Newsplacements.fr arnaque : des containers, une inscription de 2022

Un an après la première alerte, la même offre sous un autre nom

Le 11 février 2021, le régulateur a inscrit la première de ces adresses, placementsfaciles.fr/container, dans son fichier des sites non autorisés sous la mention « Conteneur ». Moins d’un an plus tard, une offre présentant les mêmes caractéristiques était accessible depuis une adresse différente. Le nom newsplacements.fr avait été créé le 9 août 2021, soit près de six mois après cette première inscription. Le 4 février 2022, le régulateur ajoutait newsplacements.fr/container à ce relevé, toujours sous la mention « Conteneur ». Dans la version de ce fichier publiée le 12 juin 2026, cette entrée figure encore, sans qu’aucune levée n’y soit associée.

Dernière mise à jour : 22/09/2026

Une page qui collectait des coordonnées, et rien de plus

Le constat dressé le 10 octobre 2023 selon le protocole AFNOR Z67-147 décrit une page dont le titre était « Investissement containers » et dont l’adresse, https://newsplacements.fr/container/, comportait des paramètres de suivi d’affiliation. Ce que la page affichait se résumait à des promesses de rendement : « L’investissement dans des containers maritimes : qualifié de produit anti-crise, jusqu’à 6,9 % de rendement annuel ! », « plus de 6,9 % de rendement en moyenne par an », « + 9 % / an en moyenne depuis 5 ans (source IEIF) ». Aucune société n’était nommée, aucune information sur un émetteur ou un gestionnaire n’était fournie.

La seule action proposée au visiteur était de remplir un formulaire demandant le nom, le prénom, l’adresse de courriel et le numéro de téléphone. Ce formulaire transmettait les données saisies à un script nommé register.php. Deux champs non visibles y désignaient la campagne, sous l’intitulé « CONTAINER », et un identifiant d’affiliation commençant par « CONT3- ». La page ne renvoyait donc pas vers une offre de placement constituée : elle servait uniquement à capter des coordonnées pour les transmettre à des tiers.

Les mentions légales, loin de rassurer, confirmaient le mécanisme. Elles déclaraient que les informations recueillies n’étaient pas traitées par le site lui-même, que celui-ci n’était pas responsable du traitement, et que les coordonnées pouvaient être communiquées à des intermédiaires et à des partenaires. Deux boîtes de contact y figuraient, rattachées au domaine et à un second nom. C’est précisément ce procédé que le premier article publié en 2021 décrivait : une page de capture suivie d’un réacheminement vers des sites d’investissement frauduleux. Le dossier constitué en 2023 fournit désormais les dates, les traces techniques et les pièces conservées que cette première publication ne comportait pas.

Une seule attestation pour une cinquantaine d’adresses

L’attestation de sécurité relevée lors du constat ne couvrait pas uniquement l’adresse newsplacements.fr. Sa liste de noms comportait quatre-vingt-dix-neuf entrées, correspondant à une cinquantaine de noms différents avec leurs formes préfixées en www. Ces noms se répartissaient sur quatre sujets sans rapport entre eux : placements financiers, rénovation et aides publiques, comptes personnels de formation, équipement solaire. Parmi les adresses identifiées figuraient infosplacements.fr, malinsplacements.fr, leadmanager.fr, 1euro-pope.fr, eligibilitecpf.fr, formations-certifiantes.fr, maprimeenergetique.fr et simulateur-anah.fr.

Sur les neuf adresses de cette liste que nous avons interrogées, sept ne répondent plus ; deux se résolvent encore, dont leadmanager.fr. Cette dispersion sur des sujets aussi différents, sous une attestation commune, est l’un des indices que le dossier documente.

Le titulaire du nom newsplacements.fr était masqué par le service de confidentialité de son bureau d’enregistrement. Nos relevés montrent que l’hébergement, la zone de noms et la messagerie relevaient d’un même prestataire établi en France. La pile technique était délibérément réduite : PHP 7, certificat de domaine gratuit renouvelé, une seule feuille de style servie depuis le domaine, datée du 18 septembre 2021, et aucun gestionnaire de contenu. Le dossier de constat compte quinze pages, deux pages sources conservées et quatre captures d’écran.

Six lignes « Conteneur » dans les relevés du régulateur

Le fichier des sites non autorisés consacré aux biens divers, dans sa version publiée le 12 juin 2026, ne comporte que six entrées portant la mention « Conteneur ». Leur examen chronologique reconstitue une séquence qui s’étale sur près de quatre ans.

La première inscription date du 1er décembre 2020 et concerne ideesfinances.com/campagne-containers-1, dont BrokerDefense avait signalé notre dossier de septembre 2020 employant un procédé analogue. Le 22 janvier 2021, rubis-patrimoine.biz rejoignait la liste. Le 11 février 2021, c’était au tour de placementsfaciles.fr/container. Le 11 juin 2021, www.capital-container.com y était ajouté. Le 4 février 2022, newsplacements.fr/container figurait à son tour dans le fichier. Enfin, le 26 juillet 2024, event-topmedia017.com/conteneurs complétait cet ensemble.

Ces six lignes n’ont, à la date de nos vérifications, fait l’objet d’aucune levée. Elles attestent qu’une même famille d’offres a continué de circuler sous des adresses renouvelées, à intervalles réguliers, pendant près de quatre ans.

Aucune réponse, aucune fiche, une échéance restée sans suite

Nos contrôles du 22 septembre 2026 montrent que newsplacements.fr ne répond plus, ni sur sa forme nue ni sur sa forme préfixée en www, selon deux résolveurs publics consultés dans la même passe. Le fichier des noms en .fr, interrogé le même jour, ne rend plus aucune ligne pour newsplacements.fr. Une vérification de contrôle, menée au même moment sur un autre nom en .fr dont le titulaire est connu, a rendu une fiche entière et sans lacune : le silence observé sur newsplacements.fr ne tient donc pas à l’interrogation elle-même.

La fiche du nom indiquait que celui-ci avait été créé le 9 août 2021, avec un terme fixé au 9 août 2024. Cette échéance n’a pas été honorée. La dernière mise à jour de cette fiche datait du 30 septembre 2023. Le nom a donc cessé d’être renouvelé sans que son inscription au fichier du régulateur n’en soit affectée. Pour qui souhaite consulter l’historique complet des enregistrements successifs, la fiche WHOIS complète sur DomainTools en restitue le détail.

Interroger la banque qui a exécuté les virements, pièces en main

Lorsqu’une personne a laissé ses coordonnées sur une page de ce type, a été contactée par téléphone dans les jours suivants et a finalement viré une somme vers un compte présenté comme un compte de placement, la première démarche consiste à rassembler tous les relevés bancaires qui retracent ces mouvements. Ces relevés constituent la pièce centrale de toute demande adressée à l’établissement qui a exécuté les virements. C’est cet établissement, en tant qu’intermédiaire ayant traité des opérations anormales au regard des habitudes du titulaire du compte, qui est le premier interlocuteur à saisir par écrit, avec copie de chaque pièce disponible.

Les poursuites ouvertes et les justificatifs à joindre sont décrits sur la page que nous consacrons à la plainte, qui expose comment un dossier se constitue avant tout contact avec les autorités.

La vidéo reproduite plus bas donne l’occasion d’entendre Maître Goce Novakov, avocat rattaché au barreau de Paris, qui revient sur les dossiers de placements trompeurs qu’il a plaidés, sur les décisions obtenues et sur la part de responsabilité que les établissements teneurs de comptes ont dû assumer.

Ce qu’on nous demande le plus souvent sur ce type de page

J’ai laissé mon nom, mon courriel et mon téléphone sur une page similaire, puis j’ai été rappelé et j’ai effectué des versements. Ces versements peuvent-ils encore être documentés ?

Oui, à condition de réunir rapidement l’ensemble des relevés bancaires correspondant à la période concernée. Dans le cas de newsplacements.fr/container, le formulaire transmettait les données à un script de traitement et deux champs cachés identifiaient la campagne et l’affilié : cette trace structurelle montre que le rappel téléphonique n’était pas fortuit mais organisé. Les relevés bancaires, associés à tout courriel ou SMS reçu après la saisie du formulaire, permettent de retracer la chaîne et de l’opposer à l’établissement qui a exécuté les virements.

Pourquoi la mention de cette adresse dans les relevés n’a-t-elle pas été retirée après la disparition du nom ?

Le régulateur inscrit une adresse lorsqu’il constate une infraction ; il ne procède à la levée de cette inscription que sur décision explicite, qui n’a pas été prise ici. L’entrée datée du 4 février 2022 figure toujours dans le fichier publié le 12 juin 2026, sans mention de levée. Le fait que le nom n’ait pas été renouvelé à son terme du 9 août 2024 et ne réponde plus est sans effet sur cette inscription : l’alerte reste accessible pour informer quiconque rencontrerait une référence à cette adresse dans d’anciens documents ou échanges.

Que signifie le fait qu’une adresse de cette famille porte un nom créé récemment, alors que l’offre elle-même est plus ancienne ?

Dans le cas documenté ici, newsplacements.fr a été créé le 9 août 2021, soit environ six mois après l’inscription de placementsfaciles.fr/container et huit mois après la première entrée de cette famille dans le fichier du régulateur. La feuille de style qui servait la page était datée du 18 septembre 2021. Un nom récent ne signifie donc pas une offre nouvelle : il peut simplement indiquer qu’une adresse antérieure, inscrite ou devenue inutilisable, a été remplacée pour continuer à présenter le même formulaire de capture de coordonnées sous une apparence renouvelée.

Newsplacements.fr/container est une adresse inscrite au fichier des sites non autorisés depuis le 4 février 2022, sous la mention « Conteneur », et cette inscription n’a jamais été retirée. Les personnes les plus directement concernées sont celles qui, ayant renseigné leur nom, leur courriel et leur téléphone sur cette page ou sur une page de la même famille, ont ensuite été contactées par téléphone et invitées à placer leur épargne dans des containers maritimes annoncés à plus de 6,9 % de rendement annuel. BrokerDefense propose une évaluation préalable et confidentielle de chaque situation, sans engagement, pour déterminer quelles pièces sont disponibles et quelles démarches sont envisageables.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 22/09/2026

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