Sommaire
- Une inscription au Forex de l’AMF jamais levée depuis avril 2023
- Deux enregistrements successifs : GoDaddy en 2022, DreamHost en septembre 2025
- Une délégation qui ne mène plus nulle part
- Ce que cette plateforme promettait en 2023
- Des pièces à retrouver dans ses propres relevés
- Le juge pénal, une voie qui survit à la fermeture du site
- Les points que ce dossier laisse en suspens
Une inscription au Forex de l’AMF jamais levée depuis avril 2023
Parmi les noms que l’Autorité des marchés financiers a fait figurer dans son fichier des sites non autorisés, rxkcapital.com occupe une place datée avec précision. Le régulateur a inscrit ce nom sous la qualification « Forex » le 5 avril 2023, et la fiche consacrée à ce nom par le régulateur était toujours accessible lors de notre consultation du 14 septembre 2026, plus de trois ans après la date d’inscription initiale. Elle indique que ce nom « n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France ».
Notre enquête du 22 août 2023 n’avait pas relevé cette inscription, alors qu’elle existait depuis quatre mois et demi à la date de publication. La consultation directe des fichiers du régulateur aurait permis de poser ce fait d’emblée, sans attendre la présente mise à jour.
Cette inscription au registre des sites non autorisés mérite qu’on en précise la portée exacte. Elle ne qualifie pas pénalement les actes commis par les opérateurs du nom : elle constate uniquement que rxkcapital.com n’a jamais détenu l’autorisation nécessaire pour proposer en France les services financiers qui relèvent des activités Forex. Cette qualification administrative reste consultable aujourd’hui et n’a fait l’objet d’aucune levée depuis avril 2023.
Dernière mise à jour : 14/09/2026
Deux enregistrements successifs : GoDaddy en 2022, DreamHost en septembre 2025
Le nom rxkcapital.com a été créé le 17 juin 2022 auprès de GoDaddy.com, LLC, pour une échéance fixée au 17 juin 2024. À cette époque, le titulaire était dissimulé derrière la société Domains By Proxy, basée à Tempe, dans l’Arizona. La résolution du nom passait par les serveurs de Cloudflare : norah.ns.cloudflare.com et todd.ns.cloudflare.com. Le nom a donc expiré en juin 2024 sans qu’aucun renouvellement n’ait été enregistré pendant plus d’un an.
Les relevés du registre présentent aujourd’hui une tout autre situation. Une nouvelle entrée a été créée le 4 septembre 2025, pour une échéance au 4 septembre 2027, auprès du bureau d’enregistrement DreamHost, LLC. Les serveurs de noms associés sont désormais ns1.dreamhost.com, ns2.dreamhost.com et ns3.dreamhost.com. Le verrou « client transfer prohibited » est actif, et la dernière modification relevée dans le registre remonte au 5 septembre 2026. Le titulaire de ce nouvel enregistrement n’est pas nommé dans les données publiques.
Ce nouvel enregistrement, intervenu plus d’un an après l’échéance de l’entrée initiale, constitue un fait distinct de l’historique de 2022 à 2024. Qui a déposé ce nom en septembre 2025, et dans quel but, ne ressort d’aucun document public accessible à ce jour.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une délégation qui ne mène plus nulle part
Interrogé le 14 septembre 2026, rxkcapital.com ne renvoie plus aucune adresse. La délégation publiée dans la zone du .com désigne encore des serveurs de noms qui répondent tous par un refus de service pour ce domaine : aucun résolveur ne parvient à obtenir la moindre réponse, et la page ne peut plus être atteinte depuis un navigateur. L’inscription au registre existe toujours, mais plus rien ne répond au bout du nom.
Un second nom mérite d’être signalé : rxk-capital.com, écrit avec un tiret, a été enregistré le 26 novembre 2025 chez Namecheap, pour une échéance au 26 novembre 2026. Ce nom renvoie vers la page d’attente de son bureau d’enregistrement, qui propose le nom à tout acquéreur éventuel. Aucune plateforme de trading n’y est servie.
Ces deux constats convergent vers la même conclusion : qu’il s’agisse du nom sans tiret, muet depuis ses serveurs de noms, ou du nom avec tiret réduit à une page d’attente, ni l’un ni l’autre ne rouvre la moindre porte à un client qui aurait versé des fonds en 2023.
Ce que cette plateforme promettait en 2023
Le constat technique établi le 26 juillet 2023 a fixé la page d’accueil du site sous le titre « Trade Forex & CFDs Your Way with RXK ». La vitrine mettait en avant des conditions de trading présentées comme imbattables et un accompagnement individuel des nouveaux clients. Une seule mention d’entité juridique apparaissait, reléguée en bas de page : RXK Management LTD, présentée comme établie à Kingstown, à Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Aucun numéro d’agrément ne figurait à côté de ce nom. Le registre des sociétés de Saint-Vincent-et-les-Grenadines n’étant pas consultable publiquement, cette entité n’a jamais pu être vérifiée ni localisée de façon indépendante.
Sur le plan technique, le site reposait sur WordPress avec un module multilingue servant des versions allemande, anglaise et française. Un formulaire de contact standard constituait le seul point d’entrée visible pour les prospects. La distribution s’appuyait sur Cloudflare, dont le réseau fournissait à la fois les serveurs de noms, le réseau de diffusion et le certificat. La messagerie du domaine transitait par une offre professionnelle de Google. Les journaux publics de certificats révèlent une première série couvrant l’ensemble du nom, émise du 7 juillet 2022 au 10 juin 2023 par Google Trust Services. À partir de mars 2026, des certificats délivrés par DigiCert ont été émis pour des sous-domaines techniques (client, webtrader, staging, sitemaps, cpanel) : aucun d’eux ne correspond à une activité de courtage opérationnelle.
D’autres dossiers documentés sur ce site éclairent la même période et les mêmes pratiques. Virtus Capital, autre courtier de la même vague documenté en août 2023, figure également sur la liste Forex de l’AMF. T4Trade, vitrine de courtage de la même série, est elle aussi présente sur cette liste : les deux dossiers offrent des points de comparaison utiles pour comprendre le schéma opératoire commun à ces plateformes.
Des pièces à retrouver dans ses propres relevés
Celui qui a viré de l’argent vers ce site doit avant tout retrouver les traces concrètes des opérations dans ses propres documents bancaires. Les éléments les plus utiles sont les suivants : les ordres de virement tels qu’ils ont été validés, la banque qui les a exécutés, les dates précises, les montants en euros ou en devises, et surtout les bénéficiaires tels qu’ils apparaissent dans les libellés des opérations. Ces libellés peuvent révéler un nom de société différent de celui affiché sur la plateforme, une domiciliation bancaire étrangère, ou un intermédiaire de paiement. Les coordonnées de compte du destinataire (numéro IBAN, code BIC, pays de la banque réceptrice) constituent des preuves directement exploitables par les enquêteurs et par un avocat. Il faut y ajouter tous les échanges écrits conservés, courriels, captures d’écran de messages reçus via la plateforme, et toute pièce transmise par l’interlocuteur, contrats, relevés internes au site ou documents d’identité demandés.
Ces documents prennent une valeur particulière dans une affaire impliquant un site aujourd’hui muet : ils constituent souvent la seule trace vérifiable de la relation entre la victime et les opérateurs. Maître Goce Novakov, avocat inscrit au barreau dont Paris est le siège, a accordé un entretien sur la condamnation d’un établissement bancaire devant une cour d’appel et sur les mécanismes d’indemnisation des personnes trompées dans ce type de dossier.
Le juge pénal, une voie qui survit à la fermeture du site
La fermeture d’un site ne referme pas les recours dont disposent les personnes lésées. Une plainte pour escroquerie peut être déposée même lorsque la plateforme est inaccessible : ce sont les relevés bancaires, les ordres de paiement et la correspondance échangée qui forment la matière du dossier, et non la disponibilité du site le jour du dépôt. Le parquet peut ordonner des investigations sur les flux financiers identifiés dans ces documents, y compris lorsque les fonds ont transité par des établissements étrangers. Notre page consacrée à les poursuites pénales pour escroquerie détaille les étapes concrètes de cette démarche.
Parallèlement, l’inscription de rxkcapital.com sur les listes du régulateur peut être produite à l’appui d’une plainte ou d’une demande de médiation bancaire pour démontrer que l’opérateur n’était pas autorisé à la date des versements. Les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF sont librement accessibles et téléchargeables, ce qui en fait des pièces joignables à tout courrier adressé à un établissement financier ou à une autorité judiciaire.
Les points que ce dossier laisse en suspens
Trois zones d’ombre demeurent après cette mise à jour. L’identité du titulaire actuel du nom, enregistré de nouveau en septembre 2025 chez DreamHost, n’est pas établie : les données publiques ne la révèlent pas, et rien ne permet de relier ce nouvel enregistrement aux opérateurs actifs en 2023. Ce qu’il est advenu des sommes remises à la plateforme de trading n’apparaît nulle part : aucune procédure judiciaire publique n’a été signalée à ce jour en lien direct avec ce nom. Enfin, l’absence de tout agrément vérifiable pour RXK Management LTD, entité de Saint-Vincent-et-les-Grenadines jamais confirmée, laisse ouverte la question de la responsabilité des personnes physiques qui ont effectivement collecté les fonds.
Chaque situation garde néanmoins ses particularités, et l’examen des documents conservés reste la seule façon de dire ce qui peut encore être engagé après des versements destinés à rxkcapital.com. C’est l’objet de l’évaluation préalable que BrokerDefense met à disposition de ceux qui souhaitent faire lire leur dossier.
L’inscription, datée du 5 avril 2023, établit que rxkcapital.com n’a jamais détenu l’autorisation requise pour proposer des services financiers de type Forex en France. Pour un épargnant dans cette situation, ce document officiel constitue une pièce directement utilisable pour démontrer que la plateforme opérait sans droit. Il peut être joint à une plainte pénale, produit dans le cadre d’une demande de remboursement adressée à sa banque, ou transmis à un médiateur. Il ne règle pas à lui seul la question de la récupération des fonds, mais il ancre le dossier dans un cadre réglementaire précis, ce qui renforce sa crédibilité auprès des autorités compétentes.
Le nouvel enregistrement du nom en septembre 2025, plus d’un an après l’expiration de l’entrée initiale, ne rétablit aucune continuité juridique avec la plateforme active en 2023. Le nouveau titulaire n’est pas identifié publiquement, et aucune plateforme de trading n’est associée à ce nom depuis cette date. Pour les victimes de 2023, cela signifie que toute tentative de contact via ce nom serait sans objet, et qu’il ne faut pas interpréter ce nouvel enregistrement comme une reprise d’activité par les mêmes opérateurs. Les démarches de récupération des fonds doivent s’appuyer sur les documents bancaires de l’époque, pas sur l’état actuel du nom.
La première étape consiste à rassembler tous les documents liés à ces opérations : relevés bancaires complets, ordres de virement, libellés des bénéficiaires, coordonnées de compte destinataire, et les échanges écrits conservés avec les interlocuteurs du site. Ces documents gagnent à être classés par ordre chronologique avant tout contact avec une autorité. Il est ensuite possible de déposer une plainte auprès du parquet compétent ou d’un service de police judiciaire spécialisé dans la fraude financière. La consultation d’un avocat permet d’évaluer si les montants en jeu justifient également une action civile ou une action dirigée contre la banque qui a laissé passer les virements sans signalement.
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Article réécrit le 14/09/2026


