Sommaire
- Deux noms bâtis sur la banque Montepio, trois adresses retenues
- La banque Montepio, établissement réel dont le nom a été repris
- Un même faux conseiller derrière deux noms
- Des noms qui ne figurent plus au registre ni dans les réponses de réseau
- Réunir les pièces, puis saisir les autorités compétentes
- Interrogations autour de ces adresses de démarchage
Deux noms bâtis sur la banque Montepio, trois adresses retenues
Le relevé public des intervenants dépourvus d’habilitation, publié par l’Autorité des marchés financiers, comporte au 2 octobre 2026 trois lignes construites sur le vocable « montepio », toutes placées sous la qualification exacte « Usurpation » et toutes datées du 5 janvier 2021. Deux de ces lignes portent le nom de domaine montepio-direct.com : les libellés administratifs retenus sont [email protected] et [email protected]. La troisième ligne concerne un second nom de domaine, group-montepiobk.com, sous le libellé [email protected].
Ce que l’inscription souligne d’emblée, c’est que le régulateur n’a pas visé des vitrines web : il a visé des adresses de courriel utilisées pour démarcher des épargnants. Ce choix de qualification est significatif, car il atteste que le procédé reposait sur une prise de contact directe, par messagerie, au nom d’une entité dont le démarcheur prétendait relever.
L’Autorité des marchés financiers a publié une fiche nominative pour le premier libellé. Les éléments d’identification relatifs à [email protected] sont consultables sur la page de mise en garde publiée par le régulateur. La présence de [email protected] dans la même liste est, quant à elle, établie par le fichier consolidé du 2 octobre 2026 ; ce second libellé ne dispose pas de fiche individuelle distincte. Cinq ans et demi après leur inscription, aucune de ces trois lignes n’a été levée.
Pour qui souhaite consulter l’historique d’enregistrement du nom principal, nos relevés techniques renvoient vers la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 02/10/2026
La banque Montepio, établissement réel dont le nom a été repris
Le radical « montepio » n’a pas été choisi au hasard : il reproduit fidèlement le nom de Banco Montepio, banque portugaise réelle, dont le site répond normalement à ce jour. L’usurpation consiste précisément à puiser dans la crédibilité d’un nom connu pour lever la méfiance des personnes contactées par courriel.
Il convient de formuler cette distinction avec la plus grande netteté : Banco Montepio est la partie dont le nom a été repris sans autorisation. Elle n’est en rien mise en cause dans ce dossier, et aucun document officiel ne l’associe aux adresses visées par l’Autorité des marchés financiers. L’établissement portugais figure ici exclusivement à titre de victime du procédé d’imitation.
Ce type de montage emprunte délibérément à la réputation d’un établissement disposant d’une existence juridique vérifiable. La personne démarchée, qui ignore tout de la structure réelle de la banque imitée, est incitée à faire confiance à un interlocuteur qui n’entretient aucun lien avec elle. La qualification « Usurpation » retenue par le régulateur traduit précisément cet emprunt frauduleux à une identité tierce.
Un même faux conseiller derrière deux noms
L’examen comparé des trois lignes du fichier officiel révèle un détail qui dépasse la simple coïncidence : le libellé benoit.brasser@ figure à la fois sur montepio-direct.com et sur group-montepiobk.com, avec exactement la même qualification et exactement la même date d’inscription, le 5 janvier 2021. Ce n’est pas un doublon administratif : c’est le même procédé de faux conseiller rejoué sous deux constructions distinctes, bâties l’une et l’autre sur le même radical bancaire.
Le second nom, group-montepiobk.com, reproduit lui aussi le vocable « montepio », en y adjoignant un préfixe évoquant une structure de groupe et un suffixe rappelant une abréviation bancaire. La superposition des deux noms et l’identité des libellés nominatifs suggèrent que l’opérateur disposait d’une infrastructure dupliquée, sans doute pour élargir le périmètre de contact ou pour pallier une éventuelle neutralisation de l’un des noms.
Le fait que le régulateur ait visé des adresses de démarchage plutôt que des URLs de vitrines donne à cette duplication une signification particulière : ce qui comptait, c’était la boîte de messagerie présentée à la cible, pas l’existence d’un site élaboré. La qualification « Usurpation » s’applique ainsi à un acte de contact, pas à une présence web.
Des noms qui ne figurent plus au registre ni dans les réponses de réseau
Nos vérifications du 2 octobre 2026 établissent que ni montepio-direct.com ni group-montepiobk.com ne font répondre aucune requête réseau, que ce soit sous leur forme nue ou sous la forme préfixée www. Aucun enregistrement d’adresse, aucune entrée de courrier, aucun serveur de noms et aucun alias ne subsiste pour l’un ou l’autre de ces noms à cette date.
Aucune fiche d’enregistrement ne subsiste pour l’un ni pour l’autre dans le registre du .com, sollicité à la même date. À titre de contrôle, un nom voisin du même registre a été interrogé simultanément : il répond normalement, ce qui exclut toute anomalie générale du service de consultation. Les deux noms litigieux ont donc cessé d’être enregistrés au sens technique du terme.
Aucun certificat n’est associé à ces noms, et nos recherches dans les collections publiques n’ont permis de retrouver aucune copie consultable de leur contenu. Notre article de 2021, publié le 3 mars, constituait alors la documentation disponible ; nos relevés du 2 octobre 2026 viennent aujourd’hui l’actualiser.
La conséquence pratique est directe : il ne subsiste par ce canal aucun interlocuteur joignable. Quiconque tenterait de retrouver un contact via ces noms se heurterait au silence complet du réseau. L’inscription au fichier du régulateur, elle, demeure ; c’est le seul point de référence encore actif à ce jour concernant ces deux noms.
Réunir les pièces, puis saisir les autorités compétentes
Toute personne ayant reçu un courriel portant l’un de ces libellés, ou ayant effectué des versements à la suite d’un tel démarchage, doit impérativement conserver l’intégralité des échanges de messagerie, y compris les en-têtes techniques. À ces éléments s’ajoutent les extraits bancaires où figurent les débits correspondants, les références du compte récepteur telles qu’elles ont été fournies, et tout document rattachant un paiement aux adresses en cause.
La responsabilité de l’établissement qui a exécuté les virements peut être engagée si des indices d’alerte suffisants existaient au moment des opérations et qu’ils n’ont pas été pris en compte. Ce volet, distinct de la plainte pénale, mérite d’être instruit séparément et avec les mêmes pièces.
Sur le terrain pénal, déposer une plainte pour escroquerie et usurpation d’identité constitue une démarche à entreprendre sans délai, les délais de prescription commençant à courir à compter du dernier acte de l’infraction. Le fichier du régulateur, qui comporte 3 484 lignes à la date du 2 octobre 2026, offre un appui documentaire solide pour étayer la plainte.
D’autres montages analogues ont été documentés par BrokerDefense. Bkt-inter.eu est un autre nom de la même période, bâti sur l’identité d’une banque réelle et lui aussi classé « Usurpation » par l’Autorité des marchés financiers, dont il ne reste plus aucun enregistrement actif. De même, Bkt-inter.fr illustre un montage de fausse banque documenté par BrokerDefense, dont le nom a lui aussi disparu des registres. Ces lignes restent vérifiables par chacun dans le recueil public tenu par l’autorité.
L’échange qui suit porte sur une affaire d’escroquerie jugée, dans laquelle des victimes ont obtenu réparation et où une banque s’est vu reprocher une surveillance insuffisante des flux litigieux. Le dossier est présenté par Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’appartenance ordinale est parisienne. Les faits évoqués sont étrangers aux adresses examinées ici.
Interrogations autour de ces adresses de démarchage
La qualification « Usurpation » s’applique dès lors qu’une entité non autorisée emprunte le nom ou les signes distinctifs d’un organisme réel pour entrer en contact avec des épargnants. Dans ce dossier, les libellés [email protected], [email protected] et [email protected] reproduisent tous le radical de Banco Montepio, banque portugaise existante, sans y être rattachés d’aucune façon. C’est cet emprunt à une identité tierce, utilisé comme vecteur de démarchage par courriel, qui a justifié le libellé retenu par le régulateur le 5 janvier 2021.
Banco Montepio est un établissement bancaire portugais réel, dont l’activité se poursuit normalement. Son nom a été repris sans autorisation par les opérateurs à l’origine des adresses visées par le régulateur. Cette banque est uniquement la victime du procédé d’imitation : aucun document officiel ne l’associe aux adresses inscrites sur la liste noire, et ce dossier ne comporte contre elle aucun grief.
Il convient de sauvegarder sans délai l’intégralité des courriels reçus, en veillant à préserver les en-têtes techniques qui permettent de tracer l’origine réelle des messages. Les relevés bancaires attestant des mouvements de fonds, les coordonnées du compte vers lequel des sommes ont été envoyées, ainsi que tout document remis par l’interlocuteur lors des échanges constituent des pièces essentielles pour toute démarche auprès des autorités ou d’un avocat spécialisé.
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Article réécrit le 02/10/2026


