Sommaire
- Le courriel qui servait au démarchage ne peut plus émettre pour ce nom
- Tenu chez un dépositaire de portefeuilles d’entreprises, il ne rend qu’une page vide
- Les variantes .fr, .net et .org du nom sont rangées chez le même dépositaire
- Le régulateur n’a jamais retiré la ligne datée du 25 octobre 2021
- Interroger la banque qui a exécuté les virements passés en 2021
- Les messages échangés avec les faux conseillers, et ce qu’ils permettent
- Ce que ce dossier de 2021 soulève encore comme questions
Le courriel qui servait au démarchage ne peut plus émettre pour ce nom
Au 26 septembre 2026, lafrancaise-management.com ne publie aucun enregistrement MX : la zone du nom ne désigne aucun serveur de messagerie. Le seul enregistrement TXT présent est « v=spf1 -all », une déclaration qui interdit formellement à tout serveur d’émettre du courrier au nom de ce domaine. Toute adresse de la forme pré[email protected] est donc techniquement inopérante, et c’est précisément par ce canal que les sollicitations de 2021 parvenaient à leurs destinataires.
Le versant web du nom n’est guère plus actif. Le port 80 accepte la connexion et retourne un code 200, mais la réponse ne contient que 94 octets dont le titre est vide : les adresses ne renvoient rien d’exploitable. Le port 443, lui, reste muet : aucune poignée de main sécurisée ne s’établit, donc aucun certificat n’est présenté. La variante www du nom pointe vers les mêmes deux adresses, 165.160.15.20 et 165.160.13.20, et se comporte de manière identique.
Ces deux adresses sont rattachées à Corporation Service Company, dont le siège se trouve à Greenville, dans le Delaware. Aucun enregistrement AAAA n’a été relevé pour ce nom, ce qui signifie qu’aucune adresse IPv6 ne lui est associée.
Le détail du registre, échéance comprise, est repris dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 26/09/2026
Tenu chez un dépositaire de portefeuilles d’entreprises, il ne rend qu’une page vide
La fiche du registre lue le 26 septembre 2026 indique que lafrancaise-management.com a été enregistré le 7 octobre 2021 et que son échéance tombe le 7 octobre 2026. Le dernier mouvement consigné remonte au 3 octobre 2025. Le bureau d’enregistrement est CSC Corporate Domains, portant l’identifiant IANA 299. Le statut du nom est « clientTransferProhibited » et un service de confidentialité tient le titulaire hors de vue. Les serveurs de noms sont dns1.cscdns.net et dns2.cscdns.net. L’adresse de signalement des abus communiquée au registre est [email protected].
La page réellement servie au 26 septembre 2026 se résume à 94 octets sans titre, derrière un code 200. Les journaux publics de certificats ne portent aucune entrée pour ce nom, ce qui écarte toute mise en service d’un serveur sécurisé à quelque moment que ce soit.
Dix copies publiques du nom ont été conservées, la plus ancienne datant du 16 août 2022. Les relevés du 16 août 2022, du 18 mai 2024 et du 11 septembre 2025 rendent tous la même page de 94 octets sans titre. Cette constance sur plus de trois ans établit que le nom n’a jamais rien servi au-delà de cette page vide, et que la campagne de courriels de 2021 constitue bien la seule activité réelle qui lui ait jamais été associée.
Les variantes .fr, .net et .org du nom sont rangées chez le même dépositaire
Notre analyse révèle que lafrancaise-management.fr, lafrancaise-management.net et lafrancaise-management.org reposent sur les mêmes serveurs de noms et les mêmes deux adresses que le .com. Ces trois variantes sont donc tenues par le même dépositaire, CSC Corporate Domains, dans une configuration technique identique.
Sept autres noms bâtis sur la même marque présentent le même rattachement aux serveurs de noms de CSC : la-francaise-am.com, la-francaise-gestion.com, lafrancaisegestion.com, lafrancaisegroup.com, la-francaise-group.com, la-francaise-immo.com et lafrancaisemanagement.com. Nos relevés les rapprochent d’un parc de noms tenu par un même dépositaire. Ces lectures décrivent une configuration technique partagée ; elles n’établissent aucune intention et ne permettent de désigner aucune personne.
Le nom imité en 2021 est celui d’une société de gestion d’actifs française dont l’ancienneté et la notoriété servaient de caution aux sollicitations. Cette société est étrangère à l’enregistrement et à l’exploitation de lafrancaise-management.com, dont aucun élément relevé ne permet de lui rattacher la moindre responsabilité. BrokerDefense a documenté des configurations comparables : quatorze noms usurpant une autre société de gestion d’actifs figuraient encore dans les registres après une mise en garde de l’AMF de juillet 2026, comme le montre notre dossier sur ce réseau de noms. Un schéma différent, mais tout aussi révélateur, est décrit dans l’analyse de l’usurpation d’une société suisse par un nom de deux mois.
Le régulateur n’a jamais retiré la ligne datée du 25 octobre 2021
La relecture, le 26 septembre 2026, du fichier des mises en garde de l’AMF a permis d’y retrouver cette ligne pour ce dossier. La ligne correspondant à lafrancaise-management.com y figure toujours, avec le libellé « Usurpation » et la date du 25 octobre 2021. L’entrée retenue par le régulateur est précisément la forme d’adresse pré[email protected], soit le canal exact par lequel les démarchages atteignaient leurs destinataires. Au 26 septembre 2026, cette ligne s’inscrit dans un fichier de 3 460 entrées.
Les vérifications menées auprès d’autres autorités n’ont rien produit : la CySEC ne publie aucune entrée à ce nom, et le registre britannique des sociétés n’en connaît aucune.
La présence continue de cette ligne depuis 2021 établit que le nom a bien fait l’objet d’un signalement formel pour usurpation d’identité. Elle ne dit rien sur l’identité des opérateurs de la campagne ni sur la localisation des fonds collectés, deux points que ce signalement seul ne permet pas de trancher.
Interroger la banque qui a exécuté les virements passés en 2021
La messagerie du nom étant désormais inopérante, les échanges de courriels conservés depuis 2021 représentent la trace la plus directe de ce qui s’est passé. Ces messages, signés de noms d’interlocuteurs se présentant comme des conseillers, constituent des pièces dont la valeur ne s’est pas réduite avec le temps.
Les ordres de virement exécutés à l’époque vers les coordonnées bancaires fournies par ces faux conseillers peuvent encore faire l’objet d’une demande d’explication auprès de l’établissement bancaire qui les a traités. Une banque ayant exécuté de tels ordres peut être interrogée sur les vérifications accomplies avant leur traitement, notamment dans le cadre de son obligation de vigilance.
Toute capture de l’espace personnel accessible depuis la plateforme de l’époque, tout relevé de transaction et tout document remis par les interlocuteurs doivent être rassemblés avant toute démarche, car ces pièces conditionneront la solidité d’un dossier ultérieur.
Maître Denitza Gueorguieva, avocate plaidant au barreau de Lyon, expose dans l’entretien ci-dessous les recours bancaires que peuvent engager les victimes d’un placement fictif, notamment lorsque les fonds ont transité par un virement ordonné sur la foi de fausses instructions.
Les messages échangés avec les faux conseillers, et ce qu’ils permettent
Les fonds engagés en 2021 l’ont été à la suite de sollicitations transmises par courriel depuis des adresses de la forme pré[email protected]. Ces courriels, s’ils ont été conservés, constituent des pièces directement exploitables : ils portent les adresses d’émission, les noms d’emprunt utilisés et parfois les coordonnées bancaires communiquées.
Les captures de l’espace personnel ouvert sur la plateforme de l’époque, même si celle-ci ne répond plus, gardent leur utilité pour établir la nature du placement présenté et les montants affichés. Combinées aux ordres de virement, elles permettent de documenter la séquence complète des faits.
Réunir ces pièces avant de contacter un avocat ou de déposer plainte est une étape décisive. La procédure pénale applicable à ce type de fraude requiert un dossier factuel aussi complet que possible dès le dépôt de plainte.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Ce que ce dossier de 2021 soulève encore comme questions
Non. Au 26 septembre 2026, la zone de lafrancaise-management.com ne contient aucun enregistrement MX et son unique enregistrement TXT, « v=spf1 -all », interdit à tout serveur d’émettre en son nom. Aucune adresse de la forme pré[email protected] ne peut techniquement fonctionner dans ces conditions.
La fiche du registre au 26 septembre 2026 indique une échéance au 7 octobre 2026 et un statut « clientTransferProhibited ». Le titulaire, tenu hors de vue par un service de confidentialité, a maintenu l’enregistrement actif jusqu’à cette date sans que le nom ait été mis au service d’un contenu identifiable depuis au moins août 2022.
Au 26 septembre 2026, la ligne correspondant à lafrancaise-management.com figure toujours dans le fichier des mises en garde de l’AMF, avec le libellé « Usurpation » et la date du 25 octobre 2021. Elle n’a pas été retirée et reste consultable sur le site de l’autorité.
Cinq ans après les premières sollicitations, lafrancaise-management.com ne répond plus par aucun canal utile : ni par courriel, dont l’infrastructure a été neutralisée, ni par une page web offrant la moindre information. Quiconque a reçu un message signé d’une adresse en @lafrancaise-management.com en 2021 et a transmis des fonds sur la foi de ces échanges peut encore agir : les courriels conservés, les ordres de virement et les captures de la plateforme d’alors forment un dossier que BrokerDefense peut examiner avant toute démarche formelle. Une évaluation préalable de votre situation par notre équipe vous permettra d’identifier les voies les mieux adaptées aux pièces dont vous disposez.
Article réécrit le 26/09/2026


