Le 24 septembre 2024, BrokerDefense publiait une mise en garde contre MySmartHub, un prétendu « service Smart+ » qui se réduisait en réalité à un portail de connexion sans contenu, sans identité et sans régulation, conçu pour faire saisir des identifiants à des personnes qui croyaient accéder à un service légitime. Deux ans plus tard, ce type de montage continue d’être documenté par BrokerDefense, sous d’autres noms et d’autres vitrines, confirmant la persistance d’un procédé fondé sur le verrouillage de l’accès et l’opacité totale.
Sommaire
- MySmartHub : un « service Smart+ » réduit à un portail de connexion
- Un nom rassurant pour un leurre d’accès restreint
- MySmartHub : aucune identité, aucun contact, aucune régulation
- Une interface soignée au service d’une collecte d’identifiants
- Le même procédé de leurre à la connexion encore documenté en 2026
- MySmartHub : les recours après avoir saisi ses identifiants ou versé des fonds
- MySmartHub : les questions des épargnants
MySmartHub : un « service Smart+ » réduit à un portail de connexion
Lorsque BrokerDefense a examiné MySmartHub en septembre 2024, la page d’accueil se présentait sous des dehors anodins : un message de bienvenue, une mise en page soignée, et une unique invitation à se connecter via une adresse électronique et un mot de passe pour accéder à un espace désigné comme « ProductionLogin (mysmarthub) ». Le nom du service, Smart+, évoquait une technologie avancée, un outil moderne, une offre à valeur ajoutée. Pourtant, il n’existait aucune description de ce que recouvrait ce service, aucun aperçu de ses fonctionnalités, aucune page d’information accessible avant la connexion.
L’enquête du 24 septembre 2024 établissait que la vitrine entière se résumait à ce formulaire de connexion. Aucun contenu de service ne pouvait être consulté, aucun produit décrit, aucune prestation exposée. La plateforme invitait à fournir des données personnelles pour accéder à un espace dont la nature, l’objet et l’exploitant restaient parfaitement inconnus du visiteur. Ce constat suffisait à placer MySmartHub dans la catégorie des leurres d’accès restreint que BrokerDefense identifie et documente depuis plusieurs années.
Ce schéma, où un nom prometteur masque l’absence de tout contenu réel, est l’un des plus difficiles à détecter au premier regard : la page est propre, le message accueillant, et rien n’alerte immédiatement. C’est précisément cette neutralité apparente qui constitue le piège.
Dernière mise à jour : 07/09/2026
Un nom rassurant pour un leurre d’accès restreint
Le choix du nom « MySmartHub » n’est pas anodin. Chacun de ses éléments joue un rôle dans la construction d’une impression favorable : « My » suggère une plateforme personnelle, dédiée à l’utilisateur ; « Smart » renvoie à l’intelligence, à la modernité, à l’efficacité ; « Hub » évoque un point central, un espace de convergence, un outil de gestion. Associé au label « Smart+ », l’ensemble projette l’image d’un service technologique sérieux, pensé pour des utilisateurs avertis. Cette façade nominale remplace avantageusement ce qui devrait figurer sur toute offre légitime : une description du service, une identité d’exploitant, un cadre contractuel.
Le procédé de l’accès restreint est au cœur du montage. En conditionnant l’accès à toute information à la saisie préalable de données personnelles (adresse électronique et mot de passe), la plateforme inverse la logique normale d’un service : on ne montre rien avant d’avoir obtenu des identifiants. BrokerDefense documente ce verrouillage d’accès depuis 2021, qu’il s’agisse d’espaces de connexion privés, de portails clients dissimulés ou de pages « Login » sans identité. Dans tous ces cas, le résultat est identique : la personne visée livre ses données à une entité qui ne s’est jamais présentée.
MySmartHub : aucune identité, aucun contact, aucune régulation
Le cœur du dossier établi en septembre 2024 tient en quelques absences cumulées. L’enquête de BrokerDefense ne trouvait aucun numéro de téléphone, aucune adresse électronique de contact, aucune adresse physique, aucune mention légale, aucune indication sur la nature juridique de l’entité exploitant la plateforme. Aucun pays de rattachement, aucun identifiant de société, aucune référence à une autorité de surveillance ou à un cadre réglementaire n’était mentionné.
Cette absence totale n’est pas le résultat d’un oubli ou d’une page en construction : elle est structurelle. Un service légitime opérant dans le secteur financier ou dans tout domaine impliquant la collecte de données personnelles est tenu, dans la quasi-totalité des juridictions européennes, de publier des mentions légales précises, d’indiquer ses coordonnées et, le cas échéant, de faire référence à son agrément ou à son enregistrement auprès d’un régulateur compétent. Rien de tel n’était présent sur MySmartHub. L’enquête de septembre 2024 relevait qu’aucun registre, aucune société identifiable ne pouvait être rattaché à ce nom, un constat documenté à cette date et qui s’inscrivait dans les critères habituels d’alerte que BrokerDefense applique à chaque dossier.
Une interface soignée au service d’une collecte d’identifiants
L’un des éléments notables relevés par l’enquête de septembre 2024 est le soin apporté à l’apparence visuelle de la plateforme. Logo professionnel, palette de couleurs bleues à connotation rassurante, mise en page épurée : l’interface de MySmartHub était conçue pour inspirer confiance dès le premier coup d’œil. Des éléments de texte décoratifs incitaient par ailleurs à agir rapidement, réduisant la prise de recul naturelle que l’on pourrait avoir face à une page de connexion sans explication.
Pourtant, derrière cette apparence soignée, la seule fonction réellement implémentée était la collecte d’une adresse électronique et d’un mot de passe. L’enquête concluait à un schéma proche de ce que l’on désigne généralement sous le terme d’hameçonnage : une page conçue pour recueillir des données de connexion à une entité qui n’avait ni visage ni cadre juridique. Le soin de la présentation n’était pas un gage de sérieux ; il était, au contraire, l’outil principal du leurre. C’est précisément parce que la page paraissait professionnelle que des personnes pouvaient être tentées de renseigner leurs identifiants sans s’interroger davantage sur la nature réelle du service.
Le même procédé de leurre à la connexion encore documenté en 2026
BrokerDefense a publié, depuis l’enquête de septembre 2024 sur MySmartHub, plusieurs dossiers sur des montages recourant à la même mécanique fondamentale : une vitrine ou un portail sans identité, conçu pour capter des données ou des fonds, avec une présentation soignée destinée à instaurer une confiance injustifiée. Ces cas ne permettent pas d’affirmer une identité d’opérateur commune avec MySmartHub, mais ils illustrent la persistance et la diffusion du procédé.
Parmi les enquêtes publiées en 2026, firstprivate-finad.com a fait l’objet d’une alerte de l’Autorité bancaire européenne le 21 juillet 2026, documentée par BrokerDefense le lendemain : derrière une page de connexion se dissimulait une usurpation de qualité professionnelle, sans identité vérifiable ni cadre légal. Quelques semaines plus tard, l’enquête sur gorvulikent.com, publiée le 25 août 2026, décrivait une plateforme d’investissement née le 28 juin 2026 et déjà réduite au silence à la fin du mois d’août, soit à peine deux mois après son apparition : là encore, une vitrine sans identité, effondrée avant même que les personnes lésées aient pu obtenir la moindre explication sur leur interlocuteur réel.
Ces deux cas, traités à deux ans de distance du dossier MySmartHub, confirment que le recours à un portail de connexion opaque pour capter des données ou des fonds n’est pas un phénomène isolé ni daté. Le procédé s’adapte, change de nom, adopte de nouveaux habillages visuels, mais conserve la même architecture : montrer le moins possible, collecter le plus possible.
MySmartHub : les recours après avoir saisi ses identifiants ou versé des fonds
La première démarche, en cas de contact avec une plateforme telle que MySmartHub, est d’interrompre immédiatement toute relation avec elle : ne plus effectuer de versement, ne plus répondre aux sollicitations éventuelles, ne plus transmettre de document. Il importe ensuite de constituer un dossier de preuves solide : captures d’écran de la page de connexion, des échanges reçus par courrier électronique ou par messagerie, relevés bancaires faisant apparaître tout virement ou prélèvement en lien avec la plateforme.
Votre établissement bancaire doit être contacté sans délai pour signaler les opérations concernées et demander, selon les cas, un blocage ou une procédure de contestation. Le dépôt d’une plainte pénale est une voie à envisager sérieusement : BrokerDefense met à disposition une page dédiée aux plaintes pénales qui détaille les étapes à suivre et les éléments à réunir. Il est également utile de consulter la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF, qui recense les entités signalées aux épargnants, et de vérifier si un intermédiaire vous ayant sollicité est mentionné parmi les mises en garde disponibles.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Les personnes ayant pu créer un compte ou saisir leurs identifiants derrière le portail de MySmartHub, puis être recontactées et conduites à effectuer des versements vers des comptes désignés par une entité sans identité, ne sont pas sans recours. La collecte d’identifiants et les mouvements bancaires qui ont pu s’ensuivre laissent des traces exploitables : les flux financiers sont tracés, et la responsabilité des établissements ayant accepté et traité ces fonds peut, selon les circonstances, faire l’objet d’un examen judiciaire. Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris et avocat partenaire de BrokerDefense, revient dans la vidéo ci-dessous sur une affaire de faux investissements portée devant la cour d’appel : la banque bénéficiaire des virements y a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance, et les victimes ont obtenu une indemnisation, illustrant concrètement ce que peut apporter une action judiciaire bien menée.
MySmartHub : les questions des épargnants
L’enquête publiée par BrokerDefense le 24 septembre 2024 concluait que MySmartHub présentait tous les signes d’une arnaque : un site qui se réclamait d’un « service Smart+ » sans jamais le définir, réduit à un portail de connexion invitant à saisir une adresse électronique et un mot de passe, sans nom de société, sans adresse, sans téléphone, sans mentions légales ni aucune indication de régulation. Cette absence totale d’identité, associée à un leurre d’accès restreint destiné à collecter des identifiants, réunissait les marqueurs caractéristiques des montages frauduleux.
Le dossier de septembre 2024 ne documentait aucun contenu de service : aucune explication de l’offre « Smart+ », aucun produit, aucune prestation décrite. Le visiteur découvrait uniquement une page d’accueil à message de bienvenue et une invitation à se connecter pour accéder à un espace identifié comme « ProductionLogin (mysmarthub) ». La vitrine se réduisait donc à un formulaire de connexion, un schéma typique des montages en accès restreint dont BrokerDefense documente la persistance depuis 2021.
Il faut cesser immédiatement tout versement et conserver l’ensemble des preuves : captures d’écran de la page de connexion et des échanges, relevés bancaires mentionnant les virements, courriels reçus. Contactez votre banque sans délai pour signaler les opérations. Le dépôt d’une plainte auprès des autorités compétentes est également possible : BrokerDefense met à disposition une page dédiée aux plaintes pénales qui détaille la marche à suivre, et la consultation de la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF permet de vérifier si un intermédiaire sollicitant des fonds a déjà été signalé.
MySmartHub a pu attirer des personnes séduites par la promesse d’un « service Smart+ » simple et moderne, qui ont créé un compte ou saisi leurs identifiants derrière une page de connexion ne cachant aucune société, aucun cadre juridique, aucune garantie d’aucune sorte, avant d’être parfois recontactées et de perdre des sommes versées vers des comptes désignés par une entité sans visage. Ce dossier rappelle qu’il est indispensable de vérifier préalablement l’identité, les coordonnées et la situation réglementaire de tout intermédiaire avant de lui confier des données personnelles ou des fonds, un réflexe que BrokerDefense applique systématiquement dans chacune de ses enquêtes.
Article réécrit le 07/09/2026


