Le 8 décembre 2020, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers a inscrit ce nom sur sa liste d’avertissements. Au 29 septembre 2026, cette page était toujours servie par le régulateur suisse, sans aucune mise à jour. Pendant ce temps, le site continue de servir une plateforme d’échange de crypto-actifs pleinement fonctionnelle. La coexistence d’un signalement officiel jamais retiré et d’une activité commerciale continue constitue le point central de ce dossier.
Verdict : azbit.com désigne une plateforme d’échange de crypto-actifs active, qui propose des contrats à terme et de la copie de positions. Le 8 décembre 2020, la FINMA a inscrit ce nom sur sa liste d’avertissements et n’a jamais retiré cette inscription. Aucun élément relevé par BrokerDefense ne permet de qualifier ce service d’arnaque ou d’escroquerie : le dossier tient à l’absence d’inscription au registre du commerce suisse et au maintien d’un signalement officiel. La pièce la plus solide reste cette page, consultable le 29 septembre 2026 et vérifiable par chacun. Ce dossier est à rapprocher d’autres plateformes examinées dans le même contexte, notamment btcbrokerz.com et swissbrokerexperts.ch, deux noms étudiés dans des circonstances comparables.
Dernière mise à jour : 29/09/2026
Sommaire
- L’alerte du 8 décembre 2020 : une page jamais retirée
- Azbit.com : un nom détenu depuis 2014, transfert verrouillé
- Ce que la vitrine sert aujourd’hui : échange, contrats à terme et copy trading
- Du pied de page de 2020 à celui d’aujourd’hui
- AZ Strategic Ltd, l’exploitant que le site nomme lui-même
- Après un virement, ce qu’une mise en garde officielle permet encore
- Ce que les lecteurs demandent sur cette alerte
L’alerte du 8 décembre 2020 : une page jamais retirée
La FINMA tient une page individuelle consacrée à azbit.com dans sa liste officielle d’avertissements. Cette page porte la date du 8 décembre 2020. Elle désigne deux adresses : https://azbit.com/ et https://token.azbit.com. Le domicile indiqué est « Switzerland ». Le champ réservé à l’adresse postale est vide. Le champ « Remarques » est lui aussi vide. La mention centrale est « Not entered in commercial register », ce qui signifie que l’entité n’a pas pu être retrouvée au registre du commerce suisse. Cette page répondait toujours le 29 septembre 2026 : consultez la page que l’autorité suisse consacre à ce dossier.
Un tel signalement traduit un constat administratif : l’autorité a cherché une inscription réglementaire et ne l’a pas trouvée. Il ne prononce aucune sanction pénale, n’attribue de manquement à aucune personne désignée, et n’entraîne pas la fermeture du service. Il indique seulement, à la date de sa publication, que l’entité concernée n’avait pas les autorisations attendues pour exercer l’activité décrite. Ce que le signalement ne dit pas, c’est ce qui s’est passé après sa publication : l’autorité n’a pas ajouté de mise à jour, n’a pas indiqué de suite judiciaire, et n’a pas non plus levé l’alerte.
Notre article d’origine a paru le 17 décembre 2020, neuf jours seulement après cette publication. Il relevait déjà l’absence de mentions légales et l’absence de toute mise en garde sur les risques du trading. L’avertissement de la FINMA était donc déjà connu à cette date. Près de six ans plus tard, aucune des deux parties, ni l’autorité ni le site, n’a fait évoluer publiquement la situation dans un sens ou dans l’autre.
Azbit.com : un nom détenu depuis 2014, transfert verrouillé
Le dossier d’enregistrement du nom azbit.com indique une création le 16 juillet 2014. L’échéance est fixée au 16 juillet 2027. La dernière modification du dossier a été enregistrée le 16 juin 2026, ce qui signifie que le nom a fait l’objet d’une intervention récente, vraisemblablement un renouvellement ou une mise à jour de paramètres. NameCheap, Inc. figure comme bureau d’enregistrement du nom, et la résolution est assurée par igor.ns.cloudflare.com et liv.ns.cloudflare.com. Le dossier porte la mention clientTransferProhibited : la cession du nom à un autre prestataire y est bloquée tant que le titulaire ne l’a pas lui-même demandé.
Les adresses de service du nom sont 104.26.4.121, 104.26.5.121 et 172.67.71.46. Ces trois adresses appartiennent à l’infrastructure de Cloudflare, ce que confirme l’en-tête « Server: cloudflare » retourné par le serveur. La réponse porte également un en-tête « x-powered-by: Next.js », qui désigne le cadre de développement utilisé pour construire l’interface. Le certificat en vigueur porte la signature de l’autorité WE1 de Google Trust Services ; il est établi au nom de azbit.com, il couvre aussi ses sous-domaines, et sa fenêtre de validité va du 30 août 2026 au 28 novembre 2026.
Un nom enregistré en 2014, régulièrement renouvelé jusqu’en 2027 et dont le dossier a été modifié en juin 2026, est un nom activement entretenu. Il reste disponible pour tout usage futur tant que son titulaire choisit de le renouveler. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine. Cette fiche reprend l’historique du nom et son état actuel.
Ce que la vitrine sert aujourd’hui : échange, contrats à terme et copy trading
Interrogé le 29 septembre 2026, https://azbit.com/ a répondu par un code 200. La page servie est l’interface d’une plateforme d’échange de crypto-actifs : cotations en temps réel, contrats à terme avec effet de levier, copie de positions d’autres opérateurs, et espace de vérification d’identité. La plateforme se présente dans onze langues : anglais, chinois, espagnol, allemand, ukrainien, russe, indonésien, thaï, hindi, vietnamien et turc. Elle déclare 941 actifs référencés. Les chiffres d’activité affichés, nombre d’utilisateurs et volumes échangés, sont des valeurs publiées par la plateforme elle-même et n’ont pas été vérifiés de façon indépendante.
Deux noms satellites complètent le tableau. Le premier est token.azbit.com, l’une des deux adresses désignées par l’avertissement de la FINMA. Ce nom résout toujours vers la même infrastructure (172.67.71.46) mais ne sert aucune page : l’infrastructure répond par une erreur 522, signe que le serveur d’origine ne répond pas. Le nom technique est donc maintenu mais la page correspondante n’est plus accessible.
Le second satellite est front.bmb5.com. Sa page d’accueil reproduit exactement l’interface de azbit.com : mêmes rubriques, mêmes fonctions, même présentation. La politique de chargement du site autorise explicitement azbit.com et front.bmb5.com à encadrer ses pages l’un de l’autre, ce qui indique un exploitant commun. Le nom bmb5.com a été enregistré le 22 avril 2025 auprès de NameCheap, Inc., avec les mêmes serveurs de noms Cloudflare. Interrogé en forme nue, bmb5.com ne sert rien : la réponse est une erreur 522.
Du pied de page de 2020 à celui d’aujourd’hui
En décembre 2020, notre enquête avait relevé deux absences frappantes dans le pied de page du site : celle de toute mention légale identifiable et celle de tout avertissement sur les risques liés au trading. Ces deux absences étaient, à l’époque, des signaux d’alerte courants sur des plateformes mal encadrées.
Le pied de page de 2026 présente un aspect différent. Un avertissement sur les produits dérivés et l’effet de levier y est affiché, rappelant qu’une proportion élevée de particuliers perd ses fonds sur ces produits. Des liens vers des pages contractuelles sont présents : conditions d’utilisation, politique de confidentialité, page relative à la lutte contre le blanchiment et à la vérification d’identité, et page consacrée aux limites de compte.
Ce changement mérite d’être noté sans être surévalué. La présence d’un texte d’avertissement sur les risques est une pratique commune aux plateformes réglementées comme aux plateformes qui ne le sont pas. Elle ne constitue pas une preuve d’agrément et ne lève en aucun cas l’avertissement publié par la FINMA. La page de l’autorité suisse, accessible dans l’inventaire des avertissements adressés au public, n’a reçu aucune mise à jour indiquant qu’une autorisation aurait été accordée entre 2020 et 2026.
AZ Strategic Ltd, l’exploitant que le site nomme lui-même
Le bas de page du site porte la phrase suivante : « Azbit.com is operated by AZ Strategic Ltd », assortie d’une mention de droits au nom de la même société. C’est le site lui-même qui désigne son exploitant, sans que cette désignation soit accompagnée d’aucun numéro d’immatriculation de société, d’aucune adresse de siège social et d’aucun numéro d’agrément délivré par une autorité financière quelconque.
Le document contractuel publié sous « Terms of use » développe légèrement ce périmètre. Il décrit l’accord comme conclu entre l’utilisateur et les opérations Azbit, en incluant « the companies AZ Strategic Ltd and other parties that run Azbit Exchange, including but not limited to legal persons, unincorporated organizations and teams ». Le même document précise ensuite que la plateforme est exploitée « exclusively by the companies AZ Strategic Ltd ». Ces deux formulations se contredisent partiellement sur le périmètre exact des entités impliquées.
Notre enquête de 2020 portait déjà le même constat d’absence : aucune entité juridique clairement identifiable n’était alors mentionnée sur le site. La situation de 2026 introduit un nom de société, AZ Strategic Ltd, mais sans aucun des éléments qui permettraient à un tiers de le localiser, de le vérifier au registre d’un pays ou de s’assurer qu’il détient une autorisation d’exercer. Les relevés disponibles ne permettent pas d’aller plus loin sur ce point.
Après un virement, ce qu’une mise en garde officielle permet encore
Pour une personne qui a déjà déposé des fonds ou des crypto-actifs sur une plateforme désignée par un avertissement officiel, la première priorité est la conservation des pièces : captures d’écran de l’interface, relevés de transactions, confirmations de dépôt, échanges avec le service client, et tout document reçu lors de la vérification d’identité. Ces éléments constituent la base de toute démarche ultérieure.
La deuxième étape consiste à vérifier l’avertissement directement auprès de l’autorité émettrice. Dans le cas d’azbit.com, la page de la FINMA est publiquement accessible et consultable sans inscription. Il est utile d’en conserver une copie datée.
La troisième étape concerne les établissements qui ont exécuté les transferts de fonds : la banque qui a traité le virement ou l’émetteur de la carte bancaire utilisée. Selon les délais et les circonstances, ces établissements peuvent disposer de procédures de contestation ou d’opposition. Il est conseillé de les contacter rapidement et par écrit, en conservant la preuve de chaque échange.
Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite au tableau de l’ordre de Paris, a accordé un entretien dans lequel elle revient sur une décision de justice prononcée dans une affaire de placement fictif : les personnes trompées ont été indemnisées, et la juridiction a en outre retenu la carence d’une banque, qui n’avait pas suffisamment surveillé les mouvements suspects passés par ses comptes. Cet entretien éclaire utilement les recours possibles et les arguments qui ont emporté la conviction du tribunal, y compris la responsabilité des intermédiaires financiers.
Pour les situations qui impliquent des éléments pénaux, notamment un refus de restitution de fonds ou une communication frauduleuse, il peut être utile de consulter les étapes d’un dépôt de plainte afin de comprendre les options disponibles avant toute décision.
Ce que les lecteurs demandent sur cette alerte
L’avertissement publié par la FINMA indique qu’au moment de son émission, l’autorité n’a pas trouvé d’inscription au registre du commerce suisse correspondant à l’entité désignée, et qu’aucune autorisation d’exercer une activité financière n’avait été délivrée. Ce type de signalement est un constat administratif, pas une condamnation judiciaire. Il ne ferme pas le site, et n’attribue de manquement à aucune personne désignée. Pour le vérifier par soi-même, il suffit de se rendre directement sur le site de la FINMA, dans la rubrique consacrée aux avertissements au public, et de rechercher le nom azbit dans la liste. La page individuelle consacrée à ce dossier y est accessible sans inscription préalable. Il est conseillé de noter la date de consultation et de conserver une copie de la page, car l’état d’un avertissement peut évoluer à tout moment.
La présence d’un texte d’avertissement sur les risques liés aux produits dérivés ou à l’effet de levier est une pratique qui s’est généralisée, y compris sur des plateformes qui ne disposent d’aucun agrément. Ce texte est souvent requis par les règlements applicables dans certains pays, mais sa simple présence ne prouve pas que la plateforme est autorisée à opérer dans un territoire donné, ni qu’elle est surveillée par un régulateur. Dans le cas d’azbit.com, l’avertissement de la FINMA datant de 2020 n’a jamais été retiré. La présence d’un texte de mise en garde sur l’interface ne modifie pas cet état de fait et ne remplace pas une vérification auprès de l’autorité compétente avant tout dépôt.
La priorité immédiate est de rassembler et de sécuriser toutes les traces disponibles : l’historique des opérations réalisées sur la plateforme, les justificatifs de chaque dépôt, les messages envoyés au service client, et les relevés bancaires ou les confirmations de paiement par carte montrant les montants transférés. Ces documents doivent être conservés dans leur forme originale, sans modification. La deuxième démarche est de contacter par écrit l’établissement bancaire ou l’émetteur de la carte ayant traité les transferts, en leur signalant la situation et en demandant si des procédures de contestation sont applicables. Il est important d’agir rapidement, car les délais de recours auprès des établissements financiers sont souvent courts. Ne pas effectuer de nouveaux dépôts pendant cette période, et ne pas non plus effectuer de paiements supplémentaires au motif de débloquer des fonds déjà déposés.
Les personnes qui ont ouvert un compte sur azbit.com, franchi les étapes de vérification d’identité, déposé des crypto-actifs, et utilisé les fonctions de contrats à terme ou de copie de positions, se retrouvent dans une situation particulière : la plateforme qu’elles ont choisie figure dans un avertissement officiel publié en décembre 2020 par la FINMA, qui n’a jamais été retiré, et le site ne renseigne ni adresse de siège, ni numéro d’immatriculation, ni agrément d’aucune autorité financière. Si vous êtes dans cette situation, BrokerDefense examine chaque dossier individuellement avant toute orientation vers une démarche adaptée.
Article réécrit le 29/09/2026


