Sommaire
- Une seule réponse à toutes les adresses : un mot de passe
- Le portail client répond encore, l’inscription ouverte en quatre langues
- La taxe de sortie : 25 448 € pour libérer un compte de 156 581 €
- Le terminal de négociation servi depuis un second nom de domaine
- Des communiqués de presse à la place d’une réputation
- Evinquo : trois réponses sur un domaine muré
- Conclusion : une porte verrouillée, un dossier ouvert
Une seule réponse à toutes les adresses : un mot de passe
Interrogé sur sa racine, sur une adresse interne, ou même sur le fichier robots.txt que publient ordinairement les sites, le domaine evinquo.com renvoie toujours la même réponse : un code 401 et une demande d’identification intitulée « Restricted Access ». Pas une page, pas une présentation de l’activité, pas même l’écran d’une boutique fermée. Le nom est enregistré, le serveur répond, et rien n’est servi.
Cette porte close n’a rien d’une panne locale. Reprise depuis un second réseau, l’adresse oppose exactement le même refus, ce qui écarte l’hypothèse d’un filtrage réservé aux instruments de mesure. Un navigateur instrumenté s’arrête, lui, sur la demande d’identification, sans parvenir à afficher quoi que ce soit : il ne reste de la vitrine aucune image à examiner.
Le contraste se trouve quelques caractères plus loin, sous le même nom. profile.evinquo.com répond normalement et sert un espace de connexion complet, avec formulaire d’ouverture de compte, choix du pays, numéro de téléphone et quatre langues d’interface. Une partie du dispositif a donc été murée pendant que l’autre restait grande ouverte.
Le nom n’est d’ailleurs pas abandonné. Le registre consigne son dépôt le 17 novembre 2025, pour une échéance au 17 novembre 2027, chez le bureau d’enregistrement Tucows, avec les deux verrous de transfert et de modification que ce prestataire applique par défaut ; le titulaire, lui, reste masqué à la consultation publique. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 18/09/2026
Le portail client répond encore, l’inscription ouverte en quatre langues
profile.evinquo.com se présente comme le portail d’accès client de l’enseigne : un écran de connexion, une page d’inscription, un parcours de mot de passe oublié. Le formulaire d’ouverture de compte réclame le prénom, le nom, une adresse électronique, un mot de passe, le pays, un numéro de téléphone, une déclaration de non-résidence aux États-Unis et l’acceptation de la politique de confidentialité, le tout proposé en anglais, espagnol, français et italien.
L’écran est sobre, mais l’infrastructure qui le porte est entretenue. La page est diffusée par un réseau de distribution de contenu ; son logo, son icône et ses images d’arrière-plan sont hébergés dans un espace de stockage dédié au nom de la marque ; l’interface dialogue avec un service applicatif placé derrière un répartiteur de charge européen. Rien n’évoque une page posée en une soirée.
C’est la seule partie du nom que le public peut encore ouvrir. C’est aussi par elle que passent l’ouverture des comptes et le suivi des positions : le dispositif a donc été retiré du regard sans avoir été débranché.
La taxe de sortie : 25 448 € pour libérer un compte de 156 581 €
Les récits publiés par les personnes trompées décrivent tous le même instant, celui où l’on demande à reprendre son argent. Sur le forum Signal-Arnaques, un déposant raconte le 9 juin 2026 avoir négocié l’or pendant deux mois sur la plateforme, avec un compte affiché à 156 581 €, gains compris. Au moment de clôturer, la sortie est conditionnée au versement d’une « flat taxe » de 25 448 € calculée sur des bénéfices de 97 860 €, avec cette explication qu’en Angleterre l’impôt se réglerait avant toute restitution. Son interlocuteur l’a ensuite prévenu qu’il ne répondrait plus à ses messages.
Le levier est celui que nous avons relevé dans notre dossier consacré à getliquid365.com, où des frais réclamés après coup tenaient lieu de porte de sortie. Un second signalement, déposé le 19 juin 2026, émane d’une personne qui s’est arrêtée après un premier versement de 250 €.
Un troisième récit, publié sur un forum d’entraide financière, chiffre l’engagement : 76 750 € versés à partir de mars 2026, après un premier conseil donné sur le pétrole puis une série de positions sur l’or. Chaque repli des cours servait alors de prétexte à un versement complémentaire, présenté comme la condition pour « sécuriser le capital ». Le même déposant indique qu’un compte bancaire a été ouvert à son nom auprès d’un établissement luxembourgeois, que 50 000 € y ont été virés et que les documents d’accès ne lui sont jamais parvenus. Le montage en deux temps, un solde affiché puis une ponction pour y accéder, rappelle celui que nous avons décrit pour pendoxa.com.
La pression va plus loin que le blocage. Un signalement du 7 septembre 2026 publie la mise en demeure adressée à un déposant : 70 000 € présentés comme dus, majorés de 0,5 % par jour depuis une échéance fixée au 28 août, soit 3 500 € de pénalités en dix jours et une dette annoncée de 73 500 €. Le message provient d’une adresse bâtie sur le domaine evinquo.email, avec un prénom, un nom et un numéro en 04 ; le forum qui l’a publiée la classe parmi les envois d’hameçonnage. Le prénom et le nom de cette adresse ne renvoient à aucune personne identifiée.
De ces trois récits se dégage un mécanisme unique : un solde flatteur, une sortie payante, puis une menace. Les pièces qui l’établissent, relevés de l’espace client, justificatifs des virements, échanges écrits et courriers reçus, sont précisément celles qui nourrissent une plainte. La marche à suivre devant le juge pénal et ce qu’une juridiction peut en tirer sont détaillées sur notre page consacrée au dépôt d’une plainte pénale.
Le terminal de négociation servi depuis un second nom de domaine
La salle de marché ne se trouve pas sur evinquo.com. Le code du portail renvoie vers un autre domaine, evnq-web.com, qui répond normalement et se présente comme une plateforme de négociation. Ce nom a été déposé le 6 janvier 2026, chez le même bureau d’enregistrement que l’adresse principale et sur la même paire de serveurs de noms ; sa page interdit explicitement son indexation par les moteurs.
Le contenu visible tient en quelques lignes, mais la page charge un poste de négociation complet dont les paramètres se lisent dans son propre code : la marque interne du montage, la liste des modèles d’interface, l’adresse des flux de cotation et celle du service qui alimente les graphiques. La déconnexion renvoie vers profile.evinquo.com, ce qui rattache sans ambiguïté le terminal au portail client.
La même application est livrée avec un jeu d’enseignes : le portail embarque les ressources graphiques d’une marque, mais aussi la mécanique qui permet d’en décliner d’autres, feuilles de style et fichiers de traduction compris. C’est la signature d’un produit revendu à plusieurs opérateurs, où seul le nom change.
Les paiements suivent le même principe de déport. Le code du portail fait appel à deux services de caisse hébergés hors du domaine, l’un sur une adresse dédiée aux encaissements, l’autre sur une passerelle de paiement, ainsi qu’à une solution de signature électronique pour les documents contractuels et à une messagerie d’assistance intégrée. Aucun euro ne transite donc par le nom affiché sur l’écran du déposant.
La vidéo ci-dessous donne la parole à Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate qui appartient au barreau dont Paris est le siège. Son propos porte sur une juridiction ayant retenu la faute d’une banque face à des mouvements de fonds anormaux, et sur l’indemnisation obtenue par les personnes trompées par un faux placement.
Des communiqués de presse à la place d’une réputation
Le nom a pourtant circulé dans des colonnes flatteuses. Le 22 décembre 2025, cinq semaines après le dépôt du domaine, un texte annonçant le lancement d’un système de gestion des risques a été repris par des rubriques d’actualité adossées à deux plateformes d’échange de crypto-actifs, avec citation d’un responsable des solutions de risque et description d’outils de simulation de scénarios. Ces reprises proviennent de fils d’information alimentés par leurs clients.
En face, les évaluations publiques sont d’un autre ordre. La fiche ScamDoc de evinquo.com place le nom à l’extrémité basse de son échelle et retient deux motifs : l’adresse est signalée comme dangereuse par Phishing Initiative, et l’identité de son titulaire demeure masquée à la consultation. Aucun avis d’internaute n’y est encore déposé.
Les fichiers de mise en garde du régulateur français, eux, ne portent pas ce nom. Le relevé conduit le 18 septembre 2026 sur les listes publiées par l’AMF n’y fait apparaître aucune entrée correspondant à evinquo.com. Un tel silence n’équivaut pas à un brevet de conformité : il établit que ce nom n’a jamais obtenu l’aval d’un régulateur.
Aucune société vérifiable ne porte ce nom non plus. Interrogé le 18 septembre 2026, le registre britannique des sociétés ne rend aucun résultat pour la dénomination Evinquo, ce qui laisse les engagements contractuels du portail sans personne morale identifiable derrière eux.
Evinquo : trois réponses sur un domaine muré
Toutes les adresses de ce nom, la racine comme le fichier réservé aux robots, répondent par un code 401 accompagné d’une demande d’identification. Le refus est identique depuis un autre réseau, et un navigateur instrumenté ne parvient à afficher aucune page. Nous constatons l’effet sans pouvoir attribuer la décision à un acteur plutôt qu’à un autre : ce que le dossier établit, c’est qu’aucune vitrine n’est proposée au public alors que le portail client du même nom reste accessible.
Tout dépend des pièces conservées et du chemin pris par les fonds. Les justificatifs de virement, les relevés de l’espace client, le nom du bénéficiaire des paiements et les échanges avec les interlocuteurs constituent l’essentiel. Réclamer de l’argent avant d’en rendre n’a aucun fondement : ce procédé se reconnaît à ce qu’il apparaît systématiquement après une première demande de restitution.
Non. Aucune entrée correspondant à ce nom n’apparaît dans les fichiers de mise en garde publiés par l’Autorité des marchés financiers, dont le relevé a été effectué le 18 septembre 2026, et le registre britannique des sociétés ne rend aucun résultat à cette dénomination. Ne pas figurer sur ces listes ne prouve aucune conformité : l’enseigne n’a reçu d’aucun régulateur l’autorisation d’exercer.
Conclusion : une porte verrouillée, un dossier ouvert
Evinquo.com offre le spectacle d’un dispositif qui a cessé de se montrer sans cesser de fonctionner. La vitrine publique ne répond plus rien, pas même à un fichier destiné aux robots, tandis que le portail d’ouverture de compte, le poste de négociation hébergé sous un second nom et les services d’encaissement continuent de tourner. Pour les personnes ayant versé des fonds, la difficulté tient à cette dissymétrie : l’interlocuteur commercial s’est éclipsé, mais le mécanisme qui a recueilli les versements reste identifié, avec ses adresses, ses horodatages et ses relevés.
Les profils concernés se ressemblent : des épargnants convaincus d’avoir ouvert un compte de trading, guidés par un conseiller joint par téléphone ou par messagerie, puis invités à payer une taxe ou des frais au moment de retirer. Un examen préalable du dossier avec BrokerDefense permet de trier ce qui demeure exploitable, tant que les accès au portail ne se sont pas fermés à leur tour.
Une invitation reçue au nom de evinquo.com vous a-t-elle conduit à verser des fonds sur cette plateforme ? Le service d’aide aux victimes de BrokerDefense examine gratuitement votre situation et vous indique les pièces utiles et les démarches possibles.


