Le nom permanent-tsb-france.com, qui se faisait passer pour la banque irlandaise Permanent TSB, ne figure plus dans la base du registre des domaines .com : la fiche d’enregistrement a disparu (vérification du 31/08/2026). Ce nom avait été créé le 4 octobre 2021 dans le seul but d’usurper l’identité d’un établissement bancaire irlandais authentique et d’escroquer des épargnants français par démarchage électronique.
L’arnaque reposait sur un schéma simple mais efficace : un faux conseiller contactait ses cibles par courriel pour leur proposer de faux « livrets d’épargne » à rendements attractifs, en s’appuyant sur le prestige du nom Permanent TSB. Notre enquête, publiée le 10 octobre 2021, avait exposé ce dispositif six jours seulement après la création du domaine. Cinq ans plus tard, le nom a été intégralement supprimé du registre, une issue qui clôt définitivement ce dossier sans effacer les conséquences pour les victimes.
La preuve la plus forte de cette fermeture est radicale : interrogée directement, la base Verisign répond « No match » pour permanent-tsb-france.com, ce qui signifie que le nom n’existe tout simplement plus en tant qu’objet enregistré. Ce n’est pas un site éteint, c’est un nom rayé.
Sommaire
- permanent-tsb-france.com : le nom rayé du registre des .com
- Un domaine créé début octobre 2021, dénoncé quelques jours plus tard
- Des « comptes TSB et TSB+ » présentés comme des livrets d’épargne
- Une page de parking NameSilo pour seule vitrine
- Cinq ans plus tard, le nom ne laisse plus aucune trace
- Les victimes du faux conseiller de permanent-tsb-france.com : agir sans verser de nouveaux frais
- FAQ : le nom permanent-tsb-france.com a disparu, que faire ?
permanent-tsb-france.com : le nom rayé du registre des .com
Lorsqu’un domaine cesse d’être actif, il arrive qu’il expire et tombe en désuétude tout en conservant une fiche technique consultable. Ce n’est pas le cas ici. L’interrogation directe de la base du registre Verisign, qui recense l’intégralité des noms en .com, ne renvoie plus que la mention « No match » pour permanent-tsb-france.com. Aucune fiche technique ne subsiste, aucun serveur de noms n’est associé au nom, et le domaine ne résout plus dans le système de noms de domaine : il a été supprimé dans sa totalité.
Cette disparition est qualitativement différente d’un simple arrêt du site web. Un site à l’arrêt conserve une existence dans le registre, avec ses données d’enregistrement, ses contacts techniques et ses dates d’expiration. Ici, le nom lui-même n’existe plus : il ne peut plus être interrogé, transféré, ni relancé sans un nouvel enregistrement. Cette suppression totale clôt cinq années de présence constatée, depuis la dénonciation publique du nom par notre enquête d’octobre 2021 jusqu’à la vérification du 31 août 2026.
Dernière mise à jour : 31/08/2026
Un domaine créé début octobre 2021, dénoncé quelques jours plus tard
Le nom permanent-tsb-france.com a été enregistré le 4 octobre 2021. Six jours plus tard, le 10 octobre 2021, notre enquête le signalait comme frauduleux. Cette chronologie est en elle-même révélatrice : un établissement bancaire sérieux ne crée pas sa vitrine institutionnelle quelques jours avant de démarcher des épargnants. L’ancienneté très faible du domaine au moment des faits constituait déjà un signal d’alerte accessible à quiconque prenait le soin de la vérifier.
Le registraire choisi par les escrocs était NameSilo, une société d’enregistrement américaine connue pour ses tarifs bas et son traitement en volume. Ce choix était identifiable directement sur les pages de parking affichées par le domaine, comme en témoignent les archives consultées. Le recours à NameSilo ne constitue pas une infraction en soi, mais il est caractéristique des opérations à durée de vie courte, pensées pour être montées rapidement et abandonnées sans frais. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Des « comptes TSB et TSB+ » présentés comme des livrets d’épargne
Le démarchage s’effectuait par courriel, depuis l’adresse [email protected], au nom d’un prétendu conseiller baptisé Franck Jaffres (ou Jaffrès, les deux orthographes étant utilisées indifféremment). Ce type de variante orthographique dans le nom d’un interlocuteur est fréquent dans les opérations d’escroquerie : il complique les recherches croisées sans alerter immédiatement les destinataires.
Les produits proposés s’appelaient « comptes TSB » et « comptes TSB+ », présentés comme des « comptes d’épargne individuels » fonctionnant de manière « identique au livret A ». Les escrocs vantaient des « plafonds plus élevés grâce aux organismes de garantie » et des rendements annoncés entre 2,29 % et 3,49 % sur douze mois calendaires. Pour donner une apparence de sérieux à l’opération, les victimes étaient invitées à se connecter sur une « interface de gestion » censée leur permettre de suivre l’évolution de leur placement en temps réel.
La véritable banque Permanent TSB, dont le site officiel est permanenttsb.ie, est un établissement de crédit irlandais réglementé qui n’a aucun lien avec permanent-tsb-france.com, avec le prétendu conseiller Franck Jaffres, ni avec les produits qui y étaient proposés. Un établissement bancaire authentique ne confie pas la collecte de l’épargne de résidents français à un nom de domaine créé quelques jours plus tôt, géré par une page de parking, et dépourvu de tout agrément visible.
Une page de parking NameSilo pour seule vitrine
La Wayback Machine recense 25 captures du domaine permanent-tsb-france.com, réalisées entre le 13 octobre 2021 et le 6 juillet 2022. Ces captures sont uniformes : elles affichent toutes la page de parking standard de NameSilo, avec le message « This domain is parked free of charge with NameSilo.com ». À aucun moment le domaine n’a hébergé un contenu bancaire, un formulaire d’inscription, ni la moindre page présentant les produits TSB et TSB+.
Cette absence de vitrine réelle était au cœur du dispositif. Le nom permanent-tsb-france.com servait principalement d’ancrage de légitimité pour le démarchage par courriel : lorsqu’un destinataire recevait un message signé par Franck Jaffres depuis une adresse en @permanent-tsb-france.com, il pouvait être tenté de « vérifier » l’existence de l’organisation en tapant l’adresse dans son navigateur. Il tombait alors sur une page neutre, sans contenu frauduleux explicite, qui ne le mettait pas en alerte. L’arnaque se déroulait entièrement dans l’échange de courriels, sans jamais exposer de faux site bancaire susceptible d’être signalé rapidement.
Or, une banque ne réduit jamais sa présence publique à une page de parking. L’absence totale de contenu sur un domaine se présentant comme bancaire est, à elle seule, une preuve que le nom n’est pas utilisé par une institution financière sérieuse.
Cinq ans plus tard, le nom ne laisse plus aucune trace
Au terme de cinq années écoulées depuis notre signalement, le bilan est complet : aucune fiche d’enregistrement, aucun serveur actif, aucune archive de contenu bancaire. Le mécanisme d’escroquerie mis en place en octobre 2021 reposait sur trois piliers : l’usurpation du nom d’une banque irlandaise réelle, le démarchage par courriel au nom d’un faux conseiller, et la disparition progressive du nom une fois l’opération abandonnée. Ce troisième pilier est désormais accompli dans sa forme la plus définitive, la suppression du nom au niveau du registre.
Ce type d’opération n’est pas isolé dans le paysage des escroqueries financières en ligne. Le dossier sicav-patrimoine.com, documenté à la même époque, reposait lui aussi sur l’usurpation d’une société réelle et son nom a de même été effacé du registre .com. Plus récemment, le cas login.groupsecuritiesdublin.com, usurpation à coloration irlandaise placée sur la liste noire de l’AMF, illustre la persistance de ce mode opératoire : exploiter la crédibilité d’une juridiction réputée pour attirer des épargnants français.
Aucune inscription sur les listes noires de l’AMF ou de l’ACPR (centralisées par le portail ABE Infoservice) n’a été relevée pour le domaine permanent-tsb-france.com, ce qui rappelle qu’une absence de signalement officiel ne vaut pas garantie de légitimité.
Les victimes du faux conseiller de permanent-tsb-france.com : agir sans verser de nouveaux frais
Si vous avez reçu des courriels signés Franck Jaffres (ou Jaffrès) depuis l’adresse [email protected], ou si vous avez effectué des virements à la suite de propositions portant sur des « comptes TSB » ou « comptes TSB+ », plusieurs démarches concrètes s’imposent.
Conservez sans délai l’intégralité des courriels reçus, les relevés de virements correspondant aux sommes envoyées, et toute capture de la fausse « interface de gestion » qui vous aurait été communiquée. Ces éléments constituent vos preuves et ne doivent en aucun cas être supprimés. Ne répondez plus à aucune sollicitation provenant de ces interlocuteurs, quelle que soit la nature du contact (courriel, téléphone, messagerie). Ne versez aucune somme supplémentaire, même si l’on vous présente ce versement comme une condition nécessaire au déblocage de vos fonds : ce type de demande est caractéristique de l’arnaque aux frais de récupération.
Déposez plainte auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche, ou directement auprès du procureur de la République. Notre page Le pénal / Porter plainte vous explique en détail comment préparer ce dépôt. Interrogez également votre propre banque sur les virements que vous avez effectués, et identifiez la banque qui a réceptionné les fonds. Cette banque destinataire peut être tenue pour responsable au titre de son devoir de vigilance : les établissements de crédit sont tenus de détecter et de signaler les flux suspects, et leur manquement à cette obligation peut engager leur responsabilité civile, y compris lorsqu’il s’agit d’une banque étrangère.
Pour comprendre les recours possibles, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, explique dans la vidéo ci-dessous comment des victimes ont obtenu la condamnation de la banque qui avait reçu les virements frauduleux, pour manquement à son devoir de vigilance, avec une indemnisation complète, y compris face à des banques étrangères. Retrouvez sa page de présentation sur BrokerDefense.
Si vous avez été contacté par un faux conseiller ou si vous avez versé des fonds à la suite d’un démarchage, notre service d’aide aux victimes peut vous orienter.
FAQ : le nom permanent-tsb-france.com a disparu, que faire ?
Ne donnez pas suite, ne versez aucun fonds et ne communiquez aucune pièce d’identité. Conservez l’intégralité des courriels signés « Franck Jaffres » (ou Jaffrès), les relevés de virements et les captures de la fausse « interface de gestion ». Ces éléments serviront de preuves dans le cadre d’une plainte.
Non. Les « comptes TSB et TSB+ » présentés comme des livrets d’épargne « identiques au livret A » étaient une offre fictive inventée par les escrocs. La véritable banque Permanent TSB est un établissement irlandais (permanenttsb.ie) qui n’a aucun lien avec permanent-tsb-france.com ni avec son faux conseiller.
La disparition du nom ne fait pas disparaître vos recours. Déposez plainte et interrogez votre banque sur les virements effectués : la banque qui a reçu les fonds peut être tenue responsable pour manquement à son devoir de vigilance. Des victimes ont obtenu une indemnisation complète, y compris lorsque la banque destinataire était étrangère.
Les épargnants démarchés par courriel au nom de permanent-tsb-france.com ont été victimes d’un dispositif construit pour inspirer confiance le temps d’obtenir des virements : un nom évocateur emprunté à une vraie banque irlandaise, un faux conseiller présentable, des rendements raisonnables pour ne pas éveiller de soupçons immédiats, et une fausse interface pour entretenir l’illusion que les fonds travaillaient. Aujourd’hui, le nom a été effacé du registre, les comptes fictifs n’existent plus, mais les sommes versées sur ces comptes TSB inventés n’ont pas disparu avec lui. Avant tout placement, quelle que soit la crédibilité apparente d’un interlocuteur ou d’un site, BrokerDefense vous invite à vérifier l’identité réelle de l’entité qui vous sollicite : un contrôle préalable de quelques minutes peut éviter des années de procédure.
Article réécrit le 31/08/2026


