adresses comme go.alphaai.trade et go.alpha-flow.ai avant d’aboutir à un espace membre. Cette architecture, qui sépare la vitrine publicitaire du portail de collecte, est celle des dispositifs conçus pour encaisser sans jamais rendre de compte.

Un domaine enregistré chez NameCheap, une identité masquée

Le nom de domaine alpha-flow.ai a été créé le 19 août 2024 auprès du registraire NameCheap et arrive à expiration en août 2028. Le titulaire est masqué par un service de confidentialité domicilié en Islande, une protection qui empêche de savoir qui exploite réellement la plateforme. Le site lui-même est une vitrine WordPress construite avec le générateur de pages Elementor, hébergée derrière un serveur nginx, avec un certificat Sectigo valide jusqu’en septembre 2026. Le portail « tableau de bord » annoncé par les boutons est hébergé séparément, sur un autre hébergeur. Aucune mention légale ne désigne une société, un numéro d’immatriculation ou une autorisation de fournir des services d’investissement, alors que la vente d’un service de gestion de trading exige un agrément dans la quasi-totalité des juridictions. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Les signaux qui devaient alerter avant tout paiement

La vitrine accumule les arguments d’urgence : « invitations limitées », « allocation actuelle complète », « rejoignez la liste d’attente prioritaire ». Ces pressions visent à empêcher toute vérification. Les statistiques présentées comme issues de plusieurs années d’activité alors que le domaine est récent, l’absence de toute société identifiable, le recours à une boîte de courriel générique comme unique contact et la promesse de rendements mensuels de 8,7 % en moyenne sont autant de signaux incompatibles avec un service d’investissement légitime. La fiche Alpha-flow.ai sur ScamDoc, analysée le 2 septembre 2026, attribue au site un indice de confiance modéré de 76 %, une note que les analystes justifient notamment par l’impossibilité de rattacher la plateforme à une entreprise identifiée.

Les personnes qui ont réglé un abonnement ou laissé un « robot » opérer sur leur compte peuvent également se tourner vers la banque qui a transité leurs paiements. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, présente dans la vidéo ci-dessous la condamnation de la banque des escrocs pour manquement à son devoir de vigilance sur des virements frauduleux ; retrouvez sa présentation sur sa page dédiée.

Abonnement payé ou compte connecté : les premières démarches à engager

Si vous avez réglé un abonnement par carte bancaire, cliqué sur un lien de paiement Stripe ou autorisé un « robot » à passer des ordres sur un compte de trading, la première étape est de bloquer immédiatement les prélèvements : contactez votre banque pour contester les paiements et signalez toute tentative de débit récurrent. Rassemblez ensuite les courriels échangés avec l’adresse [email protected], les reçus de paiement, les captures du tableau de bord et l’historique des ordres affichés par la plateforme. Déposez plainte auprès des services de police ou de gendarmerie ; notre page Le pénal / Porter plainte détaille la marche à suivre. N’envoyez surtout pas un centime supplémentaire lorsque le site réclamera des frais de « déblocage », de « régularisation » ou de « conversion », ces demandes successives étant le dernier étage du mécanisme.

FAQ : ce qu’il faut savoir sur la plateforme Alpha-Flow.ai

Alpha-Flow.ai est-elle une société de gestion agréée ?

Rien ne permet de l’affirmer. Le site ne mentionne aucune société, aucun numéro d’immatriculation ni aucun agrément, et le titulaire du nom de domaine est masqué par un service de confidentialité. Un service qui propose de trader à votre place et de partager les profits doit être rattaché à une entité réglementée ; ici, aucune autorité financière ne reconnaît Alpha-Flow.

La plateforme dit que mes fonds restent sur mon compte de trading, est-ce rassurant ?

Non. Le fait d’inviter la victime à connecter un compte existant ou à en ouvrir un chez un courtier ne change pas la nature du piège : les escrocs demandent ensuite des dépôts, des frais ou des parts de « profits » qui n’existent que sur le tableau de bord qu’ils contrôlent. Les liens de paiement présents sur la vitrine montrent par ailleurs que des paiements directs sont bien attendus.

J’ai payé un abonnement ou versé des fonds, puis-je les récupérer ?

Agissez vite : contestez les paiements auprès de votre banque, conservez toutes les preuves (courriels, reçus, captures d’écran) et déposez plainte. La récupération passe aussi par l’examen des recours contre les établissements qui ont transité les fonds ; un avocat peut évaluer ces pistes. BrokerDefense constitue un dossier pour chaque victime qui la contacte.

Alpha-Flow.ai illustre la vitrine de « trading par intelligence artificielle » construite pour collecter des fonds : des statistiques de performance datées d’avant la création du domaine, une équipe d’experts introuvables, des formules d’abonnement associées à des liens de paiement et un tableau de bord séparé de la vitrine. Les personnes qui ont connecté un compte ou réglé un abonnement se retrouvent face à un interlocuteur joignable par une simple boîte de courriel, sans société ni agrément, qui peut faire disparaître la plateforme du jour au lendemain en changeant de nom de domaine. Avant de confier un compte de trading ou de régler le moindre abonnement, la vérification de l’entité auprès du régulateur compétent reste le réflexe qui permet d’éviter ce type de piège.

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