VNG Group arnaque : un nom resté un an, puis plus aucun serveur

L’adresse vnggroup.co ne mène plus nulle part. La vitrine qu’elle a portée pendant une année, présentée sous l’enseigne « VNG Group », promettait le Forex et les CFD, un levier allant jusqu’à 1:300 et quinze années d’expérience dans le courtage, sans jamais nommer la moindre société, le moindre siège social ni la moindre autorité de tutelle derrière ce nom d’exploitation. Le nom a été enregistré le 14 septembre 2022 pour douze mois ; l’échéance de septembre 2023 n’a pas été honorée, la vitrine a cessé d’être servie, et le fichier du .co ne restitue plus aujourd’hui qu’un enregistrement postérieur, daté du 7 novembre 2025, dépourvu de tout serveur de noms.

Cette trajectoire contredit la première ligne du site, qui plaçait un copyright « © 2020 » en pied de chacune de ses pages : l’adresse n’a vécu qu’une année avant d’être laissée à son sort par son exploitant. Le constat que nous avons fait dresser le 27 juillet 2023 selon la norme AFNOR Z67-147, ses dix captures d’écran et les trois pages conservées à cette occasion sont donc devenus, avec les relevés de domaine, l’essentiel de ce que l’on peut encore établir.

Un an d’enregistrement, puis un nom repris sans aucun serveur

Le 14 septembre 2022, le nom vnggroup.co a été déposé pour douze mois auprès du bureau d’enregistrement NameSilo, LLC. L’identité du titulaire était déjà masquée, confiée à un service de confidentialité domicilié à Phoenix, en Arizona, et la zone reposait sur deux serveurs de noms opérés par un grand réseau de diffusion de contenu. La signature DNSSEC n’était pas activée et une mention particulière interdisait tout transfert du nom vers un autre bureau. L’échéance du 14 septembre 2023 n’a pas été honorée, et aucune copie publique postérieure à l’été 2023 ne montre la vitrine en service.

Les relevés d’archives publiques permettent de suivre la suite de cette extinction. À la fin du mois de juillet 2024, l’adresse ne servait plus la plateforme : elle renvoyait vers une page proposant la revente d’un nom de domaine. Le 1er septembre 2024, la copie conservée se réduisait à un document de quelques centaines d’octets, dont le seul contenu était un renvoi immédiat vers un chemin intitulé « /lander », c’est-à-dire la coquille d’un service d’attente, et non un site de courtage. Puis plus rien, pendant plus d’un an. Une trajectoire voisine a déjà été documentée ici, celle d’une autre vitrine de courtage dont l’enregistrement initial n’a pas été prolongé au-delà de la première année : le dossier A-Trade International en décrit le déroulement complet.

Un enregistrement apparaît ensuite au fichier du registre, daté du 7 novembre 2025 et valable jusqu’au 7 novembre 2026. Il ne comporte aucun serveur de noms et il est assorti du statut « inactive », qui signifie que le nom n’est pas délégué. Les vérifications conduites le 15 septembre 2026 confirment cette lecture : ni l’adresse principale ni le préfixe « www » ne renvoient d’adresse IP auprès de deux résolveurs publics distincts, et aucune connexion sécurisée n’aboutit. Rien, dans nos relevés, ne permet de rattacher ce nouvel enregistrement à l’exploitation décrite ici ; il établit en revanche que l’adresse n’est pas restée libre.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Dernière mise à jour : 15/09/2026

Ce que le constat du 27 juillet 2023 a conservé de la vitrine

Vingt et une pages et dix captures d’écran : c’est le volume du constat que nous avons fait dresser le 27 juillet 2023 selon la norme AFNOR Z67-147. Il fige l’accueil, la rubrique « Company » et la page de contact, avec un horodatage qualifié. L’adresse technique touchée ce jour-là, 172.67.212.109, appartenait au réseau du diffuseur qui hébergeait également la zone : la vitrine était donc servie derrière un écran de protection, ce qui ne renseigne en rien sur le sérieux de l’ensemble.

Le contenu commercial, lui, est parfaitement lisible. L’accueil déclinait une promesse unique, « augmentez votre capital chaque jour », puis détaillait les instruments proposés : Forex, actions, indices, métaux précieux et énergies, avec un levier annoncé jusqu’à 1:300, des écarts de cotation présentés comme serrés, aucune commission, une exécution « sans intervention d’un bureau de négociation » et des ordres décrits comme remplis en moins de quatorze millisecondes. La rubrique « Company » ajoutait une portée mondiale : plus de 450 instruments financiers, un service client annoncé disponible « 5/24 », et l’ambition de devenir le premier fournisseur de CFD, en Europe comme en Asie.

Une image attractive de VNG Group : attention danger à l'escroquerie au tournant !
La page d’accueil conservée par notre constat de juillet 2023, entre promesse de rendement et couleurs d’emprunt

Trois formules de compte étaient proposées : « Basic » à partir de 250 dollars, « Plus » à 1 000 dollars, présentée comme la plus populaire, et « Pro » à 15 000 dollars, un « bonus de bienvenue » étant mentionné dès le premier palier. Le même site prévient enfin qu’environ 64 % des comptes d’investisseurs perdent de l’argent en négociant des CFD : la vitrine organisait donc elle-même la répartition entre ce qu’elle promettait en haut de page et ce qu’elle admettait en bas.

Un slogan mesuré pour une mécanique de collecte

Le choix du slogan n’est jamais anodin. Les dispositifs les plus redoutables ne sont pas ceux qui promettent de tripler une mise en quelques semaines, mais ceux qui avancent un gain modeste et crédible, répété chaque jour, en laissant à l’intéressé le soin d’imaginer la suite. « Augmentez votre capital chaque jour » appartient à cette seconde famille : la formule ne chiffre aucun rendement, donc rien de directement contestable, mais elle installe l’idée d’une progression continue, entretenue sans effort apparent.

Le juridique, lui, était vide. Aucune des pages conservées ne mentionne une société exploitante, un numéro d’immatriculation, une adresse de siège ou une autorisation d’exercice. L’onglet intitulé « Policies » rassemblait une douzaine de documents (conditions générales, politique de dépôt et de retrait, procédure de remboursement, vérification d’identité, lutte contre le blanchiment, avertissement sur les risques, confidentialité, cookies), soit un empilement de textes sans titulaire identifié. La formule employée en 2023 par notre première enquête reste exacte : ce site était représenté par son propre nom.

De ce vide découle la suite du dossier. Un dispositif qui ne désigne personne ne peut être convoqué devant un régulateur, et il ne laisse, lorsque le nom s’éteint, qu’une adresse technique et des relevés de paiement. La question posée à une personne trompée n’est donc pas « ce site était-il autorisé ? », mais « qui a reçu les fonds, et par quel intermédiaire ? ».

Un thème commercial et des modules tiers comme socle

Techniquement, la vitrine reposait sur une installation WordPress en version 6.2.2, habillée d’un thème commercial vendu sur une place de marché et accompagnée d’un module de gestion multilingue en version 4.4.10. Le constructeur de pages habituel de cette famille de sites (WPBakery, version 6.7.0) portait la mise en page, complété par un carrousel d’accueil (Slider Revolution 6.5.8), un formulaire de contact (Contact Form 7 5.5.6) et un jeu de tables tarifaires. Trois extensions plus discrètes servaient l’animation du texte, le défilement de page et l’affichage de vidéos.

Les éléments de marché, eux, étaient empruntés à des services publics : les graphiques et les cotations provenaient des widgets d’un fournisseur de données boursières, chargés depuis son domaine, où une sélection de paires de devises et de contrats à terme avait été configurée. Les polices de caractères étaient appelées depuis la bibliothèque de Google. Aucun moteur de négociation, aucune passerelle de courtage, aucun logiciel de trading n’apparaît dans ces relevés : tout ce que la vitrine montrait du marché relevait de l’affichage.

Deux plateformes de paiement étaient en revanche bien présentes, l’une pour l’encaissement, l’autre pour l’authentification renforcée du porteur de carte. C’est le seul endroit du site où une transaction devenait techniquement possible, et c’est aussi celui qui laisse des traces exploitables. Aucune de ces briques n’est propre à un courtier : l’ensemble décrit un site monté avec des composants grand public, accessibles sans compétence particulière.

Une adresse à la Dominique et un téléphone resté vide

La page de contact résume à elle seule le dossier. Un champ « téléphone » y figure, laissé vide ; l’unique moyen de joindre la plateforme est une boîte courriel rattachée au nom de domaine, et l’adresse déclarée est « 8 Copthall, Roseau Valley, 00152 Commonwealth of Dominica », dans une île des Petites Antilles qui n’est pas un centre financier. Aucun nom de personne, aucune raison sociale, aucun numéro d’enregistrement n’accompagne cette adresse.

VNG Group un soutien exceptionnel, si ils avaient le telephone...
La page de contact telle qu’elle a été conservée : une adresse déclarée dans la Caraïbe, aucun numéro de téléphone

Le pied de page complète le tableau. Il affiche un copyright remontant à 2020, soit deux ans avant la création du nom, et la vitrine revendique par ailleurs des investisseurs fondateurs forts de quinze années d’expérience, sans jamais préciser de qui il s’agit. Sur ce point précis, le régulateur français est muet : ni le nom ni l’enseigne ne figurent dans les fichiers de listes noires publiés par le site de l’AMF, ce qui ne dit rien d’autre que l’absence de signalement à ce jour.

D’autres dossiers traités ici présentent la même combinaison d’une domiciliation déclarée à l’étranger et de coordonnées qui s’éteignent en même temps que la vitrine : notre enquête consacrée à Foxane documente ainsi une adresse déclarée à Saint-Vincent-et-les-Grenadines et deux adresses sorties du service.

Ce qu’il reste à réunir quand le site ne répond plus

Pour une personne qui a traité avec cette vitrine, la disparition du nom ne retire rien aux pièces déjà constituées. Les relevés bancaires des virements exécutés, les confirmations reçues du prestataire d’encaissement, les courriels échangés avec la boîte de support rattachée au domaine, les captures d’écran de l’espace client et l’historique d’une conversation par messagerie instantanée restent opposables. Notre constat du 27 juillet 2023, avec son horodatage qualifié, s’y ajoute pour établir ce que la vitrine affirmait à cette date, y compris ses paliers d’entrée à 250, 1 000 et 15 000 dollars.

La démarche utile consiste ensuite à identifier l’intermédiaire qui a effectivement encaissé les fonds, puis, le cas échéant, l’établissement qui a laissé passer les ordres. Cette recherche ne dépend pas du site : elle dépend des libellés portés sur les relevés et des coordonnées de compte utilisées pour la réception. C’est précisément là que se logent les conventions passées avec la plateforme, et non dans les conditions générales publiées, qui ne désignaient aucun cocontractant.

L’entretien filmé ci-dessous a été accordé par Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont le barreau d’exercice est celui de Paris. Il y est question de la responsabilité d’une banque appelée à réparer un préjudice, et de la manière dont un intermédiaire peut être recherché lorsque la plateforme ne désigne plus personne.

Sur le plan pénal, la saisine du procureur de la République reste ouverte : le constat horodaté, les pages conservées et les relevés de paiement forment un ensemble assez précis pour étayer une plainte, indépendamment de la disparition du nom.

Trois questions sur ce que le nom est devenu

Les documents réunis pendant l’activité du site gardent-ils une valeur aujourd’hui ?

Ils gardent toute leur valeur, et ils constituent même la seule matière qui subsiste : l’adresse ne répond plus et aucune page n’est consultable, mais un relevé de virement, une confirmation de paiement ou un courriel adressé à la boîte de support datent précisément la relation et désignent les intermédiaires. Le constat du 27 juillet 2023 fixe de son côté ce que la vitrine annonçait à cette date.

Pourquoi aucune société ni aucun régulateur n’apparaissaient-ils sur cette vitrine ?

Les trois pages conservées ne comportent ni raison sociale, ni numéro d’immatriculation, ni adresse de siège, ni référence à une autorisation d’exercice. L’onglet « Policies » rassemblait pourtant des documents juridiques abondants, mais aucun d’eux n’indiquait qui exploitait la plateforme. Cette absence n’est pas une négligence de mise en page : elle empêche de rattacher les engagements pris à une personne morale identifiable.

Le nom vnggroup.co a été enregistré de nouveau en novembre 2025 : faut-il en tenir compte ?

Pour une seule raison : cela rappelle que l’adresse n’est pas restée libre et qu’elle pourra resservir un jour. Ce nouvel enregistrement ne porte aucun serveur de noms et aucune page n’est servie ; aucun élément de nos relevés ne permet de le relier à l’exploitation décrite ici. Une vitrine qui réapparaîtrait demain à cette adresse n’aurait donc aucune raison d’être présentée comme la suite légitime du site de 2023.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 15/09/2026

1 Comment

  1. Mendes dit :

    Bonjour.
    J’ai été arnaque pour cette société,
    4200€ en USDC moi derrière.
    vous pouvez m’aider?

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