Le 26 juin 2025, BrokerDefense publiait l’analyse de « Dex », une plateforme qui assurait figurer parmi les « 50 meilleures plateformes d’échange de cryptomonnaies au monde » et dont le seul contact connu était une adresse Gmail. Plus d’un an après, le dossier n’a conservé aucune adresse exploitable, et les enquêtes récentes confirment que le procédé de la fausse plateforme d’échange circule toujours sous de nouveaux habillages.
Sommaire
- « Top 50 mondial » et « garanties d’État » : des affirmations jamais étayées
- Une crédibilité de façade : « anciens de Google ou Microsoft », logos de Binance ou Kraken
- [email protected] : une adresse Gmail pour seule porte d’entrée
- Des cotations « en direct » qui ressemblaient à une simple simulation
- Le même procédé circule toujours en 2026
- Vous avez déposé des cryptomonnaies sur Dex : les démarches possibles
- Dex : les questions que vous vous posez
« Top 50 mondial » et « garanties d’État » : des affirmations jamais étayées
La vitrine « Dex » s’affichait sans retenue : elle se proclamait l’une des cinquante meilleures plateformes d’échange de cryptomonnaies au monde et annonçait qu’une « agence d’État » garantissait la sécurité des avoirs de ses utilisateurs. Aucun nom d’agence n’apparaissait, aucune référence réglementaire, aucun numéro d’agrément. L’analyse publiée en juin 2025 n’a trouvé ni régulation, ni autorisation d’exercer une activité financière, ni le moindre document officiel venant soutenir ces promesses.
Le discours sur la sécurité technique suivait la même logique d’affichage sans substance : portefeuilles « multi-signature », protection « anti-vol à froid et à chaud », surveillance continue pour « ne rater aucune opportunité », et un prétendu « tri strict » des projets listés avec 80 % de rejets annoncés. Aucune explication technique, aucune documentation, aucune preuve d’une infrastructure réelle ne venaient appuyer ces formules. La plateforme empruntait le vocabulaire des acteurs sérieux du secteur sans en avoir les fondements.
Dernière mise à jour : 04/09/2026
Une crédibilité de façade : « anciens de Google ou Microsoft », logos de Binance ou Kraken
La section « About Dex » présentait une équipe dont les membres auraient été formés par d’anciens collaborateurs de Google, Microsoft, Alibaba ou Tencent. Le récit était soigné, les références évocatrices, mais pas un seul prénom, pas un seul nom de famille n’était mentionné. Aucun profil vérifiable, aucun parcours public, aucune société légale identifiable derrière la plateforme.
Ce type de storytelling répond à un objectif précis : donner l’apparence d’une structure solide et crédible à une vitrine dont les véritables opérateurs restent soigneusement dissimulés. En l’absence de tout ancrage identitaire réel, il est impossible de savoir qui concevait la plateforme, qui gérait les fonds déposés et depuis quel territoire ces personnes opéraient.
Le pied de page de la vitrine « Dex » accueillait les logos de Binance, OKX, Coinbase, Kraken, crypto.com et ApolloX, disposés comme autant de cautions visuelles. Le dossier de 2025 a vérifié : aucun de ces logos n’était cliquable, aucun de ces acteurs ne reconnaissait « Dex » comme partenaire. L’affichage constituait donc une association de marques non autorisée, destinée à faire croire à des adossements qui n’existaient pas.
Ce procédé est un signal d’alerte classique dans l’écosystème des fausses plateformes : emprunter la réputation d’acteurs établis pour rassurer des investisseurs potentiels, sans que ces acteurs en soient informés ni y aient consenti. La présence de logos reconnus ne signifie jamais, en elle-même, qu’un partenariat réel existe.
[email protected] : une adresse Gmail pour seule porte d’entrée
Le seul contact documenté par l’enquête de juin 2025 était l’adresse [email protected]. Ni adresse physique, ni numéro d’entreprise, ni entité juridique identifiable. Les mentions légales se réduisaient à un copyright millésimé 2022, sans dénomination sociale ni coordonnées permettant d’engager une quelconque responsabilité.
Cette absence totale de traçabilité est délibérée : quand des fonds disparaissent sur ce type de plateforme, les victimes se retrouvent sans interlocuteur, sans recours contractuel direct et sans moyen d’identifier les personnes à l’origine de l’opération. Une adresse Gmail gratuite ne laisse aucune prise sur les opérateurs ni sur les sommes qu’ils ont collectées.
Des cotations « en direct » qui ressemblaient à une simple simulation
Un tableau de prix présentait des paires BTC/USDT, ETH/USDT et DOGE/USDT comme alimentées en temps réel. Visuellement, l’interface imitait celle d’une vraie plateforme d’échange. Mais l’analyse publiée en juin 2025 relevait plusieurs anomalies : des courbes d’évolution quasi identiques entre plusieurs cryptomonnaies pourtant distinctes, des prix affichés en chiffres ronds peu compatibles avec les marchés réels, et l’absence totale de profondeur de marché, c’est-à-dire des ordres d’achat et de vente qui auraient attesté d’une activité réelle.
Ces éléments donnaient à penser que les données affichées servaient uniquement à imiter l’activité d’une vraie plateforme, sans qu’aucun moteur de trading réel ne soit connecté derrière l’interface. L’objectif était vraisemblablement de convaincre les utilisateurs de déposer des fonds sur la foi d’une apparence de liquidité et d’activité de marché.
Le même procédé circule toujours en 2026
La mécanique décrite en juin 2025 n’a pas disparu avec « Dex ». Le 21 août 2026, BrokerDefense publiait une enquête sur workor.it.com, une fausse plateforme d’échange qui était devenue totalement injoignable dès le 1er septembre 2026, moins de deux semaines après sa dénonciation publique, alors même que son nom de domaine restait enregistré. La disparition rapide de la vitrine, sans restitution d’aucun fonds, illustre parfaitement le cycle de vie de ce type d’opération.
Quelques semaines plus tôt, le 26 juin 2026, c’était bingx-exchange.fr qui était démonté : ce domaine, créé en février 2026, exploitait la notoriété de la plateforme d’échange légitime BingX pour attirer des victimes réelles, avant de cesser toute activité. La société BingX n’est en aucun cas impliquée dans cette arnaque. Ces deux exemples récents montrent que le gabarit utilisé par « Dex » continue de circuler, simplement rebaptisé.
Pour toute personne souhaitant vérifier si une plateforme est autorisée à exercer en France, l’Autorité des marchés financiers tient à jour des mises en garde et des listes noires de plateformes non autorisées, consultables directement sur son site.
Vous avez déposé des cryptomonnaies sur Dex : les démarches possibles
Si vous avez versé des fonds sur la plateforme « Dex », la première priorité est de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran de la vitrine, historiques de transactions et de portefeuilles, courriels échangés avec l’adresse [email protected] ou tout autre contact utilisé. Ces éléments constituent la base de tout dossier, qu’il s’agisse d’une démarche amiable ou d’une procédure judiciaire. Ne versez plus aucun fonds, quelle que soit la justification avancée par les opérateurs.
Soyez particulièrement vigilant face aux prétendus « services de récupération » qui recontactent les victimes d’arnaques connues en promettant de retrouver les sommes perdues : il s’agit très souvent d’une seconde escroquerie ciblant des personnes déjà lésées. Les mouvements de cryptomonnaies peuvent parfois être suivis, mais cette démarche requiert un accompagnement sérieux. Signalez les faits aux autorités compétentes et envisagez de porter plainte.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Les victimes d’une plateforme comme « Dex » se demandent souvent par où commencer pour tenter de récupérer leurs fonds ou d’engager une procédure. Maître Julie Younes, avocate au barreau de Paris, expose dans la vidéo ci-dessous les voies concrètes ouvertes aux personnes ayant confié des cryptomonnaies à une plateforme frauduleuse : comment constituer un dossier de preuves solide, dans quels cas envisager un protocole transactionnel, et quand privilégier une plainte pénale ou une action devant les juridictions civiles.
Dex : les questions que vous vous posez
Le dossier publié en juin 2025 n’a conservé aucune adresse de site exploitable : la vitrine n’est connue qu’au travers des captures analysées à l’époque, et le seul contact documenté était [email protected]. Aucune vérification directe n’est possible en 2026. Le procédé, lui, reste d’actualité, comme le montre la fausse plateforme d’échange workor.it.com, injoignable dès septembre 2026.
L’analyse publiée en juin 2025 concluait à une fausse plateforme d’échange : un classement « top 50 mondial » et des « garanties d’État » invérifiables, des logos de grandes plateformes affichés sans aucun partenariat confirmé, une équipe présentée sans un seul nom et une adresse Gmail pour seul contact. Aucune société, aucun agrément, aucun numéro d’enregistrement n’ont pu être identifiés.
Conservez toutes les preuves (captures d’écran, historiques de transactions et de portefeuilles, courriels), ne versez plus rien, méfiez-vous des offres de « récupération » payante, signalez les faits et portez plainte. Le service d’aide aux victimes de BrokerDefense évalue gratuitement votre situation et vous oriente.
Les victimes de « Dex » sont des personnes attirées par une plateforme qui se proclamait « top 50 mondial » et couverte par une mystérieuse « agence d’État », qui ont déposé des cryptomonnaies en toute bonne foi et se sont retrouvées sans interlocuteur, sans entité juridique identifiable, avec une simple adresse Gmail pour unique contact. Leur situation illustre la brutalité de ce type d’escroquerie : les fonds disparaissent sans qu’aucun responsable légal ne soit traçable. Le dossier de 2025 ne se referme pas pour autant : les captures d’écran et preuves conservées par les victimes restent exploitables dans le cadre d’une procédure, et la vigilance s’impose car le même procédé de fausse plateforme d’échange continue de circuler sous d’autres noms, comme Workor ou bingx-exchange.fr l’ont encore montré en 2026. BrokerDefense propose une évaluation préalable gratuite pour toute personne souhaitant faire le point sur sa situation et envisager les démarches adaptées.
Article réécrit le 04/09/2026


