Sommaire
- Deux écritures du nom retenues par l’AMF en septembre 2023
- Le nom tient jusqu’en 2027, la vitrine n’est plus servie
- Ce que les relevés de 2023 décrivent de la vitrine
- Une adresse française pour un public que la vitrine excluait
- Une mécanique de courtage interchangeable, sans société identifiée
- Reprendre la main après des opérations passées par cette vitrine
- Greendax : les éclaircissements demandés par nos lecteurs
Deux écritures du nom retenues par l’AMF en septembre 2023
Greendax.com et son adresse française fr.greendax.org figurent depuis le 11 septembre 2023 sur la liste des sites non autorisés publiée par l’AMF, sous la qualification « Forex », et ces deux entrées sont les seules portant cette date dans le fichier du régulateur. Notre article consacré à Greendax était paru le 7 septembre 2023, soit quatre jours avant cette inscription. Ce délai ne signifie pas que notre publication a déclenché la décision du régulateur, dont les vérifications suivent leur propre calendrier, mais il confirme que la mise en garde était fondée : l’Autorité des marchés financiers a retenu les deux écritures du nom.
Ce que cette inscription signifie : le régulateur considère que ces adresses proposaient des services d’investissement sur le Forex sans y être autorisées. Ce qu’elle ne signifie pas : l’AMF ne se prononce pas sur la solvabilité de l’opérateur, sur l’existence d’un préjudice individuel, ni sur les voies de recours ouvertes aux personnes qui ont versé des fonds. L’inscription est un signal d’alerte, pas un jugement.
Le nom de domaine greendax.com a été créé le 21 août 2019. La fiche du registre, consultée le 13 septembre 2026, indique une échéance repoussée au 21 août 2027, avec une dernière modification enregistrée le 22 août 2026. Le bureau d’enregistrement est NameSilo, LLC. Les serveurs de noms déclarés sont LOGAN.NS.CLOUDFLARE.COM et YOLANDA.NS.CLOUDFLARE.COM. Le statut du nom interdit tout transfert, et les coordonnées du titulaire sont masquées derrière un service de confidentialité. En septembre 2023, le même nom affichait une échéance fixée au 21 août 2024, le même bureau d’enregistrement, et des serveurs de noms relevant d’un grand prestataire d’hébergement et de diffusion : les deux situations décrivent un nom entretenu sans interruption, sans qu’il soit possible d’en tirer une conclusion sur un changement d’opérateur.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Le nom tient jusqu’en 2027, la vitrine n’est plus servie
Le nom greendax.com est toujours servi depuis des adresses techniques relevant d’un grand réseau de diffusion. La réponse se limite toutefois à une erreur de stockage : l’espace qui hébergeait le contenu du site n’existe plus. Le nom reste enregistré et payé jusqu’en août 2027, la vitrine n’est plus servie. Cette combinaison n’est pas anodine : elle montre que le nom a été conservé et payé alors que le contenu était retiré, ce qui relève d’un entretien délibéré du nom et non d’une négligence.
Du côté de l’adresse française, la situation est différente. La zone du nom dont dépendait fr.greendax.org a cessé de répondre : cette adresse ne délivre plus de réponse exploitable. Le nom français et le nom principal ne sont donc plus dans le même état, mais aucun des deux ne sert plus de vitrine accessible.
D’autres noms signalés par le régulateur présentent des trajectoires comparables. FuturBTC est un nom que le régulateur avait signalé avant notre enquête : son dossier illustre comment une inscription préalable à l’alerte éditoriale peut passer inaperçue des épargnants ciblés. CityInv260 est un autre nom inscrit sur la même liste du régulateur, dont l’entrée voisinait dans le fichier avec celle de Greendax, sous la même qualification « Forex », à la date du 23 août 2023 : ce rapprochement de dates est le seul que nos vérifications permettent d’établir.
Ce que les relevés de 2023 décrivent de la vitrine
Notre constat de septembre 2023 a conservé trois pages de la vitrine : l’accueil, la page de conditions juridiques et la page de contact. L’accueil se présentait sous l’intitulé « Greendax » et décrivait une plateforme de négociation sur les marchés mondiaux, avec un menu déclinant plateformes et outils, marchés, types de comptes, conditions, à propos, mentions légales, avantages et questions fréquentes. La navigation était soignée, le discours commercial volontairement neutre.
La vitrine déclarait une société nommée « Greendax Limited », avec une adresse à Hong Kong : « One Peking 1 Peking Road, Tsim Sha Tsui », la page de contact précisant le niveau 12 de cet immeuble. Cette déclaration n’était assortie d’aucun numéro d’enregistrement de société, d’aucune autorisation d’exercice et d’aucune mention de régulateur. Pour un lecteur qui a versé des fonds en s’appuyant sur cette présentation, l’absence de ces éléments signifie qu’il n’existe aucune entité juridiquement identifiée contre laquelle diriger une réclamation formelle.
La page de conditions juridiques annonçait huit documents : conditions générales d’utilisation, divulgation des risques, politique de confidentialité, politique anti-blanchiment et de connaissance du client, politique de réclamations et de litiges, politique d’exécution des ordres, politique de conflits d’intérêts, et politique de remboursement. Ces documents étaient annoncés mais vides de substance. Le seul point de contact affiché était une boîte électronique rattachée au domaine, accompagnée d’un numéro de téléphone partiellement masqué dans la copie conservée. Une mention dite de service restreint indiquait que les produits et services du site « ne s’appliquaient pas aux résidents de Corée du Nord, d’Irak, de France et des États-Unis » : c’est la formulation de la vitrine elle-même, pas une garantie de quelque nature que ce soit.
Une adresse française pour un public que la vitrine excluait
Des copies publiques conservées de fr.greendax.org montrent que cette adresse a été servie entre 2023 et février 2025. Les volumes relevés sont d’environ douze mille octets en octobre 2023 et d’environ quinze mille en février 2025, ce qui indique une adresse maintenue et légèrement étoffée au fil du temps, pas un accident technique.
Le double discours est le suivant : la vitrine principale déclarait expressément exclure la France de son offre, tandis qu’une version en langue française de cette même vitrine était entretenue et servie pendant près de deux ans. Ces deux faits coexistent sans qu’il soit nécessaire de les gonfler : ils suffisent à montrer que l’exclusion déclarée de la France n’avait pas de traduction opérationnelle. Ce type de contradiction entre le texte affiché et l’infrastructure réelle se retrouve dans d’autres dossiers : Xmarket est une vitrine sans identité déclarant, elle aussi, une adresse à Hong Kong, dont le dossier illustre les mêmes écarts entre présentation et réalité.
Aujourd’hui, fr.greendax.org ne répond plus. La zone du nom dont elle dépendait est muette, et aucune copie récente de cette adresse n’est accessible.
Une mécanique de courtage interchangeable, sans société identifiée
Nos relevés techniques de septembre 2023 décrivent une infrastructure cohérente avec celle d’une vitrine de courtage montée rapidement. Un grand réseau de diffusion de contenu servait les fichiers du site, avec des serveurs situés à Londres. L’infrastructure reposait sur une technologie de serveur d’application de Microsoft, et le site chargeait une messagerie instantanée permettant de dialoguer avec un visiteur en temps réel.
Plusieurs dispositifs de mesure d’audience et de balisage étaient présents : un gestionnaire de balises, une mesure d’audience historique et sa version récente, ainsi qu’une variante régionale de collecte. Le site tirait ses polices et ses icônes de bibliothèques publiques, utilisait des composants de thème et de mise en page d’un éditeur tiers, un module de conversion de devises affichant des cotations en continu, et des images d’illustration provenant de banques d’images. Un service de gestion tiers, hébergé sur un domaine distinct, apparaissait dans les échanges techniques du site.
Cet assemblage est celui d’une vitrine de courtage interchangeable, montée avec des briques standardisées disponibles pour n’importe quel opérateur, et il ne renseigne en rien sur l’identité de celui qui l’exploitait. La sophistication apparente de la navigation ne dit rien de la réalité de la société derrière le nom.
Maître Michel Orsini, avocat relevant d’un barreau parisien, revient dans l’entretien ci-après sur ce que recouvrent concrètement les escroqueries financières en ligne et sur la responsabilité que peuvent porter ceux qui y prennent part, qu’il s’agisse des opérateurs directs ou des intermédiaires qui ont facilité les versements.
Reprendre la main après des opérations passées par cette vitrine
Si vous avez versé des fonds vers greendax.com, la première étape est de réunir tout ce qui documente ces versements : les relevés d’opérations de votre compte bancaire ou de votre carte, les avis de virement, les confirmations reçues par courriel et les échanges écrits avec les personnes qui se présentaient comme des chargés de compte. Ces pièces constituent la matière première de toute démarche, quelle qu’en soit la direction.
La deuxième question à poser est celle de l’établissement qui a tenu le compte du destinataire de vos fonds. Identifier la banque ou le prestataire de paiement qui a reçu les virements permet d’examiner si une réclamation peut être adressée à cet établissement, notamment au regard de ses obligations de vigilance. Cette démarche est distincte de la plainte pénale, mais elle peut la compléter utilement.
Sur le plan pénal, la plainte pour escroquerie est le levier le plus direct pour signaler les faits aux autorités compétentes. Elle ne garantit pas un résultat, mais elle crée un dossier officiel et peut, dans certains cas, déboucher sur des mesures conservatoires ou des saisies.
Les personnes qui ont adressé des fonds à greendax.com se trouvent dans une situation particulière : elles ont traité avec une vitrine de courtage dépourvue de société identifiée, inscrite depuis septembre 2023 sur la liste du régulateur, et dont le nom ne sert plus rien aujourd’hui. Avant d’engager une démarche, un examen du dossier avec BrokerDefense montre quelles pièces restent utilisables.
Greendax : les éclaircissements demandés par nos lecteurs
Oui. Greendax.com et fr.greendax.org ont été inscrits sur la liste des sites non autorisés publiée par l’Autorité des marchés financiers le 11 septembre 2023, sous la qualification « Forex ». Ces deux entrées sont toujours présentes dans le fichier à la date de nos vérifications du 13 septembre 2026. L’inscription ne disparaît pas du seul fait que la vitrine n’est plus accessible.
Aucune réponse générale n’est possible, car chaque dossier dépend des pièces disponibles, de l’établissement qui a exécuté les virements et du délai écoulé depuis les opérations. Ce qui est certain, c’est que l’absence de société identifiée derrière greendax.com complique les démarches civiles directes. La plainte pénale et l’examen de la responsabilité de la banque ayant exécuté les ordres sont les deux axes à explorer en priorité, avec l’aide d’un professionnel.
Le nom reste enregistré et payé jusqu’en août 2027, mais l’espace de stockage qui hébergeait le contenu du site n’existe plus. L’adresse répond encore par une erreur technique liée au réseau de diffusion, sans afficher aucune page. Le maintien du nom actif sans vitrine est une décision de son titulaire, dont l’identité reste masquée derrière un service de confidentialité.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 13/09/2026



3 Comments
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