Deux réponses pour une seule adresse. Interrogé le 18 septembre 2026, cheminfundria-ai.com a servi à nos outils techniques une page sobre, rédigée en anglais, qui se présente comme un service de suivi de portefeuille fondé sur des rapports quotidiens : ni chiffre, ni rendement, ni promesse. Rendu dans un navigateur, le même nom transmet le visiteur à une seconde adresse, où la promesse affichée est cette fois de 924 euros par jour, adossée à des propos prêtés à deux personnalités françaises.
Sommaire
- Une façade sobre à l’analyse, un renvoi vers une autre adresse au navigateur
- La page d’arrivée promet 924 euros par jour et cite deux personnalités
- Le nom a été déposé huit jours avant notre vérification
- Cloudflare classe la variante du nom en hameçonnage suspecté
- Ce qu’il faut rassembler si des fonds ont été envoyés
- Trois précisions demandées sur cette adresse et son renvoi
- Un nom de huit jours, deux pages, et ce qui reste entre les mains des victimes
Une façade sobre à l’analyse, un renvoi vers une autre adresse au navigateur
La première lecture de cheminfundria-ai.com ne donne rien à se mettre sous la dent. La page s’ouvre sur un titre en anglais, « Chemin Fundria », complété par une ligne de présentation : une plateforme de suivi de portefeuille vérifié au jour le jour. Elle décrit ensuite une méthode : un rapport écrit chaque jour de marché, indiquant l’exposition au risque, l’état du capital et la décision prise, avec le raisonnement qui l’accompagne. Aucun pourcentage, aucun gain annoncé, aucune comparaison de performance. Six pages sont annoncées depuis le pied de page : présentation, arguments, questions courantes, contact, politique de confidentialité et conditions d’utilisation.
La seconde lecture est d’une autre nature. Chargée dans un navigateur, l’adresse n’affiche pas cette façade : elle transmet le visiteur vers un nom distinct, fizzy8-similique85.sbs, dans un répertoire de campagne, et le passage transporte un identifiant de session. Appelé seul, sans cet identifiant, le nom de destination ne rend rien : c’est uniquement lorsqu’il arrive chargé du renvoi qu’il déroule son contenu. La façade sert donc de premier filtre, et le contenu réel n’est jamais montré à qui l’interroge sans navigateur.
Ce montage n’est pas isolé dans nos dossiers. Un autre cas reposant sur le même principe a été documenté par BrokerDefense, celui de zanexarolu.com : une racine qui change de comportement selon l’identité qui la demande, et un renvoi qui mène à une promesse de gains. Les deux dispositifs partagent la même mécanique de dissimulation, sans que nous puissions affirmer qu’ils relèvent d’un même exploitant.
Les deux réponses ont été recueillies le 18 septembre 2026 et comparées ligne à ligne.
Dernière mise à jour : 18/09/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par cheminfundria-ai.com, réalisée le 18 septembre 2026. Y figurent la promesse de 924 euros par jour, les deux encarts attribués à des personnalités connues et les témoignages chiffrés : de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

La page d’arrivée promet 924 euros par jour et cite deux personnalités
Ce que découvre le visiteur est d’un tout autre registre. Le titre annonce « Gagnez plus de 924 € par jour grâce au trading avec Chemin Fundria », sous une mention de rareté : vingt-sept places disponibles et une inscription présentée comme ouverte. La marche à suivre tient en trois temps : créer un compte gratuit avec un prénom et une adresse de courrier, approvisionner le compte d’un capital initial, puis confier le pilotage à un programme censé opérer jour et nuit. Un simulateur demande la somme que l’on souhaite engager et affiche, à cinquante jours, un solde futur présenté comme potentiel.
Les chiffres se suivent sans qu’aucun justificatif ne les étaye : 4,7 étoiles attribuées par plus de 2780 utilisateurs, un total de 47182 euros gagnés chaque heure par l’ensemble des membres, un compteur indiquant que dix-neuf personnes se sont inscrites dans les cinq dernières minutes. Trois témoignages signés de prénoms affichent des gains de 5812, 11055 et 32503 euros, un quatrième évoque 225549 euros sur un compte. Deux encarts citent des propos attribués à Xavier Niel, présenté comme homme d’affaires français, et à Jean-Luc Reichmann, présenté comme présentateur de télévision. Ni l’un ni l’autre n’a apporté le moindre soutien à cette adresse : ces citations sont fabriquées, et les personnes citées ne sont en rien concernées par ce dispositif. Le même procédé a été relevé sur un autre dossier, celui de nazvelqorn-ai.com, dont les pages prêtaient des propos à des personnalités belges sans davantage de justification.
La page se réclame aussi de partenaires : Coinbase, Binance, Kraken, Poloniex et Bittrex sont cités comme autant de plateformes avec lesquelles Chemin Fundria travaillerait. Ces sociétés existent, exercent leur activité et n’ont aucun lien avec ce dispositif ni avec les propos qui leur sont prêtés ici. Aucun élément de la page ne vient étayer une quelconque coopération.
Le nom a été déposé huit jours avant notre vérification
Le registre des noms en .com situe l’enregistrement de cheminfundria-ai.com au 10 septembre 2026, à 10 h 25 et 28 secondes, pour une échéance fixée au 10 septembre 2027. Le nom est enregistré par un bureau californien, Dynadot, et porte un statut qui empêche tout transfert vers un autre bureau. Sa dernière modification remonte au jour même du dépôt, quelques secondes après l’inscription. Chaque information consignée date donc d’une seule journée, huit jours avant notre contrôle.
Deux serveurs de noms assurent la résolution, l’un et l’autre rattachés au réseau Cloudflare. Interrogés séparément, ils renvoient vers des adresses techniques appartenant à ce même réseau, ce qui masque l’hébergement réel du contenu. Le certificat qui sécurise l’accès a été délivré le 10 septembre 2026 à 9 h 29, soit moins d’une heure avant l’enregistrement du nom, par l’autorité Let’s Encrypt, pour une validité de trois mois expirant le 9 décembre 2026 : il couvre le nom ainsi que tous les sous-domaines qui en relèvent. Que la délivrance précède ainsi le dépôt trahit une réservation faite d’un seul geste.
Pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine, consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Une fiche dédiée à cheminfundria-ai.com existe sur le service d’évaluation ScamDoc, avec un indice de confiance de 1 %. Ce score tient largement compte de la jeunesse du nom, et il ne constitue pas un verdict à lui seul : il indique qu’aucun historique favorable n’a pu être constitué.
Cloudflare classe la variante du nom en hameçonnage suspecté
Interrogée sous sa forme avec « www », la même adresse ne se contente plus de rediriger : elle renvoie une page de refus signée Cloudflare, intitulée « Suspected Phishing ». Autrement dit, l’infrastructure qui transporte le nom le range du côté des tentatives d’hameçonnage présumées. C’est un signal technique, produit par un tiers, qui ne repose sur aucune appréciation de notre part.
Les pages réglementaires de la façade, elles, n’ont jamais été remplies. Les conditions d’utilisation s’ouvrent sur cette phrase, reproduite telle quelle : « This is a general draft template and should be reviewed by qualified legal counsel before use », et la date de mise à jour y est restée sous forme de champ à compléter, « Last updated: [Insert Date] ». La politique de confidentialité porte la même mention de modèle générique fourni à titre d’information. La page de contact, enfin, affiche un numéro au format « +49 (0) 000 000 000 » et la mention « Map view placeholder » à la place d’un plan. Le pied de page, lui, mentionne une adresse à Bahnhofstraße 15, 86150 Augsburg, en Allemagne, ainsi qu’un numéro de téléphone dont quatre chiffres du milieu sont remplacés par des astérisques, le rendant inutilisable en l’état. Aucune société, aucun numéro d’immatriculation et aucune autorité de tutelle ne sont nommés nulle part.
Aucune des mises en garde publiées par le régulateur français ne mentionne cette adresse, vérification faite le 18 septembre 2026.
Ce qu’il faut rassembler si des fonds ont été envoyés
Un versement effectué vers cette adresse laisse derrière lui des pièces qui, elles, ne disparaissent pas avec le site. Les relevés bancaires couvrant la période des envois, les ordres de virement avec leur date et leur montant, les confirmations reçues par courrier électronique et les échanges écrits conservés avec les interlocuteurs qui se présentaient comme des conseillers forment la base du dossier. Il faut y ajouter les captures des pages au moment où elles étaient accessibles, les identifiants de compte communiqués par la plateforme, et la trace du canal par lequel le premier contact a été noué.
Les réponses aux questions d’une victime devant le juge pénal sont rassemblées sur notre site.
Dans l’entretien proposé plus bas, Maître Goce Novakov, avocat parisien dont l’inscription relève du barreau de la capitale, revient sur une victoire juridique obtenue pour une personne trompée : la juridiction y retient la faute d’une banque qui a laissé passer des mouvements de fonds anormaux, et les sommes versées doivent être restituées.
Trois précisions demandées sur cette adresse et son renvoi
La façade ne nomme aucune société et ne cite aucun numéro d’immatriculation. L’adresse affichée à Augsbourg et le numéro masqué proviennent d’un gabarit dont les champs n’ont pas été renseignés : les conditions d’utilisation parlent encore d’un modèle à faire relire par un juriste, et la page de contact porte un numéro composé de zéros. Un exploitant réel peut être retrouvé par son immatriculation ; ici, il n’y a rien à vérifier.
La jeunesse du nom, à elle seule, ne prouve rien. Ce qui la rend ici significative, c’est sa combinaison avec le reste : une page sobre servie aux outils de contrôle, un renvoi vers une seconde adresse pour les visiteurs, une promesse de rendement journalier et des propos attribués à des personnes qui ne les ont jamais tenus. C’est cet ensemble, et non la seule date du dépôt, qui caractérise le dispositif.
Tout ce qui rattache le versement à cette adresse : les ordres de virement et les relevés du compte débité, les confirmations reçues par courrier électronique, les messages échangés avec ceux qui tenaient le rôle de conseiller, et les vues datées de la plateforme au moment de l’inscription. Ces pièces restent opposables même si le nom cesse d’être servi.
Un nom de huit jours, deux pages, et ce qui reste entre les mains des victimes
cheminfundria-ai.com n’existe que depuis le 10 septembre 2026, et il porte déjà deux visages : une façade neutre pour qui l’examine, une promesse de 924 euros par jour pour qui la visite. Les personnes qui ont effectué un versement après une inscription sur cette adresse ne retrouveront pas leur argent dans un simulacre de tableau de bord ; ce qui subsiste, ce sont leurs relevés bancaires, leurs échanges écrits et les captures de pages qu’elles ont conservées. Un premier examen conduit par BrokerDefense aide à distinguer ce qui peut encore être produit de ce qui est perdu.


