Le nom de domaine invesco.group a été inscrit sur la liste noire de l’AMF le 09/06/2021 avec la qualification explicite « Usurpation », soit une semaine avant la publication de l’enquête de BrokerDefense le 16/06/2021. Cette chronologie révèle que le régulateur français avait déjà identifié et signalé cette plateforme avant même que notre article ne paraisse, ce qui souligne l’ampleur de la menace que représentait ce dispositif pour les épargnants francophones.
invesco.group se présentait comme une holding internationale d’investissement immobilier, usurpant délibérément l’identité et la réputation d’Invesco, un gestionnaire d’actifs américain coté à New York, présent dans le monde entier et disposant d’une notoriété considérable. Les escrocs à l’origine de ce site promettaient des rendements mensuels allant de 17 % à 45 %, des chiffres qui n’ont aucun équivalent dans la réalité des marchés financiers ou immobiliers légitimes. L’objectif était d’attirer des investisseurs en leur faisant croire qu’ils confiaient leur argent à une entité de premier rang mondial.
Depuis la publication de notre enquête initiale, la situation du domaine a évolué de façon radicale : invesco.group a totalement disparu d’internet, effacé du registre des noms de domaine, sans laisser aucune trace technique active. Pourtant, l’inscription sur la liste noire de l’AMF demeure, elle, pleinement visible dans les exports actuels du portail ABE Infoservice, qui centralise les listes noires de l’AMF et de l’ACPR, et constitue un avertissement permanent à destination de tout épargnant qui croiserait encore ce nom.
Sommaire
- Une inscription sur la liste noire de l’AMF en juin 2021
- Plus aucune fiche d’enregistrement pour invesco.group
- Des rendements mensuels de 17 à 45 % annoncés
- Formulaire, Telegram et téléphone : le dispositif de contact
- L’identité d’un gestionnaire d’actifs mondial empruntée
- Vous avez investi sur invesco.group : que faire ?
- FAQ : comment réagir après un investissement sur invesco.group ?
Une inscription sur la liste noire de l’AMF en juin 2021
L’Autorité des marchés financiers a inscrit invesco.group sur sa liste noire le 09/06/2021, sous la qualification « Usurpation ». Cette qualification n’est pas anodine : elle indique que le régulateur a formellement établi que l’opérateur du site se faisait passer pour une entité existante et reconnue, en l’occurrence Invesco, afin de tromper des investisseurs potentiels. L’inscription est intervenue alors que la plateforme était en pleine activité, ce qui témoigne de la réactivité du régulateur face à ce type de montage.
L’activité du site, telle qu’elle ressort des captures conservées par la Wayback Machine, a été brève mais intense. Les premières captures remontent au 19/06/2021, une vitrine complète est documentée au 23/06/2021, et les dernières captures disponibles datent du 24/06/2021. Le domaine avait quant à lui été enregistré dès le 15/02/2021, laissant supposer plusieurs semaines de préparation avant l’ouverture au public. La fenêtre d’activité visible s’étend donc de la mi-juin 2021 à la fin juin 2021, soit moins de deux semaines de présence publique documentée, avant une disparition rapide.
Aujourd’hui, invesco.group ne résout plus : le nom n’existe plus dans le système de noms de domaine, ni sur le domaine nu, ni sur le sous-domaine www. La plateforme n’est plus joignable par aucun moyen technique ordinaire, et les victimes qui tenteraient de retrouver leurs interlocuteurs via l’adresse du site se heurteraient à un vide complet. L’inscription sur la liste noire de l’AMF demeure néanmoins visible, vérifiée le 01/09/2026 dans les exports du portail ABE Infoservice, qui centralise les listes noires de l’AMF et de l’ACPR. Pour tout épargnant souhaitant vérifier la légitimité d’un acteur financier, l’espace épargnants de l’AMF reste la première ressource à consulter.
Dernière mise à jour : 01/09/2026
Plus aucune fiche d’enregistrement pour invesco.group
Nos recherches techniques menées le 01/09/2026 confirment qu’invesco.group a été totalement effacé du registre des noms de domaine en extension .group. L’interrogation directe de la base du registre ne renvoie aucune fiche d’enregistrement et génère une erreur 404 : le registre répond simplement « Domain ‘invesco.group’ not found ». Il ne s’agit pas d’une suspension temporaire ou d’une mise en attente : le nom a été supprimé dans son intégralité, sans qu’aucune donnée d’enregistrement ne subsiste.
Cette disparition technique est cohérente avec le mode opératoire classique des plateformes frauduleuses, qui abandonnent leur infrastructure dès que la pression réglementaire ou médiatique devient trop forte. Le domaine n’ayant plus aucune existence dans le système de noms de domaine, aucun certificat SSL ne figure non plus dans les journaux de transparence des certificats : notre analyse ne retourne aucun résultat pour invesco.group, ce qui signifie que le site ne disposait d’aucune continuité sécurisée après sa disparition.
Pour les épargnants qui souhaiteraient néanmoins reconstituer l’historique technique du domaine ou retrouver des informations sur ses conditions d’enregistrement initiales, consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Des rendements mensuels de 17 à 45 % annoncés
La vitrine d’invesco.group, telle qu’elle est documentée par la capture du 23/06/2021, proposait trois offres d’investissement aux rendements proprement extravagants. Le programme « Development and Sublease » promettait des gains à partir de 17 % par mois. Le programme « Bonds and Tokens » montait à 33 % par mois. Le programme « Invesco QQQ » atteignait 45 % par mois. Pour donner un ordre de grandeur, un rendement de 45 % par mois correspond, calculé sur douze mois, à une multiplication par plusieurs centaines du capital investi : aucune classe d’actifs légale, immobilière ou autre, ne produit de tels résultats.
Le volet « tokenisation » du dispositif servait à habiller l’arnaque d’un vernis technologique. Le site mettait en avant un jeton baptisé « Mirrored Invesco QQQ Trust », présenté avec une « croissance de plus de 1 200 % en six mois » et une « capitalisation de plus de 423 millions de dollars ». Ces chiffres étaient présentés comme des performances réelles, alors qu’ils n’étaient étayés par aucune documentation vérifiable, aucun audit indépendant, aucun prospectus déposé auprès d’un régulateur.
L’argumentaire global de la plateforme reposait sur l’affirmation que la holding disposait de « plus de 25 milliards de dollars d’actifs » et d’« environ 9 milliards de dollars de capitaux propres », avec « plus de 20 ans d’expérience » et une présence « dans quinze marchés dans le monde ». Or invesco.group avait été enregistré en février 2021, quelques mois seulement avant sa disparition. Aucune de ces affirmations ne pouvait correspondre à une réalité, et la plateforme ne disposait d’aucune autorisation délivrée par l’AMF ou tout autre régulateur pour proposer des investissements en France. Proposer des placements financiers sans agrément constitue une infraction pénale en droit français.
Formulaire, Telegram et téléphone : le dispositif de contact
La plateforme avait soigneusement organisé plusieurs canaux de contact afin de capter les victimes potentielles et d’entretenir l’illusion d’une structure professionnelle. Le parcours classique consistait à remplir un formulaire d’inscription sur le site, après quoi un « conseiller » rappelait le prospect pour le guider vers un premier versement, souvent modeste, destiné à instaurer la confiance avant d’inciter à des transferts plus importants.
En complément du formulaire, le canal Telegram t.me/invesco_news était présenté comme le fil d’actualité officiel de la plateforme. Ce type de canal, difficile à tracer et facilement supprimable, est fréquemment utilisé par les opérateurs de plateformes frauduleuses pour communiquer avec leurs victimes tout en préservant leur anonymat. Un numéro de téléphone au Royaume-Uni, le 01279 714600, était affiché, ainsi qu’un numéro de mobile partiellement masqué, +33 7 XX XX 96 01. Ces contacts permettaient aux escrocs de maintenir une apparence de disponibilité et de réactivité, caractéristique des structures légitimes.
L’adresse physique affichée était « INVESCO GROUP REAL ESTATE (FR), 7 rue du Fossé Blanc, 92230 Gennevilliers », censée ancrer la plateforme dans une réalité française tangible. Le site mentionnait également un numéro d’immatriculation britannique (« Registered No: 00308372, Registered in England and Wales ») pour renforcer son apparence de crédibilité institutionnelle. Un programme d’affiliation complétait le dispositif, promettant à chaque investisseur un « bonus de dépôt », un « accès VIP » et des « récompenses pour chaque filleul » qu’il recommanderait : un mécanisme typique des schémas de recrutement pyramidal, destiné à démultiplier le nombre de victimes par le bouche-à-oreille.
L’identité d’un gestionnaire d’actifs mondial empruntée
Invesco est une société de gestion d’actifs américaine réelle, cotée à la Bourse de New York, gérant des centaines de milliards de dollars d’actifs pour le compte d’investisseurs institutionnels et particuliers dans le monde entier. Elle n’a aucun lien avec invesco.group, n’a jamais autorisé l’utilisation de son nom ou de ses marques par cette plateforme, et constitue elle-même une victime de cette usurpation d’identité.
Notre analyse a mis en évidence plusieurs incohérences documentées qui démontrent le caractère frauduleux du montage. Le numéro d’immatriculation 00308372 affiché par le site, présenté comme « Registered in England and Wales », correspond en réalité à Invesco Holding Company Limited au registre britannique Companies House, une entité du groupe Invesco légitime qui n’a évidemment aucun lien avec la plateforme d’arnaque. Par ailleurs, la dénomination « Invesco Group Real Estate » est introuvable à l’Infogreffe, ce qui contredit toute prétention à une existence légale en France. La société française Invesco Real Estate Management, immatriculée sous le numéro 813 442 845, est quant à elle une entité du groupe Invesco légitime, victime directe de cette usurpation.
Ce type de montage, qui consiste à s’approprier le nom, les chiffres et l’apparence d’une institution financière reconnue pour recruter des victimes, a été documenté à plusieurs reprises par BrokerDefense. La même semaine de juin 2021, nous avions ainsi dénoncé le cas de welathy-oversea.com, une autre arnaque fondée sur l’usurpation d’identité. Plus récemment, nous avons également documenté le cas wethioproperties, une fausse plateforme d’immobilier associée à un jeton tokenisé aux caractéristiques très proches de celles mises en avant par invesco.group. Ces recoupements illustrent la persistance d’un schéma éprouvé, qui combine immobilier fictif, jeton numérique et emprunt d’identité institutionnelle.
Vous avez investi sur invesco.group : que faire ?
Si vous avez effectué des virements vers les programmes d’investissement immobilier proposés par invesco.group, la première étape consiste à rassembler l’ensemble des preuves disponibles. Conservez précieusement les relevés de virement et les confirmations de transaction, les échanges par e-mail avec les prétendus conseillers, les captures d’écran du formulaire d’inscription et des pages de votre espace client, ainsi que tout historique de conversation sur le canal Telegram t.me/invesco_news ou par téléphone avec les numéros affichés par la plateforme. Ces éléments constitueront le socle de votre dossier.
Contactez sans délai votre banque ou votre établissement de paiement pour signaler les virements effectués vers invesco.group et demander si une procédure de rappel de fonds ou de contestation est envisageable. Les délais sont souvent très courts dans ce type de situation, et chaque heure compte. Parallèlement, déposez plainte auprès du procureur de la République ou d’un service de police ou de gendarmerie, en mentionnant explicitement le nom de domaine invesco.group, les montants transférés, les coordonnées utilisées par les escrocs (le canal Telegram, les numéros de téléphone au Royaume-Uni et mobile) et la qualification d’escroquerie et d’usurpation d’identité retenue par l’AMF.
Notre page Le pénal / Porter plainte vous guide pas à pas dans la constitution de votre plainte et vous indique les autorités compétentes selon votre situation. Il est également fortement recommandé de vous faire accompagner par un professionnel du droit, notamment si les sommes en jeu sont significatives ou si vous avez été recruté par le biais du programme d’affiliation et avez vous-même recommandé la plateforme à des proches.
Pour les victimes de ce type de montage, Me Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient dans la vidéo ci-dessous sur les recours possibles après une escroquerie aux faux investissements et sur les conditions d’indemnisation des victimes, notamment quand une banque a reçu les virements des escrocs.
FAQ : comment réagir après un investissement sur invesco.group ?
L’AMF a inscrit invesco.group sur sa liste noire le 09/06/2021 avec la qualification « Usurpation », parce que la plateforme utilisait sans autorisation le nom et l’identité du gestionnaire d’actifs américain Invesco pour attirer des investisseurs. Cette inscription signifie que la plateforme proposait des investissements en France sans aucun agrément réglementaire, en se faisant passer pour une entité légitime et reconnue. L’entrée reste visible à ce jour dans les exports du portail ABE Infoservice, qui centralise les listes noires de l’AMF et de l’ACPR.
Non : invesco.group ne résout plus et le nom n’existe plus dans le système de noms de domaine. L’interrogation de la base du registre génère une erreur 404 et renvoie la réponse « Domain ‘invesco.group’ not found », ce qui indique que le nom a été totalement supprimé du registre .group. Aucun certificat SSL ne figure dans les journaux de transparence, confirmant l’effacement complet de toute infrastructure technique liée à ce domaine.
Rassemblez immédiatement toutes les preuves disponibles : relevés de virements effectués vers les programmes d’investissement immobilier de la plateforme, échanges par e-mail et sur Telegram, captures d’écran du site et de votre espace client. Contactez votre banque pour signaler les transferts et déposez plainte auprès des autorités judiciaires en mentionnant le nom invesco.group et les coordonnées des escrocs. La page Le pénal / Porter plainte de BrokerDefense vous accompagne dans ces démarches.
Le cas invesco.group illustre avec une clarté particulière le double signal qui doit alerter tout épargnant : une inscription sur la liste noire de l’AMF dès le 09/06/2021, qualifiant explicitement la plateforme d’usurpatrice, suivie d’un effacement complet du registre des noms de domaine quelques semaines plus tard. Les victimes qui ont transféré des fonds vers les prétendus programmes d’investissement immobilier de cette plateforme se retrouvent face à des interlocuteurs introuvables, un site disparu et une infrastructure technique inexistante. Cette disparition n’efface pas les faits ni les recours disponibles, mais elle rend l’action rapide d’autant plus décisive. Avant tout versement vers une plateforme d’investissement, quelle qu’elle soit, la vérification de son autorisation auprès de l’AMF et le contrôle de l’identité réelle de l’entité derrière le site constituent des précautions indispensables que le cas invesco.group, à sa façon brutale, remet douloureusement en lumière.
Article réécrit le 01/09/2026


