
Sommaire
- VERTANOXAS BANQ : la troisième vitrine d’une maquette déjà documentée
- Une prime de bienvenue et un prêt affiché à 1,90 % pour attirer les demandeurs
- Un tableau d’amortissement et la mention légale du crédit pour donner le change
- Un mobile français et une boîte gratuite pour toute l’identité bancaire
- L’infrastructure réelle d’une enseigne qui se disait banque internationale
- Rassembler les justificatifs d’un compte ouvert chez VERTANOXAS BANQ
- VERTANOXAS BANQ, trois ans après : les réponses utiles
VERTANOXAS BANQ : la troisième vitrine d’une maquette déjà documentée
Interrogé le 13/09/2026, le fichier des enregistrements du registre .online ne renvoie plus aucune fiche pour le nom vertanoxas.online : le registre le signale désormais disponible à l’enregistrement. Ni l’adresse principale ni la variante en www ne résolvent vers un serveur, et aucun service ne répond à la moindre requête.
Cette disparition referme une série que BrokerDefense avait suivie pas à pas durant l’été 2023. La même maquette de fausse banque avait d’abord été dénoncée avec le dossier bnk-ssf.com du 23 juillet 2023, une vitrine usurpant le nom d’un établissement canadien, puis avec le dossier Ovixonax du 13 août 2023, présentée comme une fausse banque internationale dont les seuls contacts téléphoniques aboutissaient à l’étranger et qui proposait des prêts imaginaires. VERTANOXAS BANQ, documentée dans l’article d’origine du 04/09/2023, en était la troisième itération : le même squelette de site, réemployé avec de légères variations, sous un nouveau nom de domaine.
Le premier des trois noms, bnk-ssf.com, ne figure lui non plus plus au fichier des enregistrements du registre .com, ainsi que le dossier consacré à cette adresse l’avait établi. La série est refermée, sans qu’aucune de ces vitrines n’ait jamais pu justifier d’une existence légale, d’un agrément ou d’une société déclarée.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Une prime de bienvenue et un prêt affiché à 1,90 % pour attirer les demandeurs
La page d’accueil de VERTANOXAS BANQ s’ouvrait sur plusieurs offres de bienvenue chiffrées : jusqu’à 140 € annoncés à l’ouverture d’un compte, 90 € promis pour l’ouverture d’un compte courant seul, et 50 € supplémentaires conditionnés à l’ajout d’un compte d’épargne. La carte Visa Classic était présentée comme gratuite et les virements ordinaires affichés à 0 €. Ces montants précis, exprimés en euros, visaient à conférer une apparence de sérieux commercial.
La gamme de produits couvrait un compte courant, un compte joint, trois niveaux de carte Visa (Classic, Premier et Infinite), des prêts immobilier, personnel et auto, une offre d’épargne, une assurance vie et une assurance habitat. Cette diversité imitait l’étendue d’une banque de réseau établie, sans qu’aucun partenaire, aucun assureur ni aucun établissement de crédit réel ne soit jamais nommé.
L’offre de prêt personnel « du moment », annoncée comme exclusivement réservée aux clients VERTANOXAS BANQ, affichait un TAEG fixe de 1,90 %. Le montant empruntable s’étendait de 1 000 € à 75 000 €, sur des durées de 12 à 96 mois. Un TAEG affiché à ce niveau, sur une offre présentée comme réservée aux clients de la vitrine, servait d’abord à capter des personnes en recherche active de financement, notamment celles ayant essuyé des refus auprès d’établissements réels.

Un tableau d’amortissement et la mention légale du crédit pour donner le change
Pour étayer la crédibilité de l’offre de prêt, la vitrine publiait un exemple chiffré complet : pour un prêt de 10 500 € sur 48 mois, les échéances étaient annoncées à 227,27 €, le montant total dû à 10 908,96 € hors assurance facultative, le coût mensuel de cette assurance à 10,50 €, son taux annuel effectif à 2,327 % et le montant total dû au titre de l’assurance à 504 €. Ces chiffres reproduisaient la structure d’un vrai tableau d’amortissement réglementaire.
La mention légale obligatoire du crédit à la consommation français y était recopiée mot pour mot : « Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. » Afficher cette formule impose normalement à son auteur d’être un prêteur agréé soumis au code de la consommation : ici, elle ne faisait que singer une obligation légale sans en remplir la condition préalable.
Un simulateur en ligne permettait de saisir le type de prêt souhaité (personnel, professionnel, immobilier, rachat de crédit, investissement ou étudiant), un montant de 1 000 € à 150 000 € et une durée de 12 à 360 mois. Un sélecteur de seize langues, fonctionnant au moyen d’un outil de traduction grand public, suggérait une implantation internationale. Une messagerie instantanée fournie par un service tiers, un bandeau d’acceptation des cookies et un formulaire d’inscription à une lettre d’information complétaient ce décor : autant d’éléments empruntés aux sites bancaires légitimes, assemblés pour produire une impression de conformité, sans en constituer une.
Un mobile français et une boîte gratuite pour toute l’identité bancaire
Derrière cet apparat, les coordonnées se réduisaient à deux éléments : un numéro de mobile français, recopié à l’identique en plusieurs endroits de la page, et une adresse électronique gratuite, [email protected]. Nulle part le site ne livrait d’adresse postale, de dénomination sociale ni de numéro d’immatriculation ; aucune autorité de tutelle n’y était citée, pas plus qu’un quelconque agrément.
Le 13/09/2026, la recherche menée sur le site de l’AMF n’a fait apparaître aucune entrée au nom de cette vitrine, dans aucun des fichiers publiés par l’autorité, qu’il s’agisse des produits dérivés sur crypto-actifs, des crypto-actifs, du forex, des biens divers, des autres actifs ou des options binaires. Ne pas y trouver ce nom ne vaut pas certificat de régularité : cela veut dire qu’aucune autorité ne l’a jusqu’ici recensé, et non que l’enseigne était habilitée à proposer des services financiers.
Un établissement bancaire réel est tenu de mentionner son numéro d’agrément, l’autorité qui le lui a délivré et ses coordonnées complètes. L’absence totale de ces éléments sur VERTANOXAS BANQ suffisait à écarter toute hypothèse d’un acteur régulé.

L’infrastructure réelle d’une enseigne qui se disait banque internationale
Le nom vertanoxas.online avait été enregistré le 05/07/2023, avec une échéance fixée au 05/07/2024, jamais renouvelée. Le bureau d’enregistrement était Namecheap, et les serveurs de noms déclarés étaient dns1 et dns2.namecheaphosting.com. L’identité du titulaire était dissimulée derrière un prestataire de confidentialité domicilié à Reykjavik, en Islande. Le nom portait des statuts de blocage des transferts.
Nos relevés techniques du 23/08/2023 situaient l’hébergement à l’adresse 67.223.118.154, sur un serveur mutualisé identifié comme server329-3.web-hosting.com, localisé aux États-Unis. Le serveur web était LiteSpeed. Un certificat de domaine émis par Sectigo assurait la redirection vers HTTPS par défaut, donnant l’apparence d’un site sécurisé sans que cela ne garantisse quoi que ce soit sur l’identité de l’exploitant.
Recourir à un hébergement mutualisé bon marché, masquer le titulaire du nom et choisir un bureau d’enregistrement permissif sont des constantes relevées dans nos analyses de vitrines frauduleuses : l’infrastructure réelle de VERTANOXAS BANQ était aux antipodes de celle d’un établissement soumis aux exigences prudentielles d’un régulateur bancaire.
Comprendre comment un escroc parvient à se faire passer pour un interlocuteur bancaire de confiance, et quelles suites judiciaires ces dossiers peuvent connaître, est au cœur de l’entretien accordé par Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate qui pratique à Paris et relève du barreau. Elle y détaille les mécanismes du faux conseiller et les voies répressives ouvertes aux victimes de ce type d’escroquerie.
Rassembler les justificatifs d’un compte ouvert chez VERTANOXAS BANQ
Les personnes ayant interagi avec VERTANOXAS BANQ ont, selon le schéma habituel de ce type de vitrine, effectué un virement vers un compte présenté comme bancaire, déposé un dossier de prêt accompagné de pièces d’identité et de justificatifs de revenus, échangé des courriels avec l’adresse de contact affichée, ou tenté de rappeler le numéro de mobile affiché sans obtenir de réponse utile.
Chacun de ces actes laisse des traces exploitables : relevés de compte montrant le virement et son bénéficiaire, accusés de réception de courriels, captures d’écran des pages de la vitrine, historiques de messagerie instantanée et tout document remis lors du prétendu dossier de prêt. Réunir ces éléments dans l’ordre chronologique est la première démarche concrète à accomplir avant toute autre.
L’intermédiaire bancaire qui a traité l’ordre mérite un examen distinct : les contrôles qu’il devait accomplir lors de l’opération sont au cœur de ce volet du dossier. Cette question s’apprécie dossier par dossier, selon les éléments que la victime peut encore produire.
Pénalement, une plainte adressée au procureur de la République permet de signaler les faits et d’ouvrir une enquête susceptible d’identifier les auteurs, même lorsque l’infrastructure technique est dissimulée derrière des prestataires étrangers.
Pour les victimes de VERTANOXAS BANQ, qu’elles aient versé des fonds dans le cadre d’une ouverture de compte ou transmis des documents personnels en vue d’un prêt, la situation exige une évaluation précise des pièces encore disponibles. Un examen du dossier avec BrokerDefense, avant toute action, montre quelles pièces restent utilisables.
VERTANOXAS BANQ, trois ans après : les réponses utiles
L’inaccessibilité du site ne ferme pas, à elle seule, les recours. Si un virement a été exécuté vers un compte annoncé comme bancaire, les relevés de ce virement et les échanges avec l’adresse de contact constituent des pièces utilisables, tant devant les autorités pénales que dans le cadre d’une mise en cause de l’établissement ayant traité l’ordre. La disparition de la vitrine rend l’urgence de rassembler ces documents d’autant plus grande.
La transmission de documents d’identité et de justificatifs de revenus à une vitrine frauduleuse expose à un risque d’usurpation d’identité. Il est conseillé de signaler ce fait à la banque dont vous êtes client, de surveiller vos relevés et, si des ouvertures de crédit ou des comptes apparaissent à votre nom sans votre accord, de déposer un signalement auprès des services compétents. Conserver une copie de tous les documents envoyés facilite ces démarches.
Ces fichiers rassemblent les entités qu’une autorité a effectivement repérées et inscrites. Qu’un nom n’y figure pas ne dit rien de sa régularité : cela signifie simplement qu’il n’a pas encore été relevé. Ici, la situation est plus simple : VERTANOXAS BANQ n’affichait ni raison sociale, ni numéro d’immatriculation, ni référence à un agrément ou à un organe de tutelle, ce qui suffit à établir qu’elle opérait sans aucun cadre légal.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 13/09/2026


