Le 10 novembre 2021, environ trois semaines après la publication de notre enquête, l’AMF inscrivait www.flaconseil.com sur sa liste noire des sites non autorisés, confirmant le diagnostic porté sur cette fausse conseillère en placements viticoles. Cinq ans plus tard, le nom ne figure plus dans la base du registre des .com.
Dernière mise à jour : 31/08/2026
Sommaire
- La radiation de flaconseil.com de la base du registre des .com
- L’AMF avait inscrit la vitrine sur sa liste noire
- Nathalie Brunel, la fausse conseillère de FLA Conseil
- Des placements dans le vin promis sans agrément
- Les recours des victimes du placement dans le vin
- FAQ : la fausse conseillère peut-elle réapparaître sous un autre nom ?
La radiation de flaconseil.com de la base du registre des .com
Nos contrôles effectués le 31 août 2026 sont sans ambiguïté : la base du registre des .com répond « Domain not found », les données d’enregistrement répondent « No match », et le nom n’est associé à aucune adresse IP. Il ne s’agit pas d’un site temporairement inaccessible ni d’un hébergement suspendu : le nom de domaine lui-même a été totalement retiré de la base du registre. N’importe qui peut désormais l’enregistrer à nouveau, ce qui représente un risque propre que les épargnants doivent garder à l’esprit.
Cette disparition complète se distingue nettement d’une simple mise hors ligne. Lorsqu’un opérateur coupe un hébergement, le nom de domaine demeure enregistré et continue d’apparaître dans la base du registre avec ses données d’enregistrement. Ici, la situation est différente : le nom a cessé d’exister en tant qu’entité enregistrée. Personne ne le détient plus, personne n’en est le titulaire déclaré.
La chronologie mérite d’être reconstituée avec précision. Notre enquête était publiée en octobre 2021. Les archives web conservent des captures de la vitrine allant du 16 octobre 2021 au 21 avril 2024, soit 48 captures documentées. Des certificats restaient encore observables dans les journaux publics de transparence des certificats jusqu’en septembre 2024. Les opérateurs ont donc renouvelé le nom de domaine plusieurs années de suite, bien au-delà de la durée initiale d’un an que laissait présager l’enregistrement d’octobre 2021. Depuis, le silence est total. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
L’AMF avait inscrit la vitrine sur sa liste noire
Le 10 novembre 2021, www.flaconseil.com était inscrit sur la liste noire de l’AMF avec la qualification « Biens divers / Vin », via le portail ABE Infoservice, qui centralise les listes noires de l’AMF et de l’ACPR. Cette décision intervenait environ trois semaines après la publication de notre enquête et confirmait point par point le diagnostic que nous avions établi : une vitrine sans agrément, sans équipe identifiable, sans mentions légales crédibles, proposant des placements dans le vin à des épargnants démarchés par téléphone et par courriel. Le régulateur parvenait ainsi à une conclusion que les indices factuels rendaient inévitable. Vous pouvez consulter la liste noire officielle des sites non autorisés pour vérifier le statut de toute plateforme avant d’y engager des fonds.
L’inscription sur la liste noire n’a cependant pas entraîné la fermeture immédiate de la vitrine. Les archives web en apportent la preuve : le site restait visible et consultable bien après novembre 2021, avec des captures documentées jusqu’en avril 2024. Les opérateurs ont continué à renouveler le nom de domaine malgré la mise en garde publique du régulateur, ce qui illustre une constante observée dans ce type de dossier : la publication d’une liste noire alerte les épargnants, mais ne contraint pas mécaniquement les auteurs à cesser leur activité, du moins pas immédiatement.
Nathalie Brunel, la fausse conseillère de FLA Conseil
Le schéma d’usurpation mis en œuvre par les opérateurs de flaconseil.com reposait sur l’exploitation du nom d’une entreprise française existante. La société FLA Conseil, immatriculée sous le SIREN 442249777, n’a jamais mandaté cette vitrine et n’entretenait aucun lien avec elle. Les escrocs avaient simplement repris son nom pour créer une apparence de légitimité, en tirant parti de la notoriété et de l’ancienneté d’une structure que les épargnants pouvaient trouver en effectuant une recherche ordinaire. Une société ancienne constitue une cible idéale pour ce type d’usurpation précisément parce que son nom inspire une confiance que les auteurs de l’arnaque n’ont pas eu à construire eux-mêmes.
La prétendue conseillère se présentant sous le nom de Nathalie Brunel démarchait les épargnants par téléphone et par courriel avec des arguments soignés, se réclamant d’une structure dont elle n’était pas employée. Aucun lien vérifiable n’existait entre cette personne et la société française dont le nom était usurpé. L’identité « Nathalie Brunel » servait à personnaliser le contact, à instaurer une relation de confiance et à rendre crédible une proposition qui, examinée à la lumière des critères réglementaires, ne présentait aucune des garanties exigées par la loi.
Des placements dans le vin promis sans agrément
Le mécanisme proposé par flaconseil.com était simple dans sa conception : des épargnants étaient invités à investir dans des bouteilles ou des lots de vin en échange de rendements présentés comme très élevés. Aucun document contractuel n’était remis, aucune information sur la conservation des bouteilles n’était fournie, et aucun interlocuteur vérifiable ne pouvait être identifié derrière la vitrine. La qualification « Biens divers / Vin » retenue par l’AMF au moment de l’inscription sur la liste noire confirme que le vin constituait bien l’argument central du démarchage, et non un prétexte secondaire.
Sur le plan réglementaire, flaconseil.com ne disposait d’aucun agrément lui permettant de proposer de tels placements : ni autorisation de l’AMF ni immatriculation auprès d’une autorité de régulation compétente. Le premier certificat observé datait du 8 octobre 2021, les données d’enregistrement du nom de domaine étaient anonymisées, et la vitrine ne comportait aucune mention légale crédible. L’ensemble de ces éléments formait un tableau cohérent : celui d’une structure montée rapidement, conçue pour collecter des fonds sans laisser de prise aux victimes ni aux autorités.
Pour comprendre les recours ouverts aux victimes d’une arnaque à l’investissement, Me Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient dans cette vidéo sur un jugement d’escroquerie rendu par le tribunal judiciaire de Troyes et sur la condamnation de la banque qui avait manqué à son devoir de vigilance.
Les recours des victimes du placement dans le vin
La première démarche consiste à rassembler l’intégralité des échanges avec la fausse conseillère Nathalie : courriels reçus, numéros de téléphone utilisés pour le démarchage, relevés des virements effectués pour les prétendus achats de vin. Ces éléments constituent le socle de tout dossier et permettront à un professionnel d’évaluer les voies d’action disponibles. Il convient de ne rien supprimer, même ce qui paraît anodin, et de conserver également les captures d’écran des pages de la vitrine si des copies ont été réalisées à l’époque.
Une fois ces éléments réunis, il est possible de porter plainte avec constitution de partie civile pour escroquerie. Cette voie pénale permet d’enclencher une enquête et, le cas échéant, d’obtenir une indemnisation. Il est également pertinent d’interroger sa banque sur le devoir de vigilance qui lui incombait au moment des virements : comme le montre le jugement du tribunal judiciaire de Troyes évoqué dans la vidéo ci-dessus, une banque peut être tenue responsable lorsqu’elle a laissé transiter des fonds sans exercer les contrôles attendus. BrokerDefense peut accompagner les victimes dans l’évaluation de leur situation et l’orientation vers les bons interlocuteurs.
Dénoncé quelques jours plus tôt par BrokerDefense, nitrocapitals.com présentait le même profil : des créateurs anonymes derrière un site d’investissement sans existence juridique, lui aussi inscrit sur la liste noire de l’AMF. Plus récemment, kelennfinance.com a décliné la même arnaque au vin sous couvert d’une usurpation d’identité.
FAQ : la fausse conseillère peut-elle réapparaître sous un autre nom ?
Nos contrôles du 31 août 2026 confirment que le nom de domaine flaconseil.com a été totalement retiré de la base du registre des .com : il n’est associé à aucune adresse IP et n’apparaît plus dans les données d’enregistrement. Le nom est désormais libre et pourrait être réenregistré par n’importe qui, ce qui impose une vigilance continue.
« Nathalie Brunel » était une identité utilisée pour démarcher les épargnants par téléphone et par courriel, en se présentant comme employée de la société française FLA Conseil (SIREN 442249777). Cette société réelle n’avait aucun lien avec la vitrine et n’avait jamais mandaté qui que ce soit pour ce type de démarchage. Il s’agissait d’une usurpation d’identité visant à inspirer confiance.
Il faut rassembler sans délai tous les échanges avec la prétendue conseillère (courriels, numéros de téléphone, relevés de virements), puis déposer une plainte pénale avec constitution de partie civile. Interroger sa banque sur son devoir de vigilance et contacter BrokerDefense pour une évaluation du dossier sont deux démarches complémentaires qui peuvent améliorer les chances de recouvrement.
Flaconseil.com a disparu de la base du registre des .com, mais les épargnants qui ont versé des fonds pour de prétendus achats de vin ne les ont, pour la plupart, jamais revus. La fermeture d’une vitrine ne clôt pas le préjudice subi par ses victimes. Avant d’engager des fonds sur toute plateforme d’investissement, quelle que soit la promesse mise en avant, une vérification préalable de son statut réglementaire est indispensable : BrokerDefense peut réaliser cette analyse et vous informer des signaux d’alerte à connaître.
Article réécrit le 31/08/2026


