Golddinar.fr figure sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers depuis le 12 février 2020, et le constat effectué le 24 août 2026 est sans appel : le site est devenu totalement muet, incapable de servir le moindre contenu à qui tente d’y accéder. Derrière une vitrine soignée, ce service prétendait permettre à des épargnants d’acquérir de l’or par versements mensuels de 50 euros, avec la promesse de revendre leur métal plus tard à profit. Aucune habilitation réglementaire ne venait pourtant légitimer cette collecte, et aucun mécanisme ne garantissait la restitution des fonds. Le verdict est clair : golddinar.fr était un dispositif frauduleux, aujourd’hui hors ligne mais dont le nom de domaine reste curieusement maintenu, comme un fantôme financier en attente d’expiration.
Sommaire
- Golddinar.fr, une offre d’achat d’or inscrite sur la liste noire de l’AMF
- Un domaine toujours enregistré mais un site qui ne répond plus
- Une épargne attirée par des promesses de revente de l’or
- Les données d’enregistrement de golddinar.fr
- Un service de placement jamais autorisé par le REGAFI
- Les recours pour les personnes ayant versé des fonds
- FAQ : l’or acheté via Golddinar peut-il être récupéré ?
Golddinar.fr, une offre d’achat d’or inscrite sur la liste noire de l’AMF
L’inscription de golddinar.fr sur la liste noire de l’AMF est datée du 12 février 2020. Elle figure dans la catégorie des biens divers, sous-catégorie « Or », ce qui signifie que le régulateur français a explicitement identifié ce site comme proposant, sans autorisation, des placements sur des actifs physiques à destination du grand public. Cette procédure d’inscription n’est pas anodine : elle intervient lorsque l’AMF constate qu’une entité sollicite l’épargne de résidents français sans disposer des agréments requis par la loi.
Or, une vérification auprès du REGAFI, le registre officiel des agents financiers habilités à exercer en France, confirme que golddinar.fr n’y figure pas. Le site n’était reconnu ni comme société de gestion, ni comme prestataire de services d’investissement, ni comme aucune autre entité soumise à la supervision de l’AMF ou de l’ACPR. En d’autres termes, il opérait en dehors de tout cadre légal pour collecter des fonds auprès d’épargnants français.
Les personnes qui cherchent à vérifier le statut d’un site proposant des placements peuvent consulter la liste noire des sites non autorisés publiée par l’AMF : golddinar.fr y apparaît toujours, six ans après son inscription initiale, ce qui constitue en soi un avertissement durable à l’intention de tout épargnant qui croiserait encore une référence à ce service.
Dernière mise à jour : 24/08/2026
Un domaine toujours enregistré mais un site qui ne répond plus
Au moment de la vérification effectuée le 24 août 2026, golddinar.fr présente une situation paradoxale. Le nom de domaine est toujours actif : il est enregistré jusqu’au 15 avril 2027, son DNS répond aux requêtes, et rien dans son statut technique n’indique une procédure de suppression ou de mise en vente imminente. En revanche, le site lui-même ne délivre plus aucun contenu. Toute tentative de connexion aboutit à une erreur 503 « Service Temporarily Unavailable », la réponse habituelle d’un serveur qui a cessé de fonctionner ou d’un service volontairement suspendu.
Les archives publiques du web permettent de dater approximativement cette fermeture effective. Les dernières captures disponibles remontent à mars 2023 : c’est la dernière fois que le site a servi des pages accessibles. Depuis lors, le contenu a disparu, mais le domaine, lui, continue d’être renouvelé et financé. Ce maintien du nom sans exploitation visible est un comportement connu dans les dossiers de fraude en ligne : le domaine peut être conservé pour éviter qu’un tiers ne le récupère, ou simplement par inertie administrative. Quoi qu’il en soit, golddinar.fr est aujourd’hui un coquille vide dont la façade technique subsiste sans aucune substance.
Une épargne attirée par des promesses de revente de l’or
Le mécanisme proposé par golddinar.fr était construit pour séduire un public d’épargnants prudents, attirés par la réputation de valeur refuge de l’or. Le principe affiché était simple : verser 50 euros par mois pour accumuler progressivement de l’or, puis le revendre à une date choisie pour réaliser une plus-value. Le site présentait ce dispositif comme un « investissement durable sur le long terme », une formule rassurante destinée à inspirer confiance et à décourager toute demande de remboursement précipitée.
Mais aucune garantie contractuelle ne venait assurer la restitution des fonds versés, et aucune preuve tangible n’attestait que l’or était effectivement acquis, stocké ou même existait physiquement. La promesse de revente restait entièrement conditionnée au bon vouloir d’une entité sans habilitation réglementaire.
Un détail du contenu du site trahissait par ailleurs la véritable cible commerciale du service. Parmi les références monétaires utilisées, le site mentionnait que « le poids de 7 dinars doit correspondre au poids de 10 dirhams », une équivalence qui renvoie à des devises en usage dans des pays du Maghreb et du Proche-Orient, sans lien avec le fonctionnement de la zone euro qui était pourtant présentée comme le cadre principal de l’offre. Cet élément suggère que la clientèle visée dépassait largement les frontières françaises, et que le dispositif s’adressait potentiellement à des communautés issues de l’immigration, parfois plus difficiles à informer sur la réglementation financière française.
Les données d’enregistrement de golddinar.fr
Le domaine golddinar.fr a été créé le 15 avril 2017, soit près de trois ans avant son inscription sur la liste noire de l’AMF. Il est administré par le registrar allemand united-domains GmbH, et son titulaire est masqué derrière un service de protection de la vie privée, ce qui rend impossible l’identification directe du ou des propriétaires à partir des seules données d’enregistrement publiques. L’adresse IP associée est 185.80.92.57. Surtout, les serveurs de noms utilisés sont ns1.inaia.de, ns2.inaia.de et ns3.inaia.de : les mêmes serveurs que ceux de la société allemande inaia.de, dont golddinar.fr se présentait comme une déclinaison française. Ce lien technique entre les deux entités est une indication forte d’une infrastructure partagée et d’une gestion centralisée.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Un service de placement jamais autorisé par le REGAFI
Golddinar.fr se présentait comme la vitrine française d’une société allemande, active sur les domaines inaia.de et golddinar.de. Les contenus proposés en français étaient très proches de ceux diffusés sur ces sites germaniques, mais l’ensemble était exclusivement rédigé en français, ce qui suggère une adaptation délibérée pour capter un public francophone. Aucune mention d’un agrément français, d’un enregistrement auprès de l’AMF ou de l’ACPR, ni d’aucun organisme de supervision européen n’apparaissait dans les pages archivées du site.
Cette configuration, une façade localisée adossée à une entité étrangère non identifiable, est précisément le type de montage que les autorités de régulation cherchent à détecter. Le REGAFI, consulté à l’époque des faits, ne reconnaissait pas l’existence de golddinar.fr parmi les entités habilitées à proposer des services de placement en France. L’absence de toute inscription équivalente auprès de la CySEC chypriote ou de Companies House au Royaume-Uni confirme qu’aucun ancrage réglementaire sérieux n’existait dans une juridiction européenne reconnue.
Ce schéma rappelle d’autres affaires documentées par BrokerDefense dans le secteur des métaux précieux, notamment Interface Or, autre plateforme d’investissement liée à l’or dont le portail a disparu après avoir collecté des fonds, et Alfa-aesar-fr.com, fausse plateforme de métaux précieux dont l’identité réelle est restée introuvable. Dans tous ces cas, la promesse d’un placement tangible sur un actif physique servait à masquer une collecte sans cadre légal.
Pour comprendre les recours possibles après une arnaque à l’or, Maître Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon, revient sur une victoire judiciaire obtenue pour des victimes de ce type de placement : le tribunal de Perpignan a condamné les fraudeurs à verser des dommages-intérêts après dix-huit mois de procédure. La vidéo porte précisément sur ce sujet : arnaque à l’or, investissement or, métaux précieux, victoire judiciaire, tribunal de Perpignan, dommages-intérêts, procédure civile et règlement amiable.
Les recours pour les personnes ayant versé des fonds
Si vous avez effectué des versements mensuels vers golddinar.fr, la première démarche consiste à rassembler et sécuriser l’ensemble des justificatifs disponibles : relevés bancaires mentionnant les débits de 50 euros, courriels de confirmation reçus à l’époque, captures d’écran de l’espace personnel si vous y avez encore accès, et tout document contractuel transmis par le site. Ces éléments constitueront la base de votre dossier.
Il convient ensuite de cesser immédiatement tout versement si un prélèvement programmé ou un virement récurrent était encore en cours, et de contacter votre banque pour en demander l’arrêt. Le site golddinar.fr doit être signalé à l’AMF via la plateforme officielle de signalement, même s’il figure déjà sur la liste noire : chaque signalement contribue à documenter l’ampleur des faits. Le dépôt d’une plainte pénale est également une étape essentielle. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes d’un dépôt de plainte. BrokerDefense accompagne les victimes pour étudier leur dossier et évaluer l’ensemble des recours envisageables, qu’ils soient civils ou pénaux.
FAQ : l’or acheté via Golddinar peut-il être récupéré ?
Non. Le site est inscrit sur la liste noire de l’AMF depuis le 12 février 2020 dans la catégorie des biens divers (or), et le REGAFI n’en reconnaissait pas l’existence. Il n’avait donc aucune habilitation à collecter l’épargne du public.
Non. Depuis plusieurs mois, le site ne sert plus aucun contenu : les requêtes aboutissent à une erreur 503, et les dernières archives consultables datent de mars 2023. Le nom de domaine reste néanmoins enregistré jusqu’en avril 2027.
Conservez l’ensemble des justificatifs (relevés bancaires, courriels, captures d’écran), cessez tout versement et signalez le site à l’AMF. Vous pouvez également porter plainte et confier votre dossier à un avocat spécialisé pour étudier les recours possibles.
Golddinar.fr laisse derrière lui des épargnants qui ont versé des mensualités de 50 euros en croyant constituer progressivement un patrimoine en or, pour se retrouver face à un site muet et une entité introuvable. L’or promis n’a jamais été livré, la revente espérée n’a jamais eu lieu, et les fonds versés ont vraisemblablement disparu sans recours simple. Ce dossier illustre une fois de plus la nécessité de vérifier le statut réglementaire de tout service d’investissement avant d’y engager le moindre euro. BrokerDefense invite toute personne souhaitant placer son épargne, quelle qu’en soit la forme, à soumettre le site concerné à une évaluation préalable, afin d’éviter de rejoindre la liste déjà trop longue des victimes de plateformes non autorisées.
Article réécrit le 24/08/2026


