Sommaire
- Le nom s’est retiré du registre, cinq ans et huit mois après notre signalement
- Danemark, Royaume-Uni, Chypre : trois adresses pour une seule enseigne
- Une page unique, des onglets qui ramenaient au même écran
- Soixante-dix-sept certificats, le dernier valable jusqu’au 31 août 2025
- Aucune entrée au nom de l’enseigne dans les listes du régulateur
- Faire produire par la banque les traces des versements
- Trois précisions que l’on nous réclame sur cette plateforme
Le nom s’est retiré du registre, cinq ans et huit mois après notre signalement
Au 22 septembre 2026, youronlinebudget.com ne résout plus. Ni le nom seul ni sa variante précédée de www ne répondent à une requête de résolution. Le fichier des enregistrements des .com ne restitue rien sur cette entrée : ni titulaire, ni adresse de contact, ni bureau d’enregistrement joignable par ce canal.
Pour s’assurer que la passe de vérification n’était pas défaillante, nos recherches ont porté simultanément sur un autre nom relevant de la même extension. Ce second nom a rendu sa fiche entière dès la première requête, ce qui établit que le silence observé autour de youronlinebudget.com vient du nom lui-même, et non d’un incident de consultation.
Il n’est donc plus possible, par ce canal, d’obtenir le moindre renseignement sur un exploitant ou d’adresser une demande à qui que ce soit via les coordonnées déclarées lors du dépôt du nom. La situation constatée le 22 septembre 2026 ne permet pas d’établir à quelle date précise cette sortie du fichier est intervenue.
Notre premier article sur cette vitrine remonte au 17 janvier 2021. Cinq ans et huit mois se sont donc écoulés entre ce signalement et le constat d’une absence totale de fiche pour ce nom.
Un seul point de contrôle demeure sur ce dépôt de nom : la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 22/09/2026
Danemark, Royaume-Uni, Chypre : trois adresses pour une seule enseigne
L’enquête de janvier 2021 avait mis en évidence une accumulation de rattachements géographiques difficilement conciliables. Les conditions générales de la vitrine mentionnaient une société exploitante implantée au Danemark, avec une adresse à Aalborg, et un numéro de téléphone fixe danois figurait dans les mêmes documents.
Pourtant, un second numéro d’appel affiché portait l’indicatif du Royaume-Uni, sans qu’aucune explication ne soit fournie sur la raison de cette présence britannique. Plus décisif encore, ces mêmes conditions générales désignaient le droit chypriote comme loi applicable en cas de litige, ce qui plaçait un troisième pays dans l’équation.
Trois juridictions distinctes pour une seule enseigne d’apparence modeste : cette dispersion ne traduit pas l’organisation d’un opérateur sérieux, mais constitue un obstacle délibéré à toute démarche de recours. En janvier 2021, le régulateur financier danois ne reconnaissait pas la société invoquée dans ces conditions générales, ce qui ôtait toute substance à la référence danoise.
Au 22 septembre 2026, une recherche au registre des sociétés du Royaume-Uni n’a rattaché aucune société à ce nom. La composante britannique, déjà fragile en 2021, ne trouve donc aucun appui documentaire cinq ans plus tard.
Une page unique, des onglets qui ramenaient au même écran
En janvier 2021, la vitrine youronlinebudget.com tenait en une seule page. L’ensemble du contenu visible s’y trouvait condensé, sans qu’aucune rubrique ne conduise vers un espace distinct. Un onglet libellé « Learn more » y figurait pourtant, laissant supposer qu’un contenu complémentaire était accessible.
Cet onglet renvoyait au même écran d’où il partait. Aucune information supplémentaire, aucune description de service, aucune condition tarifaire, aucun espace réservé aux utilisateurs : la navigation restait circulaire. Cette mécanique donnait l’apparence d’un site structuré tout en maintenant le visiteur dans un vide informationnel complet.
Ce type de construction a été documenté dans d’autres dossiers traités par BrokerDefense. Un nom signalé dans une zone qui ne répond plus fait l’objet d’une enquête distincte : couponeau.co. La même logique de façade soignée sans contenu vérifiable se retrouve dans le dossier consacré à Accuro-group.pro, une construction bâtie pour un courtier sans existence réelle.
Dans le cas de youronlinebudget.com, l’absence de tout espace client ou de toute interface de suivi signifiait qu’une personne ayant engagé des sommes n’aurait disposé d’aucun canal interne pour en réclamer la restitution ou en vérifier l’état.
Soixante-dix-sept certificats, le dernier valable jusqu’au 31 août 2025
Nos relevés techniques font état de 77 certificats délivrés pour youronlinebudget.com entre le 25 juin 2020 et le 2 juin 2025, tous émis par la même autorité de certification, Let’s Encrypt. Ces certificats couvraient deux noms : le nom lui-même et sa variante en étoile.
La répartition par année de délivrance est la suivante : 13 en 2020, 24 en 2021, 16 en 2022, 14 en 2023, 7 en 2024 et 3 en 2025. Le dernier certificat délivré portait une validité courant jusqu’au 31 août 2025, soit plus de quatre ans après notre premier article.
Cette continuité de renouvellements indique que la vitrine a continué d’être servie bien après le signalement de janvier 2021. Un opérateur qui cesse toute activité ne renouvelle pas ses certificats à intervalles réguliers pendant plus de quatre ans.
Ces relevés ne permettent pas, en revanche, de conclure à la nature exacte du contenu servi à chaque période, ni d’identifier les personnes qui ont pu y accéder. Ils attestent uniquement d’une présence technique maintenue dans le temps.
Par ailleurs, 49 relevés de cette adresse ont été conservés dans des copies publiques, couvrant une période allant du 14 juillet 2013 au 1er avril 2025. Cette antériorité suggère que le nom était actif bien avant la délivrance du premier certificat recensé.
Aucune entrée au nom de l’enseigne dans les listes du régulateur
Nos vérifications du 22 septembre 2026 ont porté sur le fichier officiel des listes noires et mises en garde publié par l’Autorité des marchés financiers. À cette date, le nom youronlinebudget.com ne figurait dans aucune des entrées de ce fichier.
La même recherche conduite auprès de la liste publiée par l’autorité chypriote n’a produit aucune entrée correspondant à ce nom. Ces deux constats sont datés du 22 septembre 2026 et ne portent que sur ce qui était consultable ce jour-là.
L’absence d’inscription sur ces listes ne constitue pas un brevet de régularité : elle signifie simplement que l’enseigne n’y a pas été portée à la connaissance de ces autorités, ou que la procédure d’inscription n’a pas abouti. Les listes publiques de l’Autorité des marchés financiers demeurent la référence à interroger en priorité pour tout épargnant souhaitant vérifier le statut d’une enseigne financière. Une inscription sur ces listes, lorsqu’elle existe, renforce considérablement un dossier en lui apportant une reconnaissance officielle du caractère suspect de l’opérateur.
Un dossier comparable, mené jusqu’au jugement, montre ce qu’une procédure bien construite peut produire : Maître Goce Novakov, avocat dont le cabinet exerce au barreau de Paris, y détaille la condamnation prononcée par le tribunal judiciaire de Troyes contre un établissement bancaire, pour manquement à son devoir de vigilance dans une affaire d’escroquerie et de faux investissement, ainsi que l’indemnisation obtenue par les victimes.
Faire produire par la banque les traces des versements
Toute personne ayant adressé des fonds à youronlinebudget.com l’a fait en direction d’une vitrine qui se présentait comme un outil d’aide à l’épargne, sans qu’aucun espace client ne permette de suivre l’affectation de ces sommes. Le seul canal de contact disponible à l’époque était le formulaire affiché sur cette page unique, désormais inaccessible.
La première démarche utile consiste à demander à l’établissement qui a tenu le compte débiteur de produire l’ensemble des écritures liées aux versements effectués vers cette enseigne : relevés détaillés, ordres de virement, références des bénéficiaires. Ces documents constituent la colonne vertébrale de tout dossier ultérieur.
Il convient également de rassembler toute trace conservée de l’interaction avec la vitrine : captures d’écran des pages consultées, courriels reçus ou envoyés via le formulaire, historiques de messagerie instantanée si un tel canal a été utilisé. Ces éléments permettent d’établir la chronologie des échanges et la nature des engagements présentés.
Sur la voie pénale, la marche à suivre pour déposer plainte détaille les étapes à respecter pour que le signalement soit recevable et produise des effets concrets dans un dossier de ce type.
Trois précisions que l’on nous réclame sur cette plateforme
L’enquête de janvier 2021 avait relevé cette contradiction sans qu’aucune explication ne soit fournie par la vitrine. Désigner une loi applicable dans un pays tiers à celui où la société est prétendument établie complique toute tentative de recours pour un épargnant, car cela impose d’identifier un interlocuteur dans une juridiction étrangère. Le régulateur danois ne reconnaissant pas la société invoquée, la référence au droit chypriote rendait le dossier encore plus difficile à ancrer dans une procédure concrète.
Non. L’absence d’inscription sur ces listes au 22 septembre 2026 ne vaut pas validation de l’enseigne. Ces listes recensent les opérateurs qui ont été signalés et dont l’inscription a été décidée par l’autorité compétente ; elles ne couvrent pas l’ensemble des structures douteuses qui n’ont pas encore fait l’objet d’une procédure aboutie. Les éléments relevés dès janvier 2021, notamment l’absence de reconnaissance par le régulateur danois et la dispersion géographique des rattachements, constituaient déjà des signaux suffisants pour s’abstenir de tout versement.
Le retrait de ce nom du fichier des enregistrements, joint à l’échec de toute résolution au 22 septembre 2026, rend désormais tout contact direct avec un éventuel exploitant impossible par ce canal. Cela ne clôt pas pour autant les voies de recours : les écritures bancaires liées aux versements restent producibles auprès de l’établissement teneur de compte, et une plainte pénale peut être déposée sur la base des pièces conservées. La prescription court à compter de la date à laquelle les faits ont pu être connus, ce qui rend utile d’agir sans tarder plutôt que d’attendre que le dossier se referme de lui-même.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 22/09/2026



1 Comment
bonjour j ai commmandé deux paires de chaussures je ne l ai jamais reCU J AIMERAIS QU ON PUISSE ME REMBOURSER .CORDIALEMENT.