Le 11 septembre 2024, BrokerDefense publiait l’enquête sur AlternativeFPSA : une vitrine qui tenait entière dans un écran de connexion, sans jamais révéler le moindre nom, la moindre adresse ni la moindre raison sociale, dissimulant ce vide derrière un habillage visuel soigneusement construit autour de l’image de Paris.
Sommaire
- AlternativeFPSA : une carte postale parisienne pour seule vitrine
- AlternativeFPSA : des champs « email » et « mot de passe », rien d’autre
- AlternativeFPSA : ni identité, ni mentions légales, ni régulation derrière le décor
- AlternativeFPSA : ce que laissait présager un écran de connexion sans contenu
- Septembre 2024 : d’autres pages de connexion factices documentées par BrokerDefense
- AlternativeFPSA : les démarches après la saisie d’identifiants ou un versement de fonds
- Les questions fréquentes sur AlternativeFPSA
AlternativeFPSA : une carte postale parisienne pour seule vitrine
Quand un service en ligne n’a rien à montrer de son activité, de son identité ou de ses offres, il lui reste une option : habiller l’écran de quelque chose qui inspire confiance avant même qu’une question ne se pose. AlternativeFPSA avait fait ce choix avec un soin particulier. L’enquête de septembre 2024 a documenté un fond visuel jouant sur les codes les plus reconnaissables de la capitale française : une image stylisée de la tour Eiffel, des tonalités automnales, une palette de couleurs calculée pour évoquer l’élégance et la sérieux. Rien dans ce décor ne renvoyait à une activité précise, à un produit, à un service ou à une entreprise. C’était l’image elle-même qui devait faire office de garantie.
Ce choix n’était pas anodin. L’association de Paris, de l’automne et d’une esthétique soignée constitue un raccourci visuel efficace : la tour Eiffel, en particulier, est l’un des symboles les plus immédiatement associés à la France, à la confiance et à une certaine idée du sérieux. Mobiliser ce répertoire iconographique pour habiller une page qui ne contenait, derrière ce fond, qu’un formulaire de connexion : c’était là le cœur du procédé. L’enquête de BrokerDefense a rapidement baptisé ce dispositif l’« arnaque d’automne parisienne », tant les tons et l’imagerie semblaient avoir été sélectionnés pour cette seule fonction de rassurement à distance, sans jamais tenir la promesse implicite que ce décor formulait.
Le contraste entre l’attention portée à l’habillage et la vacuité totale du reste de la page était, en lui-même, révélateur. Plus un décor est soigné en l’absence de tout contenu substantiel, plus il mérite d’être examiné comme un substitut délibéré à ce contenu. AlternativeFPSA n’offrait aucune présentation de ses services, aucun texte d’accueil, aucune navigation, aucune rubrique : l’imagerie parisienne occupait tout l’espace visuel précisément parce qu’il n’y avait rien d’autre à y placer.
Dernière mise à jour : 07/09/2026
AlternativeFPSA : des champs « email » et « mot de passe », rien d’autre
Derrière le fond parisien, la page d’AlternativeFPSA se réduisait à deux champs à remplir : une adresse électronique et un mot de passe. C’était l’intégralité du contenu visible. Aucun texte de présentation, aucun menu, aucune rubrique « À propos », aucune section décrivant une offre, un produit ou un secteur d’activité. L’utilisateur qui arrivait sur cette page se trouvait face à un formulaire d’identification sans avoir jamais reçu la moindre explication sur ce à quoi il était censé accéder en s’identifiant.
Cette configuration rendait toute vérification élémentaire impossible avant même de saisir quoi que ce soit. Ordinairement, une page de connexion est précédée d’un contexte : on sait sur quel service on se connecte, quelle société l’opère, depuis quelle page de présentation on y a été conduit. Ici, le formulaire était la page entière. Impossible d’identifier la nature de la plateforme, impossible de déterminer qui l’exploitait, impossible de comprendre ce que les données saisies allaient alimenter.
L’enquête de BrokerDefense soulignait que cette opacité sur l’identité de l’opérateur n’est jamais accidentelle dans ce type de configuration : une page de connexion qui constitue à elle seule l’unique interface visible ne peut pas être le résultat d’une conception maladroite. Elle est le produit d’un choix. L’absence de tout nom d’entreprise, de tout numéro de téléphone, de toute adresse postale ou électronique de contact traduisait, selon l’enquête, une volonté délibérée de ne laisser aucune prise à qui aurait cherché à vérifier l’existence légale d’un interlocuteur.
AlternativeFPSA : ni identité, ni mentions légales, ni régulation derrière le décor
Les mentions légales, les conditions générales d’utilisation, les informations relatives à la protection des données personnelles, les coordonnées d’un responsable de traitement : ces éléments ne sont pas accessoires pour un service en ligne, a fortiori lorsque ce service sollicite des identifiants. Ils constituent des obligations légales, et leur présence est l’un des premiers indicateurs auxquels un utilisateur attentif peut se fier. AlternativeFPSA ne présentait rien de tel. L’enquête de septembre 2024 relevait l’absence totale d’informations en bas de page : aucun pied de page structuré, aucun lien vers un document légal, aucune mention d’un cadre juridique applicable.
Pour les plateformes qui se présentent dans le domaine des services financiers, la situation est encore plus nette : tout acteur autorisé à proposer des services d’investissement ou de gestion de fonds doit afficher sa régulation, le numéro d’agrément délivré par l’autorité compétente, et les conditions dans lesquelles les fonds déposés sont traités. AlternativeFPSA n’affichait aucun numéro d’agrément, aucune référence à un régulateur, aucune mention d’une supervision par quelque autorité que ce soit. L’enquête n’a documenté aucun enregistrement pour ce nom auprès d’un régulateur financier.
Ce n’est pas un détail de forme : l’absence simultanée de toute identité légale et de toute mention réglementaire, derrière un décor visuellement soigné, constitue précisément le schéma que l’enquête de BrokerDefense identifiait comme le fondement du dispositif. L’imagerie parisienne était destinée à court-circuiter la vérification que ces éléments absents auraient dû déclencher : dans une interface qui « inspire confiance » au premier coup d’œil, l’utilisateur peut ne pas chercher les informations qu’un site légitime aurait rendues accessibles d’emblée. C’est dans cet espace, entre le décor et l’absence de fond, qu’AlternativeFPSA opérait.
AlternativeFPSA : ce que laissait présager un écran de connexion sans contenu
Un formulaire d’identification qui ne s’inscrit dans aucun service décrit, dans aucune offre documentée, dans aucune identité légale établie, ne peut collecter des données que dans une seule direction : vers une destination inconnue de l’utilisateur. Saisir une adresse électronique et un mot de passe sur une telle page, c’est transmettre des informations personnelles à un opérateur impossible à identifier, sans savoir à quel usage elles seront destinées, ni si elles seront croisées avec d’autres données, cédées ou exploitées dans le cadre d’une démarche ultérieure de sollicitation.
L’enquête de BrokerDefense, publiée le 11 septembre 2024, soulignait la dangerosité particulière de ce schéma pour deux raisons complémentaires. D’une part, les identifiants saisis sur une telle page peuvent permettre à leurs collecteurs de tenter des connexions sur d’autres services, si l’utilisateur réutilise les mêmes données de connexion ailleurs. D’autre part, une adresse électronique collectée de cette manière peut devenir le point d’entrée d’une campagne de relance, au cours de laquelle l’utilisateur se voit proposer un contact téléphonique, puis un premier versement, sous couvert d’un service d’investissement dont la page de connexion était censée constituer l’accès.
C’est dans ce contraste, particulièrement frappant, entre le soin apporté à la construction visuelle de la page et le vide absolu de tout ce qui aurait dû l’entourer, que réside le cœur du procédé documenté par l’enquête. Un service qui consacre des ressources à l’apparence de sa vitrine et aucune à son contenu légal ou informatif ne cherche pas à informer ses utilisateurs : il cherche à leur faire franchir une étape, celle de la saisie, avant que la méfiance ne puisse s’exercer. L’« arnaque d’automne parisienne », telle que l’a nommée BrokerDefense en 2024, tirait précisément son efficacité de cette mécanique.
Septembre 2024 : d’autres pages de connexion factices documentées par BrokerDefense
L’enquête sur AlternativeFPSA, publiée le 11 septembre 2024, n’était pas un cas isolé dans le calendrier éditorial de BrokerDefense. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs autres vitrines construites sur le même principe ont fait l’objet d’une documentation : des pages réduites à un écran d’identification, sans société identifiable, sans mentions légales, sans aucun contenu décrivant une offre. C’est ainsi que atcal.cc (enquête du 22 septembre 2024 : un site réduit à une simple page de connexion, coquille technique standardisée) et log.monaccesprivee.com (enquête du 22 septembre 2024 : une fausse page « Espace client » derrière laquelle ne se trouvait aucune société ni mention légale) ont été documentées la même semaine, illustrant la fréquence à laquelle ce type de configuration apparaissait alors.
Deux jours plus tard, e-fin.cc (enquête du 24 septembre 2024 : une « plateforme financière » réduite à une simple page de connexion, sans société ni contact identifiables) et MySmartHub (enquête du 24 septembre 2024 : un « service Smart+ » réduit à un portail de connexion collectant des identifiants) venaient confirmer que le procédé était employé de manière répétée, avec des habillages différents mais une architecture identique : la page de connexion comme seule et unique interface, dissimulant l’absence totale de tout ce qui définit un service légitime. Ces enquêtes documentent des vitrines distinctes ; rien, dans les éléments recueillis, ne permet d’affirmer qu’elles étaient exploitées par un opérateur commun.
Que ce procédé ait perduré bien au-delà de l’automne 2024, l’enquête sur web-wise-gestion.com (enquête du 28 août 2026 : un « portail sans plateforme », vitrine d’un service qui n’existait pas) le confirme : près de deux ans après l’enquête sur AlternativeFPSA, la configuration d’une interface de connexion sans aucun service documenté derrière elle continuait d’être rencontrée et documentée par BrokerDefense.
AlternativeFPSA : les démarches après la saisie d’identifiants ou un versement de fonds
Pour les personnes qui ont saisi leurs identifiants sur la page d’AlternativeFPSA en 2024, la première mesure est de mettre fin à tout contact avec un interlocuteur qui se réclamerait de cette plateforme et de ne procéder à aucun versement, quelle que soit la justification avancée. Si un mot de passe utilisé sur cette page était également en usage sur d’autres services, il convient de le modifier sans délai sur ces services. L’ensemble des éléments disponibles, qu’il s’agisse de captures d’écran de la page de connexion, de courriels reçus ou de traces de communications, doit être conservé avec soin.
Lorsque des fonds ont été versés, le contact avec l’établissement bancaire est une démarche urgente : signaler les opérations et vérifier si une opposition ou une procédure de rappel est envisageable sont des étapes qui ne souffrent pas de délai. Sur le plan pénal, le dépôt d’une plainte est une étape structurante pour la suite du dossier : notre page dédiée aux plaintes pénales précise les pièces à réunir et les voies à emprunter. Il est également utile de consulter la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF pour vérifier si un acteur qui aurait pris contact à la suite de cette page de connexion y figure déjà.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Un écran de connexion laissé sans interlocuteur, sans adresse et sans identité place les personnes qui ont franchi cette étape dans une situation d’isolement particulière : elles ne disposent d’aucun contact officiel à actionner, d’aucune adresse de réclamation, d’aucune entité légale à mettre en cause directement. La voie judiciaire n’est pourtant pas fermée pour autant. Des juridictions françaises ont déjà reconnu le préjudice de victimes de fausses plateformes d’investissement, et des banques ont été condamnées pour manquement à leur devoir de vigilance sur des virements émis vers des comptes liés à des escroqueries. C’est cette issue que la vidéo ci-dessous donne à voir : Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, y revient sur deux décisions rendues par les tribunaux judiciaires du Mans et de Toulouse, où des victimes de plateformes factices ont obtenu la reconnaissance de leur préjudice et, dans certains cas, l’indemnisation de leurs pertes.
Les questions fréquentes sur AlternativeFPSA
Selon l’enquête publiée par BrokerDefense le 11 septembre 2024, AlternativeFPSA présentait tous les marqueurs d’une escroquerie : une page réduite à un écran de connexion (adresse électronique et mot de passe), habillée d’un décor parisien destiné à inspirer confiance, sans aucun nom d’entreprise, aucune adresse, aucun téléphone, aucune mention légale ni régulation. L’opacité totale sur l’identité et l’absence de tout contenu réel étaient le fondement même du dispositif, conçu pour faire saisir des identifiants à des utilisateurs peu méfiants.
Interrompez immédiatement toute communication avec d’éventuels interlocuteurs se réclamant de cette plateforme, et ne procédez à aucun versement complémentaire, quelle que soit la justification avancée. Conservez l’ensemble des preuves : captures d’écran de la page de connexion, courriels reçus, historique des échanges. Si des fonds ont été versés, contactez votre banque sans tarder pour signaler les opérations et vérifier si une opposition ou un rappel est possible. Le dépôt d’une plainte pénale est une étape importante : notre page dédiée aux plaintes pénales détaille les pièces à rassembler, et notre service d’aide aux victimes peut vous orienter. La consultation de la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF permet par ailleurs de vérifier si un acteur sollicitant des fonds a déjà été signalé.
Un écran d’identification sans aucun contenu autour est un signal d’alerte majeur : une plateforme légitime, en particulier dans les services financiers, présente son activité, son identité légale, ses coordonnées et sa régulation. Une page qui ne propose que des champs à remplir, fût-elle habillée d’un décor soigné, peut servir à collecter des identifiants et des données personnelles, puis à les exploiter pour des tentatives d’escroquerie. Le soin apporté à l’imagerie ne remplace jamais l’existence légale d’un service : c’est le constat que BrokerDefense a documenté à plusieurs reprises depuis septembre 2024.
AlternativeFPSA a laissé, derrière son décor parisien d’automne, des personnes sans interlocuteur, sans adresse et sans recours immédiat : celles qui ont saisi leurs identifiants ou versé des fonds en 2024 ne disposaient d’aucune entité légale identifiable à laquelle s’adresser, ce qui est précisément l’effet recherché par ce type de dispositif. La situation rappelle une exigence fondamentale avant de confier des données personnelles ou des fonds à un service en ligne : vérifier l’existence d’une identité légale complète, de mentions légales accessibles et d’une régulation documentée, des éléments dont l’absence doit systématiquement conduire à s’abstenir. C’est la démarche que BrokerDefense applique dans chacune de ses enquêtes.
Article réécrit le 07/09/2026


