Actualys.com arnaque : fiché par l’AMF, le site reste servi

Actualys.com figure sur la liste noire commune du régulateur des marchés financiers et de l’autorité de contrôle prudentiel français, sous la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs », depuis le 10 avril 2026. Six mois après cette inscription, la vitrine répond toujours et continue d’afficher « Régulé UE » en façade. Notre enquête, menée le 5 octobre 2026, documente la persistance de ce discours et les mécanismes qui permettent à cette plateforme de rester accessible malgré le verdict des autorités.

Le premier article de BrokerDefense sur ce nom a été publié le 24 février 2026. La présente mise à jour intègre l’ensemble des données collectées depuis lors : état du dossier d’enregistrement, socle technique, contenu affiché et démarches recommandées aux personnes qui auraient transféré des fonds vers cette adresse.

Le nom est fiché sous « Produits dérivés sur crypto-actifs » depuis avril 2026

Comme notre dossier sur margissance.fr, autre vitrine crypto portée par la liste noire du régulateur français, le cas actualys.com illustre un schéma désormais bien documenté : un nom fiché par les autorités qui continue pourtant de s’afficher avec des arguments de légitimité. Nous avons relevé, le 5 octobre 2026, que la fiche nominative que le régulateur français consacre à ce nom est toujours en vigueur, six mois après sa publication.

Une inscription sur cette liste noire commune signifie que les autorités ont établi que ce nom opère sans autorisation sur le territoire français. Elle ne constitue pas une mise en garde provisoire. C’est un avertissement public, opposable, qui indique qu’aucune licence n’a été accordée à cet opérateur pour commercialiser ce type de contrat auprès du public français.

Or la vitrine affiche simultanément « Régulé UE » et « Entièrement régulé dans les principales juridictions européennes ». Ces formulations contredisent directement ce que les autorités publient. Aucune autorité nommée, aucun numéro de licence ne vient étayer ces affirmations. L’épargnant doit s’en tenir à ce que les régulateurs publient, et non à ce qu’une vitrine déclare elle-même.

La règle est simple : si un nom figure sur cette liste, aucun argument affiché sur le site ne peut la neutraliser. La mention « Régulé UE » n’a aucune valeur juridique dès lors que les autorités compétentes ont publié le contraire.

Dernière mise à jour : 05/10/2026

📄 Document

BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page affichée par ce nom le 5 octobre 2026 : sa mention « Régulé UE », ses chiffres de rendement sans source et ses visages de témoins, pièce à joindre à un signalement.

Pour une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Deux sociétés françaises portent le même nom

Le terme « Actualys » correspond à des entités réellement immatriculées au registre national des entreprises français. Deux sociétés actives portent ce nom : l’une sous le numéro 529779696, établie à Biarritz, l’autre sous le numéro 402708523, établie à Épernay. Toutes deux exercent dans le secteur de la comptabilité. Ces sociétés sont des tiers qui subissent l’emprunt de leur dénomination. Elles ne sont en rien liées à l’exploitation de la vitrine et ne sauraient être mises en cause.

La vitrine, elle, n’affiche aucun numéro d’immatriculation, ni français ni étranger. Aucune des deux sociétés homonymes ne revendique ce site. Le pied de page mentionne une adresse à Manchester, au Royaume-Uni. Nos recherches n’ont relevé aucune société portant ce nom au registre britannique des sociétés.

La plateforme revendique « 18+ années d’activité » et un copyright daté de 2013. Aucune pièce du dossier ne corrobore ces repères d’ancienneté. Le premier certificat de sécurité que nous avons observé sur ce nom datait d’avril 2026. L’écart entre la date revendiquée et la réalité technique est de plus d’une décennie.

Le dépôt du nom remonte à mai 2002

Le nom actualys.com a été déposé le 30 mai 2002 auprès du prestataire d’enregistrement NameSilo. Son échéance court jusqu’au 30 mai 2027. L’ancienneté du dépôt ne dit rien de l’usage actuel : ce qui importe, c’est la date de la dernière modification du dossier.

Cette dernière modification est datée du 31 mai 2026. Le nom a donc été rouvert et reconfiguré au printemps 2026, soit quelques semaines après l’inscription sur la liste noire commune. C’est à cette période que la vitrine que nous analysons a commencé à être servie. Le dossier porte en outre un verrou qui bloque toute demande de transfert, ce qui complique une action directe sur le nom lui-même.

Le titulaire déclaré est masqué : aucune société, aucun nom et aucune adresse d’exploitation ne figurent dans les données publiques. La résolution du nom passe par l’infrastructure de Cloudflare. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Une infrastructure masquée et un certificat d’août 2026

Tout le trafic passe par le réseau de diffusion de Cloudflare. Ce choix technique tient l’hébergeur réel hors de vue : les adresses relevées appartiennent à l’infrastructure de Cloudflare et ne localisent pas le serveur d’origine. Identifier l’opérateur réel par cette voie est impossible.

L’autorité d’émission du certificat de sécurité est Google Trust Services, sous l’unité WE1. Il est valable du 10 août 2026 au 8 novembre 2026 et couvre le nom ainsi que l’ensemble de ses sous-domaines. C’est un certificat générique, délivré sans contrôle d’activité réelle. Sa présence ne signifie pas que la plateforme est légitime : elle signifie seulement que la connexion est chiffrée.

Le serveur annonce un moteur Node.js et un socle applicatif de type Express. L’interface est construite avec une bibliothèque JavaScript moderne. Par ailleurs, une trace de la plateforme de développement Replit subsiste dans les fichiers de la page, signe d’une construction rapide, reprise telle quelle sans adaptation. Un en-tête d’infrastructure Google accompagne les réponses du serveur.

Des montants avancés sans la moindre source

La page d’accueil affiche un volume trimestriel de plusieurs milliards d’euros, des centaines de milliers de clients présentés comme vérifiés, et un taux de disponibilité de 99,9 %. Aucune source n’accompagne ces chiffres. Ils sont invérifiables par définition.

La vitrine se présente comme « Leader Européen en Trading » et affirme une régulation « dans les principales juridictions européennes ». Aucune autorité n’est nommée. Aucun numéro de licence n’est fourni. Ces formulations sont des assertions sans fondement vérifiable.

Trois profils de témoignages sont affichés. Les noms des fichiers images associés ne correspondent à aucun des profils présentés : les visuels sont donc génériques, sans lien avec les personnes évoquées. La page de connexion conserve une phrase anglaise tronquée, vestige d’un gabarit repris sans adaptation. Les rubriques de marché sont alimentées par une interface publique de cotation, librement accessible, qui n’apporte aucune valeur propre à la plateforme.

La vitrine affiche un numéro mobile et un numéro surtaxé. Ces contacts sont sans commune mesure avec ceux d’un intermédiaire financier autorisé. Notons que la fiche publique de réputation rattachée à ce nom décrit le comportement du nom et les signalements recueillis : elle ne constitue pas une autorisation d’exercer et ne saurait être interprétée comme telle.

Avant d’engager une démarche, ce qu’il faut garder

Les personnes qui ont transféré des fonds vers actualys.com se trouvent généralement dans une situation précise : des sommes parties par virement vers un compte qui leur avait été désigné comme un compte de trading, une relation entretenue avec un interlocuteur qui se disait conseiller, et des relevés d’opérations transmis par la plateforme elle-même. Ces trois éléments constituent le socle d’un dossier.

La première étape passe par la banque émettrice des virements. Un établissement bancaire peut être mis en cause pour manquement à son devoir de vigilance lorsqu’il a laissé transiter des fonds vers un opérateur non autorisé. Cette voie mérite d’être explorée avant toute autre action. Ensuite, une plainte remise au procureur de la République compétent ouvre, elle, une procédure. Notre dossier sur la plainte au pénal en décrit le déroulé.

Refusez les offres de récupération proposées par des inconnus : elles visent souvent des victimes déjà éprouvées. Notre dossier sur quantiumax.one, fiché par le même régulateur et toujours servi, comme actualys.com, documente un schéma comparable et les mêmes précautions s’appliquent.

Un entretien éclaire concrètement ce que cette procédure peut produire. Maître Goce Novakov, avocat établi à Paris, revient sur un jugement d’escroquerie rendu à Paris qui s’est soldé par une victoire totale des victimes : indemnisation complète obtenue et condamnation de la banque pour manquement à son devoir de vigilance. Cet entretien montre que la voie judiciaire, menée avec méthode, peut aboutir.

Les victimes d’actualys.com se retrouvent souvent face à un tableau de bord qui affiche des gains, un conseiller qui presse d’investir davantage, et un retrait qui ne se concrétise jamais. BrokerDefense peut remettre un dossier de recherches écrit, à joindre à une plainte, qui rassemble l’ensemble des éléments techniques et réglementaires réunis sur ce nom.

Trois interrogations que nos lecteurs nous adressent

Actualys.com détient-il un agrément pour commercialiser ses placements ?

Non. Le nom est porté par la liste noire commune du régulateur des marchés financiers et de l’autorité de contrôle prudentiel sous la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs », avec la date du 10 avril 2026. Aucune autorisation française ou étrangère n’est vérifiable pour cette enseigne, et les mentions « Régulé UE » et « régulé dans les principales juridictions européennes » affichées par la vitrine ne renvoient à aucune autorité identifiée.

Pourquoi la mention « Régulé UE » affichée par la plateforme ne suffit-elle pas ?

Parce qu’une mention ne prouve rien par elle-même. Une plateforme autorisée cite le nom de son régulateur et son numéro d’enregistrement, que n’importe qui peut vérifier. Ici, aucun numéro, aucune autorité nommée, et le nom est au contraire porté par la liste noire commune tenue par les autorités françaises. L’affichage « Régulé UE » contredit donc directement ce que ces autorités publient.

J’ai versé des fonds sur actualys.com, quelles pièces réunir en premier ?

Réunissez les relevés des sommes parties par virement vers le compte que la plateforme vous avait désigné, les confirmations d’opérations qu’elle vous a adressées et les messages échangés avec la personne qui se présentait comme votre conseiller. Une réclamation doit ensuite être écrite à la banque émettrice de ces opérations, avant le dépôt d’une plainte pour escroquerie auprès du procureur de la République. Notre dossier de recherches écrit peut venir à l’appui de cette plainte.

Article réécrit le 05/10/2026

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