OneGlobal Advisors arnaque : une vitrine CFD blacklistée par l’AMF

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Le logo affiché par la vitrine OneGlobal-Advr, tel qu’il figure au constat du 7 novembre 2023

Le nom oneglobal-advr.com, qui servait une vitrine de trading CFD et de cryptomonnaies présentée comme un « courtier mondial » sans qu’aucune société, aucune adresse ni aucun agrément ne soient jamais indiqués, figure sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers dans la catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs » depuis le 7 novembre 2023, plus de quatre mois avant la publication de notre enquête initiale du 15 mars 2024 : ce classement n’y était pas mentionné, faute d’avoir alors identifié le domaine avec certitude. L’inscription reste visible au relevé de l’AMF consulté le 11 septembre 2026. Le nom lui-même a été laissé à l’échéance le 19 juillet 2026 et se trouve aujourd’hui dans la période de rétablissement ouverte par le bureau d’enregistrement, aucun serveur ne répondant plus à ce nom.

Dernière mise à jour : 11/09/2026

oneglobal-advr.com sur la liste noire de l’AMF : une inscription datée du 7 novembre 2023

Le nom oneglobal-advr.com figure dans les listes noires et mises en garde de l’AMF, dans la catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs », avec une date d’inscription fixée au 7 novembre 2023. Cette entrée était déjà présente à la date de notre enquête de mars 2024, laquelle ne la mentionnait pas. Elle demeure visible dans le relevé consulté le 11 septembre 2026, soit près de trois ans après son inscription initiale.

La chronologie mérite d’être posée clairement : l’inscription porte la date du 7 novembre 2023 ; notre enquête a été publiée le 15 mars 2024 et ne mentionnait pas ce classement. Entre ces deux dates, la vitrine continuait d’être servie aux visiteurs, son contenu inchangé, ses promesses de retraits garantis et ses cours affichés en direct toujours visibles. Les copies archivées de la page en attestent jusqu’au 1er mars 2025.

La catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs » dans laquelle figure le nom correspond précisément à ce que la vitrine proposait : des CFD sur des paires incluant le Bitcoin, l’Ethereum et l’or, présentés comme accessibles dès l’inscription, sans intermédiaire apparent et sans que la nature exacte du contrepartiste soit jamais précisée. Cette absence de transparence sur la contrepartie est l’une des constantes des dispositifs relevant de cette catégorie de mise en garde.

L’offre mise en avant en 2023 : effet de levier, cours affichés en direct et retraits présentés comme garantis

Les pages conservées par le constat du 7 novembre 2023 permettent de reconstituer l’offre avec précision. La page d’accueil se présentait comme un « système professionnel de trading sur CFD » sous l’accroche « la passerelle vers votre liberté financière ». Elle affichait un flux de cours en direct sur cinq instruments : BTC/USD, ETH/USD, XAU/USD, S&P 500 et EUR/USD. Un bloc dédié invitait à « investir en crypto et NFT ». Six marchés étaient annoncés : actions, crypto, matières premières, indices, devises et métaux.

Trois caractéristiques servaient de déclencheurs à l’inscription : des « retraits rapides garantis », l’absence de commissions et des comptes disponibles en plusieurs devises. Ces formulations constituent des promesses de nature commerciale sur lesquelles aucune société ne pouvait être tenue pour responsable, faute d’identité juridique identifiable. Le parcours proposé aux visiteurs tenait en trois étapes : inscription, vérification, dépôt. Aucun délai de réflexion, aucun avertissement sur le risque de perte et aucune mention d’agrément ne figuraient dans ce parcours.

La page « About us » renforçait l’apparence de sérieux en affirmant que la structure était « l’une des plus grandes marques de trading sur CFD » et un « courtier mondial », avec des experts joignables par téléphone, courriel et messagerie instantanée. Ces affirmations ne s’appuyaient sur aucun numéro d’enregistrement, aucune forme juridique et aucune autorité de tutelle nommée. Les conditions générales, quant à elles, comportaient un texte type de contrat de courtage couvrant l’ouverture de compte, les dépôts et les retraits, sans désigner aucune société ni aucune juridiction.

Une page statique derrière Cloudflare, sans société, sans adresse et sans agrément

Sur le plan technique, la vitrine reposait sur quatre fichiers HTML statiques : la page d’accueil, AboutUs.html, TC.html et une section Contacts. Aucune base de données, aucun espace client réel ne se trouvaient derrière l’accès annoncé. L’adresse IP relevée au moment du constat, 172.67.152.36, était localisée aux États-Unis et correspondait à une adresse de façade du réseau de diffusion Cloudflare, dont les serveurs de noms assuraient alors la résolution du nom. Les bibliothèques chargées sur les pages (jQuery 3.6.0, GSAP, Fancybox, Font Awesome) étaient appelées depuis des réseaux de diffusion publics. Un enregistrement d’authentification des courriels avait été mis en place, donnant aux messages envoyés depuis le domaine une apparence de légitimité technique.

Ce type d’architecture, pages statiques masquées derrière un réseau de diffusion, sans hébergeur identifiable ni serveur propre, se retrouve dans d’autres vitrines que BrokerDefense a examinées. Orbi-mount.com illustre ce même recours à une façade de plateforme de trading, avec ses propres promesses et ses propres signaux d’alerte documentés par nos soins. Token Invest constitue un autre exemple de vitrine CFD qui a continué d’être servie malgré son inscription sur la liste noire de l’AMF. Ces rapprochements portent sur le modèle technique et commercial, non sur un lien d’exploitation commun avec oneglobal-advr.com.

L’absence totale de société identifiable est le point central. Aucune page du site ne désignait une entité juridique capable d’ester en justice, de recevoir une mise en demeure ou de répondre d’un engagement contractuel. Les conditions générales, rédigées à la manière d’un contrat de courtage, restaient donc sans signataire identifiable. Cette configuration rendait toute réclamation amiable sans destinataire précis dès le premier jour d’ouverture de la vitrine.

Des courriels et des lignes françaises pour tout contact

Le dossier d’enquête joint au constat recense vingt et une entités et vingt-huit liens associés au domaine. Parmi eux figurent deux adresses de courriel rattachées au nom de domaine, dont les libellés empruntent des prénoms et noms à consonance française, ainsi qu’une série de lignes téléphoniques françaises, rattachées à des opérateurs grand public et présentées comme actives au moment de l’analyse. Ces coordonnées constituaient les seuls canaux de contact proposés aux personnes ayant rempli le formulaire d’inscription.

L’utilisation de numéros français et d’adresses de courriel aux libellés locaux avait pour effet immédiat de réduire la méfiance des visiteurs francophones. Un internaute qui compose un numéro à indicatif français ou reçoit un courriel signé d’un prénom français n’est pas naturellement conduit à s’interroger sur la localisation réelle de son interlocuteur ni sur l’existence juridique de la structure qu’il représente.

Aucune adresse postale et aucune immatriculation ne sont associées à ces coordonnées dans le dossier. La section Contacts de la vitrine, relevée lors du constat, ne comportait pas davantage d’adresse géographique. Ce vide documentaire est cohérent avec l’absence de société dans les autres pages : l’ensemble du dispositif permettait d’entrer en relation avec des interlocuteurs joignables, sans que ces interlocuteurs soient rattachables à aucune structure vérifiable.

Le nom laissé à l’échéance : ce que l’enregistrement de oneglobal-advr.com établit

Le nom oneglobal-advr.com a été créé le 19 juillet 2023 auprès du bureau d’enregistrement Web Commerce Communications Limited, connu sous la marque WebNic.cc, établi à Kuala Lumpur, en Malaisie. À la date du constat du 7 novembre 2023, le titulaire était masqué derrière un service de confidentialité, la résolution du nom passait par Cloudflare, et trois statuts de blocage protégeaient le nom contre tout transfert, toute modification et toute suppression non sollicités.

L’interrogation de l’enregistrement effectuée le 11 septembre 2026 présente une situation différente : le nom est arrivé à son terme le 19 juillet 2026, sa dernière modification administrative date du 28 août 2026, et il se trouve désormais dans la période de rétablissement ouverte par le bureau d’enregistrement, c’est-à-dire le délai laissé au titulaire pour renouveler avant que le nom ne redevienne disponible à l’enregistrement public. Les serveurs de noms sont ceux du bureau d’enregistrement lui-même (ns100.webnic.cc et ns101.webnic.cc), en remplacement des serveurs Cloudflare. Aucun serveur ne répond plus à ce nom. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

La chronologie d’ensemble est la suivante : création le 19 juillet 2023, inscription à la liste noire de l’AMF le 7 novembre 2023, publication de notre enquête le 15 mars 2024, dernière copie archivée de la page au 1er mars 2025, échéance du nom le 19 juillet 2026, période de rétablissement en cours au 11 septembre 2026. La vitrine a donc continué d’être servie plus d’un an après notre première enquête et plus de quinze mois après l’inscription réglementaire.

Lorsqu’une personne se retrouve confrontée à une vitrine qui n’a jamais nommé aucune société et dont l’exploitant ne se confond avec aucune entité identifiée, la question de savoir devant quelle juridiction et à l’égard de qui agir devient la première difficulté pratique. C’est cette question précise que Maître Caroline Willm, avocate au barreau de Paris et partenaire de BrokerDefense, aborde dans la vidéo ci-dessous : elle y examine comment se positionner juridiquement lorsque l’interlocuteur n’a pas d’existence formelle, et quels leviers restent ouverts pour des personnes ayant versé des fonds dans ce contexte.

Ce qu’une personne trompée par oneglobal-advr.com peut encore engager

Les personnes ayant laissé leurs coordonnées dans le formulaire de la vitrine, ou ayant effectué un virement pour alimenter un compte de trading présenté comme l’accès à un « courtier mondial » de CFD et de cryptomonnaies, se trouvent dans une situation qui mérite d’être traitée sans attendre que le nom soit entièrement libéré. Interrompez tout échange avec les interlocuteurs qui se seraient manifestés via les coordonnées associées à ce domaine, et gardez trace des échanges, des confirmations d’inscription et de tout document reçu : courriels, captures d’écran, relevés de virements, références de transaction.

Sur le plan pénal, le dispositif documenté présente les caractéristiques susceptibles de fonder une plainte pour escroquerie : une vitrine présentant une offre d’investissement en CFD et en cryptomonnaies sous les traits d’un courtier mondial, sans société identifiable, sans agrément vérifiable, avec des promesses de retraits garantis et l’absence de commissions comme éléments déclencheurs, le tout adossé à des canaux de contact en France. Notre page sur la plainte pénale précise les étapes, les juridictions compétentes et les pièces à réunir pour constituer un dossier opposable.

Le fait que le nom oneglobal-advr.com ait été laissé à l’échéance et qu’aucun serveur ne réponde plus ne clôt pas les voies de recours. Les virements effectués vers les comptes désignés par la vitrine ont une réalité comptable et bancaire indépendante de l’existence du nom de domaine. Ces comptes, y compris lorsqu’ils sont tenus à l’étranger, peuvent être recherchés dans le cadre d’une procédure, et l’établissement ayant exécuté le virement peut être interpellé sur les conditions dans lesquelles il a traité l’ordre.

OneGlobal-Advr : les questions laissées ouvertes par ce dossier

oneglobal-advr.com figure-t-il toujours sur la liste noire de l’AMF ?

Oui. L’entrée oneglobal-advr.com dans la catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs » figurait au relevé publié par l’Autorité des marchés financiers lors de la consultation effectuée le 11 septembre 2026. La date d’inscription mentionnée est le 7 novembre 2023. Le fait que le nom soit arrivé à échéance et qu’aucun serveur ne réponde plus ne retire pas cette entrée de la liste : celle-ci reste consultable publiquement et continue d’informer les épargnants sur la nature du dispositif qui opérait sous ce nom.

J’ai versé des fonds sur oneglobal-advr.com en croyant ouvrir un compte de trading : que dois-je faire ?

Gardez trace de l’ensemble des échanges : courriels reçus depuis les adresses associées au domaine, confirmations d’inscription, relevés de virements et toute référence de transaction. Ces pièces constituent le point de départ d’un dossier, qu’il s’agisse d’une plainte pénale ou d’une démarche auprès de votre établissement bancaire. La vitrine ne désignait aucune société, aucun agrément et aucune adresse : cette absence d’identité juridique est précisément l’un des éléments à documenter pour qualifier les faits. BrokerDefense peut orienter les personnes concernées vers les recours adaptés à leur situation.

Le fait que oneglobal-advr.com ne soit plus accessible signifie-t-il que les recours sont fermés ?

Non. Le nom a été laissé à l’échéance le 19 juillet 2026 et se trouve dans la période de rétablissement ouverte par le bureau d’enregistrement, sans serveur actif à ce jour. Mais cette situation technique ne clôt pas les voies juridiques ouvertes aux personnes ayant versé des fonds. Les virements effectués vers les comptes désignés par la vitrine conservent leur réalité bancaire, et les procédures pénales ou civiles peuvent être engagées indépendamment de l’état du nom de domaine. La prescription court à compter des faits, non de la disparition du nom.

Le dossier oneglobal-advr.com illustre un enchaînement dont chaque étape mérite d’être retenue par quiconque envisage de confier des fonds à une plateforme de trading en ligne. La vitrine affichait tous les attributs d’un courtier sérieux : cours en direct, marchés diversifiés, rubrique « About us » affirmant une envergure mondiale, courriels et lignes françaises pour rassurer. Pourtant, aucune société n’était nommée, aucune adresse postale n’était indiquée, aucun agrément n’était vérifiable. Les personnes ayant laissé leurs coordonnées dans le formulaire ou ayant effectué un virement pour alimenter un compte de trading sur cette vitrine se sont retrouvées sans interlocuteur juridiquement identifié dès le premier jour. Le nom est aujourd’hui arrivé à son terme, mais les faits, les virements et les échanges conservés restent les pièces d’un dossier qui peut encore être instruit.

BrokerDefense examine les projets d’investissement avant tout engagement de fonds et accompagne les personnes qui s’interrogent sur la régularité d’une plateforme ou sur les recours ouverts après un versement. Si oneglobal-advr.com fait partie de votre situation, les éléments documentés dans ce dossier, l’inscription à l’AMF, l’absence de société, les coordonnées françaises sans adresse et la chronologie d’exploitation, peuvent servir de base à une première évaluation.

Article réécrit le 11/09/2026

2 Comments

  1. Béatrice Grangeat dit :

    Bonjour,

    En 2023, alors que j’avais visité le site OneGlobal advisor suite à un article paru sur Facebook, j’ai été contactée par deux traders (Françaises) afin d’y ouvrir un compte. J’avoue que, grande naïve, je me suis laissé embarquer. J’ai ouvert un compte avec 500€. Une des traders a continué à me suivre durant quelques mois, puis elle a disparu. J’ai son numéro de téléphone, qui sonne toujours mais personne ne répond. Elle est connue sur Internet et répond au nom de Anne Chapel. Probablement une anarqueuse. Pourtant l’argent à fructifier au cours des ans. En mai 2025, j’ai demandé plusieurs retraits qui se sont résous infructueux. Hier, j’y suis retournée. Avec un solde de plus de 12000€, j’ai redemandé un retrait bancaire bien libellé au nom de ma banque. il est en attente comme les autres, que j’avais fini par supprimer en son temps. J’ai aussi ouvert un petit compte d’épargne sur le site avec l’argent des soi-disant gains. Il n’y a pas de numéro de téléphone pour les contacter, et mon adresse d’email ne passe pas à ma demande de contact. Je me rends bien compte que je me suis fait avoir. Mais je me pose la question si je peux, d’une manière ou d’une autre, récupérer mes gains ou seulement l’argent déposé initialement. J’ai des soucis financiers importants en ce moment, et j’aurais au moins besoin des 500€ déposés. Est-ce possible ?
    Je vous remercie très sincèrement pour votre réponse.

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