Megainvestco aura été l’une de ces vitrines de courtage montées à la hâte : un slogan intraduisible, plus de 10 000 actions annoncées, une adresse en Suisse sans le nom d’une seule société, et des mentions légales qui parlaient encore d’un autre courtier.
Nos vérifications du 15 septembre 2026 montrent que le registre du .com ne rend plus de fiche à megainvestco.com, dont l’adresse comme le préfixe www ne répondent plus désormais. La vitrine qui visait les épargnants francophones n’existe donc plus, mais notre constat du 1er août 2023, dressé selon la norme AFNOR Z67-147 sur dix-neuf pages, en conserve la trace page par page.
Dernière mise à jour : 15/09/2026
Sommaire
- Un nom d’octobre 2022 dont le registre du .com ne rend plus la fiche
- Notre constat du 1er août 2023 : dix-neuf pages conservées de la vitrine
- Une adresse en Suisse sans le nom d’une seule société
- Des mentions légales empruntées à un courtier bien réel
- Copy trading, cotations en direct et encaissement tiers dans les mêmes pages
- Ce qu’un dossier peut encore établir après l’extinction du site
- Megainvestco : ce que les lecteurs nous demandent encore
Un nom d’octobre 2022 dont le registre du .com ne rend plus la fiche
Au 15 septembre 2026, le fichier des enregistrements du .com ne comporte plus aucune entrée à ce nom : aucune des adresses associées, ni celle du site ni son préfixe www, ne sert plus la moindre page. Un second contrôle, portant le même jour sur un autre nom enregistré du même registre, a bien rendu sa fiche : la disparition constatée n’est pas un incident de consultation. L’absence de fiche pour megainvestco.com est donc un résultat constaté et non un artefact technique. La vitrine opérée sous l’enseigne « Megainvestco » n’aura donc existé que deux ans environ, entre son enregistrement à l’automne 2022 et l’échéance annoncée à l’automne 2024, sans que rien n’ait jamais permis d’identifier l’exploitant.
Les données d’enregistrement que nous avions relevées dans notre constat du 1er août 2023 permettent de retracer l’histoire technique de ce nom. Il avait été créé le 17 octobre 2022, modifié pour la dernière fois le 28 juillet 2023, et son échéance était alors annoncée au 17 octobre 2024. Le bureau d’enregistrement était Namecheap INC, identifiant IANA 1068, joignable pour tout signalement à l’adresse [email protected]. L’identité du titulaire restait masquée, l’adresse déclarée renvoyant à un prestataire de protection de l’identité à Reykjavik. Le verrouillage du transfert était activé, assorti d’une période de renouvellement. Le registre, lui, n’était pas protégé par une signature. Les serveurs de noms déclarés étaient june.ns.cloudflare.com et zod.ns.cloudflare.com.
Nos recherches menées le 15 septembre 2026 n’ont pas davantage trouvé de trace de ce nom du côté du régulateur français : aucune entrée portant megainvestco.com ne figurait dans les avertissements qu’il publie. Cette absence ne vaut pas quitus et ne doit pas être lue comme telle. Ces avertissements sont des documents publics, consultables directement auprès de l’Autorité des marchés financiers. Cette absence est un résultat de nos recherches et ne constitue en aucun cas une garantie de régularité. D’autres noms ont connu le même sort que megainvestco.com : nous avons documenté notamment le faux courtier en CFD dont le nom s’est éteint, un dossier qui présente des similitudes frappantes avec celui-ci.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Notre constat du 1er août 2023 : dix-neuf pages conservées de la vitrine
Dressé selon la norme AFNOR Z67-147, marqué par un horodatage qualifié et par un horodatage de référence, le constat internet établi le 1er août 2023 représente la pièce centrale de ce dossier. Il compte dix-neuf pages et a été réalisé sans authentification préalable, sans injection de code et sans greffon de navigateur, dans des conditions qui garantissent la fidélité de la reproduction aux pages effectivement servies ce jour-là.
L’adresse cible retenue était https://www.megainvestco.com/fr/, soit la version française de la vitrine, celle que les épargnants francophones se voyaient proposer. La capture a été ouverte à 12 h 03 et close à 12 h 06, soit une durée de 181 secondes. Trois pages source ont été conservées : la page d’accueil et deux pages internes. Le journal réseau atteint 1 308 617 octets. Neuf captures d’écran ont été produites, la première mesurant 1 911 par 1 838 pixels. L’adresse technique du serveur ciblé au moment de la capture était 172.67.166.217, localisée aux États-Unis. Une copie de la page d’accueil a en outre été déposée le même jour dans une archive publique.
La valeur de cette pièce se mesure précisément au fait que la vitrine n’existe plus. Tant que le site fonctionnait, n’importe quel internaute pouvait vérifier ce qui y était affiché. Depuis que le registre du .com ne rend plus la fiche de ce nom, il n’est plus possible de consulter les pages de la vitrine par les voies ordinaires. Le constat, lui, a figé leur contenu dans un état daté, signé et techniquement irréfutable : il décrit la vitrine dans son état de fonctionnement du 1er août 2023, et cette description reste pleinement utilisable aujourd’hui pour établir ce qui était proposé, comment c’était présenté, et à quels serveurs les pages étaient rattachées.
Une adresse en Suisse sans le nom d’une seule société
Le pied de page de la vitrine affichait, sous la rubrique « About Us », une adresse physique libellée ainsi : « Address: Switzerland, Langfeldstrasse, 6 Gossau SG 9200 CH ». Cette adresse est en Suisse. Aucun nom de société n’y était associé, aucun numéro d’immatriculation n’était indiqué, aucune forme juridique n’était précisée. La vitrine se présentait comme un opérateur de courtage offrant des services à des clients du monde entier, sans jamais nommer la personne morale ou physique qui l’exploitait.

La seule boîte de contact rattachée au domaine était [email protected], une adresse portant un suffixe différent du nom de domaine principal. Aucune autre coordonnée de contact n’était affichée. Le copyright mentionné en bas de page était libellé « Copyright©2022 Megainvestco All Rights Reserved », ce qui confirme que le nom commercial utilisé était bien « Megainvestco », sans que cela recouvre une entité juridique identifiable.
Dans le même espace, la vitrine affichait deux mentions d’une portée considérable : « Reconnu par plus de 4 millions de personnes dans le monde » et « Réglementation mondiale et protection des fonds distincts ». Ces affirmations n’étaient accompagnées d’aucun document, d’aucun numéro d’agrément, d’aucune référence à un régulateur nommé et d’aucune procédure de protection identifiable. Par ailleurs, une phrase de remplissage avait été laissée telle quelle dans le corps des pages : « Notre approche est collaborative et adaptative. veulent que les clients soient immergés dans les méthodologies mondiales Phosfluorescently engage avec. » Cette phrase, dépourvue de sens, figure dans les pages conservées par notre constat sans avoir fait l’objet d’aucune correction avant la date de celui-ci. L’écart entre les promesses affichées et l’absence totale d’identification de l’exploitant est l’un des traits les plus saillants de ce dossier.
Des mentions légales empruntées à un courtier bien réel
Parmi les pages conservées par notre constat figure la page de mentions légales de la vitrine. On y trouve, reproduite mot pour mot, la phrase suivante : « Depuis notre lancement en 2011, plus de 4 millions de personnes dans le monde ont choisi FXTM comme partenaire commercial et des milliers de nouveaux traders continuent de nous rejoindre chaque mois. » FXTM est le nom d’un courtier bien réel, parfaitement étranger à ce site. Ce nom n’apparaissait nulle part ailleurs dans les pages de la vitrine Megainvestco. Le texte d’un autre opérateur avait été reproduit dans les mentions légales sans que rien n’en soit retiré ni corrigé avant la date de notre constat.

Le fait que cette phrase soit restée en place suggère que les pages de mentions légales ont été constituées à partir de textes préexistants sans relecture suffisante. Nous ne tirons aucune conclusion sur l’auteur de ces textes ni sur la régularité de l’opérateur auquel ils appartiennent : nous décrivons un fait constaté dans les pages conservées. Ce type de situation n’est pas sans précédent dans les dossiers que nous avons instruits : nous avons documenté de façon similaire la fausse banque qui n’avait pas retiré de ses textes le nom d’un établissement réel, un cas où le même mécanisme avait été relevé dans les pages conservées.
Copy trading, cotations en direct et encaissement tiers dans les mêmes pages
La vitrine Megainvestco proposait un éventail de services présentés comme complets. Une rubrique intitulée « Copy Trading : suivre commerçants les plus performants » figurait parmi les offres mises en avant. L’ensemble de l’offre comprenait plus de 60 paires de devises accessibles via la plateforme MT4, plus de 10 000 actions de grandes sociétés, des indices, des CFD sur crypto-actifs, des fonds négociés en bourse, ainsi que des serveurs privés virtuels présentés comme utiles au scalping et aux programmes experts. Le slogan retenu était « Technologie axée sur les performances et ultra-basse propagation », et la question posée aux visiteurs était « Avec quoi pouvez-vous échanger Mégainvestco? ».


Nos relevés techniques sur les pages conservées dessinent une pile montée exclusivement à partir de briques publiques et de composants tiers. La diffusion de contenu et l’hébergement étaient assurés par Cloudflare, avec prise en charge du protocole HTTP/3 annoncée par un en-tête. Les polices de caractères étaient servies par l’API de polices de Google. La bibliothèque d’interface utilisée était Twitter Bootstrap. jQuery était accompagné d’une série de modules d’animation et de présentation : un diaporama à effets, une galerie d’images, un carrousel tactile à défilement, une bibliothèque d’effets d’apparition au défilement et une bibliothèque de positionnement des infobulles. Les images étaient servies au format WebP. Les pages étaient déclarées en HTML5 et en UTF-8, avec une balise d’affichage adaptée aux écrans mobiles et un en-tête de compatibilité avec les anciens navigateurs.
Le journal réseau de la capture va plus loin. Il montre l’appel de composants de cotation TradingView, d’un module de la plateforme Twitter, d’un service d’authentification des paiements par carte et d’une page de paiement du prestataire indien Razorpay. La présence de ce dernier composant signifie que des flux financiers pouvaient transiter par un prestataire de paiement tiers, sans que rien dans la vitrine ne permette d’identifier vers quel compte ou quelle entité les fonds auraient été dirigés. Aucune de ces briques ne constitue une infrastructure de marché propre : la vitrine Megainvestco était assemblée à partir de composants disponibles publiquement, sans qu’aucun élément technique ne vienne attester d’une capacité réelle d’exécution des ordres.
Pour mieux comprendre les mécanismes juridiques mis en œuvre dans des dossiers d’escroquerie et de faux investissements, Maître Goce Novakov, avocat établi à Paris, membre du barreau, revient sur deux décisions rendues au Mans et à Toulouse, et sur l’indemnisation obtenue par les personnes trompées dans ces affaires.
Ce qu’un dossier peut encore établir après l’extinction du site
Le nom ayant cessé d’être enregistré et ses pages n’étant plus servies, la question qui se pose à ceux qui ont été en contact avec cette vitrine est de savoir ce qu’il est encore possible d’établir. Du côté des pièces déjà constituées, notre constat du 1er août 2023 reste pleinement opérant : ses neuf captures d’écran, ses trois pages source, son journal réseau de 1 308 617 octets et la copie déposée le même jour dans une archive publique décrivent avec précision ce que la vitrine affichait, ce qu’elle promettait et les serveurs auxquels elle était rattachée. Les données d’enregistrement relevées à l’époque, notamment la date de création du nom, le bureau d’enregistrement, le titulaire masqué à Reykjavik et les serveurs de noms Cloudflare, constituent autant d’éléments qui peuvent être versés dans un dossier.
Du côté des pièces que les personnes concernées doivent réunir de leur côté, la disparition du site ne modifie pas l’essentiel. Les relevés bancaires attestant des virements effectués vers les comptes indiqués par les interlocuteurs de Megainvestco, les échanges écrits avec ces mêmes interlocuteurs (courriels, messages, historiques de conversation), les pièces transmises lors de l’ouverture d’un compte sur la vitrine et les captures d’écran que les personnes concernées auraient elles-mêmes conservées à l’époque demeurent des éléments recevables. Ces pièces permettent d’établir la réalité du contact avec la vitrine, la nature des fonds engagés et les conditions dans lesquelles ils ont été versés.
La voie pénale reste ouverte. Les personnes ayant viré des fonds sur la foi des promesses de Megainvestco peuvent s’appuyer sur les pièces listées ci-dessus pour initier une démarche. Le rappel des voies de droit figure sur la page que nous consacrons aux recours devant le juge répressif : on y trouve, pour un dossier de ce genre, la juridiction à saisir et la forme que doit prendre le dépôt.
Megainvestco : ce que les lecteurs nous demandent encore
Au 15 septembre 2026, le fichier du registre .com ne comporte plus d’entrée pour megainvestco.com, et aucune des adresses associées ne répond. Les pages de la vitrine ne sont plus accessibles par les voies ordinaires. En revanche, notre constat du 1er août 2023, dressé selon la norme AFNOR Z67-147 sur dix-neuf pages, a conservé une description complète de ce qui était affiché à cette date : trois pages source, neuf captures d’écran et un journal réseau de plus d’un million d’octets restent disponibles comme pièces.
Oui, et c’est même dans cette situation qu’elles prennent tout leur sens. Le constat du 1er août 2023 décrit la vitrine Megainvestco telle qu’elle fonctionnait, avec l’adresse du serveur ciblé, les pages source, les captures d’écran et les données d’enregistrement du nom à cette date. Ces éléments permettent d’établir ce que la vitrine proposait, comment elle se présentait et quels composants techniques elle utilisait pour encaisser des paiements, notamment via le prestataire indien Razorpay. Ce type de pièce est recevable dans une procédure pénale ou civile.
La disparition du nom megainvestco.com et l’impossibilité de joindre un interlocuteur sont des éléments à consigner immédiatement. Rassemblez tous les relevés bancaires attestant des virements effectués vers les coordonnées indiquées par la vitrine, conservez tous les échanges écrits où vos interlocuteurs se présentaient comme les représentants de Megainvestco, et réunissez les pièces transmises lors de l’ouverture de votre compte. Ces documents forment le socle d’un dossier pénal. Le détail des pièces attendues et la juridiction à saisir figurent sur la page que BrokerDefense consacre aux recours ouverts aux épargnants trompés.
Megainvestco.com a fonctionné sous une version française soignée, avec un sélecteur de langues, une adresse affichant la Suisse et des promesses de réglementation mondiale, sans jamais nommer la société exploitant la vitrine ni fournir un numéro d’agrément vérifiable. Des épargnants francophones ont pu y verser des fonds sur la foi de cette présentation. Aujourd’hui que ce nom ne répond plus et que la vitrine n’est plus accessible, les pièces conservées par notre constat restent la principale trace de ce qui leur a été proposé.
Si vous avez été en contact avec Megainvestco, que vous avez viré des fonds ou simplement ouvert un compte, BrokerDefense peut examiner votre situation à partir des pièces que vous avez conservées et vous indiquer les démarches adaptées à ce dossier précis.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 15/09/2026



5 Comments
J’AI OUVERT UN COMPTE AVEC 220€ et FOURNI JUSTIF DE DOMICILE ET COPIE CARTE D4IDENTITE. PAS GRAVE POUR LES 220€ MAIS AVEZ VOUS UN RETOUR D’INFOS SUR UNE POSSIBLE USURPATION D’IDENTITE,?
Gérard NEVEU
[email protected]
Une usurpation d’identité est toujours possible, mais peu probable. Dans le doute, faites une plainte pour que vous soyez reconnu comme victime.
J’AI DEJA ENVOYE UN COMMENTAIRE ET LE DETAIL DE L’OPERATION A LAQUELLE ILS INSISTAIENT POUR QUE JE M’ENGAGE.
DOMMAGE QUE JE N’AI PAS PU LIRE VOTRE ARTICLE AVANT D’ouvrir un compte chez eux.
Effectivement c’est une arnaque j’ai perdu de l’argent ils te font croire que tu as un gain sur un placement et te demande de virer de l’argent pour récupérer ton gain et ils disparaissent attention arnaque j’ai fait une dénonciation on verra la suite