Hevia.finance arnaque : l’AMF l’a listée, la vitrine se dit agréée

Un nom épinglé par l’AMF, une vitrine toujours servie

Le nom hevia.finance figure sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers, dans l’édition du 28 septembre 2026, à la date du 25 juin 2026, sous la qualification exacte « Autre acteur non autorisé ». Cette inscription est publique et consultable dans la rubrique des listes noires et mises en garde du régulateur.

Or la vitrine se décrit elle-même, en tête de page, comme une « société de gestion agréée depuis 2018 ». Sa foire aux questions affirme : « Nous sommes régulés et en conformité avec les normes MiFID II ». Ces deux affirmations contredisent directement la qualification retenue par l’AMF.

Ce nom n’est pas isolé. Notre dossier du 25 juin 2026 consacré à targetplusia.com avait établi que le certificat présenté par le serveur de ce domaine était émis non pas pour lui, mais pour hevia.finance, révélant ainsi une infrastructure partagée entre plusieurs sites. Depuis lors, targetplusia.com ne répond plus. Hevia.finance, lui, reste servi : la page principale répond, et son portail de connexion aussi.

Dernière mise à jour : 05/10/2026

L’enregistrement du nom, le certificat et le mode de diffusion

Consulté le 5 octobre 2026, le dossier du nom porte une création au 19 janvier 2026 et une échéance au 19 janvier 2027, avec une mise à jour consignée le 11 août 2026. GoDaddy.com LLC apparaît comme bureau d’enregistrement, ns47.domaincontrol.com et ns48.domaincontrol.com comme serveurs de noms. Quatre clauses de verrouillage y figurent, et le titulaire reste masqué.

Ce dépôt de janvier 2026 est postérieur de près de huit ans à la fondation de 2018 que la vitrine revendique. Le dossier d’enregistrement n’atteste donc que la date de janvier 2026, rien d’antérieur.

Concernant le certificat : délivré par Let’s Encrypt, il couvre le nom hevia.finance, a été émis le 24 septembre 2026 et court jusqu’au 23 décembre 2026. Ce document ne dit rien de l’identité de l’exploitant du site : il n’atteste que le chiffrement de la connexion.

Nos relevés techniques établissent que la page est servie depuis l’adresse 216.150.1.1 par la plateforme Vercel, qui met la réponse en cache. L’hébergeur réel de l’application reste masqué derrière ce service. Le document servi est une coquille d’environ 3 600 octets qui charge une application écrite en React, laquelle compose ensuite la page visible.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Deux adresses, deux codes d’activité sur une même page

La section de contact de la vitrine donne « 13 Rue Marcel Paul, 38120 Saint-Égrève » comme siège social. Le pied de page, lui, mentionne « 19 Cours Alexandre Borodine, 26000 Valence ». Ces deux adresses coexistent sur la même page sans explication.

Notre relevé au registre national des entreprises, effectué le 5 octobre 2026, établit que l’adresse de Saint-Égrève correspond à l’établissement d’une société immatriculée sous le nom « Financière Hevia », active depuis mars 2018, dont l’activité déclarée est la gestion de fonds sous le code 66.30Z. L’adresse de Valence, quant à elle, est celle d’un immeuble où sont domiciliées plusieurs sociétés civiles.

Les codes d’activité affichés sur la vitrine divergent également : 66.19B apparaît dans la présentation des services, tandis que 66.30Z figure en pied de page. Nous relevons ces écarts comme des faits documentés, sans en tirer de conclusion sur les intentions de quiconque.

D’autres plateformes d’investissement assistées par intelligence artificielle présentent des configurations comparables. Notre dossier consacré à epargne-ai.com, publié le 2 juin 2026, décrit un cas du même ordre.

Des pages légales annoncées qui ne répondent pas

Quatre rubriques sont annoncées en bas de page : les mentions légales, les conditions générales, la politique de confidentialité et une foire aux questions. Nos vérifications du 5 octobre 2026 montrent que chacune de ces adresses renvoie une page d’erreur d’environ 79 octets. Aucune mention légale, aucun nom de société, aucune immatriculation ne sont donc accessibles par ces liens.

Cette absence contraste avec les engagements affichés sur la page d’accueil. La foire aux questions visible évoque des fonds « déposés auprès de dépositaires bancaires de premier rang » et une conformité aux normes MiFID II. Pourtant, les pages qui devraient documenter ces engagements ne servent aucun contenu.

Des chiffres qui changent à chaque chargement, un portail à code

La page d’accueil présente plusieurs compteurs décrits comme des mesures en direct. Deux chargements successifs de la même adresse ont affiché des valeurs différentes : une précision annoncée de 97,3 % puis de 97,1 %, un nombre de signaux par minute de 1 283 puis de 1 322, et une latence de 7,9 millisecondes puis de 5,9 millisecondes. Ces valeurs ne correspondent à aucune mesure stable.

Par ailleurs, la vitrine affiche un capital géré de 30,2 millions d’euros, un capital social de plus de quarante millions d’euros, ainsi qu’une équipe de sept personnes présentées par leur fonction. Nos recherches ne permettent de vérifier aucun de ces chiffres.

Le portail de connexion, hébergé sur le sous-domaine acces.hevia.finance, répond. Cette page de connexion associe le nom de la marque à la mention « Gestion de Patrimoine », et réclame la saisie d’un code confidentiel de quatre chiffres, présenté comme un « code PIN sécurisé ». Ce portail reste donc ouvert, prêt à recueillir des identifiants.

Ce qu’il reste à rassembler et à transmettre

Les personnes ayant versé des fonds sur la foi de cette vitrine peuvent réunir plusieurs types de pièces : les relevés de compte faisant apparaître les destinataires des virements, les confirmations datées d’ordre de paiement, les messages échangés avec ceux qui tenaient le contact, et les captures des pages affichées au moment des démarches.

Ces éléments constituent la base d’un dossier transmissible au procureur de la République compétent. Un dépôt de plainte pénale peut compléter les démarches civiles engagées par ailleurs. Notre page Le pénal : porter plainte détaille les étapes de cette procédure.

BrokerDefense peut fournir un rapport de recherches complet, rassemblant les éléments techniques et réglementaires documentés dans cette enquête, destiné à accompagner un dépôt de plainte.

Maître Julie Younes, avocate au barreau de Paris, intervient notamment sur les impayés, les litiges financiers, l’indemnisation des victimes, les recours précontentieux, les protocoles transactionnels, les procédures civiles et la récupération de fonds. Ces différents recours y sont exposés par une praticienne du contentieux.

Les questions qui reviennent sur hevia.finance

Pourquoi hevia.finance figure-t-il sur la liste noire de l’AMF ?

L’Autorité des marchés financiers a inscrit hevia.finance dans son édition du 28 septembre 2026, à la date du 25 juin 2026, sous la qualification « Autre acteur non autorisé ». C’est la qualification que le régulateur a retenue pour ce nom dans cette édition. La vitrine affirme pourtant être régulée et conforme aux normes MiFID II, ce que cette inscription contredit directement.

Que signifient les deux adresses différentes affichées sur la même page ?

La vitrine affiche « 13 Rue Marcel Paul, 38120 Saint-Égrève » dans sa section de contact et « 19 Cours Alexandre Borodine, 26000 Valence » en pied de page. Nos recherches au registre national des entreprises établissent que la première adresse correspond à l’établissement d’une société immatriculée sous le nom « Financière Hevia », active depuis mars 2018. La seconde est celle d’un immeuble où sont domiciliées plusieurs sociétés civiles. Les deux codes d’activité affichés sur la vitrine divergent également, sans explication fournie.

Comment réagir si des fonds ont été versés sur cette plateforme ?

Rassemblez sans délai les relevés de compte montrant les destinataires des virements, les confirmations datées des ordres de paiement ainsi que l’ensemble des messages échangés avec ceux qui tenaient le contact. Ces pièces permettent de constituer un dossier transmissible au procureur de la République compétent dans le cadre d’un dépôt de plainte pénale. BrokerDefense peut fournir un rapport de recherches documenté pour accompagner cette démarche.

Des personnes ayant versé des fonds sur la foi d’une vitrine de gestion de patrimoine assistée par intelligence artificielle se retrouvent face à une plateforme inscrite sur la liste noire de l’AMF, dont les pages légales ne servent aucun contenu et dont les compteurs affichés varient à chaque chargement. Hevia.finance reste servi et son portail de connexion répond. Chaque semaine qui passe réduit les possibilités de traçage des fonds versés.

Article réécrit le 05/10/2026

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