Sommaire
- Le réseau Dynasty Trade s’éteint : deux noms jumeaux, deux registres vidés
- Enregistrements distants de vingt secondes, serveurs de noms communs
- Fichier « Usurpation » de l’AMF : une inscription de novembre 2024 jamais levée
- Vue.js, animations et Cloudflare au service d’une société inexistante
- L’action pénale survit à l’effacement du nom
- Dynasty Trade : du constat de l’arnaque au dépôt de plainte
- Dynasty Trade : trois réponses aux questions des lecteurs
Le réseau Dynasty Trade s’éteint : deux noms jumeaux, deux registres vidés
Le 26 juin 2026, l’abonnement de deux ans souscrit pour dynasty-trade.io est arrivé à échéance sans être renouvelé : le nom a quitté le registre des domaines en .io et les outils publics d’interrogation répondent désormais « Domain not found ». Plus aucune donnée d’enregistrement n’est consultable, aucune adresse ne répond et l’accès au service a cessé depuis cette échéance. Son jumeau, dynasty-trade.ltd, a suivi le même chemin et ne figure plus non plus dans son registre. Le réseau Dynasty Trade, tel qu’il avait été construit à l’été 2024, n’existe plus sous aucune des deux adresses qu’il occupait.
Cette disparition simultanée n’est pas un hasard de calendrier. Les deux noms avaient été réservés le même jour, auprès du même bureau d’enregistrement, à vingt secondes d’intervalle, ce qui témoigne d’une infrastructure coordonnée dès l’origine. Pour les victimes qui ont versé des fonds, la fermeture des noms de domaine ne constitue cependant pas une clôture juridique : les faits demeurent poursuivables et les démarches restent ouvertes. Le dossier du domaine abandonné avant sa radiation est examiné en détail dans l’article frère déjà publié sur ce site : Dynasty Trade : le domaine abandonné en période de récupération.
Dernière mise à jour : 10/10/2026
Enregistrements distants de vingt secondes, serveurs de noms communs
Les horodatages conservés dans les archives d’enregistrement sont éloquents. Dynasty-trade.io a été réservé le 26 juin 2024 à 08:17:16 UTC. Dynasty-trade.ltd l’a été à 08:17:36 UTC, soit vingt secondes plus tard. Ce délai infime révèle une saisie simultanée, probablement scriptée, destinée à sécuriser les deux extensions en un seul geste.
Le même opérateur d’enregistrement a traité les deux dossiers, Atak Domain Bilgi Teknolojileri A.Ş., et les deux noms reposaient sur des serveurs de noms Cloudflare identiques. Le dossier d’enregistrement historique mentionnait comme nom d’organisation « max.phillips.dynasty », avec une ville déclarée Southsea et un pays d’implantation indiqué comme l’Ukraine. Cette combinaison, une ville anglaise associée à un pays d’Europe de l’Est sous un nom composite, est caractéristique des montages qui cherchent à brouiller toute identification de l’exploitant réel.
Ni l’un ni l’autre de ces noms n’est aujourd’hui récupérable : tous deux ont quitté leurs registres respectifs, sans rachat ni transfert détecté. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Fichier « Usurpation » de l’AMF : une inscription de novembre 2024 jamais levée
Le 29 novembre 2024, l’Autorité des marchés financiers a inscrit dynasty-trade.io sous la qualification « Usurpation » dans sa liste noire officielle. L’adresse de messagerie [email protected] a été mentionnée au même titre. Cette inscription, consultable à tout moment sur la fiche nominative de l’AMF, n’a jamais été levée. Le retrait du nom de domaine n’a aucune incidence sur cette mention, qui demeure opposable.
Cette qualification est réservée aux sites qui s’approprient illicitement les références réglementaires d’entités autorisées. Dynasty Trade illustrait ce mécanisme avec précision. La vitrine affichait deux régulations majeures : la CySEC, l’autorité chypriote des marchés financiers, et la FCA, le régulateur britannique. Or le numéro de licence CySEC affiché appartenait à UBK Markets, et celui de la FCA à Dynasty Partners. Ces deux sociétés n’ont aucun lien avec Dynasty Trade : leurs numéros d’agrément, bien que réels, avaient été détournés pour habiller une structure dépourvue de toute autorisation.
Ce type de détournement est particulièrement trompeur, car un investisseur qui vérifie le numéro de licence sur le registre officiel trouve bien une société agréée, sans réaliser que cette société n’est pas celle qui détient son argent. Aucune société « dynasty-trade » n’est par ailleurs enregistrée au registre britannique des sociétés Companies House, ce qui rend la référence à la FCA doublement frauduleuse.
Vue.js, animations et Cloudflare au service d’une société inexistante
La plateforme présentait une réalisation technique soignée. L’interface reposait sur le cadriciel Vue.js, les animations étaient pilotées par la bibliothèque GSAP, et la mise en page s’appuyait sur des composants Bootstrap. L’ensemble était distribué via Cloudflare, avec une connectivité IPv6, un chiffrement HTTPS actif, une configuration SPF et une politique DMARC en rejet sur la messagerie. Ce niveau de finition technique dépasse largement celui d’une vitrine improvisée et donnait à la plateforme l’apparence d’un service professionnel établi.
Les archives publiques confirment que le site a été pleinement opérationnel : une centaine de copies de ses pages ont été conservées entre le 24 août 2024 et le 13 janvier 2025. Après cette dernière date, aucune nouvelle capture n’a été effectuée, ce qui correspond à la période où le site a cessé de répondre avant la radiation définitive des noms.
Quant à la réputation de cette famille d’adresses, la fiche ScamDoc de dynasty-trade.net, portant sur le domaine voisin, affiche un indice de confiance de 25 %, ce qui place l’ensemble du réseau Dynasty Trade dans la zone rouge des sites à très haut risque. Toute la sophistication technique déployée servait donc une entité sans existence légale vérifiable, sans siège identifiable et sans agrément d’aucun régulateur compétent.
L’action pénale survit à l’effacement du nom
La radiation d’un nom de domaine n’emporte aucune conséquence sur la qualification pénale des faits commis sous ce nom. En droit français, l’escroquerie se prescrit par six ans à compter du jour où la victime a eu connaissance de l’infraction. Pour la grande majorité des personnes touchées par Dynasty Trade, ce délai court depuis les premières tentatives de récupération des fonds ou depuis la cessation d’accessibilité de la plateforme, et non depuis la date de versement initial.
Maître Goce Novakov, dont le barreau d’inscription est celui de Paris, est avocat partenaire de BrokerDefense. Dans l’entretien vidéo reproduit plus bas, il revient sur un dossier de faux investissement plaidé devant le tribunal judiciaire de Créteil, où une banque a été condamnée à indemniser les victimes d’une escroquerie au virement pour n’avoir pas exercé la surveillance qui lui incombait.
Dynasty Trade : du constat de l’arnaque au dépôt de plainte
Réunir les pièces avant tout contact avec un service juridique ou judiciaire est une étape décisive. Les relevés de virements bancaires ou les justificatifs de paiement par carte constituent la preuve primaire du préjudice financier. Les captures d’écran de la plateforme, avec la date et l’heure visibles, attestent de ce que la vitrine affichait au moment des faits : les pseudo-licences, les montants crédités sur le compte fictif, les messages des prétendus conseillers.
Les échanges de courriels avec les adresses en @dynasty-trade.io, les conversations via messagerie instantanée ou par téléphone (si des enregistrements existent) complètent le dossier et permettent d’identifier les personnes ou les relais qui ont sollicité les versements. Chaque élément daté renforce la cohérence chronologique du dossier au moment où le ministère public l’examine.
Le dépôt de plainte s’effectue auprès du procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu de résidence de la victime, par courrier recommandé avec accusé de réception, ou en le déposant directement au tribunal. Pour comprendre chaque étape de cette procédure, depuis la rédaction de la plainte jusqu’à la constitution de partie civile, consultez notre guide complet sur la procédure pénale.
Dynasty Trade : trois réponses aux questions des lecteurs
Oui, de façon définitive sous cette adresse. Le nom dynasty-trade.io a quitté le registre des domaines en .io à l’expiration de son abonnement le 26 juin 2026, sans renouvellement ni rachat. Les outils d’interrogation publics retournent « Domain not found » et le nom ne résout plus vers aucun serveur. Son jumeau dynasty-trade.ltd a connu le même sort. Aucune continuité d’exploitation n’a été détectée sous ces deux adresses.
L’inscription de l’AMF sous la qualification « Usurpation », publiée le 29 novembre 2024, reste pleinement en vigueur. L’Autorité des marchés financiers n’a prononcé aucune mainlevée. La fiche demeure accessible sur le site officiel de l’AMF et continue de signaler dynasty-trade.io et l’adresse [email protected] comme entités non autorisées ayant usurpé des numéros de licence réels. La fermeture du site ne modifie pas ce statut réglementaire.
Dans la très grande majorité des cas, oui. Le délai de prescription de l’escroquerie en droit français est de six ans à compter de la découverte des faits. Si vous avez pris conscience de la fraude en constatant l’impossibilité de retirer vos fonds ou la fermeture du site, c’est cette date qui marque le point de départ du délai, et non celle du premier versement. Rassembler vos justificatifs de paiement, vos échanges avec les prétendus conseillers et les captures de la plateforme, puis déposer plainte auprès du procureur de la République, reste une démarche pertinente et recevable.
Dynasty-trade.io a cessé d’exister en tant qu’adresse active, mais les situations de celles et ceux qui ont viré de l’argent sur cette plateforme, par virement bancaire ou par carte, en croyant rejoindre un service agréé par la CySEC ou la FCA, demeurent entières sur le plan juridique. La sophistication de la vitrine, les faux numéros de licence, la communication soignée avec de prétendus conseillers : autant d’éléments qui caractérisent une escroquerie organisée et documentable. Ce scénario d’un nom retiré du registre au terme de son exploitation rappelle celui du faux service de récupération Cyber Reclaim, dont l’adresse a elle aussi disparu après la dénonciation de ses méthodes.
BrokerDefense propose une évaluation préalable et confidentielle de chaque dossier, afin de déterminer les voies de recours adaptées à la situation individuelle de chaque victime. Si vous avez été en contact avec dynasty-trade.io ou avec l’un de ses relais, cette première analyse constitue le point de départ le plus utile avant toute démarche formelle.
Article réécrit le 10/10/2026



3 Comments
Mari et fils arnaqués par Dynasty trade io, dépôt chacun 2250 euros départ chacun, suite désir récupérer la mise, dder payer block chaîne avant transaction soit 6750 euros payés par mari, mon fils devait la même somme, suite recherche n’a pas fait versement car devait payer encore 4800 euros chacun. Après appel fraude banque crédit agricole résultats Dynasty trade io est de l’arnaque.que faire. Merci
Il faut porte plainte auprès du procureur de la république, il vous indiquera la démarche à suivre et méfiez-vous des personnes qui vous dises qu’ils pourront traiter vos problèmes.
Il est peu probable que le Procureur de la République réponde pour indiquer la marche à suivre. Toutefois, il est assez simple de porter plainte de cette manière. Un courrier simple adressé au Procureur de la République à l’adresse du Tribunal Judicaire de votre domicile suffit.
Pour la rédaction, il suffit de relater les faits qui vous sont arrivés et de les étayer avec quelques justificatifs, parmi les plus pertinents (preuve de paiement, copie du site frauduleux, quelques mails etc)