Auioncoi.com arnaque : un nom muet, un registre qui se referme

Deux mois après notre précédente mise à jour, l’état d’aunioncoi.com a basculé. Ce 13 octobre 2026, plus aucune requête n’aboutit pour ce domaine : ni adresse, ni alias, ni boîte de courrier, et la fiche de registre porte désormais un statut de rédemption. La vitrine d’attente décrite en août appartenait encore à un titulaire ; le nom, lui, est en chemin vers sa suppression.

aunioncoi.com a cessé de rendre une adresse, et son dossier de registre s’est refermé

Nos relevés du 13 octobre 2026, répétés à plusieurs heures d’intervalle, n’ont rien rendu : ni adresse, ni alias, ni serveur de courrier, pour l’adresse principale comme pour la version www. Le silence est identique d’un résolveur à l’autre.

Notre mise à jour du 18 août 2026 décrivait encore un nom tenu par quelqu’un. Les serveurs de noms déclarés étaient alors ns1.ns306.parklogic.com et ns2.ns306.parklogic.com, et une vitrine d’attente était servie à leur place. Ce que nous décrivions à cette date était un nom privé de sa page, mais pas de son titulaire.

Ce qui a changé est la nature même de l’état. La fiche de registre porte aujourd’hui une période de rédemption : c’est le délai d’environ un mois qui suit une échéance non renouvelée, pendant lequel le titulaire d’origine peut encore rétablir son nom en acquittant une indemnité auprès du bureau d’enregistrement. Passé ce délai, le nom sort du registre et peut être réenregistré par n’importe qui.

Les dates parlent d’elles-mêmes. Le nom a été créé le 11 août 2025, pour une durée d’un an seulement, avec une échéance fixée au 11 août 2026. La dernière inscription portée au dossier remonte au 20 septembre 2026. L’exploitant n’a pas reconduit son nom.

La portée pratique de cette situation mérite d’être précisée. Pendant la période de rédemption, le nom peut revivre entre les mains de celui qui l’a laissé tomber, ou repartir vers un tiers. Rien n’interdit non plus à l’exploitant de reprendre une activité sous l’un des noms de la même grappe, sans que quiconque en soit averti.

Dernière mise à jour : 13/10/2026

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Huit noms taillés sur le même patron derrière un seul certificat

Notre analyse de juin 2026 avait relevé une anomalie parlante. Le certificat de chiffrement servi par la vitrine avait été émis au nom d’un autre domaine, aunionc.cc, et ne portait pas aunioncoi.com comme sujet principal.

Ce même certificat énumérait huit domaines : aunionc.cc, aunionc.com, aunionc.top, aunionc.vip, aunionc.xyz, aunioncoi.com, aunioncoin.cc et coinauion.com. Une seule émission pour huit enseignes distinctes. Les appels techniques de la plateforme transitaient par api.coinauion.com, autre nom de la même grappe : le moteur était donc partagé entre plusieurs façades.

La logique est connue. Lorsqu’une adresse est signalée ou bloquée, l’exploitant déplace le trafic vers un nom jumeau qui repart sans historique. La grappe n’est jamais montée au hasard ; elle est préparée avant que le premier nom soit exposé.

Ce certificat a expiré le 29 juillet 2026 et n’a pas été renouvelé. Cette date précède l’échéance du nom, fixée au 11 août 2026 : les deux abandons se suivent à moins de deux semaines d’intervalle, ce qui suggère une décision coordonnée plutôt qu’une négligence.

Nous avons rencontré la même mécanique en instruisant d’autres dossiers : ovruxtaliai, dont la vitrine s’est éteinte cinq jours après notre enquête, et vuxocap, gelé puis délaissé après une inscription au fichier de l’AMF.

Une vitrine d’échange qui ne nomme ni société, ni dirigeant, ni exploitant

La vitrine promettait une sécurité parfaite, un statut de premier centre mondial du marché des jetons stables et une assistance permanente en plusieurs langues, le tout rédigé dans un anglais standard sans aucune adaptation régionale.

Aucune entité n’a pu être retrouvée : ni société immatriculée au Royaume-Uni, ni inscription à l’Autorité des marchés financiers, à l’ACPR ou à CySEC. Les mentions légales s’arrêtaient à la formule « the website is operated by », sans jamais compléter le nom de l’exploitant. Ce n’est pas une omission : c’est une précaution délibérée.

Les trois numéros de téléphone affichés disqualifient la vitrine. Le numéro 002 048 361 727 000 renvoie à un indicatif égyptien ; les deux autres, 002 336 161 726 000 et 002 619 461 725 003, ne correspondent à aucun indicatif international reconnu.

La section des marchés restait vide alors que la page invitait à déposer des fonds. Le logo n’était pas chargé : le mot « logo » s’affichait à sa place. Aucune copie des pages de la vitrine n’a été conservée par un service public ; il ne subsiste rien de ce qu’elle affichait.

nginx, Laravel et QUIC : la couche technique posée à l’été 2025

Notre analyse technique de juin 2026 avait recensé une trentaine de briques actives. Le serveur était nginx, avec prise en charge du protocole QUIC et de HTTP/3. Le cadre applicatif était Laravel, en PHP, accompagné de jQuery 3.4.1, Popper.js, Webpack, core-js et d’une bibliothèque d’icônes.

Cette pile est standard et réutilisable telle quelle sur n’importe quel nom de la grappe. Elle ne renseigne en rien sur la légitimité de l’exploitant.

Le chiffrement reposait sur Let’s Encrypt, autorité gratuite qui ne vérifie que la maîtrise technique du nom, jamais l’identité de celui qui l’exploite. Un cadenas dans la barre d’adresse n’est pas un agrément.

L’hébergement se trouvait aux États-Unis, derrière l’adresse 38.57.130.194 lors de notre relevé de juin 2026. La vitrine diffusait par ailleurs un fichier de directives qui écartait les robots d’indexation et d’analyse, y compris ceux des grands assistants : cette précaution réduit ce qu’un tiers peut documenter du site. L’ensemble a été monté à l’été 2025 ; moins d’un an d’existence avant l’arrêt.

Le dossier NameSilo : identité couverte et transfert bloqué

Le nom dépend de NameSilo, LLC, l’un des grands bureaux d’enregistrement du marché. L’identité du titulaire est couverte par un service de confidentialité : le dossier public ne porte ni nom de personne, ni raison sociale.

Le nom a été créé le 11 août 2025 et son échéance était fixée au 11 août 2026. Pour consulter l’ensemble des données publiques disponibles, voir la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

La fiche cumule deux statuts : une interdiction de transfert, qui bloque toute cession sans un acte explicite du titulaire, et la période de rédemption ouverte depuis l’échéance non renouvelée. Ces deux statuts coexistent sans se contredire.

Une fiche publique d’évaluation du nom existe, alimentée par les utilisateurs : les retours déposés sur ce nom. Elle mesure des signaux observables et des témoignages ; elle ne tient pas lieu d’autorisation d’exercer.

Ce que peuvent encore tenter les personnes ayant envoyé des fonds

Deux situations méritent une attention particulière. Les dépôts en cryptoactifs réalisés pendant les mois où la vitrine tenait encore debout, et les virements bancaires dirigés vers les coordonnées affichées par la plateforme, appellent chacun une démarche distincte.

Un premier réflexe s’impose : n’envoyer plus rien, quels que soient les motifs invoqués pour débloquer un retrait, régulariser une fiscalité ou souscrire une assurance. Ces exigences successives forment le ressort habituel de ces montages.

Il faut aussi réunir tout ce qui rattache l’opération à ses auteurs : les courriels et messages adressés par les exploitants, les copies d’écran de l’espace personnel, les identifiants des portefeuilles ayant servi aux dépôts, et les relevés bancaires où apparaissent les règlements. Chaque élément pèse.

Prévenir sans tarder l’établissement qui a exécuté le virement reste indispensable. Si la banque n’a pas procédé aux vérifications attendues sur l’ordre reçu, une réclamation peut être formée contre elle.

Déclarer les faits au régulateur reste une étape formelle : la liste publique des avertissements de l’AMF permet de vérifier si d’autres signalements visent déjà ce nom et de déposer le sien. Pour la voie pénale, notre guide expose les étapes d’un dépôt de plainte.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Maître Irina Georgieva, avocate inscrite au barreau de Sofia, explique dans l’entretien ci-dessous comment une victoire a été obtenue avant tout procès dans un dossier de cryptoactifs, de quelle façon les transactions passées sur une fausse plateforme peuvent être contestées, et comment une issue amiable a permis la récupération des fonds.

Le nom aunioncoi.com rend-il encore quelque chose aujourd’hui ?

Non. Nos relevés du 13 octobre 2026 confirment que ce nom ne restitue plus rien : aucune adresse, aucun alias, aucune entrée de messagerie, que l’on interroge l’adresse principale ou la version www.

Que signifie le statut de rédemption porté par sa fiche de registre ?

La période de rédemption est la fenêtre d’environ un mois qui suit une échéance non renouvelée. Pendant ce délai, le titulaire d’origine peut encore rétablir son nom en acquittant une indemnité. Passé ce délai, le nom sort du registre et redevient libre pour tout candidat à l’enregistrement. Le nom aunioncoi.com se trouve dans cette fenêtre depuis son échéance du 11 août 2026.

La plateforme aunioncoi.com disposait-elle d’une autorisation pour recevoir des fonds ?

Non. Nos vérifications n’ont retrouvé aucune entité immatriculée ni aucune inscription auprès de l’Autorité des marchés financiers, de l’ACPR ou de CySEC. Les mentions légales de la vitrine s’arrêtaient à la formule « the website is operated by », sans jamais désigner un exploitant.

J’ai déposé des cryptoactifs sur aunioncoi.com, que puis-je faire ?

Réunir toutes les pièces disponibles : messages reçus des exploitants, captures de l’espace client, adresses de portefeuilles et extraits de compte. Signaler les faits à l’Autorité des marchés financiers et, si des virements bancaires sont impliqués, contacter la banque émettrice. Consulter notre guide sur les étapes d’un dépôt de plainte pour engager une procédure pénale.

Après la chute du nom, ce qui demeure du dossier

La disparition d’aunioncoi.com de l’espace résolvable ne referme pas le dossier de ceux qui ont déposé des fonds sur cette vitrine. Les personnes attirées par la promesse d’un marché de cryptoactifs, qui ont transféré des sommes alors que la plateforme n’exposait aucune entité et ne figurait sur aucun registre d’autorisation, disposent encore de leviers concrets. Les pièces réunies restent exploitables devant un régulateur ou une juridiction pénale. Le nom lui-même, toujours au dossier tant que court la fenêtre de rétablissement, peut revenir sous la même enseigne ou se déplacer vers l’un des sept autres noms de la grappe repérée. Avant d’engager toute démarche, une évaluation préalable du dossier par BrokerDefense permet de mesurer ce qui est documenté, ce qui manque et quelles voies restent ouvertes.

Article réécrit le 13/10/2026

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