Cindia-securities.com arnaque : la mise en garde belge de mai 2021

Une ligne du 5 mai 2021, toujours servie cinq ans plus tard

Le fichier des avertissements de l’autorité belge en charge des marchés financiers porte, à la date du 5 mai 2021, une ligne dont le nom de société est « Cinda Securities » et dont l’adresse est écrite « http://www.cinda-securities.com/ ». La page qui contient cette ligne, intitulée « Plateformes frauduleuses de trading : la FSMA met à jour sa liste de sites web suspects », répondait encore le 30 septembre 2026, soit cinq ans et cinq mois après sa publication. L’inscription n’a pas été retirée.

Sur cette page, le régulateur écrit qu’il « déconseille vivement de donner suite aux offres de services financiers émanant des nouvelles plateformes de trading suivantes », puis énumère une liste qui compte vingt noms : Acceptrade, Antarigroup, Capitalfx, CFD Advanced, Cinda Securities, Commerce Wealth, Finrexo, Finvesting, Galore Pro, Horizon Invest, ICTrades, Ironefx, My Coin Elite, Northstate, OmegaPro, Primecap, Quantums Trade, Topdigitalcoin, Triton Capital Markets et Westmark.

Le mode opératoire décrit par cette page suit un enchaînement précis. De fausses publicités sur les réseaux sociaux mettent en scène une personne connue présentant une méthode permettant de s’enrichir rapidement. Des applications mobiles servent d’appât. Dès qu’une personne a laissé ses coordonnées, elle reçoit un appel téléphonique rapide, suivi d’une proposition d’investissement concrète. Des pressions sont ensuite exercées pour lui faire accepter une prise de contrôle à distance de son ordinateur afin d’exécuter des virements. Les relances se succèdent pour obtenir des versements toujours plus importants. Les victimes n’obtiennent jamais la restitution des fonds engagés ou perdent tout contact avec la plateforme. La page signale également des « programmes d’affiliation » présentant les traits d’une fraude pyramidale ou d’un montage de Ponzi.

Le 30 septembre 2026, la recherche du site du régulateur interrogée sur le terme « cinda » ne retournait qu’un seul résultat : cette page du 5 mai 2021. L’auto-complétion du moteur du même site proposait l’entrée « cinda ». Le tableau consolidé se lisait sur deux pages comptant respectivement cinquante et une puis trente-sept lignes, la troisième page étant vide, et la ligne du 5 mai 2021 s’y trouvait toujours. Deux autres noms figurant sur cette même liste belge font l’objet de dossiers sur ce site : le dossier consacré à Acceptrade et le dossier consacré à Galore Pro. Cette proximité de dates appelle une réserve : se retrouver au même relevé, le même jour, n’établit aucune communauté d’exploitant. Les autorités diffusent leurs avertissements par vagues, et des opérateurs sans lien peuvent s’y trouver côte à côte.

Dernière mise à jour : 30/09/2026

Deux graphies du nom, une seule visée par le régulateur

Le régulateur écrit le nom en face de l’adresse avec un seul « i » avant le « n » : cinda-securities.com. Notre article du 26 juin 2021, ainsi que la carte de mise à jour du présent dossier, écrivent ce nom avec un « i » supplémentaire : cindia-securities.com. L’écart ne porte que sur une seule lettre. Il s’agit de deux relevés qui ne portent pas la même graphie, et ce constat est posé tel quel, sans imputer d’intention à qui que ce soit.

Le 30 septembre 2026, les deux graphies ont été soumises séparément au moteur de recherche du régulateur, dans la même session. Pour la graphie du régulateur, la recherche retournait le résultat unique constitué par la page du 5 mai 2021, et l’auto-complétion proposait une entrée. Pour la graphie de notre titre, la recherche ne retournait aucun résultat de page et l’auto-complétion ne proposait rien.

Notre dossier du 26 mai 2021, consacré à un premier nom de la même liste belge, énumérait déjà les vingt noms sous la graphie du régulateur, soit « Cinda Securities ». C’est cette graphie qui est opposable au regard des sources consultées. La nôtre n’est reprise par aucune des sources vérifiées à ce jour.

Le nom sorti du registre, mesuré sur les deux graphies

Aucune des deux graphies ne figure au fichier des enregistrements du .com. Le service d’adressage ne résout ni les noms eux-mêmes ni leur forme en « www ». Le contrôle passé le 30 septembre 2026 confirme que ce même fichier répond normalement pour d’autres noms relevant de ce domaine de tête : l’absence de fiche est propre aux deux graphies en cause.

Le journal public des certificats de sécurité ne retient aucune émission pour l’une ni pour l’autre des deux graphies. Quant aux copies de pages conservées, aucune n’existe pour la graphie de notre titre.

Pour la graphie du régulateur, en revanche, sept copies du nom de tête subsistent, prises entre le 1er mars 2021 et le 30 novembre 2021. La plus récente de ces copies est du 30 novembre 2021. Le nom de tête servait alors un script d’une ligne qui renvoyait le visiteur vers une page d’accueil en anglais. Ces copies constituent les seules traces mesurables de ce que la vitrine servait à cette période.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Cinq agréments empilés, cinq raisons sociales distinctes

Les copies conservées d’une page intitulée « Regulatory profile » alignaient cinq numéros d’enregistrement, chacun présenté sous une autorité distincte : une autorité de marché de Hong Kong, l’autorité australienne des marchés, le centre canadien d’analyse des transactions financières, l’association nationale américaine des contrats à terme, et le régulateur britannique. Ces numéros ne se rattachaient pas à la même raison sociale : une première raison sociale était avancée pour l’entrée hongkongaise, une deuxième pour l’entrée australienne, et le nom revendiqué en tête de vitrine apparaissait pour un enregistrement canadien et un enregistrement américain.

L’entrée britannique était présentée sous le nom d’une société britannique, Fazakerley Fast Fit Ltd, avec le numéro d’agrément 687516, et la page indiquait la rattacher au régulateur britannique depuis 2015. Le site que ce registre associait à cette société était fazakerleygarage.com, et non l’adresse de la plateforme. La vérification conduite le 30 septembre 2026 au registre britannique des sociétés établit que FAZAKERLEY FAST FIT LTD porte le numéro d’immatriculation 03085940, une immatriculation datée du 31 juillet 1995, un siège à Liverpool, et l’état « dissoute ». Cette entreprise est un tiers : elle n’est pas l’exploitante de la plateforme, aucun élément ne permet de la relier à ce montage, et aucune mise en cause ne la concerne.

Registre britannique : la societe dont le numero d'agrement est affiche par la vitrine n'a pas actualise ses coordonnees, et le site qui lui est rattache est fazakerleygarage.com.
La fiche du registre britannique telle que notre dossier la reproduisait en 2021 : la societe qui porte le numero d’agrement affiche par la vitrine n’avait pas confirme ses coordonnees, et le site qui lui est rattache est fazakerleygarage.com, et non l’adresse de la plateforme.

Quant à fazakerleygarage.com, il ne répond plus, et aucune fiche ne subsiste à ce nom dans le fichier des enregistrements du .com.

Trois années différentes ont été relevées pour une même identité : la page « Company profile » de la vitrine disait la société immatriculée au Royaume-Uni en 2020, la page « Regulatory profile » avançait 2015, et le registre britannique donne 1995. Notre article de juin 2021 relevait de son côté que la vitrine affichait des numéros d’immatriculation pour rassurer le visiteur, et que le registre britannique signalait à l’époque que la société concernée n’avait pas confirmé ses coordonnées depuis un an.

La règle de lecture s’impose d’elle-même : afficher des numéros d’enregistrement authentiques ne rend pas authentique celui qui les affiche. L’empilement de cinq autorités étrangères sur une même page ne vaut pas davantage qu’un seul agrément vérifié directement auprès de l’autorité qui le délivre.

Les chiffres avancés par la vitrine, et ses mentions évasives

La page d’accueil servie par la vitrine affichait une série de chiffres destinés à établir une impression de solidité : plus de cinquante instruments de trading, une marge réglable de 1 pour 100 à 1 pour 400, une exécution présentée comme la plus rapide du marché à cinquante millisecondes, plus de quarante-sept produits présentés comme les plus traités au monde, un réseau adossé à plus de vingt banques et fournisseurs de liquidité, et une protection du site par un prestataire de sécurité informatique avec une indemnisation annoncée jusqu’à 1,75 million de dollars. Trois logiciels de trading étaient proposés au téléchargement pour Windows, iOS et Android, tous datés du 29 avril 2020.

Une anomalie mérite d’être relevée : la rubrique consacrée aux contrats sur crypto-monnaies n’était pas attribuée à la raison sociale affichée en tête de page, mais à une raison sociale différente, sans que cette discordance soit expliquée nulle part sur la vitrine.

La page comportait bien un avertissement sur le risque de perte totale des sommes engagées. Mais le pied de page ne portait qu’une mention de droits d’auteur au nom de la société revendiquée, sans adresse, sans numéro d’immatriculation et sans aucune coordonnée. L’absence de ces mentions élémentaires rendait impossible toute vérification indépendante de l’identité réelle de l’exploitant.

Ce qui reste possible après un paiement à cette enseigne

Trois séries de pièces pèsent lourd dans un dossier de ce type : la correspondance écrite échangée avec celui qui se présentait comme le conseiller, les confirmations d’ordre transmises par la plateforme, et les relevés de compte qui désignent le bénéficiaire des fonds. Les réunir en premier évite de reconstituer les faits de mémoire.

Vient ensuite l’établissement qui a exécuté les opérations : carte bancaire et virement ne se contestent pas dans les mêmes formes, ni dans les mêmes délais, ni devant les mêmes interlocuteurs. Déposer un signalement auprès du régulateur belge complète la démarche, d’autant que l’inscription du 5 mai 2021 y reste ouverte. Une plainte pénale se conçoit par ailleurs si le démarcheur a insisté lourdement pour arracher de nouveaux versements, ou s’il a remis des pièces dont l’authenticité paraît douteuse.

Maître Goce Novakov, avocat exerçant à Paris, expose dans l’entretien qui suit la portée d’un arrêt de la cour d’appel de Paris : saisi d’une escroquerie à l’investissement, ce juge a tenu un établissement bancaire responsable pour n’avoir pas surveillé comme il devait les mouvements de fonds litigieux, et les personnes spoliées ont obtenu réparation de ce chef.

Notre page détaillant les voies pénales et le dépôt de plainte présente les étapes à suivre pour formaliser une plainte. Par ailleurs, l’autorité belge tient à jour la liste des entreprises exerçant irrégulièrement en Belgique, qui peut être consultée pour vérifier si d’autres noms liés à ce dossier y figurent.

Le dossier cindia-securities.com en trois réponses

La mise en garde belge vise-t-elle le nom écrit dans notre titre de 2021 ?

La mise en garde du 5 mai 2021 vise le nom écrit « Cinda Securities » avec l’adresse cinda-securities.com, soit une graphie comportant un seul « i » avant le « n ». Notre titre de 2021 et la présente mise à jour retiennent la graphie cindia-securities.com, avec un « i » supplémentaire. Sur le moteur de recherche du régulateur, la graphie en un « i » retourne un résultat unique et l’auto-complétion propose une entrée, tandis que la graphie en deux « i » ne retourne aucun résultat et l’auto-complétion ne propose rien. La mise en garde du régulateur est opposable sous la graphie qu’il a lui-même retenue.

Pourquoi cinq numéros d’enregistrement différents figurent-ils sur la même page de la vitrine ?

Les copies conservées montrent que ces cinq numéros n’étaient pas rattachés à la même raison sociale : deux raisons sociales distinctes apparaissaient respectivement pour les entrées hongkongaise et australienne, le nom revendiqué en tête de vitrine pour des enregistrements canadien et américain, et le nom d’une société britannique, Fazakerley Fast Fit Ltd, pour l’entrée britannique. Or Fazakerley Fast Fit Ltd est une entreprise réelle, immatriculée depuis 1995 à Liverpool et aujourd’hui dissoute, qui n’exploitait pas cette plateforme et que rien ne met en cause. L’affichage de numéros d’enregistrement authentiques ne rend pas authentique celui qui les emprunte.

Des fonds ont été versés après un démarchage : que peut-on encore tenter ?

Réunissez d’abord ce qui subsiste des échanges avec le démarcheur, les confirmations d’ordre et les relevés désignant le bénéficiaire des fonds. Saisissez votre banque en lui indiquant le canal utilisé, carte ou virement, car les voies de contestation ne se ressemblent pas. Un signalement auprès de l’autorité belge s’impose, l’inscription du 5 mai 2021 y restant ouverte. Une plainte pénale se justifie quand le démarcheur a multiplié les demandes de versements ou remis des pièces douteuses. Rien ne garantit un remboursement, mais un dossier constitué tôt reste plus solide.

Les lecteurs qui cherchent des informations sur cindia-securities.com sont le plus souvent des personnes qui ont été démarchées, puis amenées à verser des fonds pour une plateforme que le régulateur belge vise depuis le 5 mai 2021, et dont le nom lui-même ne se retrouve plus dans le fichier des enregistrements du .com sous l’une ni l’autre des deux graphies connues. Si vous vous reconnaissez dans cette situation, un examen préalable de votre dossier par notre service peut vous aider à identifier les démarches adaptées à votre cas.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 30/09/2026

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