En juin 2025, BrokerDefense dénonçait Fintradix, une plateforme de trading qui affichait une fausse autorité de régulation, la « Digital Crypto Commission », sans révéler aucune société, aucune adresse ni aucun contact. La vitrine était soignée : interface sombre, pictogrammes techniques, slogans sur l’indépendance financière, photos de skyline nocturne, tout concourait à imiter les codes d’un opérateur sérieux. Derrière ce décor, le dossier de juin 2025 n’a trouvé aucune identité légale exploitable : pas de société enregistrée, pas de dirigeant nommé, pas de page de mentions légales, pas de numéro de licence. La « Digital Crypto Commission » invoquée en bas de page n’existait dans aucun registre mondial de la régulation financière. Ce procédé de la vitrine de trading fantôme n’était pas un accident isolé : BrokerDefense continue de le documenter en 2026, avec des cas publiés en septembre de la même année.
Sommaire
- Fintradix : un faux régulateur inventé pour rassurer
- Des pourcentages de réussite affichés sans la moindre source
- Des tickets d’entrée croissants jusqu’à 25 000 euros
- La vitrine ne révélait ni société, ni dirigeant, ni moyen de contact
- Des images de skyline et des slogans pour tout argument
- Fintradix : les démarches après un dépôt de fonds
- Fintradix : vos questions
Fintradix : un faux régulateur inventé pour rassurer
L’élément le plus révélateur du dossier de juin 2025 est la mention qui figurait en bas de page du site Fintradix : « Fintradix company services are regulated and authorized by the Digital Crypto Commission. » Cette formule, rédigée dans le registre habituel des avertissements réglementaires, visait à produire un effet de légitimité. Elle n’y parvient qu’un instant : la « Digital Crypto Commission » est introuvable dans l’ensemble des bases de données de régulation financière à l’échelle mondiale. Aucun régulateur reconnu, aucun traité international, aucun registre officiel ne recense cette autorité.
Le procédé est précis dans son intention. Un épargnant qui lit la mention d’un « régulateur » suppose qu’une vérification est possible, et que si la plateforme l’affiche, c’est qu’elle est en règle. L’invention d’une autorité fantôme repose exactement sur cette mécanique : créer l’apparence d’un contrôle pour désamorcer la méfiance, sans exposer aucun élément susceptible d’être vérifié. Fintradix n’indiquait ni numéro de licence, ni pays d’enregistrement, ni nom juridique de la société exploitante. La mention du « régulateur » était le seul habillage institutionnel, et il était fabriqué.
Dernière mise à jour : 05/09/2026
Des pourcentages de réussite affichés sans la moindre source
La vitrine de Fintradix mettait en avant plusieurs indicateurs présentés comme des preuves de qualité. On pouvait y lire : « Maximize your trading success : 98% », « Available for every trader : 96% », « Secure and intuitive platform : 89% ». Ces chiffres, affichés avec la précision apparente d’une mesure sérieuse, n’étaient accompagnés d’aucune méthodologie, d’aucune source, d’aucune période de référence.
En matière de trading, les résultats passés ne préjugent pas des résultats futurs : c’est une règle que tout opérateur régulé est tenu de rappeler. Fintradix ne s’embarrassait pas de cette précaution. Les pourcentages fonctionnaient comme des arguments visuels destinés à renforcer la crédibilité de la vitrine, sans engagement vérifiable et sans possibilité de contestation. Aucun backtesting, aucune performance auditée, aucun rapport n’était accessible.
Des tickets d’entrée croissants jusqu’à 25 000 euros
Le dossier de juin 2025 a relevé que Fintradix proposait plusieurs niveaux d’investissement, dont le plan « Gold Elite », accessible à partir de 25 000 euros. La structure à paliers croissants est caractéristique des dispositifs frauduleux : elle crée une hiérarchie entre les participants et génère une pression implicite à monter en gamme pour accéder aux meilleures conditions supposées.
Aucune documentation contractuelle n’accompagnait ces plans. L’enquête n’a trouvé ni mention de frais applicables, ni règle de retrait, ni contrat téléchargeable, ni conditions générales. Un épargnant qui aurait versé des fonds sur la base de ces plans ne disposait donc d’aucun document opposable pour en réclamer la restitution. L’absence totale de cadre contractuel renforce le constat d’une vitrine conçue pour collecter des dépôts sans obligation de les reverser.
La vitrine ne révélait ni société, ni dirigeant, ni moyen de contact
Le dossier de juin 2025 a systématiquement cherché les éléments d’identification que tout opérateur financier régulé est tenu de publier : nom et forme juridique de la société, pays d’établissement, numéro d’immatriculation, identité du ou des dirigeants, adresse physique, numéro de téléphone, adresse électronique directe. Fintradix ne fournissait aucun de ces éléments.
La rubrique « Contact » du site était vide. Aucune page de mentions légales n’était accessible. Aucun nom propre ne figurait dans les textes de présentation. Cette opacité totale n’est pas un oubli ou une négligence de présentation : c’est la condition nécessaire pour qu’une vitrine de trading fantôme puisse fonctionner sans laisser de prise légale. Une société identifiable peut être poursuivie, contrôlée, mise en demeure. Une coquille sans nom ni adresse, non.
Des images de skyline et des slogans pour tout argument
En l’absence de tout document légal et de toute identité vérifiable, la vitrine de Fintradix reposait entièrement sur son esthétique. Photos de lignes d’horizon nocturnes, couleurs sombres et contrastées, pictogrammes empruntés au vocabulaire financier, formules en anglais comme « cutting-edge tools », « expert guidance » ou « financial independence » : l’ensemble constituait un décor conçu pour suggérer la compétence et le sérieux sans en apporter la preuve.
Ce type de présentation n’est pas propre à Fintradix. Les enquêtes publiées par BrokerDefense en septembre 2026 montrent que le procédé est toujours actif. VenturoFX.com, dénoncé par BrokerDefense en septembre 2026, affichait un agrément CySEC qui ne figurait dans aucun registre officiel. Alpha-Flow.ai, dénoncé début septembre 2026, présentait une supposée intelligence artificielle de trading adossée à des statistiques de performance entièrement inventées. La forme change, le fond reste identique : imiter les codes des plateformes régulées pour tromper des épargnants qui n’ont aucun moyen de distinguer, à première vue, une vitrine d’un opérateur réel.
Pour un épargnant, le signal d’alerte est le même qu’en 2025 : une plateforme qui promet des rendements sans révéler quelle société l’exploite, dans quel pays elle est établie et quelle autorité la contrôle réellement, et qui invente au besoin un régulateur pour rassurer. Consulter les listes noires et mises en garde de l’AMF avant tout versement reste le premier réflexe à adopter face à une offre de trading non sollicitée.
Fintradix : les démarches après un dépôt de fonds
Les personnes qui ont versé des fonds sur Fintradix se retrouvent dans une situation qui requiert d’agir sans délai sur plusieurs fronts. La première priorité est d’interrompre tout nouveau virement et de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran de la plateforme et des plans d’investissement proposés, relevés de virements bancaires, courriels et messages échangés, historiques de connexion et de conversation. Ces éléments constituent le dossier sur lequel s’appuieront toutes les démarches ultérieures.
Il convient ensuite de signaler les opérations à sa banque, qui peut être en mesure de bloquer des flux encore en cours ou d’initier des procédures de contestation selon la nature des paiements effectués. La page de demande d’assistance de BrokerDefense permet d’obtenir une première analyse de la situation. Il est également possible de porter plainte auprès des autorités compétentes, démarche qui formalise le signalement et ouvre la voie à une instruction pénale.
Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris et avocat partenaire de BrokerDefense, a analysé une décision récente d’une cour d’appel ayant retenu la responsabilité d’un établissement bancaire pour manquement à son devoir de vigilance : la banque avait laissé partir des fonds vers une plateforme d’investissement frauduleuse sans alerter son client, et la cour a ordonné l’indemnisation de la victime. Ce type de recours, peu connu des épargnants, mérite d’être examiné avec un avocat lorsque le virement a transité par un compte bancaire domicilié en France.
Fintradix : vos questions
Le dossier de juin 2025 n’a trouvé aucune société identifiable, aucun enregistrement, aucune adresse, aucun contact ni aucune autorité de tutelle réelle derrière la vitrine Fintradix. Le site affichait une autorité de régulation inventée, la « Digital Crypto Commission », que l’on ne retrouve dans aucun registre mondial, ainsi que des pourcentages de réussite sans source ni méthode. Ces éléments caractérisent une coquille conçue pour collecter des dépôts sans obligation de les reverser. Le procédé de la vitrine de trading fantôme reste documenté par BrokerDefense en 2026, avec de nouveaux cas publiés en septembre de la même année.
La première étape est d’interrompre tout nouveau versement vers la plateforme. Il faut ensuite rassembler toutes les preuves disponibles : captures d’écran de la plateforme et des plans proposés, relevés de virements, courriels, historiques de conversation. Ces documents sont indispensables pour toute démarche ultérieure. Contactez votre banque pour signaler les opérations et examiner les possibilités de contestation. BrokerDefense propose une première analyse via sa page de demande d’assistance. Il est également recommandé de porter plainte auprès des autorités compétentes pour formaliser le signalement et ouvrir la voie à une instruction pénale.
La mention d’une autorité de contrôle vise à désamorcer la méfiance de l’épargnant : celui-ci croit pouvoir vérifier une information qui n’existe pas. En fabriquant un nom de régulateur, l’opérateur frauduleux reproduit la forme d’un agrément sans en supporter les contraintes réelles, notamment la transparence sur l’identité de la société et le respect des règles de protection des clients. L’imitation des codes réglementaires et l’invention d’une autorité fantôme sont des procédés classiques des dispositifs frauduleux, comme l’ont montré le dossier de juin 2025 sur Fintradix et les enquêtes publiées par BrokerDefense en 2026.
Les personnes qui ont pu verser des fonds sur Fintradix se trouvent face à une coquille sans société identifiable, construite pour collecter des dépôts derrière une façade esthétiquement convaincante : c’est le verdict que le dossier de juin 2025 avait établi, et rien dans les informations disponibles depuis lors ne l’a infirmé. La « Digital Crypto Commission », faux régulateur affiché pour rassurer, résume à elle seule la démarche : un habillage institutionnel fabriqué, posé sur un vide juridique complet. Ce procédé continue d’être documenté par BrokerDefense en 2026, sous d’autres noms et d’autres vitrines. Toute personne confrontée à une offre de trading qui ne révèle ni société, ni pays d’établissement, ni autorité de contrôle réelle a intérêt à soumettre le cas à BrokerDefense avant d’engager le moindre fonds.
Article réécrit le 05/09/2026.



1 Comment
Je choisis de faire une expérience en crypto-monnaies. Je m’inscris sur le site Bit GPT App et mes démarches commencent avec une correspondante londonienne.
Les actions entreprises :
– Début Juillet, création d’un compte FINTRADIX,
– Le 3/7/2025 premier placement de 250€ pour comprendre le fonctionnement du site FINTRADIX.
– Le 4/7/2025, création d’un compte sur Bitfinex (site d’achat de crypto-monnaies) avec création d’un compte bancaire.
– Le 16/7/2025, je mise 3500€ supplémentaires depuis mon compte courant vers Bitfinex et gagne de l’argent (25 K€ !).
– Le 25/7/2025, n’ayant qu’une petite confiance aux sites concernés et à mes interlocuteurs, je demande le rapatriement de mes avoirs (total :29916€ dont 3750€ de mise).
– Le 25/7/2025, je reçois une taxe HMRC de 1.3% sur un volume de trading de 348634.99€ sur mon compte FINTRADIX (le volume de trading est exact)., taxe à payer avant le 31/7/2025.
– Mon transfert vers mon compte courant semble bloqué si je ne paye pas la taxe. Je n’ai pas confiance sur l’origine et le but de cette taxe et je redoute une arnaque.
Je peux fournir un dossier plus étayé et demande le contact d’un support juridique.