matinvestgroup.com arnaque : l’AMF vise le domaine, trois mois après

Le nom de domaine matinvestgroup.com a rejoint, le 28 septembre 2026, le fichier public où le gendarme boursier français recense les intermédiaires dépourvus d’autorisation : la fiche publiée ce jour porte le nom du domaine et le libellé « Autre acteur non autorisé ». Trois mois plus tôt, le 25 juin 2026, la même autorité avait déjà visé la marque, mais sur une autre adresse : la page gratuite miginvestgr.tiiny.site, que notre rédaction avait documentée en juillet 2026. Entre les deux mises en garde, l’enseigne s’est dotée d’un domaine à son nom, d’un site complet et d’un réseau de rabatteurs.

Deux mises en garde de l’autorité pour une seule enseigne, à trois mois d’écart

La première inscription ne visait pas un site mais un hébergement de page unique : l’adresse miginvestgr.tiiny.site servait une présentation de « MIG MatInvestGroup » sur une plateforme gratuite. La seconde vise un nom de domaine enregistré, doté d’une zone DNS complète et d’une messagerie. Entre les deux, la vitrine n’a pas changé de discours : le même fondateur revendiqué, la même promesse de rendement mensuel, le même capital présenté comme garanti.

Le registre du domaine situe son dépôt au 25 juin 2026 à 16 h 51 UTC, soit le jour même où le régulateur publiait sa première mise en garde sur la marque. Le dossier reste aujourd’hui verrouillé contre un transfert vers un autre bureau d’enregistrement, et il court jusqu’au 25 juin 2027. Rien, dans ces dates, ne ressemble à une cessation d’activité : le nom est actif, il répond, et il est désormais fiché sous son propre intitulé.

Dernière mise à jour : 28/09/2026

📄 Document

BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par matinvestgroup.com, réalisée le 28 septembre 2026. Y figurent le bandeau du site avec son monogramme, les compteurs de rendement affichés en page d’accueil et le formulaire d’accès à l’espace client : de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Capture de la vitrine servie par matinvestgroup.com le 28 septembre 2026

Des rendements annoncés à 50 % par mois, un capital présenté comme garanti

La page d’accueil affiche quatre chiffres en gros caractères : « +50 % par mois minimum », « capital 100 % garanti », « 200+ clients » et « 16 M€ sous gestion ». Une courbe intitulée « évolution capital, base 100 » annonce « +1 083 % » sur les six premiers mois de 2026, et la vitrine précise que cette performance résulte de « stratégies de trading actives » menées auprès de deux courtiers nommément cités.

Ces deux premières promesses suffisent à qualifier le montage. Aucun intermédiaire habilité en France ne peut garantir un capital placé sur des marchés, et aucun ne peut annoncer un rendement mensuel fixe : la réglementation européenne impose au contraire d’avertir le public que la valeur d’un placement peut diminuer. Un rendement de 50 % par mois représente, sur douze mois, une multiplication du capital par plus de cent vingt, ordre de grandeur incompatible avec une gestion réelle, quelle qu’elle soit.

La vitrine ajoute un argument d’autorité : une page « Performances » renvoie vers un suivi public de résultats et invite à « vérifier les résultats réels ». Or ce type de suivi enregistre ce que son titulaire déclare, sans contrôle d’un tiers, et il n’existe aucun agrément derrière le nom. La mise en garde du 28 septembre 2026 repose précisément sur ce constat : le nom ne bénéficie d’aucune autorisation lui ouvrant la clientèle des épargnants français.

Cartes, statuts et commissions : le recrutement au coeur du montage

Le menu du site ne parle pas uniquement d’investissement. Il comporte quatre entrées qui, ensemble, décrivent un réseau : « Apporteurs », « Programme & Revenus », « Statuts CDI / Indépendant » et « Gérer son équipe », complétées par une page « Bonus 25-50 % » et par un système de « cartes MIG » graduées. La vitrine annonce plus de quarante « apporteurs d’affaires et collaborateurs » répartis entre la France et l’Europe.

Le mécanisme est explicite : apporter des capitaux ouvre droit à une commission présentée comme un revenu, et la constitution d’une équipe fait l’objet d’un accompagnement dédié, avec un matériel de prospection fourni. Une rémunération versée sur l’entrée de nouveaux fonds, et non sur une prestation financière identifiée, place l’ensemble dans la logique des montages où le versement des premiers est servi par celui des suivants. L’ordre affiché est d’ailleurs révélateur : la simulation de gains et le programme de recrutement occupent, dans la page, une place comparable à celle réservée aux investisseurs.

La vitrine va jusqu’à proposer un « exemple de contrat » et une « formation trading », deux documents qui donnent une apparence d’organisation à une activité dont aucun élément vérifiable n’établit l’existence : ni numéro d’immatriculation, ni adresse de siège, ni mention d’une autorisation. Le fondateur revendiqué y est présenté comme dirigeant « depuis 2017 », sans que cette antériorité se retrouve dans le moindre registre.

Trois noms prestigieux invoqués sans l’accord de leurs titulaires

La section « Confiance » de la vitrine cite un cabinet d’avocats britannique dont l’activité réelle est tout autre : cette société, établie à Londres, exerce dans le conseil juridique et n’a jamais proposé de gestion de fonds pour le compte de particuliers français. Aucun document publié par ce cabinet ne mentionne l’enseigne qui se réclame de lui, et aucune pièce recueillie ne permet de lui attribuer la moindre participation à ce montage : son nom est employé sans son autorisation.

Le même procédé s’applique à deux courtiers : la page de présentation des performances affirme que les résultats proviennent de comptes tenus auprès de deux plateformes de trading nommées, l’une et l’autre étrangères au site. Ces deux sociétés disposent d’agréments propres et de leurs propres obligations réglementaires ; leur nom figure ici comme caution, sans qu’aucun élément établisse un lien contractuel avec l’enseigne qui l’affiche.

Ce mécanisme de caution empruntée n’est pas propre à ce dossier. Il rappelle vtmfr.com, un faux courtier déjà inscrit sur la liste noire du régulateur français, dont l’enseigne reprenait le nom d’un intermédiaire réel pour se donner une apparence d’établissement agréé.

Un nom déposé chez OVH le 25 juin 2026, sans DNSSEC

Le domaine est enregistré auprès du bureau OVH sas, avec deux serveurs de noms fournis par le même prestataire de services d’hébergement. Le site est servi depuis une adresse unique située en France, sans passer par un réseau de protection de type pare-feu applicatif : rien, dans l’infrastructure, n’indique une organisation habituée à manipuler des fonds de tiers, ni un hébergeur spécialisé dans la finance. Le certificat de chiffrement est un certificat standard, émis par Let’s Encrypt le 5 septembre 2026 et valable jusqu’au 4 décembre 2026, qui ne couvre que le nom et sa variante avec « www ».

La messagerie repose sur trois serveurs du même prestataire, et la déclaration d’authentification publiée dans la zone autorise l’envoi pour le compte du domaine tout en refusant les expéditeurs non déclarés. Reste que le domaine se borne à décrire la façon dont ses courriels partent : il n’impose aux services récepteurs aucune consigne de refus, et son dossier ne porte aucune signature cryptographique, ce qui laisse ouverte la possibilité d’une altération des réponses en transit.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine. Son dossier ne mentionne ni société titulaire, ni adresse, ni identifiant d’entreprise.

Ce qu’il faut réunir si des fonds ont été envoyés à cette vitrine

L’enseigne ne fonctionne pas comme un courtier classique : les clients revendiqués sur la page d’accueil sont d’abord mis en relation par un proche devenu apporteur, puis reçoivent un identifiant de type « MIG-001 » et dialoguent par messagerie instantanée ou par réseau social, via un compte nommé. Les versements, eux, se font par virement bancaire vers un compte dont les coordonnées sont communiquées à la demande, adresse de messagerie gratuite à l’appui.

Trois séries de pièces doivent être mises de côté avant toute démarche. D’abord l’identification : captures de la page d’accueil et des pages « Apporteurs » et « Performances », coordonnées du compte de messagerie et du profil social utilisé, identifiant client attribué. Ensuite la traçabilité : relevés bancaires faisant apparaître chaque virement sortant, ordre de virement, et échanges écrits avec l’interlocuteur, où figurent la promesse de rendement et les instructions de paiement. Enfin la chronologie : date du premier contact, date de l’inscription, date du dernier versement.

Ces éléments se répartissent entre deux voies, qui ne s’excluent pas. La voie pénale vise l’escroquerie et se fonde sur les documents qui établissent la promesse trompeuse ; notre page consacrée au dépôt d’une plainte pénale en détaille les étapes et les pièces attendues. La voie civile vise, elle, la banque qui a exécuté ou reçu les virements, lorsque les opérations présentaient un caractère inhabituel qu’un établissement attentif aurait dû relever.

Un service d’évaluation indépendant, qui note la fiabilité des noms de domaine, place matinvestgroup.com parmi les adresses les moins bien notées de son recensement, avec 25 % de confiance et deux motifs défavorables : l’acquisition encore récente du nom et une espérance d’exploitation limitée. Consulter cette évaluation.

Notre rédaction a interrogé Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont le tableau est celui de Paris, sur les recours ouverts aux personnes trompées par un faux gestionnaire. Son intervention est filmée ci-dessous :

FAQ

Comment savoir si matinvestgroup.com est une arnaque ?

Trois éléments suffisent, et ils sont vérifiables sans compétence technique. Le nom figure sur la liste des acteurs non autorisés publiée par l’Autorité des marchés financiers depuis le 28 septembre 2026. La vitrine promet un rendement mensuel fixe et un capital garanti, deux engagements qu’aucun intermédiaire habilité ne peut prendre en France. Aucune société titulaire, aucune adresse de siège et aucun numéro d’immatriculation n’apparaissent sur le site.

Peut-on récupérer de l’argent versé après une promesse de 50 % par mois ?

La récupération passe rarement par le site lui-même : elle s’appuie sur les traces bancaires des virements et sur les documents qui prouvent la promesse. Relevés, ordres de virement et échanges écrits avec l’apporteur ou le gestionnaire constituent le socle du dossier. Il faut également conserver le nom de l’apporteur qui a mis en relation, car c’est souvent lui qui a rendu la promesse crédible auprès de la victime.

Que risque-t-on en devenant apporteur d’affaires pour cette enseigne ?

Le rôle d’apporteur n’est pas neutre. Une personne qui présente le dispositif à son entourage, perçoit une commission sur les sommes versées et recrute à son tour peut se voir reprocher une participation à l’escroquerie, au-delà de sa propre perte financière. Les messages, les publications et les relevés de commission qu’elle a conservés servent alors aussi bien à établir sa qualité de victime qu’à mesurer son implication : il est préférable de les réunir avant toute démarche.

Si des fonds ont été adressés à l’enseigne qui exploite matinvestgroup.com, la première étape utile n’est pas de réclamer leur retour par messagerie, mais de rassembler les preuves des virements et des promesses reçues. Les personnes qui ont versé après avoir été présentées par un apporteur doivent aussi identifier ce dernier, car son rôle distingue les dossiers devant les juges. L’équipe de BrokerDefense peut examiner la situation avant toute action, afin de dire ce qui est encore exploitable et ce qui doit être documenté sans délai.

Contactez notre service d’aide aux victimes

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