Sommaire
- Le nom ne répond plus, mais son enregistrement court jusqu’en octobre 2026
- En 2023, cette adresse servait d’entité de paiement à une vitrine bancaire recyclée
- Un enregistrement daté d’octobre 2019 pour un nom déjà servi en 2016
- Ce que la fiche décrit encore : eName, ename.net et deux verrous
- bancodecryptos.com est passé à un autre exploitant en décembre 2025
- Saisir la justice malgré un nom hors service
- Bitcoinoption.net : ce que l’on nous écrit le plus souvent
Le nom ne répond plus, mais son enregistrement court jusqu’en octobre 2026
Le 13 septembre 2026, nos vérifications établissent que bitcoinoption.net ne renvoie aucune adresse, que l’on interroge le nom sous sa forme nue ou sous la forme www.bitcoinoption.net : les serveurs de noms déclarés, ns1.ename.net et ns2.ename.net, ne répondent plus. Le nom est donc hors service du point de vue de la résolution, mais sa fiche au registre existe bel et bien et demeure active.
Cette fiche, relevée le même jour, indique une création le 29 octobre 2019 et une échéance fixée au 29 octobre 2026. La dernière modification de la fiche remonte au 30 décembre 2025, soit moins d’un an avant notre constatation. Deux statuts sont déclarés : « client delete prohibited » et « client transfer prohibited », qui interdisent respectivement la suppression et le transfert du nom. Ces deux mentions figurent explicitement dans la fiche et encadrent les opérations qui peuvent être faites sur le nom.
Le contraste est le fait le plus fort de ce dossier. Un nom qui a servi de support à une escroquerie recyclée n’a pas été laissé à l’expiration naturelle de son enregistrement : il est gardé, verrouillé, et son échéance a été portée au 29 octobre 2026, mais il ne sert plus à rien de visible. Aucune page ne s’affiche, aucun serveur ne répond, et pourtant la fiche reste ouverte avec ses deux cadenas.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
En 2023, cette adresse servait d’entité de paiement à une vitrine bancaire recyclée
L’enquête publiée le 1er octobre 2023 portait sur la vitrine bancodecryptos, dont la construction révélait immédiatement ses origines. La vitrine s’adressait à une clientèle hispanophone mais visait des francophones : les traductions comportaient des fautes d’orthographe basiques, signe que le gabarit avait été produit dans une langue, puis approximativement adapté pour une autre. L’adresse de contact affichée en page d’accueil était une adresse générique sur gmail.com, ce qui exclut d’emblée tout interlocuteur professionnel identifiable.
Le pied de page ne mentionnait ni numéro de société ni licence, mais faisait apparaître une autre entité sous le nom « Brokercryptobanks ». Le logo, auquel un soin particulier avait manifestement été apporté, ne portait pas le nom « Bancodecryptos » : il y avait donc une dissociation entre l’identité affichée et l’identité visuelle. Les conditions générales, pour leur part, faisaient intervenir le terme « conditor », vestige non nettoyé du gabarit d’origine. La page des informations ne comportait aucun article postérieur au 23 janvier 2018, ce qui trahissait l’âge réel du contenu réutilisé.

C’est en cherchant l’entité présentée comme le « réseau de paiement innovant » de la vitrine que bitcoinoption.net est apparu. Le gabarit avait été repris sous l’identité bancodecryptos, et l’entité de paiement invoquée pour lui donner une apparence de fonctionnement était bitcoinoption.net : cela établit une continuité de modèle entre les deux adresses, sans qu’il soit possible d’affirmer avec certitude qu’elles avaient le même exploitant. La conclusion de l’enquête d’origine était sans ambiguïté : les modèles de sites frauduleux mis hors ligne sont repris sous une autre identité pour perpétuer l’escroquerie, et dans ce cas précis, seule l’adresse avait été changée, le logo animé rendant le recyclage difficile à détecter au premier regard.

Un enregistrement daté d’octobre 2019 pour un nom déjà servi en 2016
La fiche du registre ne fait remonter l’enregistrement en cours qu’au 29 octobre 2019. Pourtant, les copies publiques conservées du nom couvrent une période bien antérieure : elles commencent en juin 2016 et courent jusqu’au 20 janvier 2018, soit plus d’un an avant la date d’enregistrement déclarée. Le nom avait donc déjà servi avant la période couverte par la fiche actuelle, sous un enregistrement distinct qui n’apparaît plus.
Le contenu restitué par ces copies évolue sur la période. La copie de juin 2016 ne restitue qu’une page de garde sans contenu d’activité. Celles de janvier 2018, en revanche, restituent une page de présentation construite autour du trading d’options sur bitcoin. Or la vitrine bancodecryptos, examinée en 2023, ne comportait aucun article postérieur au 23 janvier 2018 dans sa page d’informations : les textes repris en 2023 circulaient donc déjà dans les copies de janvier 2018. Le recyclage ne portait pas seulement sur l’adresse, mais sur des contenus produits plusieurs années auparavant.

Cette anomalie de calendrier n’est pas isolée dans nos dossiers. Le dossier UnionBTC, publié le 22 janvier 2024, décrit exactement la même configuration : une vitrine qui ne répond plus alors que son nom reste enregistré, avec une fiche maintenue au registre bien après la cessation de toute activité visible. Dans les deux cas, la persistance de l’enregistrement ne traduit aucune continuité d’exploitation : elle témoigne seulement d’une décision de conserver le nom sans le faire fonctionner.
Ce que la fiche décrit encore : eName, ename.net et deux verrous
Le bureau d’enregistrement déclaré est eName Technology Co., Ltd. Les deux serveurs de noms inscrits dans la fiche sont ns1.ename.net et ns2.ename.net. Nos constatations du 13 septembre 2026 établissent qu’aucun des deux ne répond : tant que cette situation persiste, le nom reste hors service, quelle que soit la décision du titulaire sur le contenu qu’il souhaiterait y placer. La fiche est techniquement cohérente avec elle-même, mais elle décrit une infrastructure qui ne fonctionne plus.
Les deux statuts déclarés, « client delete prohibited » et « client transfer prohibited », méritent d’être lus ensemble. Ils signifient que le nom ne peut être ni supprimé ni transféré à un autre bureau d’enregistrement sans lever ces verrous au préalable. Cette configuration protège le nom contre une reprise par un tiers, mais elle ne dit rien sur l’intention de l’exploitant actuel. Elle indique seulement qu’aucune reprise du nom par un tiers n’a été engagée à ce jour.

L’identité du titulaire est masquée derrière un service de confidentialité. Le seul contact que la fiche restitue est l’adresse de signalement du bureau d’enregistrement lui-même, [email protected], qui n’identifie aucun exploitant. Pour une personne qui cherche à savoir à qui elle a eu affaire en utilisant une plateforme présentée sous cette adresse, la fiche ne fournit aucune réponse : plus aucun interlocuteur technique n’est joignable, et l’anonymat du titulaire est maintenu par construction.
La consultation des listes publiées par l’AMF, menée le 13 septembre 2026 pour les options binaires, les produits dérivés sur crypto-actifs, les crypto-actifs, le forex, les biens divers et les autres actifs, ne fait apparaître aucune entrée à ce nom, pas davantage que la page de synthèse qui les rassemble. La vérification conduite sur la liste du régulateur chypriote et sur celle du régulateur britannique n’en fait pas apparaître davantage, et aucune société britannique ne correspond à ce nom. Ces absences ne valent pas attestation de régularité : elles disent uniquement que ce nom n’a été signalé à aucune de ces autorités jusqu’ici, ce qui peut tenir autant au silence des personnes concernées qu’à une conformité réelle.
bancodecryptos.com est passé à un autre exploitant en décembre 2025
Nos relevés du 13 septembre 2026 sur le domaine bancodecryptos.com révèlent une situation distincte. Ce nom a été enregistré le 5 décembre 2025, pour une échéance au 5 décembre 2026, auprès du bureau d’enregistrement Skykomishdomains.com LLC. Les serveurs de noms déclarés sont ns1.gname-dns.com et ns2.gname-dns.com. Contrairement à bitcoinoption.net, ce nom répond : une page s’affiche.
Cette page est rédigée en chinois et se présente comme la vitrine officielle d’une société cotée, sans aucun rapport avec la banque, le trading de crypto-actifs ou l’activité décrite par l’enquête de 2023. Le nom qui portait le sujet de notre enquête est donc passé à un exploitant sans lien apparent avec l’escroquerie d’origine. L’adresse a changé de mains entre la cessation de l’activité frauduleuse et notre constatation, et son contenu actuel ne présente aucune continuité avec ce que nous avions documenté.
Ce chemin n’est pas le seul qu’un nom compromis peut emprunter. Le dossier Ballance Capital, publié le 3 octobre 2023, décrit le chemin inverse : le nom avait simplement été laissé s’éteindre à sa première échéance, sans renouvellement ni reprise par un tiers. Dans le cas de bancodecryptos.com, la reprise a eu lieu, mais elle fait disparaître toute trace de l’activité antérieure et rend la recherche d’un responsable encore plus difficile pour quiconque aurait utilisé la plateforme.
Saisir la justice malgré un nom hors service
L’arrêt de la résolution d’un nom ne clôt pas les voies de recours pour une personne qui a exécuté des virements vers une plateforme présentée sous cette adresse. La première démarche consiste à rassembler sur les relevés bancaires chaque opération effectuée : montant, date exacte, coordonnées du compte bénéficiaire et établissement récepteur. Ces éléments permettent d’identifier l’intermédiaire qui a effectivement reçu les fonds, indépendamment de l’adresse qui servait de vitrine.
Une fois cet intermédiaire identifié, deux pistes méritent d’être examinées en parallèle. La première porte sur ce que l’établissement teneur de compte aurait dû vérifier avant d’exécuter ces transferts, au regard des obligations qui pèsent sur lui. La seconde est la piste pénale, pour escroquerie et exercice illégal d’une activité financière : l’absence d’interlocuteur technique joignable et l’anonymat du titulaire du nom ne font pas obstacle au dépôt d’une plainte, dès lors que les preuves des virements sont conservées. Notre page comment porter plainte pour escroquerie détaille les étapes de cette démarche.
Il importe également de conserver tout élément qui documente la relation avec la plateforme : les captures de la page d’accueil affichant l’adresse de contact sur une messagerie grand public, les échanges éventuels par ce canal, et toute trace du changement d’adresse du gabarit que l’enquête de 2023 avait mis en évidence. Ces éléments peuvent établir la continuité entre le modèle frauduleux et les sommes versées, même si l’adresse ne répond plus au moment du dépôt de plainte.
Défendre les épargnants trompés par de faux investissements, du premier recours amiable jusqu’à l’action en justice, est au cœur de la pratique de Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite dans un barreau parisien. Dans l’entretien ci-après, elle répond aux questions que se posent concrètement les personnes qui ont versé des fonds vers une plateforme sans interlocuteur identifiable, et expose les étapes qui permettent de construire un dossier solide malgré la disparition de la vitrine.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Bitcoinoption.net : ce que l’on nous écrit le plus souvent
L’arrêt de la résolution du nom ne dit rien sur le sort des fonds : il signifie seulement que la vitrine n’est plus accessible, pas que les virements ont disparu. Les sommes versées ont transité par des comptes bancaires réels, dont les coordonnées figurent sur les relevés de l’établissement utilisé pour payer. C’est à partir de ces coordonnées, et non de l’adresse du site, que les recours bancaires et pénaux peuvent être construits. La cessation d’activité visible de la plateforme ne ferme donc pas les voies de recours : elle les rend seulement plus urgentes, car les délais de prescription continuent de courir.
Non. La fiche du registre, telle que nous l’avons relevée le 13 septembre 2026, masque l’identité du titulaire derrière un service de confidentialité. Le seul contact qu’elle restitue est l’adresse de signalement du bureau d’enregistrement eName Technology Co., Ltd, qui n’identifie aucun exploitant. La fiche indique la date de création, l’échéance, les serveurs de noms et les statuts de verrouillage, mais elle ne permet pas de remonter à une personne physique ou morale responsable de l’activité qui s’est tenue sous ce nom.
L’enquête publiée le 1er octobre 2023 a établi que lorsqu’on cherchait l’entité présentée comme le réseau de paiement de la vitrine bancodecryptos, c’était bitcoinoption.net qui apparaissait. Le gabarit de la vitrine avait été repris d’un modèle antérieur, et bitcoinoption.net y était invoqué pour lui donner une apparence de fonctionnement. Cela établit une continuité de modèle entre les deux adresses : le même contenu, produit au plus tard en janvier 2018 selon les copies publiques conservées, a été réutilisé en 2023 sous une nouvelle identité, seule l’adresse ayant été changée. Il n’est pas possible d’affirmer avec certitude que les deux adresses avaient le même exploitant.
Article réécrit le 13/09/2026


