Les quatre adresses qui, sur une plateforme de courtage, mènent d’ordinaire au compte du client ne répondent pas sur adamant-invest.com. Interrogées le 30 octobre 2026, /login, /register, /dashboard et /api renvoient toutes un code 404, et la page de contact de la vitrine pointe vers une adresse supprimée. Le service existe pourtant : il a été monté sur un second nom, webtrader.adamant-trade.com, dont l’enregistrement porte la même seconde que celui de la vitrine, le 1er juin 2026 à 14 h 08 min 51 s, chez le même bureau d’enregistrement, derrière les deux mêmes serveurs de noms.
Adamant Invest se présente comme un courtier en devises, actions et crypto-actifs, avec cinq formules de compte de 250 € à 1 000 000 € et un fonds de protection des investissements qui n’est jamais nommé. La vitrine revendique dix ans d’expérience et 36 000 clients pour un nom déposé cinq mois plus tôt, ne publie aucun numéro de licence, aucune adresse et aucun immatriculation, et affiche un téléphone dont les chiffres sont des zéros. Le seul dossier que nous ayons trouvé sur ce nom, ouvert chez un site d’avis indépendant, lui attribue 25 % de confiance. L’enquête a été conduite le 30 octobre 2026 sur la vitrine, ses dix-sept pages, ses conditions générales et les trois graphies du nom.
Sommaire
- L’espace client d’Adamant Invest ne se trouve pas sur adamant-invest.com
- « 10+ ans » et « 36 k clients » pour un nom déposé le 1er juin
- L’enregistrement : deux dépôts simultanés et une troisième graphie plus ancienne
- Photos de la carte, recto-verso et cryptogramme : ce que réclame le dossier KYC
- Un questionnaire resté au nom d’Investorsz, et une page de contact supprimée
- Quelles pièces réunir après un versement vers Adamant Invest
- Questions posées avant d’ouvrir un compte chez Adamant Invest
- Ce que notre enquête retient d’Adamant Invest
L’espace client d’Adamant Invest ne se trouve pas sur adamant-invest.com
La vitrine est propre, rapide et cohérente : bandeau de promesse, six arguments de service, trois étapes d’inscription, quatre témoignages, un pied de page légal complet. Elle donne l’impression d’un courtier installé. Le contrôle des chemins habituels d’un espace client dit l’inverse. Sur adamant-invest.com, /login, /register, /dashboard et /api tombent en 404, et /sign-in comme /sign-up également. Les deux boutons « Sign In » et « Get Started » du bandeau ne pointent d’ailleurs pas vers le domaine : ils sortent vers webtrader.adamant-trade.com, un hôte distinct, servi derrière Cloudflare et protégé par un contrôle Turnstile qui renvoie un 403 « Just a moment » aussi bien sur l’accueil que sur les pages d’inscription.
Ce second nom a sa propre histoire. Le nom nu adamant-trade.com ne résout plus, aucun enregistrement A ne subsiste sur l’apex, mais le sous-domaine webtrader répond toujours. Le rapprochement des deux fiches de registre est net : adamant-invest.com et adamant-trade.com ont été créés à la même seconde, le 1er juin 2026 à 14 h 08 min 51 s, chez NameCheap, et tous deux délèguent leur zone à ELIAS.NS.CLOUDFLARE.COM et VEDA.NS.CLOUDFLARE.COM. Deux noms qui naissent au même instant, chez le même prestataire, sur la même paire de serveurs, ne relèvent pas de la coïncidence : c’est une seule commande passée en une fois. Le certificat de la vitrine est du même régime, un joker émis par Google Trust Services le 27 septembre 2026 et valable jusqu’au 26 décembre, sans organisation vérifiée.
Dernière mise à jour : 30/10/2026
📄 Dossier
Trois pièces de cette enquête sont réunies ci-dessous en un fichier unique : la vitrine d’Adamant Invest photographiée le 30 octobre 2026 avec son bandeau « Powerful Trading Proven Results », la grille de ses cinq formules de compte et le renvoi vers webtrader.adamant-trade.com que portent ses deux boutons d’entrée. De quoi retrouver l’interface exacte qu’un plaignant a eue sous les yeux.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Le procédé n’est pas isolé. Nous avons documenté en octobre un courtier dont le terminal de trading était lui aussi servi par un hôte en marque blanche distinct de la vitrine, l’affaire Vaulltier ; la mécanique revient à séparer l’enseigne qui séduit de l’infrastructure qui encaisse.
« 10+ ans » et « 36 k clients » pour un nom déposé le 1er juin
La page d’accueil affiche deux compteurs, « 10+ Years Consulting Experience » et « 36k+ Satisfied Customers », repris tels quels dans la section de présentation. Son dépôt au registre date du 1er juin 2026, soit cinq mois avant notre passage. Aucun élément du site ne permet de rattacher ces chiffres à une activité antérieure : pas de société mère, pas d’historique de marque, pas de page d’équipe, pas de mentions de presse. Le pied de page se contente d’un « Copyright ©2026 Adamant Invest Ltd ».
Les conditions générales vont plus loin dans l’affirmation et moins loin dans la preuve. Elles ouvrent sur « Adamant Invest Limited, is a Licensed Service Provider that provides investment and ancillary services » et ne donnent, sur 131 000 octets de texte, ni numéro de licence, ni autorité de tutelle, ni pays de délivrance, ni adresse de siège. Nous avons épluché les six fichiers où le gendarme boursier français recense les intermédiaires dépourvus d’autorisation : aucun ne porte ce nom. Une enseigne qui se dit agréée sans désigner son régulateur n’oppose donc rien de vérifiable à un client qui voudrait contrôler.
La page de contact achève le tableau. Elle annonce une ligne téléphonique dont le numéro est « +0(000)0000000 », sept zéros entre parenthèses et sept autres à la suite, c’est-à-dire un champ de formulaire jamais rempli, publié en production. Deux adresses de courriel y figurent, hello@ et support@, et toutes deux renvoient à une troisième graphie du nom, adamantinvest.com, sans tiret. Les cinq formules de compte, elles, promettent un « Investment protection fund » sur chacune des cinq lignes, sans nommer de fonds, d’assureur ni de juridiction qui le porterait.
Le seul dossier public que nous ayons trouvé sur ce nom ne va pas dans le sens de la confiance : la fiche ScamDoc d’adamant-invest.com lui attribue un indice de confiance de 25 % et la classe parmi les sites à faible score, sans qu’aucun des éléments relevés dans notre propre enquête ne vienne la contredire.
L’enregistrement : deux dépôts simultanés et une troisième graphie plus ancienne
Le nom de la carte, adamant-invest.com, a été déposé le 1er juin 2026 et court jusqu’au 1er juin 2027. Son statut de registre est « client transfer prohibited », la mention posée par défaut par le bureau d’enregistrement pour verrouiller un nom contre tout transfert. Aucune donnée de titulaire n’est publiée : ni personne physique, ni société, ni pays. Le second nom, adamant-trade.com, partage la date, l’heure, la seconde, le registraire et les serveurs de noms, et porte le même verrou. Son apex ne répond plus alors que le sous-domaine webtrader, lui, est toujours actif.
La troisième graphie, adamantinvest.com, est d’une autre nature. Elle existe depuis le 27 juin 2000, elle est tenue chez united-domains GmbH et déléguée à NS.UDAG.DE, NS.UDAG.NET et NS.UDAG.ORG, trois serveurs d’un hébergeur allemand. Son adresse actuelle répond sur 89.31.143.90, mais la poignée de main chiffrée échoue : le certificat présenté ne couvre pas ce nom et le serveur renvoie une erreur « unrecognized name ». C’est pourtant sur ce domaine que sont construites les deux adresses de contact publiées par la vitrine. Un courriel peut parfaitement fonctionner sur un nom dont le site est cassé, et c’est même l’intérêt de la manœuvre : le visiteur qui écrit ne peut rien vérifier.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Photos de la carte, recto-verso et cryptogramme : ce que réclame le dossier KYC
La politique de conformité du site, présentée comme un gage de sérieux, énumère les pièces à fournir avant tout retrait : copie d’un passeport signé, justificatif de domicile, l’historique signé des opérations, et surtout « copies of payment cards for making a deposit », avec la face avant portant les quatre derniers chiffres du numéro et « the reverse side with CVV ». Autrement dit le cryptogramme à trois chiffres, celui qui permet de débiter une carte sans le porteur.
Aucun intermédiaire financier sérieux ne demande le verso d’une carte. Le numéro, la date d’expiration et le cryptogramme forment l’ensemble des données nécessaires à un paiement à distance ; les rassembler dans une boîte de réception, sous couvert de lutte contre le blanchiment, revient à se doter des moyens de vider un compte bancaire. La page ajoute que ces pièces conditionnent le déblocage des fonds, ce qui place le client dans la situation où refuser revient à perdre son dépôt et accepter revient à livrer sa carte.
Les moyens de paiement annoncés sur la page de dépôt complètent le dispositif : carte bancaire, virement, QIWI, WebMoney et Bitcoin. Les trois derniers sont des rails dont les transactions ne se reprennent pas, et le virement, lui, part vers un compte dont les coordonnées sont communiquées après l’ouverture du dossier, jamais publiées sur le site. Une page du même site parle de « Adamant Invest bank account data » sans jamais dire chez quelle banque ce compte est ouvert, ni dans quel pays.
Un questionnaire resté au nom d’Investorsz, et une page de contact supprimée
La vitrine n’a pas été écrite pour Adamant Invest. Sa page de dépôt demande au client de remplir « a short Investorsz uestionnaire » : le mot « Investorsz » n’apparaît nulle part ailleurs sur le site, il ne correspond à aucune enseigne du groupe et il conserve la trace d’un remplacement de texte mal fait sur un gabarit antérieur, où « Investors Questionnaire » est devenu « Investorsz uestionnaire ». Le reste du vocabulaire est du même métal : la page des types de compte vante une « Investment protection fund » sur chaque formule, les bonus promettent jusqu’à 50 % du dépôt initial et un bonus sans dépôt dont le gain est plafonné à 20 %, et les conditions générales interdisent au client de changer le nom inscrit sur son compte.
La structure du site trahit la même fabrication rapide. Le menu légal renvoie vers /about-us/contact, qui répond en 404, alors que la page réellement servie est /about-us/contact-us. Les bibliothèques appelées à l’extérieur sont celles d’un site vitrine banal, une réglette de carrousel et une police d’icônes prises sur des réseaux publics, et le serveur pose un cookie de session PHP à chaque visite. Aucune trace d’un back-office de courtier, aucun appel à un fournisseur de cotation, aucun fichier de plateforme : ce domaine ne fait que présenter, et tout ce qui compte se joue sur l’autre hôte.
Quelles pièces réunir après un versement vers Adamant Invest
Les personnes qui nous écrivent au sujet d’Adamant Invest arrivent presque toujours avec la même séquence : un premier versement modeste qui « fonctionne », un retrait refusé au motif qu’il manque une pièce, puis une demande de complément présentée comme la dernière formalité avant le déblocage. Ce qui se joue ensuite dépend entièrement des pièces rassemblées dans les premiers jours. Trois éléments pèsent plus que les autres : l’ordre de virement tel qu’il a été émis, avec le nom du bénéficiaire et l’IBAN qui y figure réellement, la copie des échanges avec le gestionnaire de compte qui a réclamé le complément, et la capture de l’écran affiché par webtrader.adamant-trade.com au moment de la demande, avec son horodatage.
Il faut y ajouter les pièces envoyées au titre de la conformité, y compris les photos de carte, car elles prouvent ce qui a été transmis et quand. Une plainte pour escroquerie s’adresse au procureur de la République du domicile ou du lieu du préjudice ; la démarche, les pièces à joindre et le déroulé de la procédure sont décrits sur notre page Le pénal, porter plainte. Sur le volet civil, la banque qui a exécuté le virement n’est pas hors de cause : sa vigilance sur la provenance et la destination des fonds a déjà été jugée, et un dossier de courtage frauduleux lié à une autre enseigne a été examiné sous cet angle dans notre enquête sur SPX Global.
Sur ce point précis du recours contre l’établissement bancaire, l’entretien ci-dessous avec Maître Anne Bernard-Dussaulx, du barreau parisien, expose la mécanique retenue par les juges et les conditions dans lesquelles la banque du destinataire peut être assignée. La page de son cabinet est accessible dans notre portfolio d’avocats.
Questions posées avant d’ouvrir un compte chez Adamant Invest
Rien sur le site ne permet de l’établir. Les conditions générales se présentent comme celles d’un « Licensed Service Provider » sans donner de numéro de licence, d’autorité de tutelle ni de pays de délivrance, et aucune entrée correspondant à ce nom ne figure dans les listes publiées par l’Autorité des marchés financiers. Un courtier réellement agréé publie son numéro et son régulateur dès la page d’accueil.
La politique de conformité du site fait dépendre le retrait de la fourniture de pièces, parmi lesquelles les photos du recto et du verso de la carte bancaire, cryptogramme compris. Tant que ces pièces ne sont pas envoyées, la demande est annulée et les fonds reviennent sur le compte de trading ; une fois envoyées, le client a livré de quoi débiter sa carte. C’est le levier classique de ce type de dossier.
Pas sur adamant-invest.com : les adresses /login, /register, /dashboard et /api y répondent en 404. Les boutons d’entrée renvoient vers webtrader.adamant-trade.com, un second nom déposé à la même seconde que la vitrine, chez le même bureau d’enregistrement, et dont le nom nu ne résout plus. Un client qui veut retrouver son compte doit donc savoir que l’enseigne et l’infrastructure sont deux domaines différents.
Ce que notre enquête retient d’Adamant Invest
Adamant Invest est une vitrine de courtage qui n’héberge pas son propre espace client : le compte s’ouvre sur webtrader.adamant-trade.com, un nom déposé dans la même seconde que la vitrine, et les courriels publiés pointent vers une troisième graphie plus ancienne dont le site chiffré ne répond pas. En cinq mois d’existence, ce montage a revendiqué dix ans d’activité, 36 000 clients, un fonds de protection jamais nommé et une licence jamais identifiée, puis a demandé à ses clients le verso de leur carte bancaire pour débloquer un retrait. Face à une telle architecture, la vérification préalable par BrokerDefense consiste en trois contrôles simples : le numéro de licence et son régulateur, le nom exact qui figure sur l’ordre de virement, et l’adresse réelle du compte avant tout versement. Un dépôt vers ce genre de plateforme ne se reprend pas ; c’est avant l’ordre de virement que le dossier se joue.
Si vous avez versé des fonds à Adamant Invest, le point de départ n’est pas le remboursement mais la preuve : l’ordre de virement, les échanges avec le gestionnaire de compte, et les captures de webtrader.adamant-trade.com horodatées. Ces pièces sont celles qu’une banque et un juge examinent.
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