Finaguide arnaque : la vitrine de trading fermée, le nom réaffecté

Le logo du site douteux Finaguide

En mars 2024, BrokerDefense publiait son enquête sur Finaguide, une vitrine de trading en ligne présentée avec tous les signes extérieurs d’une plateforme établie. Deux ans plus tard, la configuration a radicalement changé : le nom finaguide.com existe toujours, mais ce qu’il abrite n’a plus rien à voir avec les marchés financiers.

Un domaine de trading devenu la vitrine d’un tout autre produit

La trajectoire de finaguide.com en fait un cas à part. Les copies publiques archivées documentent une vitrine de trading active de 2022 à 2024. À partir de la fin 2024, les versions conservées changent à un rythme rapide, et la version du 1er avril 2025 montre une page intitulée « Finaguide » portant la mention « This Website is No Longer Active », accompagnée de l’adresse [email protected] et d’un formulaire de contact. La plateforme annonçait elle-même sa propre fermeture.

Ce qui occupe aujourd’hui l’adresse finaguide.com n’entretient aucun lien avec la finance. La page servie en 2026 est la page de vente d’un complément présenté comme un produit de « performance masculine ». Ses promesses sont pour le moins inhabituelles : « RESTORE YOUR POWER TO ITS TRUE GLORY », endurance « supérieure à 5 heures », effet « quasi immédiat en 5 à 10 secondes », « remboursement sous 48 heures », « étude portant sur plus de 30 patients dans 32 pays avec 279 partenaires féminines », produit « recommandé par de nombreux chirurgiens-dentistes et apprécié par une trentaine de gynécologues », « remboursé par les systèmes de sécurité sociale de plusieurs pays (Bénin, Congo, Niger, Malaisie) » et, fait notable, un avertissement selon lequel le produit « n’agit pas sur les personnes ayant reçu plus de 3 doses du vaccin contre le coronavirus ». Le pied de page porte le nom Finaguide avec la mention « Premium male performance ». Ces affirmations sont invérifiables. Rien ne permet d’établir que ce nouvel usage du domaine relève du même exploitant que la plateforme d’origine : la vitrine de trading a cessé son activité avant que ce contenu n’apparaisse, et aucun élément ne relie les deux.

L’adresse www.finaguide.com redirige quant à elle, par un code 301, vers finaguide.live, un second nom de la même famille enregistré le 3 août 2022, dont l’échéance court jusqu’au 3 août 2027 et qui n’affiche aucun contenu, ses serveurs de noms étant ceux d’un service de stationnement de noms de domaine. On signalera par comparaison que Tradiora, une autre plateforme étudiée par BrokerDefense dans la même période, présentait des caractéristiques de structure analogues : une adresse soignée, aucune société identifiable derrière et un nom préservé au-delà de la cessation d’activité visible.

Dernière mise à jour : 12/09/2026

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Ce que Finaguide promettait en 2024 : 1 200 instruments, un levier de 1:400, une adresse à Hong Kong

Lorsque BrokerDefense a examiné finaguide.com au printemps 2024, la plateforme affichait les codes d’un courtier en ligne bien établi : interface soignée, liens vers Facebook, Instagram et YouTube, option de LiveChat pour joindre le support sans délai, un numéro de téléphone et une adresse électronique. L’adresse physique revendiquée était Two International Finance Centre, 8 Finance Street, Hong Kong, une adresse dont le prestige symbolique est difficile à ignorer.

Le bandeau de chiffres mis en avant résumait l’offre commerciale : un levier maximum de 1:400, zéro frais de transaction et plus de 1 200 instruments disponibles. La page « About Us » développait une mission, une vision et un argumentaire sur « l’exécution rapide au coût le plus bas possible », la sécurité des dépôts, la rapidité des retraits et « une sécurité de premier ordre avec un chiffrement fort ». L’interface proposait un terminal de trading accessible depuis le navigateur, une application Android et une application pour iPhone et iPad. Les visuels, graphiques de marchés, symboles monétaires et captures d’interfaces mobiles, achevaient de construire une impression de sophistication.

La conclusion de l’enquête de 2024 invitait à la prudence et recommandait de vérifier systématiquement la régulation et l’enregistrement de tout intermédiaire avant tout engagement. Cette recommandation prenait tout son sens à la lumière des signaux d’alerte relevés dès cette époque.

Le constat du 4 octobre 2023 : ni société désignée, ni numéro d’agrément

Un constat établi selon la norme AFNOR Z67-147 le 4 octobre 2023 a figé l’état de la plateforme à cette date. La cible était fr.finaguide.com, dont la page d’accueil était titrée « Finaguide, Cross-asset Investing For Everyone ». Trois pages ont été capturées : l’accueil, la page « About Us » (fr.finaguide.com/company/about-us) et la page « Contact Us » (fr.finaguide.com/company/contact). Les conditions d’utilisation, elles, n’étaient pas hébergées sur le domaine principal mais sur un espace de stockage tiers, à distance du site lui-même.

Premier signal d’alerte relevé dans ce constat : bien que la plateforme affichât un avertissement sur les risques liés aux CFD, instruments à effet de levier susceptibles d’entraîner une perte totale du capital investi, elle ne fournissait aucun numéro de régulation. Or, tout prestataire autorisé à proposer ce type d’instruments à des clients résidant dans l’Union européenne est tenu de disposer d’un agrément identifiable. Aucun numéro n’était communiqué, nulle part.

Second signal d’alerte : la mention « Finaguide Ltd » apparaissait dans le contexte commercial de la plateforme sans être assortie d’aucun numéro d’enregistrement de société, dans quelque pays que ce soit. Aucune date de création n’était communiquée. Les politiques de confidentialité et les conditions générales existaient, mais sans aucun détail concret sur l’enregistrement légal de l’entité. Le pied de page affichait « © 2023 Finaguide. All rights reserved. » À cette date, le site était servi par le réseau CloudFront d’Amazon Web Services via un nœud situé à Londres.

Un nom conservé jusqu’au 31 décembre 2026, des serveurs de noms transférés

Le nom finaguide.com a été créé le 31 décembre 2021 et son enregistrement court jusqu’au 31 décembre 2026, date à laquelle il pourra être renouvelé ou libéré. Le bureau d’enregistrement est NameSilo, LLC. En octobre 2023, le même nom était déjà chez NameSilo, mais avec un titulaire masqué par un service de confidentialité basé à Phoenix, en Arizona, et quatre serveurs de noms relevant d’Amazon Web Services. Aujourd’hui, les serveurs de noms sont ceux de Cloudflare (logan.ns.cloudflare.com et yolanda.ns.cloudflare.com) : un changement d’infrastructure notable, intervenu entre 2023 et 2026, alors que le bureau d’enregistrement est resté le même.

Les journaux publics de certificats confirment une activité continue sur le domaine depuis 2025, avec des certificats couvrant *.finaguide.com et, parmi eux, des certificats émis pour finaguide.live dont le champ d’application couvrait également finaguide.com. Deux sous-domaines à vocation de paiement, pay.finaguide.com et public.pay.finaguide.com, apparaissent dans ces certificats de 2025, signe que des transactions en ligne étaient envisagées ou effectuées sous ce nom après la fermeture annoncée de la vitrine de trading.

Ce schéma, un nom maintenu actif et redirigé vers un second nom de la même famille, rappelle des configurations déjà documentées par BrokerDefense, comme celle de MyWiTrade, où le maintien du nom après l’arrêt apparent de l’activité posait des questions identiques sur la continuité d’usage d’une infrastructure enregistrée.

Réunir les preuves d’un versement, puis engager les démarches

Ni avertissement, ni mise en garde : le nom finaguide.com ne figure dans aucune des listes noires et mises en garde publiées par l’AMF que nous avons consultées le 12 septembre 2026. Cette absence ne constitue pas davantage une reconnaissance : la plateforme de 2023 n’affichait, quant à elle, aucun numéro de régulation ni aucun numéro d’enregistrement de société.

Pour toute personne ayant versé des fonds sur Finaguide, la priorité est de constituer un dossier complet avant d’engager la moindre démarche : relevés d’opérations, captures des pages consultées à l’époque, courriels et messages échangés avec les interlocuteurs de la plateforme, coordonnées utilisées lors de l’inscription, et tout document transmis ou reçu. Ces éléments conservent leur valeur même lorsque la vitrine a cessé d’afficher son contenu d’origine : ils datent la relation, identifient les interlocuteurs et retracent le parcours des sommes engagées. la marche à suivre pour déposer une plainte pénale y est exposée pas à pas, du signalement aux autorités compétentes jusqu’à la constitution du dossier.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Que reste-t-il à faire lorsque la plateforme a disparu, que son nom a changé d’usage et qu’aucune société n’a jamais été désignée ? Cette question, posée par les personnes qui ont versé des fonds en croyant investir sur finaguide.com, traverse l’entretien filmé ci-après, dans lequel Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, partenaire de BrokerDefense, précise le raisonnement retenu dans une affaire où un établissement financier a été condamné. Son propos porte sur l’articulation concrète d’un dossier : ce qu’il faut établir, dans quel ordre, et devant quelle juridiction.

Finaguide : les réponses aux questions les plus courantes

Que reste-t-il aujourd’hui de la plateforme Finaguide ?

Le nom finaguide.com est toujours enregistré, avec une échéance au 31 décembre 2026. Mais la vitrine de trading qui le portait a cessé son activité : les versions conservées montrent qu’elle annonçait sa propre fermeture au printemps 2025. L’adresse répond encore pour afficher, en 2026, la page de vente d’un complément de « performance masculine » sans aucun rapport avec la finance.

Le nom finaguide.com a-t-il fait l’objet d’une mise en garde d’un régulateur ?

Les listes de mise en garde que l’AMF adresse aux épargnants, interrogées le 12 septembre 2026, ne comportent pas d’entrée au nom de finaguide.com. Cela ne signifie pas que le nom soit reconnu pour autant : la plateforme de 2023 n’affichait, de son côté, ni numéro de régulation ni numéro d’enregistrement de société.

Quelles démarches restent ouvertes après un versement sur Finaguide ?

La première étape consiste à rassembler les pièces du dossier : relevés des opérations exécutées, captures des pages consultées, courriels et échanges avec les interlocuteurs de la plateforme, coordonnées utilisées à l’inscription. Ces éléments restent exploitables même si la vitrine a disparu, car les opérations elles-mêmes gardent un ancrage bancaire. La marche à suivre pour une plainte pénale est exposée en détail sur notre site, et BrokerDefense peut examiner votre dossier afin de vous indiquer la voie la plus appropriée.

Les personnes ayant cherché à investir ou à trader sur les marchés via Finaguide, et ayant versé des fonds à cette fin, se trouvent dans une situation particulière : la vitrine a fermé, le nom a changé d’usage, et aucune société n’a jamais été clairement identifiable derrière la plateforme d’origine. Cette configuration rappelle, une fois de plus, l’importance de vérifier systématiquement, avant tout versement, l’identité réelle de l’intermédiaire, son enregistrement légal et son autorisation à proposer des instruments financiers : cette vérification préalable constitue le socle de la méthode d’enquête de BrokerDefense. Si vous avez eu affaire à Finaguide, ne tardez pas à constituer vos preuves et à prendre conseil.

Article réécrit le 12/09/2026

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