Cap-de-France.com arnaque : blacklisté par l’ABE puis disparu

Le 11 août 2020, l’ABE Infoservice a inscrit www.cap-de-france.com/index.html sur sa liste noire officielle, avec les qualifications « Biens divers / Champagne » et « Biens divers / Or » : depuis août 2026, ce nom de domaine a totalement disparu du registre .com, effacé jusqu’à la dernière fiche d’enregistrement. Cap-de-france.com était une fausse plateforme d’investissement qui promettait un rendement annuel de 7 % sur des placements en champagne et en or, tout en usurpant le numéro d’enregistrement et le siège social d’une société réelle, la Cap 50, pour paraître légitime aux yeux des épargnants. Le verdict est sans appel : il s’agit d’une arnaque financière, confirmée par l’inscription sur la liste noire des régulateurs français. BrokerDefense a publié sa première enquête sur ce site le 15 août 2020, quatre jours après la blacklist, et présente ici la mise à jour du 25 août 2026.

Blacklisté par l’ABE le 11 août 2020 : les qualifications Champagne et Or

L’ABE Infoservice, ou Assurance Banque Épargne Infoservice, est le portail commun de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ce portail recense l’ensemble des sites financiers non autorisés signalés aux autorités françaises : y figurer signifie que le régulateur a formellement identifié le site comme proposant des placements à des épargnants sans disposer des autorisations requises. Le 11 août 2020, l’ABE a inscrit l’adresse www.cap-de-france.com/index.html sur cette liste noire, assortie de deux qualifications distinctes : « Biens divers / Champagne » et « Biens divers / Or ». Ces deux qualifications indiquent que la plateforme collectait des fonds en faisant miroiter des investissements dans ces deux types de produits, sans aucun agrément des autorités compétentes. BrokerDefense a publié son enquête initiale le 15 août 2020, soit quatre jours seulement après cette inscription, pour alerter les épargnants au plus vite.

Dernière mise à jour : 25/08/2026

Une disparition totale : le nom effacé du registre .com

En août 2026, les vérifications menées par la rédaction de BrokerDefense sur les données d’enregistrement publiques du registre .com aboutissent à un constat radical : le nom cap-de-france.com ne figure plus dans ce registre. Les données d’enregistrement publiques renvoient la mention « No match », aucun serveur DNS ne répond à une interrogation sur ce nom, et aucune fiche technique ne subsiste. Les dernières traces archivées du site remontent à la période comprise entre décembre 2020 et mai 2021, soit quelques mois à peine après la mise en liste noire de l’ABE : la plateforme a donc cessé toute activité très rapidement après le signalement officiel.

Il convient de souligner que cette situation est plus radicale qu’un simple arrêt de site. Lorsqu’un domaine est simplement abandonné, il continue d’exister en tant que nom enregistré, même sans contenu en ligne. Ici, le nom lui-même a été radié du registre .com : il peut désormais être ré-enregistré par n’importe qui, ce qui fait peser un risque supplémentaire sur d’éventuelles victimes qui chercheraient à retrouver la plateforme. Cette trajectoire rappelle celle d’autres plateformes dénoncées par BrokerDefense, comme Targetplusia, dont le domaine blacklisté a également disparu après son signalement. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Le numéro d’enregistrement d’une vraie société détourné : la « Cap 50 »

L’un des éléments les plus caractéristiques de cette arnaque est le recours à l’usurpation d’identité d’entreprise. Le site cap-de-france.com affichait un numéro d’enregistrement officiel qui ne lui appartenait pas : celui d’une société réelle dénommée Cap 50. La plateforme frauduleuse avait également reproduit le siège social de cette même société, de façon à donner toutes les apparences d’une structure légalement constituée. L’objectif de ce procédé est évident : rassurer les épargnants en leur présentant une apparence de légalité, en s’appuyant sur la réputation et l’existence juridique d’une entreprise qui n’avait aucun lien avec la plateforme. Ce vol d’identité d’entreprise constitue une infraction grave, qui s’ajoute aux pratiques d’investissement sans autorisation déjà sanctionnées par l’inscription sur la liste noire. Ce procédé n’est pas isolé : il rappelle directement le cas d’Asse-groupe.com, autre site de la même époque dénoncé par BrokerDefense pour double usurpation d’identité.

Un contenu recopié sur une autre arnaque déjà dénoncée

L’enquête publiée par BrokerDefense en août 2020 avait mis en évidence un élément supplémentaire révélateur : les textes publiés sur cap-de-france.com étaient copiés, phrases identiques point par point, depuis un autre site d’arnaque déjà signalé à l’époque, Mage-champagne.com. Ce plagiat massif est une signature récurrente des plateformes frauduleuses, dont les opérateurs sont trop pressés, ou trop peu soucieux de crédibilité, pour rédiger un contenu original. Ce type de copier-coller révèle aussi une fabrication en série : les mêmes modèles de sites sont dupliqués à grande échelle, avec de simples changements de nom et de domaine, pour multiplier les cibles potentielles. Un site incapable de rédiger ses propres mentions légales ou ses propres descriptions de produits, et qui se contente de reproduire les textes d’une autre arnaque déjà dénoncée, ne peut en aucun cas être considéré comme un intermédiaire financier sérieux ou fiable.

La promesse de 7 % de rendement : un appât sans aucun support

Cap-de-france.com promettait à ses visiteurs un rendement annuel de 7 % sur leurs placements en champagne et en or. Cette promesse est irréaliste au regard du fonctionnement réel des marchés financiers : aucun placement ne peut garantir un tel niveau de rendement sans risque, et aucune plateforme non agréée n’est en mesure de le faire légalement. La promesse de rendements élevés et certains est un mécanisme d’appât classique dans les arnaques à l’investissement : elle cible les épargnants en quête de solutions alternatives aux placements bancaires traditionnels, souvent dans un contexte de taux d’intérêt bas. Combinée à l’inscription sur la liste noire de l’ABE, à l’usurpation du numéro d’enregistrement de la société Cap 50 et au plagiat du contenu d’une autre arnaque, cette promesse de 7 % constituait un signal d’alerte majeur que tout investisseur averti aurait dû identifier avant de verser des fonds.

Vous avez investi sur Cap-de-France.com : les bons réflexes

Si vous avez versé des fonds à cette plateforme, la priorité absolue est de conserver toutes les preuves en votre possession. Rassemblez les relevés bancaires attestant des virements effectués, l’ensemble des courriels échangés avec les pseudos conseillers de la plateforme, les captures d’écran du site et de votre espace client, ainsi que l’historique complet de vos conversations, qu’elles aient eu lieu par messagerie, par téléphone ou par tout autre canal. Ne procédez en aucun cas à un nouveau versement, quel que soit le prétexte avancé : frais de déblocage des fonds, taxe administrative, garantie préalable ou tout autre motif. Ces demandes de versements supplémentaires sont une tactique courante pour soutirer davantage d’argent aux victimes déjà engagées. Signalez les faits aux autorités compétentes et déposez plainte sans attendre. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes à suivre et maximiser vos chances d’obtenir réparation.

Pour comprendre les recours possibles après une arnaque à l’investissement, Me Julie Younes, avocate au barreau de Paris, présente dans la vidéo ci-dessous les démarches d’indemnisation des victimes de faux investissement : recours précontentieux, protocole transactionnel, procédure pénale et procédure civile, jusqu’à la décision de porter plainte et d’agir au tribunal en cas d’escroquerie ou d’arnaque financière.

FAQ : quels recours après un investissement avec Cap-de-France.com ?

Cap-de-France.com est-il encore actif ?

Non. Le site cap-de-france.com a cessé toute activité peu après son inscription sur la liste noire de l’ABE en août 2020. En août 2026, le nom de domaine ne figure plus dans le registre .com : les données d’enregistrement publiques renvoient la mention « No match », aucun serveur DNS ne répond et aucune fiche technique ne subsiste. Les dernières traces archivées du site datent de la période décembre 2020 à mai 2021. Le domaine est définitivement radié et peut être ré-enregistré par n’importe qui à tout moment.

Le rendement de 7 % promis par le site était-il crédible ?

Non. Aucun placement ne peut garantir un rendement annuel de 7 % sans risque, et aucune plateforme non agréée par les autorités françaises n’est légalement habilitée à proposer de tels investissements. Cette promesse était un appât classique destiné à attirer les épargnants et à les inciter à verser des fonds sur une plateforme frauduleuse. L’ABE, portail commun de l’ACPR et de l’AMF, a confirmé le caractère non autorisé de la plateforme en l’inscrivant sur sa liste noire dès le 11 août 2020.

Que faire si j’ai investi sur Cap-de-France.com ?

Conservez impérativement toutes les preuves disponibles : relevés bancaires, courriels, captures d’écran du site et de votre espace client, historique des conversations avec les pseudos conseillers. Ne versez aucune somme supplémentaire, quel que soit le motif invoqué. Signalez les faits auprès des autorités compétentes (AMF, ACPR, police ou gendarmerie) et déposez plainte. Consultez le guide BrokerDefense sur la procédure pénale pour connaître l’ensemble des étapes et des recours disponibles, y compris la voie civile pour obtenir indemnisation.

Les épargnants qui ont investi sur cap-de-france.com ont été attirés par une promesse de rendement à 7 % sur des placements en champagne et en or, présentée par une plateforme qui affichait les coordonnées d’une société réelle pour paraître légitime. Ils se retrouvent aujourd’hui face à une double impasse : le site a été inscrit sur la liste noire de l’ABE dès août 2020, et le nom de domaine lui-même a depuis été effacé du registre .com, rendant toute démarche de contact avec les opérateurs impossible par ce canal. Cette situation illustre l’importance de vérifier systématiquement tout intermédiaire financier avant d’y confier des fonds : contrôle du registre des agents financiers de l’ORIAS, vérification de l’absence de la plateforme sur les listes noires de l’AMF et de l’ACPR, et consultation de sources indépendantes comme BrokerDefense. Si vous avez un doute sur un site d’investissement, BrokerDefense propose une évaluation préalable pour vous aider à identifier les signaux d’alerte avant qu’il ne soit trop tard.

Article réécrit le 25/08/2026

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