Le 29 novembre 2024, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a inscrit le nom ulends.fr sur sa liste noire : la plateforme de cryptomonnaies Ulends se présentait comme un acteur régulé en France, mais l’autorité précisait qu’elle n’était pas autorisée à proposer certains services ou placements financiers. Notre enquête publiée le 8 décembre 2024 a confirmé le diagnostic : une équipe fictive aux pseudonymes inspirés de la culture crypto, une fausse promesse de régulation et aucune société identifiable derrière la vitrine.
Sommaire
- La liste noire de l’AMF : ulends.fr n’était pas autorisé
- Une équipe de pseudonymes inspirée de la culture crypto
- Une prétendue régulation, démentie par l’AMF
- Une société introuvable et des contacts inexistants
- Des rendements promis sans aucune garantie
- Les recours après un versement de fonds à Ulends
- FAQ : comment réagir après un démarchage Ulends ?
La liste noire de l’AMF : ulends.fr n’était pas autorisé
Le 29 novembre 2024, l’AMF a inscrit ulends.fr sur sa liste noire, précisant que cet acteur n’était pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. Cette inscription constitue une mise en garde formelle à destination des épargnants : consulter la fiche de mise en garde consacrée à ulends.fr suffit à mesurer la gravité du constat dressé par le régulateur français. L’inscription intervient dans un contexte où les plateformes de cryptomonnaies non déclarées prolifèrent, tirant parti de la complexité du cadre réglementaire pour tromper des investisseurs en quête de rendements.
Depuis cette alerte, le nom de domaine ulends.fr a connu une nouvelle étape : ré-enregistré par un tiers le 24 octobre 2025, soit près d’un an après la mise en garde de l’AMF, il ne sert plus aujourd’hui qu’une coquille bloquant l’accès des visiteurs, derrière un service de protection de site qui affiche un message signalant que le pays n’est pas autorisé. La vitrine décrite dans notre enquête de décembre 2024 a intégralement disparu : aucun contenu lié à la plateforme Ulends n’est plus accessible.
Dernière mise à jour : 29/08/2026
Une équipe de pseudonymes inspirée de la culture crypto
Parmi les signaux d’alerte les plus frappants relevés dans notre enquête initiale figurait la composition de l’équipe présentée sur le site. Quatre noms y étaient affichés, chacun soigneusement construit pour évoquer un référent de l’univers des cryptomonnaies : Arthur Bitworth (allusion à Bitcoin), Sophie Nakamoto (référence directe à Satoshi Nakamoto, le pseudonyme du créateur supposé du Bitcoin), Gabriel Tetherman (allusion à Tether, le stablecoin le plus capitalisé au monde) et Chloé Tokenberg (jeu de mots sur le terme « token »). Cette accumulation ne relevait pas du hasard : elle visait à projeter une image d’expertise et d’ancrage dans l’écosystème crypto.
Aucune de ces personnes n’a pu être identifiée. Ni profil professionnel vérifiable, ni parcours académique, ni présence dans des structures réglementées : l’existence même de ces individus reste impossible à établir. La plateforme ne fournissait aucun élément permettant de confirmer que ces noms correspondaient à des personnes réelles dotées de qualifications pertinentes.
Ce procédé est caractéristique d’un certain type d’arnaque : en empruntant les codes sémantiques d’un secteur, les opérateurs malveillants créent une illusion de légitimité sans s’exposer à la moindre vérification. Pour un épargnant peu familier avec l’univers crypto, des noms aussi évocateurs pouvaient sembler rassurer. En réalité, ils ne constituaient qu’une façade soigneusement construite, sans aucun fondement.
Une prétendue régulation, démentie par l’AMF
Ulends affichait sur son site une promesse particulièrement trompeuse : se présenter comme « l’un des premiers acteurs régulés en France » et prétendre être enregistré comme Prestataire de Services sur Actifs Numériques (PSAN) auprès de l’AMF depuis 2021. Cette affirmation était fausse. Le statut de PSAN, encadré par la loi PACTE, implique une procédure d’enregistrement rigoureuse auprès de l’AMF, avec vérification des dispositifs de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Ulends n’avait pas suivi cette procédure.
L’inscription de novembre 2024 sur la liste noire de l’AMF a définitivement démenti cette affirmation. Une plateforme légitimement enregistrée auprès du régulateur n’a aucune raison de falsifier son statut réglementaire : son enregistrement est public, consultable sur le registre officiel des acteurs autorisés. L’invocation d’une régulation inexistante est au contraire un signal d’alarme bien documenté dans les dossiers d’escroquerie financière : elle vise à court-circuiter la méfiance des investisseurs avant que ceux-ci ne procèdent aux vérifications élémentaires.
Une société introuvable et des contacts inexistants
Au-delà des faux profils et de la régulation fictive, Ulends ne satisfaisait à aucune obligation d’information légale. L’article 6 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique impose à tout éditeur de site d’indiquer, notamment, le nom et les coordonnées de la société responsable. Aucune mention légale n’était disponible sur le site : ni raison sociale exacte, ni pays d’enregistrement, ni numéro d’immatriculation, ni numéro de téléphone, ni adresse physique. Les seuls canaux de contact proposés aux utilisateurs étaient des formulaires en ligne, dispositif qui isole les victimes et rend toute trace d’engagement unilatéralement contrôlable par les opérateurs.
Les visuels du site s’inscrivaient dans la même logique d’anonymat soigné : des images standards associées aux cryptomonnaies, interchangeables et sans rapport avec une activité réelle identifiable. Cette absence totale d’ancrage dans une réalité juridique ou géographique précise rendait impossible toute démarche amiable ou judiciaire directe, et signalait dès l’origine l’impossibilité d’exercer un recours en cas de litige.
Des rendements promis sans aucune garantie
Ulends articulait son offre autour de trois axes : l’achat de cryptomonnaies, le dépôt de fonds sur la plateforme et la génération d’intérêts. Les rendements annoncés étaient élevés, présentés sans aucune explication sur les mécanismes sous-jacents, sans documentation technique ni information sur la manière dont les fonds déposés étaient gérés ou sécurisés. Aucune garantie n’était apportée, aucune traçabilité des sommes versées n’était assurée.
En cas de litige, les victimes ne disposaient d’aucun interlocuteur identifiable, d’aucune adresse à laquelle adresser une demande, et d’aucun contrat opposable à un tiers. Les promesses de rendement élevées, conjuguées à l’opacité totale sur l’utilisation des fonds, sont précisément les éléments qui permettent de qualifier ce type de montage d’escroquerie à l’investissement.
Les recours après un versement de fonds à Ulends
Si vous avez versé des fonds à Ulends, la première priorité est de rassembler l’intégralité des preuves disponibles : captures d’écran de l’interface de la plateforme, historiques de transactions en cryptomonnaies, courriels et échanges via les formulaires de contact, relevés de comptes bancaires faisant apparaître les virements ayant servi à acquérir les cryptomonnaies envoyées. Ces éléments constitueront le socle de toute démarche ultérieure.
Une plainte pénale avec constitution de partie civile doit être déposée sans délai : notre guide sur la manière de porter plainte détaille les étapes de cette procédure. Si des virements bancaires ont été effectués pour acheter les cryptomonnaies transférées à Ulends, il est également pertinent d’interroger votre banque sur son devoir de vigilance : des décisions de justice ont déjà reconnu la responsabilité d’établissements bancaires qui n’avaient pas alerté leurs clients face à des opérations présentant des signaux d’alerte caractérisés. BrokerDefense peut par ailleurs réaliser une évaluation de votre dossier pour vous aider à identifier les pistes de recours les plus adaptées à votre situation.
La même période a vu des plateformes de cryptomonnaies construites sur des identités fictives, comme Trade Scanner, dont les cours étaient présentés au nom d’une société fantôme.
Le cas évoque aussi Bit2Trust, dont le portefeuille crypto s’est révélé être une coquille vide.
Pour comprendre les recours ouverts aux victimes d’une arnaque à l’investissement, Me Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient dans cette vidéo sur un jugement rendu dans une affaire d’escroquerie liée à un courtier, où la banque a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance et les victimes indemnisées.
FAQ : comment réagir après un démarchage Ulends ?
Non. Le 29 novembre 2024, l’AMF a inscrit ulends.fr sur sa liste noire en précisant que cet acteur n’était pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. La prétention d’Ulends à être enregistré comme PSAN auprès de l’AMF depuis 2021 était une affirmation fausse, contredite par le régulateur lui-même.
Non. Les quatre membres présentés, Arthur Bitworth, Sophie Nakamoto, Gabriel Tetherman et Chloé Tokenberg, étaient des pseudonymes construits à partir de références de la culture crypto. Aucune de ces personnes n’a pu être identifiée, et leurs qualifications n’ont jamais pu être vérifiées.
Conservez immédiatement toutes les preuves disponibles : captures d’écran, historiques de transactions en cryptomonnaies et échanges écrits avec la plateforme. Déposez ensuite une plainte pénale avec constitution de partie civile, et contactez BrokerDefense pour une évaluation de votre dossier et une orientation vers les recours adaptés à votre situation.
Les victimes d’Ulends se retrouvent dans une situation douloureuse : des fonds investis en cryptomonnaies, jamais revus, et des interlocuteurs fictifs derrière lesquels aucune personne réelle ne peut être tenue pour responsable sans enquête judiciaire approfondie. Ce dossier illustre une fois de plus la nécessité d’évaluer toute plateforme d’investissement avant d’y engager des fonds, en vérifiant notamment son inscription sur les registres officiels de l’AMF. BrokerDefense peut réaliser cette vérification à votre demande.
Article réécrit le 29/08/2026


