Le 23 novembre 2024, BrokerDefense publiait une enquête sur InvestSecuritiesGroup, une entité se présentant comme une plateforme de trading en ligne et affichant une prétendue régulation irlandaise sous le numéro c92731 : une référence que l’enquête n’a retrouvée dans aucun registre officiel vérifiable, révélant un dispositif bâti sur la tromperie.
Sommaire
- InvestSecuritiesGroup : une fausse « régulation » irlandaise au cœur du dispositif
- Un siège annoncé en Irlande, aucune société identifiable derrière
- Ni téléphone, ni garantie, une adresse luxembourgeoise sans preuve d’activité
- Retraits bloqués et « conseillers » insistants : l’expérience d’une vraie arnaque de trading
- Faux gains initiaux puis fonds inaccessibles : le déroulé du piège
- La fausse référence de régulation, encore documentée en 2026
- InvestSecuritiesGroup : les questions des investisseurs
InvestSecuritiesGroup : une fausse « régulation » irlandaise au cœur du dispositif
La première chose qu’InvestSecuritiesGroup mettait en avant pour convaincre les investisseurs potentiels, c’était sa prétendue légitimité réglementaire. La plateforme affirmait être régulée par la Banque centrale d’Irlande et citait le numéro d’identification c92731. Pour un épargnant peu familier des registres financiers, ce détail peut suffire à rassurer : un nom d’autorité reconnu, un numéro à consonance officielle, et la confiance s’installe. C’est précisément ce que ce type de dispositif cherche à produire.
L’enquête publiée le 23 novembre 2024 a cependant établi que cette référence était introuvable dans les registres officiels au moment des vérifications. Aucun enregistrement valide correspondant au numéro c92731 n’a pu être confirmé. Le dossier soulignait que cette pratique, consistant à usurper ou à inventer des références légales empruntées à des autorités réelles, est documentée parmi les montages frauduleux : elle vise à court-circuiter la vigilance en remplaçant la vérification par l’apparence d’un encadrement. L’affichage d’une régulation irlandaise n’était, selon l’enquête, qu’un décor sans fondement.
Dernière mise à jour : 06/09/2026
Un siège annoncé en Irlande, aucune société identifiable derrière
Au-delà de la référence de régulation invérifiable, l’enquête de novembre 2024 relevait une opacité totale sur l’identité juridique de l’entité. La plateforme prétendait avoir son siège en Irlande, mais aucun numéro d’enregistrement de société n’apparaissait, ni sur la vitrine elle-même ni dans les échanges que les investisseurs rapportaient avoir eus avec les interlocuteurs de la plateforme. Aucune personne dirigeante n’était mentionnée, aucun responsable légal identifiable ne pouvait être associé à l’entité.
Cette absence est en elle-même un signal d’alerte majeur. Toute société financière régulièrement constituée et habilitée à exercer dans un pays de l’Union européenne doit être enregistrée selon des formalités traçables et publiques. Or le dossier publié par BrokerDefense le 23 novembre 2024 n’a permis d’identifier aucune société réelle derrière InvestSecuritiesGroup. La mention d’un siège irlandais n’était adossée à aucun élément permettant de vérifier qu’une structure juridique existait réellement, ce qui rendait impossible d’établir l’existence même d’un interlocuteur légal.
Ni téléphone, ni garantie, une adresse luxembourgeoise sans preuve d’activité
L’enquête relevait également qu’aucun numéro de téléphone n’était proposé aux utilisateurs, ce qui constitue un point critique pour une entité se présentant dans le secteur des services financiers. Un prestataire autorisé à recevoir des fonds de la part d’investisseurs est tenu de disposer de moyens de contact directs et vérifiables. L’absence totale d’un tel canal n’est pas une simple lacune commerciale : c’est un indice que l’entité ne cherche pas à être joignable, et donc à rendre des comptes.
Par ailleurs, une adresse à Luxembourg était mentionnée dans le dossier de novembre 2024, sans qu’aucune preuve d’activité réelle à cette adresse n’ait pu être produite. La multiplication des références géographiques, irlandaises et luxembourgeoises, sans qu’aucune ne soit vérifiable, contribuait à créer une impression de solidité institutionnelle là où l’enquête n’a trouvé aucune substance. Enfin, le dossier notait l’absence complète de garanties financières pour les investisseurs : ni assurance sur les dépôts, ni mécanisme de protection, contrairement à ce que les régulateurs imposent aux plateformes légitimes.
Retraits bloqués et « conseillers » insistants : l’expérience d’une vraie arnaque de trading
Les retours d’investisseurs rapportés dans l’enquête de novembre 2024 décrivaient une expérience homogène et caractéristique. Lorsque des utilisateurs tentaient de récupérer leurs fonds, les retraits se heurtaient à un refus ou à des prétextes successifs. La plateforme ne fournissait aucun support réel capable de traiter ces demandes : le service client était inexistant dans les faits, malgré les apparences d’une interface soignée.
Dans le même temps, des interlocuteurs se présentant comme des « conseillers » prenaient contact avec les investisseurs pour les inciter à augmenter leurs dépôts. Ces relances pressantes survenaient précisément au moment où les utilisateurs commençaient à s’interroger sur la fiabilité de la plateforme. Cette pression commerciale est documentée dans de nombreux dossiers de fraude à l’investissement : elle vise à retarder le moment où la victime comprend que ses fonds ne sont plus accessibles, et à maximiser les sommes englouties avant ce constat.
Faux gains initiaux puis fonds inaccessibles : le déroulé du piège
L’enquête de novembre 2024 décrivait également les méthodes d’acquisition utilisées en amont. Le dispositif s’appuyait sur des appâts publicitaires promettant des gains rapides, un discours promotionnel soigné et des perspectives séduisantes destinées à convaincre des investisseurs de franchir le pas d’un premier dépôt. Cette phase initiale était suivie d’une étape couramment observée dans ce type de montage : l’affichage de profits simulés sur le tableau de bord de la plateforme.
Ces gains apparents, jamais réels, ont pour fonction d’encourager la victime à déposer davantage, persuadée que son investissement fonctionne. Lorsque la somme engagée atteint un niveau jugé suffisant, ou lorsque la victime cherche à effectuer un retrait, les fonds deviennent inaccessibles. La disparition peut être progressive, habillée de justifications techniques ou fiscales, ou brutale. Dans tous les cas documentés par le dossier de novembre 2024, les victimes se retrouvaient sans recours : aucune entité légale identifiable, aucun support joignable, aucune garantie sur laquelle s’appuyer.
La fausse référence de régulation, encore documentée en 2026
La mécanique décrite dans le dossier de novembre 2024 n’est pas isolée. Les enquêtes publiées par BrokerDefense en 2026 montrent que le même procédé continue d’être observé, sous des habillages différents : l’enquête du 4 septembre 2026 portant sur VenturoFX.com a mis en évidence qu’un « courtier agréé CySEC » affichait le numéro d’agrément CIF 123/12, introuvable dans les registres, et que le domaine de la plateforme avait été créé le 26 mai 2026 alors que la vitrine se prétendait établie depuis 2016. De même, l’enquête du 27 juillet 2026 consacrée à richnetmarkets.xyz a exposé des « plans d’investissement » promettant des rendements de 12 à 30 % par heure, adossés à de fausses allégations d’enregistrement auprès de la FCA et de la CySEC, avant que le domaine ne soit gelé par son registraire. Ces plateformes ne sont pas présentées ici comme liées à InvestSecuritiesGroup : elles illustrent que la logique de la fausse référence de régulation reste active et continue d’être documentée.
Face à ce type de situation, les démarches à engager sont claires. Il convient de cesser tout nouveau versement, de rassembler l’ensemble des preuves disponibles, captures d’écran, relevés de virements, correspondances, et de contacter sa banque sans délai. Signaler les opérations à l’établissement bancaire est une étape importante, car un organisme qui a laissé transiter des virements vers une entité frauduleuse peut voir sa responsabilité engagée pour manquement à son devoir de vigilance. Le dépôt d’une plainte pénale est également conseillé : notre page dédiée aux plaintes pénales détaille les étapes de cette procédure. Il est par ailleurs possible de consulter la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF pour vérifier si une entité y figure, et de signaler tout contact suspect auprès de l’autorité compétente.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Quand une plateforme se prévaut d’une régulation que nul ne peut vérifier, les fonds déposés ont presque toujours transité par un virement bancaire : c’est ce canal qui peut, dans certaines conditions, devenir un levier pour les victimes. Un établissement bancaire qui exécute, sans la vigilance requise, des opérations à destination d’une entité sans existence légale identifiable peut voir sa responsabilité mise en cause pour manquement à son devoir de vigilance. Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris et avocat partenaire de BrokerDefense, présente dans la vidéo ci-dessous un jugement rendu par le tribunal judiciaire de Paris dans un dossier d’escroquerie aux faux investissements : les victimes ont obtenu une indemnisation intégrale à la suite de la condamnation de la banque pour manquement à son devoir de vigilance, une décision qui illustre concrètement les recours ouverts à ceux qui ont subi ce type de préjudice.
InvestSecuritiesGroup : les questions des investisseurs
Non. La plateforme affichait le numéro c92731 et se présentait comme enregistrée auprès de la Banque centrale d’Irlande, mais l’enquête publiée par BrokerDefense le 23 novembre 2024 n’a retrouvé cette référence dans aucun registre officiel vérifiable. Comme le soulignait le dossier, l’usurpation de références légales est une pratique courante des arnaques, qui l’utilisent pour inspirer confiance avant de disparaître avec les fonds.
Il faut cesser immédiatement tout nouveau versement et conserver l’ensemble des preuves : captures d’écran de la plateforme et du tableau de bord, relevés de virements, courriels et échanges avec les interlocuteurs. Contactez votre banque dans les plus brefs délais pour signaler les opérations : un établissement qui laisse transiter un virement à caractère frauduleux peut voir sa responsabilité engagée pour manquement à son devoir de vigilance. Le dépôt d’une plainte pénale est également une étape importante, et notre service d’aide aux victimes peut vous orienter dans ces démarches.
Parce qu’elle cherche à remplacer la vérification par la confiance : un nom d’autorité connu et un numéro à consonance officielle donnent l’illusion d’un encadrement qui n’existe pas. Comme le montrait le dossier de novembre 2024, un prestataire légitime se vérifie dans les registres de l’autorité qu’il invoque ; lorsqu’aucune trace n’existe, la référence n’est qu’un décor destiné à masquer l’absence de société identifiable, de garantie et de recours.
L’enquête publiée par BrokerDefense le 23 novembre 2024 sur InvestSecuritiesGroup illustre avec précision comment une vitrine soignée, adossée à une fausse référence de régulation et à une opacité totale sur l’identité juridique de l’entité, peut conduire des investisseurs à perdre l’accès à leurs fonds sans aucun recours apparent. Vérifier systématiquement l’existence d’un enregistrement valide auprès de l’autorité invoquée, avant tout dépôt, reste la première ligne de défense. Si vous avez été confronté à un dispositif similaire, notre service d’aide aux victimes est disponible pour vous orienter.
Article réécrit le 06/09/2026


