Axa-imarket.com arnaque : l’inscription de l’AMF toujours en place

Trois noms bâtis sur la marque AXA, deux déjà documentés par nos enquêtes

Depuis le 12 octobre 2020, l’adresse www.axa-imarket.com figure dans le fichier que l’Autorité des marchés financiers tient à jour sur ce dossier sous le libellé « Usurpation ». Nos vérifications du 23 septembre 2026 confirment que cette inscription figure toujours au fichier, près de six ans après avoir été posée, alors même que le nom lui-même ne figure plus au répertoire des .com et qu’aucune infrastructure ne lui répond.

Le libellé « Usurpation » désigne, dans ce fichier, les acteurs qui se présentent sous l’apparence d’une entité autorisée ou d’une marque reconnue, sans disposer d’aucun agrément pour proposer en France des services ou des placements financiers. La fiche du régulateur précise explicitement qu’axa-imarket.com n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers à exercer de telles activités sur le territoire français.

Cette adresse est le troisième membre d’une famille de trois noms construits sur la marque AXA : axa-imarket.com, axaimltd.com et axaim-marketfx.com. Notre enquête du 6 décembre 2020 attribuait ces trois adresses aux mêmes opérateurs. Le dossier que nous avons consacré à axaimltd.com, qui décrit déjà cette famille de trois noms et documente le même mode d’usurpation de marque, établit qu’axaimltd.com est lui aussi inscrit au fichier du régulateur sous le libellé « Usurpation », avec une date d’inscription au 29 octobre 2020, vérifiée de notre côté le 23 septembre 2026.

Deux des trois membres de cette famille font donc aujourd’hui l’objet d’une inscription officielle jamais retirée par le régulateur français, pendant que les noms eux-mêmes ont quitté le répertoire des .com sans laisser d’exploitant identifiable.

Dernière mise à jour : 23/09/2026

Nulle mention légale, aucun avertissement sur les risques

La vitrine axa-imarket.com se présentait, au moment de notre enquête initiale, comme un espace digne de confiance pour tout épargnant souhaitant faire fructifier son capital. Le message central qu’elle délivrait tenait en quelques mots : il est possible de devenir riche en tradant le bitcoin. Aucune nuance, aucun bémol ne venait tempérer cette promesse.

Or tout site proposant des services de trading est tenu de faire figurer une mise en garde explicite sur le risque de perte en capital. Cette obligation n’est pas une formalité : elle vise à protéger les épargnants qui ne mesurent pas que les marchés de cryptomonnaies exposent à des pertes pouvant dépasser les sommes engagées. La vitrine axa-imarket.com ne portait aucun avertissement de ce type.

Notre analyse de l’époque relevait également que la présentation générale du site était qualifiée de laconique et jugée identique à celle d’autres plateformes de la même génération. Ce constat d’uniformité est caractéristique des vitrines construites en série à partir d’un même gabarit, sans effort pour singulariser le contenu ni pour ancrer l’offre dans une réalité juridique vérifiable.

Enfin, aucune mention légale n’accompagnait la vitrine : pas de raison sociale, pas de numéro d’immatriculation, pas de responsable de publication, pas de coordonnées d’un service réclamations. Un site de services financiers qui ne comporte aucun de ces éléments ne satisfait à aucune des obligations minimales qui s’imposent aux opérateurs réguliers.

Ce nom a quitté le répertoire des .com sans laisser d’exploitant

Nos vérifications du 23 septembre 2026 établissent qu’axa-imarket.com ne rend plus aucune adresse, ni pour le nom seul ni pour sa variante préfixée en www. Aucun serveur de noms ne prend cette adresse en charge, et aucune boîte de messagerie n’y répond. Le réseau ne connaît plus cette adresse.

Le répertoire des .com, interrogé le même jour, ne conserve plus de fiche pour ce nom : ni déposant, ni bureau d’enregistrement, ni durée de validité, ni serveur de noms, ni titulaire. Pour s’assurer que ce silence ne traduisait pas un incident de consultation, nous avons vérifié deux autres noms du même registre le même jour : ils ont tous deux rendu leur fiche complète, ce qui écarte toute défaillance technique de notre côté.

Les journaux publics d’émission de certificats conservent la trace de plusieurs émissions couvrant ce nom. La plus récente est datée du 11 septembre 2021 et courait jusqu’au 11 septembre 2022. Deux émissions antérieures, datées du 9 septembre et du 24 novembre 2020, portaient la marque d’un outil de gestion d’hébergement mutualisé. Aucune émission postérieure au 11 septembre 2022 n’apparaît dans ces journaux ; la date à laquelle l’exploitation a cessé n’est donc pas établie par cette source.

Aucune page de ce site n’a été conservée dans les copies publiques accessibles. Ces constats établissent que le nom est inactif et que son enregistrement a pris fin, mais ils n’établissent pas à quelle date précise les opérateurs ont mis fin à leur activité ni vers quelles autres adresses ils auraient pu se redéployer.

L’enregistrement de ce nom ne laisse qu’un seul point de contrôle accessible aujourd’hui : la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Aucun exploitant identifiable derrière ces trois noms

Le registre public des entreprises, interrogé le 23 septembre 2026, ne rend aucune fiche correspondant à la dénomination « Axa Imarket ». Pour s’assurer que ce silence ne découlait pas d’un incident du service, nous avons lancé le même jour une requête portant sur le seul mot « imarket » : trois fiches ont été restituées, ce qui confirme que le registre fonctionnait normalement et que l’absence de résultat sur « Axa Imarket » reflète bien l’absence de toute entité immatriculée sous ce nom.

Le registre britannique des sociétés, également consulté le 23 septembre 2026, ne contient aucune société dont la dénomination renfermerait « axa-imarket ». La vitrine ne portait par ailleurs aucune mention légale susceptible d’indiquer une raison sociale, un numéro d’enregistrement ou un pays de constitution.

Cette absence totale d’exploitant identifiable dans les registres officiels rejoint ce que notre dossier de 2024 consacré à une autre fausse plateforme usurpant la marque AXA a mis en évidence : dans cette affaire, le contrat transmis aux victimes mentionnait une entreprise réelle, enregistrée auprès de l’autorité britannique et dont les bureaux se trouvent à Londres, alors que la vitrine se présentait sous une dénomination entièrement différente, une dissociation qui illustre la sophistication avec laquelle ces montages exploitent la crédibilité d’entités légitimes sans leur consentement.

Rassembler la trace bancaire d’un versement fait à cette vitrine

Que ce nom ait quitté le répertoire des .com ne supprime pas, pour autant, les recours ouverts aux personnes qui y ont placé de l’argent. Une personne ayant viré des fonds à cette vitrine trouve dans ses relevés de compte le détail du mouvement : date, montant, compte bénéficiaire, établissement destinataire. Ces relevés constituent la première pièce à réunir.

Les justificatifs de virement que la banque du payeur délivre au donneur d’ordre comptent également parmi les pièces à garder : ils désignent le compte crédité par l’opération. Les échanges conservés avec le service de la vitrine, qu’il s’agisse de courriels, de messages via une application ou de captures d’écran des pages dans leur état d’alors, viennent compléter ce dossier de preuves et permettent de reconstituer les conditions dans lesquelles la mise en relation a eu lieu.

Deux pistes peuvent être suivies en parallèle : le comportement de l’établissement où les versements ont abouti, dont la responsabilité peut être recherchée selon les circonstances, et l’identité de celui qui a mis les victimes en relation avec cette adresse, qu’il s’agisse d’un démarcheur, d’un réseau social ou d’une publicité ciblée.

Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont la ville d’exercice est Paris, a accordé un entretien dans lequel elle examine les conditions dans lesquelles la banque qui a reçu les fonds des escrocs peut être condamnée à leurs côtés, au même titre que les auteurs directs, dans les affaires de faux investissement.

Déposer plainte lorsque la vitrine a cessé toute activité

Fermer une vitrine ne suffit pas à éteindre l’infraction pénale commise au moment où les fonds ont été collectés. Les faits dénoncés doivent être décrits avec précision : nature exacte des sommes confiées à cette plateforme, manière dont cette vitrine se présentait à ses visiteurs comme une plateforme de trading sur le bitcoin et les invitait à y placer des fonds, absence de tout agrément du régulateur français attestée par l’inscription portée au fichier public du régulateur français depuis le 12 octobre 2020.

Les justificatifs joints à une plainte pèsent lourd dans ce type de dossier : relevés bancaires, confirmations de virement, captures d’écran de la vitrine et des échanges avec ses opérateurs, copie de l’inscription officielle au fichier du régulateur. Cette dernière pièce est d’autant plus utile qu’elle date l’existence de la plateforme et établit que les autorités compétentes avaient identifié son caractère frauduleux dès l’automne 2020.

Le dépôt de plainte peut être effectué auprès du procureur de la République ou directement auprès d’un service de police judiciaire spécialisé dans la fraude financière. Les suites possibles incluent l’ouverture d’une enquête pénale, la saisie d’avoirs et la mise en cause des intermédiaires ayant facilité les versements. Pour structurer cette démarche, nous vous renvoyons à le guide de BrokerDefense sur le dépôt d’une plainte pour escroquerie financière.

Vos questions sur le dossier axa-imarket.com

L’inscription d’axa-imarket.com au fichier de l’AMF signifie-t-elle que des poursuites ont été engagées ?

Non. L’inscription au fichier public tenu par l’Autorité sous le libellé « Usurpation » signifie que cet opérateur n’était pas autorisé à proposer des services financiers en France et qu’il empruntait l’apparence d’une entité reconnue. Elle ne préjuge pas de l’existence de poursuites pénales, qui relèvent de l’autorité judiciaire et non du régulateur.

Le fait que le site ne soit plus accessible signifie-t-il que les fonds versés sont définitivement perdus ?

Pas nécessairement. La disparition du nom du répertoire des .com ne préjuge pas de la possibilité de retracer les fonds via les relevés bancaires et les confirmations de virement. La responsabilité de l’établissement qui a accueilli les fonds peut également être examinée selon les circonstances de l’opération.

Pourquoi trois noms différents portaient-ils tous la marque AXA si aucune société de ce nom n’est immatriculée ?

Notre enquête du 6 décembre 2020 attribuait axa-imarket.com, axaimltd.com et axaim-marketfx.com aux mêmes opérateurs. L’emprunt de la marque AXA visait à inspirer confiance aux épargnants en leur faisant croire à un lien avec un groupe financier connu, sans qu’aucune des entités concernées n’ait existé légalement sous ce nom ni disposé du moindre agrément.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 23/09/2026

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