bbvam-privileges.com arnaque : effacement total du registre en 2026

Le 31 août 2026, la base du registre Verisign retourne « No match » pour bbvam-privileges.com et pour sa variante bbvam-privilege.com : les deux noms ont été effacés du registre des .com, sans laisser aucune fiche d’enregistrement, aucun serveur actif, aucune trace de titulaire. Cette disparition clôt définitivement l’existence technique d’un faux site d’investissement qui avait usurpé l’identité de BBVA Midas SA, banque portugaise réelle, et ciblé des épargnants français entre 2021 et 2023.

L’enquête publiée par BrokerDefense le 1er octobre 2021 avait documenté les mécanismes de cette usurpation : un domaine créé le 22 juillet 2021, un hébergement dont le titulaire était masqué, et une présentation commerciale revendiquant « plus de 40 ans d’expérience » pour une adresse web âgée de quelques semaines. L’Autorité des marchés financiers (AMF) avait elle-même inscrit bbvam-privileges.com sur sa liste noire le 29 septembre 2021, deux jours avant cette publication, avec le libellé « Usurpation ».

Les archives web confirment que le site a fonctionné au moins jusqu’en 2023, invitant ses victimes à effectuer des virements vers des comptes dont les bénéficiaires réels demeuraient inconnus. L’effacement total des deux noms du registre en 2026 marque la fin d’un dispositif frauduleux, mais ne dispense pas les personnes lésées d’engager les démarches nécessaires pour tenter de récupérer leurs fonds.

Le double effacement de bbvam-privileges.com et de sa variante

La vérification effectuée le 31 août 2026 auprès de la base du registre Verisign est sans ambiguïté : ni bbvam-privileges.com ni bbvam-privilege.com ne figurent plus dans la base des noms de domaine en .com. Le résultat retourné pour chacun des deux noms est « No match », ce qui signifie une suppression complète et non une simple mise en veille ou une expiration non renouvelée laissant subsister une fiche. Aucun serveur DNS n’est associé à ces noms, aucune adresse IP n’est résolue, aucune page n’est accessible.

Cette situation tranche avec ce qu’observaient les enquêteurs de BrokerDefense en octobre 2021 : le site était alors pleinement actif, affichait des pages de présentation de produits financiers, un espace client et des formulaires de contact invitant les épargnants à soumettre des fonds. Les archives web attestent d’une activité continue depuis septembre 2021 jusqu’en 2023. La variante bbvam-privilege.com, sans le « s » final, était utilisée par les mêmes opérateurs et partageait les mêmes caractéristiques visuelles et techniques.

L’effacement des deux noms survient dans le prolongement logique de l’inscription sur la liste noire de l’AMF, publiée le 29 septembre 2021 dans le portail ABE Infoservice, qui centralise les alertes de l’AMF et de l’ACPR. Le libellé retenu par le régulateur était explicite : « Usurpation ». Cette qualification désigne les acteurs qui s’approprient le nom, le logo ou la réputation d’un établissement financier légitime pour tromper des épargnants. Le fait que les deux noms aient aujourd’hui disparu du registre ne retire rien à la gravité des faits ni aux préjudices subis par les victimes qui ont effectué des virements entre 2021 et 2023.

Les personnes qui souhaitent vérifier la situation réglementaire d’un acteur financier peuvent consulter l’espace épargnants de l’AMF.

Dernière mise à jour : 31/08/2026

Une inscription pour usurpation, deux jours avant notre publication

Le 29 septembre 2021, l’AMF a inscrit bbvam-privileges.com sur la liste noire officielle des sites non autorisés à proposer des investissements en France. Le libellé retenu, « Usurpation », est l’un des plus graves que le régulateur puisse apposer : il signifie que l’opérateur ne se contentait pas d’exercer sans agrément, mais qu’il se présentait frauduleusement sous l’identité d’un établissement financier réel et reconnu.

Cette inscription est antérieure de deux jours à la publication de l’enquête BrokerDefense du 1er octobre 2021. Le régulateur avait donc précédé l’alerte journalistique, ce qui témoigne d’une réactivité notable face à un dispositif mis en ligne deux mois seulement avant son signalement. L’inscription figure dans le portail ABE Infoservice, qui centralise les listes noires de l’AMF et de l’ACPR et constitue la référence publique pour tout épargnant souhaitant vérifier la légitimité d’un acteur qui le démarche.

Le domaine avait été enregistré le 22 juillet 2021 et les premières traces d’activité repérées dans les archives web remontent à septembre 2021 : la fenêtre entre la création du domaine et l’inscription sur la liste noire aura donc été inférieure à dix semaines. Cela n’a pas empêché les opérateurs de collecter des virements de la part d’épargnants français attirés par une présentation professionnelle et des rendements annoncés attractifs.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

BBVA Midas SA, une banque réelle derrière le nom d’emprunt

BBVA Midas SA est un établissement bancaire portugais enregistré depuis 2002. Son existence légale, son ancienneté et sa réputation en faisaient une cible de choix pour des fraudeurs cherchant à crédibiliser une vitrine en ligne sans disposer du moindre agrément pour exercer en France. L’usurpation portait à la fois sur le nom de l’établissement et sur son image de marque, de façon à induire les épargnants en erreur sur la nature de l’entité avec laquelle ils pensaient traiter.

La contradiction la plus flagrante, relevée dès l’enquête d’octobre 2021, concernait l’argument commercial central du site : la revendication de « plus de 40 ans d’expérience ». Si cette affirmation pouvait être associée, dans l’esprit d’un visiteur inattentif, à la banque portugaise réelle fondée en 2002, elle devenait absurde appliquée au nom de domaine lui-même, enregistré le 22 juillet 2021, soit quelques semaines avant la mise en ligne du site. Un établissement respectable ne naît pas sur internet en juillet pour se targuer de quatre décennies d’expérience en septembre.

Cette contradiction entre l’ancienneté revendiquée et la date de création du domaine constitue l’un des signaux d’alerte les plus faciles à détecter pour un épargnant disposé à effectuer une vérification minimale avant de transférer des fonds. La banque portugaise réelle BBVA Midas SA n’était en aucune façon responsable des agissements de ceux qui ont exploité son nom : elle en a été la première victime, au sens de l’atteinte portée à sa réputation.

Une vitrine copiée et des clones alignés sur le même modèle

L’enquête d’origine avait identifié un élément particulièrement révélateur d’une exploitation industrielle du gabarit frauduleux : le numéro de téléphone affiché, les produits proposés et le contenu de la page intitulée « Nos valeurs » étaient identiques à ceux d’une autre déclinaison du nom circulant à la même époque. Cette duplication mot pour mot et mise en page identique ne résulte pas d’une coïncidence : elle indique que les opérateurs disposaient d’un gabarit unique, décliné sur plusieurs noms de domaine, produisant des clones alignés sur le même modèle pour multiplier les points de contact avec des victimes potentielles.

Le titulaire du domaine était masqué dès l’enregistrement : les données d’enregistrement publiques ne permettaient pas, à l’époque, d’identifier la personne physique ou morale qui avait réservé le nom. Cet hébergement anonyme est une pratique courante dans les dispositifs d’usurpation : elle vise à allonger le délai entre la mise en ligne et l’identification des responsables, tout en protégeant les opérateurs contre les demandes de blocage ciblées.

Le recours à un gabarit unique décliné en masse n’est pas propre aux opérateurs de bbvam-privileges.com. Le site rosehalde-ag.ch a ainsi servi de façade à une usurpation du nom d’une société suisse, que BrokerDefense a documentée le 27 août 2026. De même, dysart-capital.com a exploité l’image d’une autre société suisse réelle, selon un mécanisme que BrokerDefense a décrit le même jour. Dans chacun de ces cas, le nom d’un acteur légitime est emprunté pour habiller un site sans agrément destiné à collecter des virements.

Vous avez versé des fonds à la fausse BBVA : que faire ?

Si vous avez effectué un ou plusieurs virements vers les comptes indiqués par les opérateurs de bbvam-privileges.com, il est indispensable d’agir sans attendre, même si le site n’est plus accessible et que les noms de domaine ont disparu du registre. L’effacement du site ne supprime pas votre droit à obtenir réparation ni la possibilité de tracer les flux financiers.

Rassemblez l’ensemble des preuves disponibles : les ordres de virement exécutés, les relevés bancaires correspondants, les confirmations de réception envoyées par les soi-disant conseillers, les échanges de courriels ou de messages, ainsi que toute capture d’écran du site réalisée avant sa fermeture. Dans votre plainte pénale, mentionnez explicitement le nom de domaine bbvam-privileges.com et, le cas échéant, la variante bbvam-privilege.com si vous avez eu affaire aux deux adresses. Ces éléments permettront aux enquêteurs de relier votre dossier à d’autres victimes potentielles et de consolider les charges.

Pour comprendre les étapes de la procédure pénale et préparer votre plainte dans les meilleures conditions, consultez notre guide pratique : Le pénal / Porter plainte.

Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, revient dans la vidéo ci-dessous sur une victoire judiciaire obtenue devant le tribunal judiciaire du Mans dans un dossier d’escroquerie au faux investissement : la condamnation d’une banque pour manquement à son devoir de vigilance et l’indemnisation des victimes. Sa page de présentation est accessible sur le site de BrokerDefense : Me Anne Bernard-Dussaulx.

FAQ : les épargnants démarchés par bbvam-privileges.com ont-ils des recours ?

Le site bbvam-privileges.com existe-t-il encore ?

Non. La vérification effectuée le 31 août 2026 auprès de la base du registre Verisign confirme que bbvam-privileges.com et sa variante bbvam-privilege.com ont été effacés du registre des .com. Aucune fiche d’enregistrement ne subsiste pour l’un ou l’autre nom, aucun serveur ne répond et aucune page n’est accessible. Le site a fonctionné entre septembre 2021 et 2023, avant de disparaître définitivement.

Que faire si l’on a versé des fonds à cette fausse banque BBVA ?

Il faut réunir toutes les preuves disponibles : ordres de virement, relevés bancaires, échanges avec les soi-disant conseillers et captures d’écran du site. Puis déposer une plainte pénale en mentionnant explicitement le nom de domaine bbvam-privileges.com. Il est également conseillé de signaler les faits à la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur et de se rapprocher d’un avocat spécialisé pour évaluer les voies de recours civiles, notamment contre l’établissement bancaire ayant exécuté les virements sans déclencher d’alerte.

Pourquoi les deux noms ont-ils disparu du registre des .com ?

Plusieurs facteurs peuvent conduire à la suppression complète d’un nom de domaine : le non-renouvellement par le titulaire, une procédure de suppression diligentée par le registrar à la suite d’un abus signalé, ou l’expiration sans rachat dans la période de grâce. Dans le cas de bbvam-privileges.com et de bbvam-privilege.com, les données d’enregistrement publiques ne permettent plus de distinguer la cause exacte, les fiches ayant été entièrement effacées. L’AMF avait inscrit le premier nom sur sa liste noire dès le 29 septembre 2021 avec le libellé « Usurpation », ce qui a pu accélérer les démarches de fermeture auprès des acteurs techniques de la chaîne.

Bbvam-privileges.com aura fonctionné comme une façade conçue pour tromper des épargnants français en les invitant à investir en ligne par virement vers des comptes dont les bénéficiaires réels n’ont jamais pu être identifiés publiquement. L’AMF avait frappé juste en inscrivant ce nom sur sa liste noire dès le 29 septembre 2021, avec le libellé « Usurpation » : ce signal précoce aurait dû suffire à alerter quiconque envisageait d’y placer de l’argent. L’effacement total des deux noms du registre des .com, constaté le 31 août 2026, traduit la fin technique du dispositif, mais ne clôt pas pour autant les dossiers des personnes lésées. Avant tout placement, BrokerDefense recommande de vérifier systématiquement la situation réglementaire d’un acteur sur le portail ABE Infoservice et de solliciter une évaluation indépendante si le moindre doute subsiste.

Article réécrit le 31/08/2026

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