bitcointrader.site arnaque : le nom repris après sa suppression

Le nom supprimé du registre a été repris quatre jours plus tard

bitcointrader.site, le nom qui portait la fausse plateforme de trading « Bitcoin Trader », figure de nouveau au registre depuis le 26 août 2026, quatre jours après la suppression constatée en août 2026. Notre article précédent, publié le 22 août 2026, documentait un état sans équivoque : le registre du .site affichait alors « pendingDelete » et « serverHold », et aucune adresse IP n’était associée au nom. La conclusion semblait définitive.

Ce retour au registre mérite d’être examiné avec attention. La reprise s’est faite dans un délai très bref, accompagnée dès le premier jour d’un certificat de sécurité, ce qui suggère une démarche préparée. Pour les personnes qui ont viré des fonds vers cette plateforme entre 2021 et 2026, ce changement ne modifie en rien la situation : aucune réponse ne provient du nom à ce jour, et l’ensemble des éléments documentés depuis 2021 demeure. Un autre nom, gelé après l’abandon de ses opérateurs, est documenté sous le nom thryva.cyou.

Dernière mise à jour : 19/09/2026

Chez Dynadot, une reconduction qui va jusqu’au 26 août 2027

Le nom bitcointrader.site a été enregistré de nouveau le 26 août 2026, quatre jours après la suppression constatée en août 2026 et documentée par notre article précédent. La date d’expiration de cet enregistrement est fixée au 26 août 2027. Le bureau d’enregistrement est Dynadot LLC, société établie aux États-Unis. Le titulaire est masqué derrière le service de protection « Super Privacy Service LTD c/o Dynadot », ce qui rend toute identification directe impossible. Le statut déclaré est « clientTransferProhibited », ce qui bloque tout changement de bureau d’enregistrement pendant la durée de validité. Les serveurs de noms sont ns1.dyna-ns.net et ns2.dyna-ns.net.

Un certificat émis par Let’s Encrypt pour ce nom a été publié le 26 août 2026, le jour même du nouvel enregistrement. L’émission de ce certificat le jour même du nouvel enregistrement n’est pas anodine. Pourtant, le nom résout aujourd’hui vers l’adresse 185.53.179.128, exploitée par Team Internet AG, société dont l’activité est la monétisation de noms de domaine, établie à Munich en Allemagne. Trois tentatives de connexion, en HTTP comme en HTTPS, se soldent par un temps d’attente dépassé : aucune réponse n’est délivrée. Aucun enregistrement de messagerie n’est associé au nom, ce qui signifie qu’aucune boîte de courrier ne peut fonctionner sur ce domaine.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

L’inscription de septembre 2021 à la liste noire de l’AMF n’a jamais été levée

L’Autorité des marchés financiers a inscrit l’adresse « www.bitcointrader.site/fr » sur sa liste noire, avec la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs ». La date d’inscription est le 3 septembre 2021. Cette inscription a été vérifiée le 19 septembre 2026 : elle n’a jamais été retirée. L’AMF publie ces listes pour alerter les épargnants sur des entités qui proposent des produits financiers sans disposer des autorisations requises en France.

Une inscription à la liste noire de l’AMF constitue un élément officiel opposable, utilisable dans toute procédure. Elle atteste que les autorités françaises avaient identifié ce nom comme portant une activité non autorisée dès septembre 2021. Les personnes qui souhaitent vérifier l’état actuel de cette inscription peuvent consulter le site de l’AMF. Un autre nom ayant fait l’objet d’un retrait du registre avant même l’établissement de sa fiche réglementaire est documenté sous le nom elan-monrevo.com.

En 2021, une vitrine de trading crypto sans la moindre mention légale

La vitrine que bitcointrader.site présentait en 2021 promettait le trading de cryptomonnaies « dans les meilleures conditions », par une équipe présentée comme expérimentée. Une mise en garde sur la volatilité des cryptomonnaies était affichée en bas de page pour imiter l’apparence des plateformes autorisées. Mais aucune mention légale n’y figurait : ni siège social, ni numéro de téléphone, ni identité d’entreprise. Le texte français trahissait une traduction directe de l’anglais, jusqu’à la phrase « Est Bitcoin Trader une arnaque ou un stratagème ? », calque exact de « Is Bitcoin Trader a scam or a scheme? ». Ces caractéristiques sont typiques des vitrines construites en série pour recruter des victimes sans laisser de trace juridique exploitable.

Concernant les copies de pages accessibles au public, la plus ancienne remonte au 9 août 2018 et la plus récente au 9 novembre 2020. Pour la période de la fraude, en revanche, rien n’a été conservé. La vitrine de 2021, celle qui était accessible au moment de l’inscription à la liste noire de l’AMF, n’a laissé aucun cliché public consultable. Cette absence rend d’autant plus précieuses les captures d’écran que les victimes ont pu conserver depuis leurs propres appareils.

Garder les pièces avant qu’un repreneur ne relance le nom

La reprise du nom par un nouveau titulaire crée une incertitude sur ce qui sera publié à cette adresse dans les prochains mois. Avant toute évolution, les personnes touchées doivent réunir les éléments qui documentent leur relation avec la plateforme Bitcoin Trader : relevés bancaires faisant apparaître les virements effectués, captures du tableau de bord sur lequel des profits fictifs étaient affichés, messages reçus par courriel ou par messagerie instantanée, et formulaires d’inscription remplis lors de l’ouverture du compte. Sans ces éléments, aucune réclamation ne tient.

Maître Goce Novakov, avocat de la capitale, du barreau, évoque dans l’entretien ci-dessous un jugement d’escroquerie rendu pour des victimes d’un faux placement : la banque a été sanctionnée pour avoir laissé passer les virements, et les victimes ont obtenu une indemnisation. Cet exemple illustre l’intérêt de constituer un dossier complet, y compris pour engager un recours contre l’établissement bancaire par lequel les fonds ont transité.

La reprise du nom ne clôt aucun des dossiers de 2021

Le fait que bitcointrader.site soit de nouveau enregistré ne modifie pas la nature des faits commis en 2021. L’inscription à la liste noire de l’AMF, datée du 3 septembre 2021 et toujours en vigueur, constitue une pièce centrale pour engager la procédure devant le juge pénal. Elle établit que la plateforme opérait sans autorisation, un élément à verser dans tout dossier pénal, indépendamment de la situation actuelle du nom de domaine.

Un recours civil peut être conduit en parallèle. Si les fonds ont transité par une banque française, celle-ci peut voir sa responsabilité engagée pour manquement à son devoir de vigilance, notamment si elle n’a pas alerté le titulaire du compte lors de virements répétés vers une entité non autorisée. Ces deux voies, pénale et civile, ne s’excluent pas et peuvent être menées simultanément, chacune produisant des effets distincts sur les chances de récupérer les sommes perdues.

Les interrogations recueillies après la reprise du nom

bitcointrader.site est de nouveau enregistré : cela signifie-t-il que la plateforme Bitcoin Trader est relancée ?

Non. À ce jour, aucune réponse ne provient du nom, que la connexion soit tentée en HTTP ou en HTTPS. Le nom résout vers une adresse exploitée par une société de monétisation de noms de domaine, et aucun service actif n’y est associé. La reprise du nom ne constitue pas une reprise de l’activité frauduleuse documentée en 2021.

L’inscription de bitcointrader.site sur la liste noire de l’AMF est-elle encore valable après la reprise du nom ?

Oui. L’inscription datée du 3 septembre 2021 sous la qualification « Produits dérivés sur crypto-actifs » n’a jamais été retirée et demeure visible sur le site de l’AMF. Elle vise l’adresse www.bitcointrader.site/fr et reste opposable indépendamment des changements de titulaire survenus depuis cette date.

J’ai viré de l’argent vers Bitcoin Trader en 2021 : puis-je encore déposer une plainte ?

Oui. Le point de départ du délai est en principe la date à laquelle la victime a eu connaissance de l’escroquerie, et des recours restent possibles plusieurs années après les virements. L’inscription à la liste noire de l’AMF et les relevés bancaires constituent des pièces solides pour étayer une plainte pénale ou une action civile contre la banque ayant traité les virements.

Les personnes ayant viré des fonds vers bitcointrader.site dans le cadre d’un prétendu trading de cryptomonnaies présenté comme professionnel, que ce soit en 2021 ou lors de toute autre période d’activité du nom jusqu’en 2026, se trouvent dans la situation type d’une victime de placement frauduleux : des promesses de profits affichés sur un tableau de bord, aucune possibilité de retirer les fonds, et une entité sans existence légale identifiable. Des recours existent, à condition d’agir avec les pièces disponibles. Les personnes qui hésitent sur la conduite à tenir peuvent soumettre ces pièces à BrokerDefense pour un premier examen.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 19/09/2026

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