Sommaire
- Deux adresses revendiquaient Verdispar Securities, et le nom de cette vitrine a disparu du fichier des .com
- Le régulateur avait épinglé les deux adresses le même jour d’août 2021
- Un portail fermé à quiconque ne dispose pas d’identifiants
- Un titulaire masqué pour un nom enregistré pour un an
- Deux relevés conservés, deux redirections : une activité de quelques mois
- Ce qu’un versement laisse encore exploitable
- FAQ : dashboardvs.com et la disparition de son nom
Deux adresses revendiquaient Verdispar Securities, et le nom de cette vitrine a disparu du fichier des .com
Notre interrogation directe du 16 octobre 2026 ne restitue aucune ligne pour dashboardvs.com dans le fichier du registre des .com. Le nom ne resout plus : ni adresse de machine, ni serveur de noms ne répondent. La vitrine est muette, et le nom lui-même n’est plus enregistré.
Ce constat vient compléter ce que notre article du 31 août 2026 ne savait pas encore. À l’époque, une seule adresse était documentée dans ce dossier. Nos vérifications du jour établissent qu’une seconde vitrine revendiquait simultanément la même identité : verdisparsecuritiesas.com, la seconde vitrine de la même marque, documentée dans un dossier distinct de BrokerDefense publié le 19 août 2021. Les deux pages de connexion affichaient le logo et la dénomination de Verdispar Securities. C’est cette marque partagée qui constitue le réseau, pas une coïncidence de calendrier.
Une précision s’impose ici. Les deux inscriptions au fichier du régulateur portent la même date, le 18 août 2021. Cette simultanéité ne prouve pas qu’un exploitant unique gérait les deux adresses : elle reflète simplement la réactivité de l’autorité face à deux signalements traités le même jour. Seule la marque commune, Verdispar Securities, relie les deux vitrines.
Aujourd’hui, ni dashboardvs.com ni verdisparsecuritiesas.com ne sont servies. Les deux adresses ont cessé de répondre. Le nom dashboardvs.com ne figure plus au fichier du registre des .com, et aucune ligne ne correspond à ce nom dans notre interrogation du 16 octobre 2026.
Dernière mise à jour : 16/10/2026
Le régulateur avait épinglé les deux adresses le même jour d’août 2021
Le 18 août 2021, l’Autorité des marchés financiers a inscrit la forme www.dashboardvs.com sous la qualification exacte « Autre acteur non autorisé ». Le même jour, la même autorité a inscrit verdisparsecuritiesas.com sous la même qualification. Notre propre mise en garde sur cette plateforme a paru ce même 18 août 2021.
Cinq ans ont passé. Les deux lignes figurent toujours dans l’édition du 8 octobre 2026 du relevé des acteurs non autorisés de l’autorité. Aucune de ces inscriptions n’a jamais été levée. Consulter la fiche de www.dashboardvs.com sur la liste noire de l’AMF permet de vérifier ce libellé directement à la source.
La permanence de ces inscriptions a une conséquence pratique. Quiconque a versé des fonds après le 18 août 2021 l’a fait alors que l’alerte était publique et accessible. Cet élément peut peser dans l’appréciation de la responsabilité des intermédiaires qui ont exécuté les virements sans signaler l’anomalie.
Un portail fermé à quiconque ne dispose pas d’identifiants
Le visiteur qui arrivait sur dashboardvs.com ne voyait qu’un écran de connexion. Aucun contenu, aucune présentation de l’offre, aucune mention légale, aucune condition générale. Le logo Verdispar Securities s’affichait, accompagné de deux champs : nom d’utilisateur et mot de passe.
Ce huis clos n’est pas anodin. Un proche inquiet, un journaliste, un agent du régulateur naviguant sans identifiants ne pouvait rien vérifier. Aucun contrôle extérieur n’était possible depuis la page publique. La vitrine ne livrait strictement rien sur la société qu’elle prétendait représenter : ni adresse physique, ni numéro d’immatriculation, ni nom d’un dirigeant.
Pour les opérateurs, ce dispositif offrait une protection efficace. Chaque épargnant était géré à l’abri des regards, dans un espace que lui seul pouvait atteindre avec ses propres identifiants. Les échanges, les relevés de compte fictifs, les demandes de versements supplémentaires restaient invisibles de l’extérieur.
Un titulaire masqué pour un nom enregistré pour un an
Les données d’enregistrement du domaine étaient dissimulées derrière un service de confidentialité. La partie publique du dossier ne livrait aucun titulaire identifiable : ni nom de personne physique, ni raison sociale, ni adresse vérifiable. Cette opacité est délibérée et fréquente dans les dossiers de ce type.
La durée initiale d’enregistrement du nom était d’environ un an. Ce choix correspond à la durée minimale courante et limite l’exposition financière de l’opérateur : si la plateforme est signalée rapidement, le coût d’abandon reste faible.
Nos vérifications du 16 octobre 2026 dans le registre britannique des sociétés ne font apparaître aucune société portant le nom Verdispar Securities. La société affichée sur la page de connexion n’existe pas dans ce registre. L’écart entre un nom de domaine sans rapport avec la raison sociale affichée et une société invérifiable constituait le premier signal d’alerte du dossier. L’historique public de ce nom reste réuni dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Deux relevés conservés, deux redirections : une activité de quelques mois
Les services publics de conservation du web n’ont retenu que deux instantanés de dashboardvs.com. Le premier date du 30 novembre 2021, le second du 4 janvier 2022. Tous deux portent un code de redirection : la vitrine renvoyait le visiteur ailleurs et n’affichait plus aucun contenu propre. Rien n’a été conservé après le 4 janvier 2022.
Cette trace doit être lue avec prudence. Elle établit qu’il n’y avait plus rien à voir dès le début de 2022, soit environ cinq mois après la publication de notre mise en garde du 18 août 2021. Elle ne dit pas qui a interrompu le service ni pour quel motif : une décision volontaire de l’opérateur, une résiliation d’hébergement ou une autre cause produisent le même résultat visible.
Des dossiers comparables montrent la même séquence : signalement du régulateur, disparition rapide de la vitrine, absence de tout contenu conservé au-delà de quelques semaines. dysart-capital.com, autre usurpation d’une société établie, suit un schéma proche, avec une société étrangère affichée sans que le site ne permette d’en vérifier l’existence.
Ce qu’un versement laisse encore exploitable
La disparition de la vitrine ne referme pas les voies ouvertes aux épargnants. Les pièces réunies au moment des faits conservent toute leur valeur, à condition de les identifier et de les organiser correctement.
Un ordre de virement conservé identifie l’établissement qui a reçu les fonds, fixe la date et le montant exact. Ce document peut fonder une mise en cause de la responsabilité de cet établissement si des signaux d’alerte étaient visibles au moment de l’exécution, notamment l’inscription de la plateforme sur la liste noire de l’AMF depuis le 18 août 2021. Les messages échangés avec la personne qui se faisait passer pour un conseiller de la plateforme permettent de reconstituer la chronologie : premier contact, présentation de la vitrine, chaque versement successif. Les identifiants de connexion reçus par courriel ou par message constituent une preuve de la relation contractuelle prétendue.
La voie pénale reste ouverte. Le cheminement d’une plainte pour escroquerie, depuis son dépôt jusqu’à l’audience retrace chaque étape, du premier procès-verbal aux débats. Des dossiers comme sigmainvestglobal.com, disparue après le signalement du régulateur, montrent que la cessation d’activité d’une plateforme n’empêche pas l’ouverture d’une procédure.
La question de la banque réceptrice mérite une attention particulière. Lorsque les fonds ont transité vers un compte ouvert hors de France, la détermination du juge compétent et le fondement juridique applicable à l’établissement étranger soulèvent des difficultés spécifiques que peu de praticiens maîtrisent. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate établie à Paris, au barreau de cette ville, expose dans l’entretien ci-dessous comment une juridiction française peut être saisie contre un établissement bancaire étranger, quels fondements permettent d’engager sa responsabilité et comment construire le dossier lorsque le virement a quitté le territoire national.
FAQ : dashboardvs.com et la disparition de son nom
Non. La disparition du nom du fichier du registre ne met pas fin aux recours disponibles. Les pièces réunies au moment des faits, ordres de virement, échanges écrits, identifiants reçus, restent exploitables devant les juridictions civiles et pénales. L’inscription de www.dashboardvs.com sur la liste noire de l’AMF depuis le 18 août 2021 n’a jamais été levée et peut être produite dans toute procédure pour établir que l’alerte était publique avant ou pendant les versements.
Les opérateurs de plateformes frauduleuses déploient parfois plusieurs adresses sous une même marque pour multiplier les points d’entrée vers les victimes potentielles ou pour disposer d’une adresse de repli si l’une est signalée. Dans ce dossier, dashboardvs.com et verdisparsecuritiesas.com partageaient la même identité visuelle et le même nom affiché. C’est cette marque commune qui constitue le lien entre les deux vitrines, indépendamment de toute question sur l’identité de leur exploitant.
La première étape consiste à rassembler toutes les pièces disponibles : relevés bancaires montrant les virements, courriels ou messages reçus de celui qui proposait les placements, identifiants de connexion, captures d’écran du compte affiché sur la plateforme. Ces éléments permettent de reconstituer la chronologie complète et d’identifier l’établissement qui a reçu les fonds. Un dépôt de plainte peut être formé sur cette base. BrokerDefense peut évaluer le dossier avant toute démarche formelle.
Dashboardvs.com a fonctionné quelques mois en 2021, le temps de collecter des fonds auprès d’épargnants démarchés avec la promesse de placements gérés par une société étrangère dont le nom s’affichait sur la page de connexion. Cette société, Verdispar Securities, n’apparaît dans aucun registre vérifiable. Les victimes ont versé des fonds sur la foi d’une identité fabriquée, sans jamais pouvoir consulter un document institutionnel ni vérifier l’existence réelle de leur interlocuteur. La vitrine a cessé de répondre, le nom ne figure plus au fichier du registre des .com, mais les traces laissées par chaque virement restent exploitables. BrokerDefense peut examiner les pièces disponibles et évaluer les voies envisageables avant toute démarche.
Article réécrit le 16/10/2026


