Sommaire
- Omega Pro et OneCoin, deux dossiers que la justice rapproche
- OneCoin : une monnaie sans blockchain et une fondatrice en fuite
- Le fil commun : Viola Money et le blanchiment
- Omega Pro, des retraits interrompus à la relance sous Go Global
- Ce qu’une victime peut encore faire remonter
- Questions sur Omega Pro et OneCoin
Omega Pro et OneCoin, deux dossiers que la justice rapproche
Deux noms de l’enseigne Omega Pro figurent au fichier des acteurs non autorisés tenu par l’Autorité des marchés financiers. Le premier, omegapro.world, y est signalé depuis le 6 août 2020 ; le second, omegapro.in, a été ajouté le 5 décembre 2023. Notre relevé du 4 octobre 2026 confirme que ces deux signalements restent en vigueur, ce qui place la marque parmi celles que le régulateur français désigne comme non autorisées à proposer des services d’investissement sur le territoire.
Le rapprochement avec l’affaire OneCoin tient à la nature du montage et au volet judiciaire américain qui l’accompagne. Du côté américain, des condamnations sont intervenues : l’avocat Mark Scott a été condamné à dix ans de prison pour avoir blanchi des fonds liés à OneCoin. C’est cette convergence entre deux pyramides financières, l’une présentée comme une plateforme de trading, l’autre comme une crypto-monnaie, qui a conduit notre rédaction à les traiter ensemble dès l’article d’origine publié le 5 mars 2024.
BrokerDefense suit l’enseigne Omega Pro depuis 2020 : notre premier article consacré à omegapro.world, publié le 8 août 2020 et mis à jour depuis, documente l’évolution du dossier. La présente mise à jour intègre les données recueillies jusqu’au 4 octobre 2026.
Dernière mise à jour : 04/10/2026
OneCoin : une monnaie sans blockchain et une fondatrice en fuite
Lancée en 2014 et présentée comme une alternative au bitcoin, OneCoin ne reposait sur aucune blockchain exploitable ni sur aucun produit auditable. Les gains annoncés aux premiers participants étaient financés par les apports des nouveaux venus, selon le mécanisme classique d’une pyramide financière : sans afflux continu d’adhérents, la structure s’effondre.
La fondatrice de OneCoin, Ruja Ignatova, a disparu en octobre 2017 et demeure recherchée par les autorités américaines. L’affaire a néanmoins donné lieu à des actes judiciaires concrets : Mark Scott, avocat américain ayant participé au blanchiment des fonds collectés, a été condamné à dix ans de prison. William Morro, autre acteur du dossier, a pour sa part plaidé coupable. Notre rédaction a consacré un article distinct aux circonstances de cette procédure : l’arrestation de William Morro et ses implications dans le dossier OneCoin y sont analysées en détail.
Le fil commun : Viola Money et le blanchiment
Un élément relie les deux dossiers au-delà de leur structure pyramidale commune. Selon les éléments rapportés par Cryptoslate et repris dans notre article d’origine, les fonds collectés par OneCoin comme ceux d’Omega Pro auraient transité par une façade de services bancaires nommée Viola Money. Le propriétaire de cette structure, Christopher Hamilton, est mis en cause dans le blanchiment lié à OneCoin.
Il convient de présenter ce rapprochement pour ce qu’il est : un faisceau de recoupements journalistiques et non une décision de justice établissant formellement le lien entre les deux entités. Aucune condamnation rendue à ce jour ne désigne explicitement Omega Pro comme co-auteur des infractions poursuivies dans le dossier OneCoin.
Ce que ce recoupement révèle, en revanche, c’est un mode opératoire partagé : extraire les fonds collectés du circuit bancaire ordinaire en les faisant passer par des structures intermédiaires opaques, rendant ainsi leur traçabilité plus difficile pour les autorités comme pour les personnes lésées.
Omega Pro, des retraits interrompus à la relance sous Go Global
Le montage Omega Pro reposait sur un principe simple : l’adhésion se faisait sur invitation, les revenus dépendaient du recrutement de nouveaux membres, et les anciens participants étaient rémunérés avec les apports des nouveaux. Présentée comme une plateforme de trading sur le Forex, l’enseigne n’offrait en réalité aucune activité d’investissement vérifiable.
Les retraits ont cessé fin 2022. L’enseigne a ensuite disparu avant de réapparaître sous le nom GO Global, poursuivant une activité de recrutement similaire auprès de personnes qui n’avaient pas encore pu récupérer leurs mises. Ce type de relance sous une marque différente est caractéristique des montages qui cherchent à capter de nouveaux apports sans solder les engagements antérieurs.
Nos vérifications établissent par ailleurs que le nom de domaine omegapro.world a été ré-enregistré le 6 février 2026, pour une échéance fixée au 6 février 2027. Ce ré-enregistrement intervient alors que le nom conserve son signalement du côté du régulateur français. Notre analyse détaillée du montage Omega Pro, publiée le 1er avril 2024, décrit le fonctionnement des packs proposés et les rendements affichés.
Ce qu’une victime peut encore faire remonter
Quiconque a envoyé de l’argent sur Omega Pro, ou souscrit à une offre présentée sous la bannière OneCoin, doit d’abord reconstituer la trace de ses versements. Il s’agit de remettre la main sur les relevés de virements et les justificatifs de paiements par carte, de retrouver quel établissement a encaissé les fonds, puis de rassembler la totalité des échanges noués avec les démarcheurs : messages, courriels, captures de conversations, documents d’adhésion et descriptifs des packs reçus à cette occasion.
Ces éléments constituent la base documentaire indispensable pour toute démarche judiciaire. Consulter le cadre procédural d’une plainte pour escroquerie permet de comprendre quelles pièces orienter vers quelles autorités, et selon quel calendrier.
Sur le plan réglementaire, il est utile de consulter les listes tenues par le régulateur français. À la date de notre relevé du 4 octobre 2026, le régulateur français ne recense aucune entrée correspondant à OneCoin. Une absence de signalement ne vaut jamais autorisation : elle signifie seulement qu’aucune mise en garde publique n’a encore été publiée pour ce nom, non qu’un agrément aurait été accordé.
Une banque dont la carence a été retenue par un tribunal, puis une victime indemnisée : c’est le sujet qu’aborde Maître Goce Novakov, avocat exerçant dans le ressort parisien, dans l’entretien qu’il nous a accordé. Il y détaille à quelles conditions la responsabilité d’un établissement peut être recherchée lorsque des mouvements suspects n’ont déclenché aucun contrôle.
Questions sur Omega Pro et OneCoin
Le nom omegapro.world conserve le signalement dont il fait l’objet auprès du régulateur français depuis le 6 août 2020, et omegapro.in y a été ajouté le 5 décembre 2023. Nos vérifications du 4 octobre 2026 confirment que le nom de domaine omegapro.world a été ré-enregistré le 6 février 2026. L’activité de recrutement s’est par ailleurs poursuivie sous le nom GO Global après l’interruption des retraits fin 2022.
Selon les éléments rapportés par Cryptoslate et repris dans notre article d’origine, les fonds des deux montages auraient transité par une même façade de services bancaires, Viola Money, dont le propriétaire Christopher Hamilton est mis en cause dans le blanchiment lié à OneCoin. Ce rapprochement constitue un faisceau d’indices journalistiques et non une décision de justice établissant formellement la connexion entre les deux dossiers.
L’affaire OneCoin a déjà donné lieu à des condamnations aux États-Unis : l’avocat Mark Scott a été condamné à dix ans de prison pour blanchiment de fonds liés à OneCoin, et William Morro a plaidé coupable. La fondatrice Ruja Ignatova, disparue en octobre 2017, reste recherchée par les autorités américaines.
Omega Pro et OneCoin illustrent deux variantes d’un même piège : des personnes ont versé des fonds sur la promesse de rendements fixes, puis se sont retrouvées dans l’impossibilité de retirer quoi que ce soit, sans interlocuteur identifiable et sans recours immédiat. Face à cette situation, BrokerDefense propose une évaluation préalable du dossier afin de déterminer quelles démarches restent ouvertes selon les circonstances propres à chaque cas.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 04/10/2026


