Becoins.net arnaque : le nom réapparaît au registre .net

Le domaine becoins.net, dénoncé par BrokerDefense dès le 4 août 2018 comme une plateforme frauduleuse de cryptomonnaies, avait été intégralement retiré du registre .net à l’été 2026. Il y est depuis reparu : le 18 septembre 2026, le label a été ré-enregistré par un titulaire anonyme, sans qu’aucune adresse réseau ne soit publiée. Le nom est donc repris sans qu’aucune vitrine ne soit servie, et aucune copie publique conservée du site d’origine ne subsiste : les victimes de 2018 ne disposent que de leurs propres captures d’écran.

Dernière mise à jour : 16/10/2026

Ré-enregistré le 18 septembre 2026, le nom becoins.net reste sans vitrine

En août 2026, nos contrôles techniques avaient confirmé la radiation du domaine : l’interrogation directe du registre .net exploité par VeriSign renvoyait « No match for BECOINS.NET » et le service d’annuaire public ne retournait plus aucune donnée. Le constat a changé depuis. Le registre porte de nouveau ce label, avec une date de dépôt au 18 septembre 2026 et une échéance au 18 septembre 2027 : quelqu’un a repris l’enregistrement.

Cette reprise ne s’accompagne d’aucune mise en service. La zone du nom ne publie ni adresse IPv4 ni adresse IPv6, aucune entrée de messagerie n’est déclarée, et seuls quatre serveurs de noms, hébergés sur l’infrastructure d’Amazon Web Services, répondent à l’appel. Le label est donc tenu, sans qu’aucune page ne soit servie. Cet état intermédiaire n’a rien d’anodin : il permet de remettre une vitrine en service en quelques minutes, sans repasser par un dépôt.

Le rattachement du nouveau dépôt reste masqué. Un prestataire d’anonymisation, whoisproxy.com, figure comme contact pour le compte d’un titulaire sans identité, et l’adresse de signalement renvoie vers le service de confiance du registrar lui-même, Amazon Registrar. Cette opacité tranche avec l’ancien enregistrement : la radiation de l’été 2026 a emporté les métadonnées de la période 2018-2026, si bien qu’aucune date de création, aucun titulaire et aucun historique de la première exploitation ne sont plus consultables. Retrouver les opérateurs d’origine suppose désormais de travailler sur d’autres sources que le registre.

Cette disparition suivie d’une reprise discrète n’a pas d’équivalent exact parmi les dossiers que nous suivons. Le rapprochement le plus proche reste notre enquête sur Rockford-top.com, disparu sans laisser de trace après avoir fonctionné comme plateforme crypto éphémère : dans les deux cas, la suppression puis la remise en circulation du nom brouillent la piste de ceux qui l’exploitaient. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier vous-même l’état de cet enregistrement et sa date de reprise.

Un « prix d’excellence » de 2015 décerné à un domaine né en 2018

L’un des premiers signaux d’alerte relevés dans notre enquête originale portait sur une mention particulièrement révélatrice : le site becoins.net affichait fièrement un prétendu « prix d’excellence » qui lui aurait été décerné en 2015. Le problème est simple et imparable : le nom de domaine becoins.net a été enregistré en 2018, soit trois ans après la date de ce soi-disant prix. Une entité ne peut pas recevoir une récompense avant d’exister.

Ce type d’incohérence chronologique est un marqueur classique dans les arnaques financières sur internet. Les opérateurs cherchent à donner à leurs plateformes une apparence de légitimité et d’ancienneté, deux critères que les investisseurs associent naturellement à la fiabilité. Fabriquer un historique fictif, afficher de faux logos de partenaires ou de prétendues récompenses issues d’organisations inexistantes ou non vérifiables : ces procédés visent à rassurer une cible qui ne dispose pas des outils pour croiser les dates. Dans le cas de becoins.net, l’écart de trois ans entre la date du prix et celle de la création du domaine est suffisamment flagrant pour être détecté par une vérification élémentaire dans n’importe quel registre public, ce que la majorité des victimes potentielles n’effectue pas spontanément.

Une adresse fictive et une société britannique introuvable

Au-delà de la manipulation chronologique, becoins.net présentait plusieurs autres signaux de fraude documentés dès 2018. Le site indiquait une adresse postale qui, à l’examen, n’était rattachée à aucune structure réelle vérifiable. Cette pratique est cohérente avec le mode opératoire des plateformes frauduleuses qui ont besoin d’une adresse pour simuler une présence physique sans jamais y maintenir de bureau ou d’équipe accessible.

Le site prétendait également relever d’une société immatriculée au Royaume-Uni, ce qui constituait alors une tentative d’emprunt de crédibilité institutionnelle. Nos vérifications effectuées en 2026 auprès du registre Companies House confirment qu’aucune société portant le nom « becoins » n’y figure, ni sous forme active ni sous forme dissoute. Cette affirmation était donc mensongère dès l’origine. Plus révélateur encore : bien que se présentant comme une entité britannique, le site ne proposait aucune version en langue anglaise et n’affichait aucun numéro de téléphone. Une société légitimement établie au Royaume-Uni et opérant à destination d’une clientèle anglophone dispose systématiquement d’au moins un contact téléphonique et d’un contenu dans la langue du pays d’enregistrement.

Les contenus du site ajoutaient une couche supplémentaire de tromperie en décrivant les cryptomonnaies comme un vecteur d’investissement à rendements simplifiés, sans risques, accessibles à tous. Ces affirmations sont fausses et contraires aux avertissements de l’ensemble des autorités financières européennes. Comme l’illustre également notre enquête sur Aayokx, clone d’OKX sorti du DNS par son registrar, les plateformes frauduleuses dédiées aux cryptomonnaies s’appuient systématiquement sur ce type de promesses simplifiées pour attirer des investisseurs peu familiers avec les marchés numériques.

Après une arnaque à l’investissement, la récupération des fonds soulève vite une difficulté de droit bancaire : lorsque l’argent a été reçu sur un compte tenu hors de France, il faut établir quel juge peut être saisi et ce qui peut être reproché à la banque réceptrice. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont le barreau d’appartenance est celui de Paris, traite précisément ce point dans un entretien consacré à l’assignation des établissements bancaires étrangers devant les juridictions françaises : compétence des tribunaux, loi applicable, fait dommageable commis en France, devoir de vigilance et indemnisation des victimes y sont examinés l’un après l’autre.

Ni FCA, ni AMF : une absence totale de régulation

En 2018, becoins.net ne disposait d’aucune autorisation délivrée par une autorité financière compétente. La Financial Conduct Authority britannique, la FCA, n’avait accordé aucun agrément à une entité de ce nom. L’Autorité des marchés financiers française, l’AMF, n’avait procédé à aucun enregistrement ni délivré aucune autorisation à becoins.net. Cette double absence de régulation, dans les deux juridictions que la plateforme prétendait ou suggérait toucher par sa présentation, constituait à elle seule une raison suffisante de se tenir à l’écart.

En 2026, nos vérifications sur la liste noire de l’AMF ne font pas apparaître le nom becoins.net. Cette absence ne constitue pas un signe de régularité : elle reflète simplement le fait que la plateforme a disparu avant d’y être formellement inscrite, ou que son inscription a depuis été purgée des bases actuellement consultables. Le site n’apparaît pas non plus sur la liste de la CySEC, le régulateur chypriote. La disparition administrative du nom de domaine s’accompagne donc d’une disparition parallèle des traces réglementaires, ce qui rend d’autant plus difficile pour une victime de produire une documentation complète à l’appui d’une plainte.

Le score de risque attribué à becoins.net par notre analyse technique s’établit à 6 sur 10, ce qui reflète à la fois la gravité des signaux relevés en 2018 et les limites inhérentes à l’évaluation d’une entité aujourd’hui totalement sortie des registres. Ce score aurait été nettement plus élevé si davantage de données techniques avaient été disponibles.

Un service de notation communautaire recense ce nom et lui attribue un indice de confiance faible, de 25 %. La mesure est consultable : la fiche publique d’évaluation du nom. Elle porte sur le comportement observable du domaine et ne dit rien d’un éventuel agrément.

Fonds versés en cryptomonnaies sur Becoins : comment tenter de les récupérer

Les victimes de becoins.net ont effectué leurs versements en cryptomonnaies, principalement en Bitcoin et en altcoins, sur une plateforme qui ne disposait d’aucune infrastructure réelle d’investissement. Les fonds transitaient directement vers des portefeuilles contrôlés par les opérateurs, sans aucune contrepartie réelle. Cette modalité de paiement crée une difficulté spécifique : les transactions en cryptomonnaies sont par nature pseudonymes et irréversibles. Contrairement à un virement bancaire pour lequel un établissement financier peut être sollicité en urgence, une transaction Bitcoin confirmée ne peut pas être annulée unilatéralement.

Il est cependant possible de retracer les flux sur la blockchain à condition de disposer des adresses de portefeuille vers lesquelles les fonds ont été envoyés. C’est l’une des raisons pour lesquelles la conservation de toutes les preuves disponibles est impérative : captures d’écran des interfaces du site, historiques de transactions exportés depuis les portefeuilles ou les plateformes d’échange utilisées pour l’envoi, courriels et messages échangés avec les pseudo-conseillers de becoins.net, relevés de tout contact téléphonique ou par messagerie instantanée. Ces éléments constituent le socle d’un dossier pénal recevable.

Le dépôt de plainte reste la voie formelle à privilégier. En France, les victimes peuvent s’adresser à la brigade de répression de la délinquance économique ou déposer plainte auprès du procureur de la République. Le dossier consacré à la procédure pénale en reprend chaque étape. La désignation d’un avocat spécialisé dans la fraude aux investissements peut également faciliter le signalement coordonné auprès des autorités compétentes.

Une mise en garde s’impose enfin sur les offres dites de « recovery ». Des tiers se présentent parfois spontanément aux victimes d’arnaques crypto, affirmant disposer de techniques pour récupérer les fonds perdus contre rémunération préalable. Ces propositions constituent dans la grande majorité des cas de nouvelles arnaques ciblant des personnes déjà fragilisées. Aucun prestataire légitime ne demande de paiement anticipé pour une procédure de récupération de fonds.

FAQ : ce que les victimes de becoins.net doivent savoir

Becoins.net existe-t-il encore ?

Le nom becoins.net figure de nouveau au registre .net depuis le 18 septembre 2026, mais aucune vitrine n’est servie sous ce label : la zone ne publie aucune adresse réseau et aucune page ne répond. La plateforme de 2018, elle, a bien cessé toute activité, et son enregistrement d’origine a été emporté par la radiation de l’été 2026.

Puis-je récupérer les cryptomonnaies envoyées à Becoins ?

Les transactions en cryptomonnaies sont pseudonymes et irréversibles : une transaction Bitcoin confirmée ne peut pas être annulée unilatéralement. Il reste possible de retracer les flux sur la blockchain si vous conservez les adresses de portefeuille, les historiques de transactions, les captures d’écran et les échanges avec les pseudo-conseillers. Le dépôt de plainte et l’accompagnement par un avocat spécialisé restent les voies à privilégier.

Becoins.net figurait-il sur une liste noire ?

Le nom n’apparaît pas sur la liste noire actuelle de l’AMF ni sur celle de la CySEC. Cette absence reflète la disparition complète de la plateforme, sortie des registres avant toute inscription formelle ou purgée des bases consultables. Elle ne constitue en aucun cas un signe de régularité.

Becoins.net illustre l’un des schémas les plus complets de la fraude aux cryptomonnaies sur internet : une fausse plateforme d’investissement construite sur des coordonnées fictives, une société britannique sans existence réelle, des promesses de rendements sans risques et une disparition totale dès que la pression réglementaire ou médiatique se fait sentir. En 2026, le label a changé de mains sans qu’aucune vitrine ne soit remise en service, aucune copie publique conservée ne subsiste et aucun responsable n’a été formellement identifié dans les registres publics. Ce cas rappelle l’importance de soumettre tout projet d’investissement en cryptomonnaies à une évaluation indépendante : BrokerDefense analyse les plateformes sur la base de critères techniques, réglementaires et historiques avant tout engagement financier.

Article réécrit le 16/10/2026

2 Comments

  1. Victor dit :

    Bonjour excusez moi de vous dérangez mais ma mère a eu un gros souci avec becoins et nous cherchons à retrouver son argent pensez vous pouvoir le récupérer ? (cela fait 1ans et demi que nous cherchons avec différents avocat)

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