Près de onze mois après l’inscription d’orbi-mount.com sur la liste des acteurs que le régulateur français n’a pas autorisés, deux constats se superposent. La mise en garde officielle est toujours en place. La plateforme, elle, continue de répondre et d’ouvrir ses formulaires. Ce décalage entre l’alerte publique et l’activité constatée résume le dossier.
Sommaire
- Orbi-mount.com : une mise en garde du régulateur restée ouverte
- Aucun titulaire nommé dans les données du registre
- Une autorité de régulation que personne ne reconnaît
- Un socle technique à la portée du premier venu
- Agir après un virement vers cette plateforme
- Le récit d’un dossier où la plainte a abouti
- Éclaircir trois points sur orbi-mount.com
Orbi-mount.com : une mise en garde du régulateur restée ouverte
Le 14 novembre 2025, orbi-mount.com est apparu au fichier des acteurs non autorisés du régulateur français, sous l’intitulé « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Aucun retrait n’est intervenu depuis. La fiche nominative consacrée à ce nom est toujours servie, comme nous l’avons constaté le 4 octobre 2026 : la fiche que le régulateur consacre à cette enseigne porte bien le libellé orbi-mount.com. L’alerte tient donc depuis près d’un an, sans changement de statut.
Ce qui rend la situation particulièrement préoccupante, c’est la suite. Malgré cette mise en garde active, la vitrine tourne. Notre relevé du 4 octobre 2026 obtient une réponse positive : une page de 196 259 octets, titrée « OrbiMount », affichant le slogan « Unlock Trading Potential: Build, invest, prospect! » et un bouton « Begin Now ». La plateforme sollicite donc toujours de nouveaux utilisateurs, au mépris de l’avertissement du régulateur français.
Deux autres noms ont été portés sur cette même liste à une date voisine : nous avons publié notre dossier sur alvinegroup.com ainsi que notre enquête sur exxtone.com. Ce voisinage dans la liste du régulateur ne prouve aucun exploitant commun entre ces trois noms : il s’agit de dossiers distincts, instruits séparément.
Dernière mise à jour : 04/10/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par orbi-mount.com, réalisée le 11 juin 2026. On y retrouve l’en-tête de la plateforme, son appel à investir et le bouton d’ouverture de compte : de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.
Aucun titulaire nommé dans les données du registre
Les données d’enregistrement du domaine sont précises sur les dates. Le nom a été déposé le 7 août 2025, avec une échéance fixée au 7 août 2027. Le bureau d’enregistrement est Internet Domain Service BS Corp. Les serveurs de noms désignés sont CODY.NS.CLOUDFLARE.COM et SARAH.NS.CLOUDFLARE.COM. Une ultime mise à jour du dossier est datée du 8 août 2026. Un verrou de transfert est actif : toute migration vers un autre bureau d’enregistrement est interdite sans autorisation préalable.
Sur ces mêmes données, aucun titulaire n’est désigné. Aucune société n’est mentionnée. Aucune adresse physique ou postale ne figure au dossier. Celui ou ceux qui exploitent orbi-mount.com ont choisi de rester totalement anonymes, ce qui rend toute tentative d’identification directe particulièrement difficile. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Notre enquête a également consulté le rapport public de réputation du domaine. Ce document nomme orbi-mount.com et affiche une note de confiance de 1 %, parmi les plus basses que nous ayons relevées pour un domaine de ce type. Cette note synthétise le comportement technique du nom et les signalements accumulés. Elle ne vaut jamais autorisation d’exercer, mais elle confirme que le nom est massivement identifié comme suspect.
Une autorité de régulation que personne ne reconnaît
La vitrine d’orbi-mount.com affirme que ses activités sur les crypto-actifs sont régulées par une organisation dénommée « Digital Asset Authority », sous le numéro d’accréditation DDA-REG-8706C. La plateforme se présente par ailleurs comme « une société internationale ». Ces éléments méritent un examen attentif.
Aucun régulateur reconnu ne valide cette accréditation. La « Digital Asset Authority » n’existe dans aucun registre officiel que nos recherches ont pu identifier. Il s’agit d’un label fabriqué de toutes pièces, dont le seul rôle est de faire croire à un encadrement officiel qui n’existe pas. L’Autorité des marchés financiers, seul régulateur français compétent pour les produits dérivés sur crypto-actifs proposés à des résidents français, n’a jamais accrédité orbi-mount.com. Aucun régulateur reconnu, où que ce soit, ne valide ce numéro.
La vitrine ne comporte par ailleurs aucun numéro d’immatriculation vérifiable, aucune adresse géographique, aucune mention légale conforme. La promesse réglementaire affichée n’est adossée à aucune réalité juridique.
Un socle technique à la portée du premier venu
Nos recherches permettent de décrire précisément l’infrastructure technique sur laquelle repose la vitrine. Le gestionnaire de contenu utilisé est WordPress, dans sa version 6.8, complété par un module de mise en cache LiteSpeed. La bibliothèque React et jQuery 3.7.1 assurent l’affichage dynamique des pages. Les ressources statiques sont diffusées via jsDelivr, un réseau de distribution public accessible à n’importe quel développeur.
La plateforme intègre un module d’affichage des cours de cryptomonnaies ainsi que des points d’accès applicatifs pointant vers des chaînes blockchain, notamment IOTA et XLayer. Un composant de connexion à des portefeuilles numériques, WagmiProvider, est également présent. Un formulaire de connexion pointe vers wp-login.php depuis les adresses /login et /dashboard : c’est l’interface d’administration WordPress standard, sans personnalisation technique notable.
Le réseau de diffusion et les serveurs de noms sont assurés par Cloudflare. Le certificat de sécurité est signé par Google Trust Services, via son autorité WE1. Il demeure valide entre le 12 septembre 2026 et le 11 décembre 2026, et son périmètre englobe le domaine comme ses déclinaisons. Ce certificat garantit le chiffrement de la connexion, rien de plus. Il ne confère aucune légitimité à la plateforme et ne signifie pas que les fonds déposés seraient protégés. L’ensemble de ce socle technique est disponible à coût très faible et peut être monté en quelques jours par n’importe qui.
Agir après un virement vers cette plateforme
Si vous avez transféré des fonds vers orbi-mount.com, commencez par réunir l’ensemble des pièces dont vous disposez, avant d’engager la moindre démarche. Conservez les relevés de virements, les captures d’écran des échanges, les coordonnées et pseudonymes de votre interlocuteur, ainsi que tout document contractuel ou commercial qui vous aurait été remis. Ces éléments constituent la base d’un dossier pénal solide.
La voie recommandée consiste à saisir d’une plainte le procureur de la République compétent. Cette démarche peut être engagée même si les fonds ont quitté le territoire français. Notre équipe a rédigé un guide pratique à ce sujet : notre page dédiée à la plainte pénale en détaille les étapes et les pièces à joindre. Vous pouvez également consulter les mises en garde du régulateur français pour vous assurer que vous disposez de toutes les informations officielles disponibles.
Un point d’attention important : certaines victimes d’escroqueries financières sont contactées, après coup, par des personnes qui proposent de récupérer les fonds perdus contre rémunération ou avance. Ces sollicitations constituent presque systématiquement une arnaque secondaire. Elles doivent être écartées sans délai. Seule la voie judiciaire offre un cadre légitime.
Le récit d’un dossier où la plainte a abouti
Une plainte pénale bien construite, appuyée sur des preuves rassemblées dès les premières heures, peut aboutir à des résultats concrets, y compris dans des dossiers d’escroquerie financière impliquant des structures opaques établies à l’étranger. Une avocate spécialisée en escroqueries financières revient sur un dossier mené à son terme : les étapes clés, les obstacles rencontrés et les leviers qui ont fait la différence. L’entretien filmé est à visionner ci-dessous.
Comment une plainte peut-elle réellement aboutir face à un opérateur qui se terre derrière un nom de domaine ? Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate relevant du barreau de Paris, répond à cette question dans l’entretien filmé ci-dessous. Elle y revient sur les jugements pour escroquerie, les transactions en cryptomonnaies et l’indemnisation des victimes, du montage du dossier à la décision de justice.
Éclaircir trois points sur orbi-mount.com
Depuis la publication de notre premier article sur orbi-mount.com, nous recevons régulièrement des questions de lecteurs qui ont été contactés par cette plateforme ou qui cherchent à comprendre leur situation. Nous avons regroupé ci-dessous les interrogations les plus fréquentes, auxquelles nous répondons sur la base des éléments factuels que notre enquête a permis d’établir.
Non. Le nom orbi-mount.com apparaît dans le fichier public des acteurs que l’Autorité des marchés financiers n’a pas autorisés, porté sous la mention « Produits dérivés sur crypto-actifs », à la date du 14 novembre 2025. Cette inscription signifie que cette enseigne n’a reçu aucun agrément pour commercialiser ce type de produits auprès des résidents français. La vitrine revendique par ailleurs une accréditation auprès d’une « Digital Asset Authority », sous le numéro DDA-REG-8706C : cette organisation ne correspond à aucun régulateur reconnu dans nos recherches.
Commencez par réunir et conserver les preuves : relevés de virements, échanges avec l’interlocuteur, coordonnées utilisées, documents commerciaux remis par la plateforme. Saisissez ensuite d’une plainte le procureur de la République compétent. Si le paiement a été effectué par carte bancaire, signalez l’opération à votre banque. Écartez sans exception les personnes qui proposent de récupérer vos fonds contre un paiement préalable : ce sont des arnaques secondaires.
Elle désigne le libellé sous lequel le régulateur a porté ce nom sur sa liste. Concrètement, l’Autorité des marchés financiers signale que cette enseigne propose des produits dérivés adossés à des crypto-actifs sans y être autorisée en France. Cette mention n’est pas une sanction prononcée contre une société identifiée : elle documente l’absence d’autorisation et sert à démontrer, dans une procédure, que la plateforme agissait sans habilitation.
Ceux qui ont créé un compte sur la plateforme se retrouvent dans une situation éprouvante : un interlocuteur devenu injoignable, des virements engagés, une interface toujours accessible qui ne répond plus aux demandes de retrait. La liste du régulateur et la fiche de réputation offrent un point d’appui factuel, sans remplacer un dossier individuel. BrokerDefense peut reconstituer, pour chaque situation, les éléments techniques et d’enregistrement et les présenter sous une forme exploitable dans une procédure. Un examen préalable permet de dire ce qui, dans votre cas, peut réellement être engagé.
Article réécrit le 04/10/2026


