Sommaire
- L’extinction d’un faux broker blacklisté par l’AMF
- Une inscription sur la liste noire de l’AMF depuis le 9 septembre 2025
- Tucows, juin 2024 et un domaine payé jusqu’en 2027
- Une coquille React et un webtrader externalisé sur rilvo.tech
- Les promesses d’une vitrine sans aucune substance légale
- Les démarches concrètes pour les personnes ayant versé des fonds
L’extinction d’un faux broker blacklisté par l’AMF
Le dossier AUROLONIX, que BrokerDefense a documenté en détail dans l’article frère publié le 10 décembre 2025, connaît son épilogue prévisible : depuis le 10 août 2026, le site aurolonix.com ne répond plus. Nos contrôles du 14 août 2026 le confirment sans ambiguïté. Toutes les pages renvoient une erreur 502 Bad Gateway, servie par nginx/1.28.2. L’origine du site est muette.
Le domaine, lui, reste enregistré. Les serveurs DNS Cloudflare répondent encore. L’adresse IP 193.149.185.33 résout toujours. Mais derrière cette façade technique, plus rien ne tourne. La plateforme qui promettait un accès à « plus de 30 pays » et « 2 000 transactions quotidiennes » a cessé d’exister, sans préavis, sans explication, sans remboursement.
Cette disparition n’est pas une surprise. Elle s’inscrit dans la logique d’un opérateur qui avait encaissé des fonds sans jamais disposer d’un agrément réel. Le site s’éteint. Les opérateurs restent injoignables. Les victimes, elles, attendent.
Dernière mise à jour : 14/08/2026

Une inscription sur la liste noire de l’AMF depuis le 9 septembre 2025
L’Autorité des marchés financiers a inscrit www.aurolonix.com sur sa liste noire officielle de l’AMF le 9 septembre 2025, dans la catégorie Forex. Cette inscription signifie qu’AUROLONIX proposait des services d’investissement sans y être autorisé sur le territoire français.
BrokerDefense avait documenté cette blacklist dès le 10 décembre 2025. À cette date, le site fonctionnait encore. Pendant neuf mois supplémentaires, la plateforme a donc continué d’opérer malgré l’alerte officielle. Ce délai entre la mise en garde et la fermeture effective illustre une réalité bien connue : une inscription sur liste noire n’entraîne pas la fermeture immédiate du site. Elle alerte les épargnants, mais ne coupe pas les serveurs.
Par ailleurs, d’autres faux courtiers Forex ont suivi le même parcours. Netixos.com, blacklisté par l’AMF et dont le domaine a été gelé, en est un exemple récent. Le schéma se répète avec une régularité troublante.
Me Julie Younes, avocate au barreau de Paris dont vous pouvez consulter le profil sur la page Me Julie Younes, détaille dans la vidéo ci-dessous les voies concrètes ouvertes aux victimes d’arnaques à l’investissement : constituer un dossier solide, engager un recours précontentieux, porter plainte, agir au civil ou au pénal pour obtenir réparation.
Tucows, juin 2024 et un domaine payé jusqu’en 2027
Les données d’enregistrement du domaine, vérifiées le 14 août 2026 auprès du registre Verisign, révèlent une chronologie précise. Le domaine aurolonix.com a été créé le 27 juin 2024. Il expire le 27 juin 2027. Quelqu’un a donc réglé trois années d’enregistrement, et le domaine reste actif et payé malgré la fermeture du site.
Le registrar est Tucows Domains Inc., identifiant IANA 69, un acteur généraliste sans lien particulier avec la fraude. Le dernier changement enregistré au registre date du 22 juin 2026, soit moins de deux mois avant la détection de la panne. Le titulaire est masqué derrière une protection de confidentialité. Le DNSSEC n’est pas signé. Les statuts actifs, « client transfer prohibited » et « client update prohibited », bloquent tout transfert ou modification du domaine par un tiers.
Les serveurs de noms sont PARIS.NS.CLOUDFLARE.COM et RENAN.NS.CLOUDFLARE.COM. Cloudflare assure donc encore la résolution DNS, ce qui explique que le domaine répond techniquement, même si le site derrière est mort. La fiche WHOIS complète sur DomainTools permet de consulter l’historique complet de cet enregistrement.
Une coquille React et un webtrader externalisé sur rilvo.tech
Notre enquête initiale, publiée dès le 23 juin 2025, avait mis en évidence une architecture révélatrice. Le domaine aurolonix.com ne servait qu’une application React vide. Sans JavaScript activé, le navigateur n’affichait qu’un message : « You need to enable JavaScript to run this app. » La marque AUROLONIX n’était qu’une enveloppe.
Le vrai portail de connexion pointait vers webtrader.rilvo.tech, une solution de trading en marque blanche. Aucune technologie propriétaire, aucun développement interne. AUROLONIX louait une interface générique, rebaptisée « AUROLONIX WebTrader », pour simuler l’existence d’une plateforme réelle. Ce type de montage est courant parmi les faux brokers, comme le montre également le cas Webtrader aptos-ai.net, inscrit lui aussi sur la liste noire de l’AMF.
L’infrastructure complète comprenait nginx comme serveur web, un certificat SSL Sectigo de type wildcard (*.aurolonix.com) en validation de domaine simple, Cloudflare en CDN, Weglot pour la traduction du site en plusieurs langues dont le français, et Zoho Mail pour la messagerie. L’hébergement était localisé aux Pays-Bas, derrière l’IP 193.149.185.33. Aucun de ces éléments ne nécessite de compétences techniques avancées ni de budget significatif. En quelques jours, n’importe qui peut monter une telle infrastructure.
Les promesses d’une vitrine sans aucune substance légale
AUROLONIX se présentait comme un broker forex international. Les slogans affichés, « Make The Most Of Cutting Edge Trading Features » et « Trusted Worldwide », visaient à inspirer confiance. La page d’accueil mentionnait un accès à « plus de 30 pays » et « 2 000 transactions quotidiennes ». Ces chiffres n’étaient adossés à aucune source vérifiable.
L’interface de connexion affichait des chandeliers japonais en fond, une phrase d’accroche, « Your simple way to trade and earn », et un bouton « Sign Up » fonctionnel. Plusieurs types de comptes étaient proposés. Des sections « About », « Why Us », « Accounts » et « Trading » structuraient le site en anglais.
Or, aucune mention légale n’apparaissait nulle part. Pas de numéro d’agrément, pas d’adresse physique, pas d’équipe identifiée, pas de politique de confidentialité. Le copyright indiquait « 2024 Aurolonix All rights reserved », cohérent avec la date de création du domaine en juin 2024. L’évaluation ScamDoc de aurolonix.com reflète ce niveau de risque élevé, documenté par les signalements d’utilisateurs.
Les démarches concrètes pour les personnes ayant versé des fonds
Des signalements publics ont associé au moins deux éléments d’identification aux opérateurs d’AUROLONIX : le numéro de téléphone +334****8564 et l’adresse électronique [email protected], citée dans plusieurs témoignages. Un interlocuteur se présentait sous le nom « webtrader Web ». Ces éléments, aussi fragmentaires soient-ils, constituent des points de départ pour un dossier de plainte.
Les personnes ayant effectué des virements bancaires vers AUROLONIX doivent rassembler l’ensemble des preuves disponibles : relevés de compte, captures d’écran des échanges, historique des communications, coordonnées utilisées par les opérateurs. Ces documents sont indispensables pour saisir le procureur de la République compétent. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille chaque étape de cette démarche.
Toutefois, une mise en garde s’impose. Depuis la fermeture du site, des tiers peuvent se présenter comme des spécialistes de la récupération de fonds, promettant de rapatrier les sommes perdues contre paiement préalable. Ces propositions sont, dans la quasi-totalité des cas, de nouvelles escroqueries ciblant les mêmes victimes. Aucun paiement préalable ne doit être effectué.
Des personnes ayant versé des fonds sur aurolonix.com se retrouvent aujourd’hui face à une plateforme sans licence, sans adresse, sans interlocuteur joignable. BrokerDefense peut fournir un rapport de recherches complet, constitué à partir des données collectées tout au long de l’enquête, destiné à accompagner un dépôt de plainte ou une procédure judiciaire. Ce rapport documente l’infrastructure, les signalements, la chronologie et la blacklist AMF. Contacter BrokerDefense avant d’engager toute démarche permet d’évaluer la situation et d’identifier les recours les plus adaptés.
Non. Le site aurolonix.com ne répond plus depuis août 2026 : toutes les pages renvoient une erreur 502 Bad Gateway, confirmée par nos contrôles du 14 août 2026. Le domaine, lui, reste enregistré chez Tucows jusqu’en juin 2027 et le DNS Cloudflare fonctionne encore, mais l’origine du site est morte. La plateforme a cessé d’opérer sans préavis.
Oui. L’AMF (Autorité des marchés financiers) a inscrit www.aurolonix.com sur sa liste noire officielle le 9 septembre 2025, dans la catégorie Forex. Le site proposait des services d’investissement sans y être autorisé en France. Cette blacklist a été documentée par BrokerDefense dès décembre 2025, avant la fermeture définitive du site en août 2026.
Cessez tout nouveau versement et rassemblez vos preuves : relevés de compte, captures d’écran des échanges, historique des communications, coordonnées utilisées par les opérateurs (dont le téléphone +334****8564 et l’adresse [email protected]). Déposez plainte auprès du procureur de la République compétent. Méfiez-vous des faux intermédiaires qui promettent de récupérer vos fonds contre paiement préalable. BrokerDefense peut fournir un rapport de recherches complet destiné à accompagner votre dossier.
Article réécrit le 14/08/2026


