Auuforex.com arnaque : la société dissoute et le nom disparu

Auuforex.com : le nom n’est plus enregistré, aucune adresse ne répond

Interrogé le 11 octobre 2026, le dossier public des noms en .com ne retourne aucune entrée au nom d’auuforex.com. Notre relevé ne retrouve aucun serveur de noms, aucun serveur de courrier, aucune adresse de destination, que l’on interroge le nom seul ou sa déclinaison avec www. Le nom n’est plus enregistré du tout, ce qui va bien au-delà d’un simple silence du site. En parallèle, Auu Global Limited, la société britannique dont la vitrine portait l’identité, est aujourd’hui dissoute. Deux disparitions se répondent, six ans après notre première enquête publiée le 5 novembre 2020.

Pour qui cherche encore cette vitrine, le constat est sans appel. Il n’existe plus aucun point d’entrée technique vers auuforex.com. Aucune redirection, aucune page résiduelle, aucun serveur qui réponde. De cette exploitation, il ne demeure ni adresse, ni archive technique, ni relais.

Une plateforme de trading sérieuse ne s’évapore pas de cette façon. Les courtiers régulés conservent leurs archives réglementaires, leurs coordonnées, leurs conditions générales, même après cessation d’activité. Ici, rien de tel ne subsiste. La disparition totale du nom, combinée à la dissolution de la société imitée, dessine le profil d’un montage conçu pour ne pas durer.

Le domaine avait été enregistré le 22 avril 2020, et sa dernière trace publique remonte à juin 2024. Quatre années pendant lesquelles aucune structure administrative crédible n’a jamais été publiée. Aucune trace active ne demeure sur ce nom : la fiche WHOIS complète sur DomainTools permet de le constater aujourd’hui.

Dernière mise à jour : 11/10/2026

Auu Global Limited, dissoute sous l’adresse par défaut de Companies House

La société AUU GLOBAL LIMITED, immatriculée en Angleterre et au pays de Galles sous le numéro 12566591, a été créée le 21 avril 2020, soit la veille exacte de l’enregistrement du domaine auuforex.com. Cette coïncidence de dates n’est pas anodine. Elle révèle une construction coordonnée : une entité juridique créée un jour, un nom de domaine enregistré le lendemain, une vitrine de trading lancée dans la foulée.

La société est aujourd’hui dissoute. Son siège social figure à l’adresse par défaut du registre britannique des sociétés, à Cardiff. Cette adresse générique est celle que reçoit une société dont le siège déclaré n’est plus valable. C’est le signe d’un montage abandonné, jamais réellement exploité sous une structure légale pérenne. Consulter le registre public des entreprises agréées au Royaume-Uni suffit à vérifier qu’aucune autorisation en cours ne peut être rattachée à une fiche de société dissoute.

Emprunter l’identité d’une société immatriculée remplit une fonction simple : offrir au visiteur un numéro qu’il peut vérifier de lui-même, et l’impression d’une entreprise encadrée. Nos vérifications ne permettent pas d’établir un lien entre la société imitée et le fonctionnement réel de la vitrine. Le nom et le numéro ont servi de paravent ; l’exploitation relevait d’autres mains.

Ce type de construction n’est pas isolé. Un schéma identique apparaît dans le dossier Imaxaltd, autre nom de plateforme bâti sur une firme dissoute la même année : une société britannique créée puis abandonnée, une vitrine de trading montée sur son identité.

La même mécanique se retrouve dans l’affaire Fondations-capital, montée sur l’identité d’une société française, où l’emprunt d’une identité réelle servait à crédibiliser une offre sans agrément. Ces cas montrent que le recours à une entité juridique existante constitue une technique répandue pour tromper les épargnants.

Des gains promis en une minute pour une vitrine ouverte en avril 2020

La copie publique du 6 mars 2021 conserve l’intégralité du discours commercial de la vitrine. La promesse centrale était explicite : « gagner jusqu’à 75 % des gains en 1 minute ». Cette formulation ciblait des instruments à effet de levier, dont les risques de perte totale du capital sont pourtant documentés par tous les régulateurs sérieux.

La vitrine affichait des statistiques présentées comme des preuves de solidité : plus de 80 000 utilisateurs actifs, plus de 30 000 traders quotidiens, 3 000 clients, 26 brokers seniors, 10 ans d’expérience internationale. Le domaine avait été enregistré en avril 2020. Ces chiffres ne résistent pas à la chronologie. Un site ouvert depuis quelques mois ne peut revendiquer dix ans d’expérience ni des dizaines de milliers d’utilisateurs actifs vérifiables.

Le copyright affiché sur la page était daté de 2019, soit un an avant la déclaration de la société et l’enregistrement du domaine. Ce décalage est caractéristique d’un habillage copié sur une autre source ou fabriqué pour simuler une ancienneté inexistante. Aucune des statistiques affichées n’était accompagnée d’une source, d’un auditeur ou d’un document vérifiable.

Ces éléments forment un ensemble cohérent. Les chiffres gonflés, les promesses de rendement rapide et le copyright antidaté servent un seul objectif : convaincre un visiteur pressé que la plateforme est établie, fiable et rentable. La réalité chronologique contredit chacun de ces signaux.

Ce qu’il restait du nom en juin 2024

Les copies publiques permettent de reconstituer la trajectoire du nom. En mars 2021, la vitrine est active et complète, avec ses promesses de gains et ses statistiques. C’est la version que nos relevés de 2020 avaient déjà documentée dans ses grandes lignes.

En novembre 2021, puis en septembre 2022, les copies ne montrent plus qu’un simple renvoi d’une adresse vers une autre. La vitrine de trading a disparu. Aucune explication, aucun message aux utilisateurs, aucune procédure de clôture de compte visible.

La copie la plus récente, datée du 3 juin 2024, montre une page d’attente mise en place par un service d’enregistrement de noms de domaine. La vitrine de trading n’existe plus depuis longtemps à ce stade. Puis plus rien. Le nom a ensuite quitté le registre sans laisser de successeur ni de redirection.

À aucun moment cette exploitation n’a laissé derrière elle une organisation visible. Aucune communication aux utilisateurs, aucune reprise annoncée, aucune adresse de contact conservée. Le montage s’est défait aussi discrètement qu’il s’était constitué.

Une vitrine sans coordonnées ni mentions obligatoires

La vitrine d’auuforex.com ne publiait ni numéro de téléphone, ni adresse postale vérifiable, ni conditions générales d’utilisation. Ces absences ne sont pas des oublis. Elles sont constitutives du dispositif : un opérateur qui ne peut être joint, des engagements contractuels qui n’existent pas, une relation commerciale sans recours possible.

Le site se déclarait « agréé et supervisé » sans nommer un seul régulateur, sans citer un seul numéro d’agrément, sans préciser une seule juridiction de supervision. Cette formule vague est un signal d’alerte reconnu. Tout courtier réellement agréé publie son numéro d’autorisation, le nom de l’autorité compétente et un lien vers sa fiche officielle.

Aucune information sur les risques liés aux instruments à effet de levier n’était présente sur la vitrine. Cette obligation est pourtant imposée par tous les régulateurs européens sérieux. Son absence confirme que la plateforme ne cherchait pas à se conformer à un cadre légal existant.

Nos relevés du 11 octobre 2026 ne retrouvent aucune mise en garde publiée au nom auuforex.com. L’Autorité des marchés financiers tient ses listes de mises en garde, et ce nom n’y figure pas à cette date. Cette absence d’alerte officielle n’innocente personne : elle dit seulement que ce nom précis n’a jamais fait l’objet d’un avertissement public avant de s’éteindre.

Ce qui reste à tenter après des virements vers auuforex.com

Après un versement effectué via auuforex.com, la première démarche consiste à rassembler toutes les pièces disponibles. Relevés de virements, avis d’opération reçus par messagerie, copies des pages de l’espace client, conversations écrites avec les démarcheurs : chaque document compte et doit être gardé dans son format d’origine.

Les coordonnées des démarcheurs, qu’il s’agisse de numéros de téléphone, d’adresses électroniques ou de pseudonymes utilisés sur des messageries, constituent des éléments d’enquête précieux. Les conserver soigneusement, sans rien jeter, renforce la solidité d’un dossier ultérieur.

Une vigilance particulière s’impose face à une seconde sollicitation. Des personnes se présentant comme des services de récupération de fonds contactent parfois les victimes d’arnaques aux faux investissements. Ces approches sont elles-mêmes frauduleuses dans la grande majorité des cas. Aucun paiement préalable ne doit être effectué en échange d’une promesse de recouvrement.

Pour engager une procédure formelle, nos vérifications pointent vers notre page consacrée au dépôt de plainte, qui recense les démarches ouvertes aux victimes résidant en France et les documents à réunir.

Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau parisien, revient dans cet entretien sur une victoire obtenue en cassation après onze ans de procédure dans une affaire d’arnaque aux faux investissements. Elle y détaille les recours judiciaires ouverts aux victimes et les conditions dans lesquelles une action au long cours peut aboutir.

Questions pratiques autour du nom auuforex.com

Le nom auuforex.com correspondait-il à une société réelle ?

Une société réelle a bien existé : AUU GLOBAL LIMITED, immatriculée en Angleterre et au pays de Galles sous le numéro 12566591, créée le 21 avril 2020. Mais cette société est aujourd’hui dissoute, et son siège figure à l’adresse par défaut du registre britannique à Cardiff, signe d’un montage abandonné. Rien ne relie cette entité à l’exploitation concrète de la vitrine de trading. L’identité de la société a été reprise pour donner une apparence de légitimité à un dispositif qui n’en avait aucune.

Que reste-t-il de cette plateforme en 2026 ?

Rien d’actif. Au 11 octobre 2026, auuforex.com n’est plus un nom enregistré : notre relevé ne lui trouve aucune existence dans le fichier central du .com. Le nom seul comme sa déclinaison avec www restent sans réponse, sans adresse, sans serveur de noms, sans serveur de courrier. La dernière trace publique connue est une page d’attente d’un service d’enregistrement de noms de domaine, datée du 3 juin 2024. La société imitée est dissoute. Il ne subsiste aucune structure opérationnelle rattachée à ce nom.

Quels recours restent ouverts après un versement effectué en 2020 ou 2021 ?

La priorité est de rassembler les preuves encore disponibles : relevés de virements, avis d’opération, conversations échangées avec les démarcheurs, copies des pages de l’espace client. Ces pièces gagnent à être gardées dans leur format d’origine. Une plainte pour escroquerie demeure envisageable plusieurs années après les faits. Une mise en garde s’impose aussi contre les prétendus services de récupération de fonds, qui relèvent eux-mêmes de l’escroquerie dans la grande majorité des cas.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 11/10/2026

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