Sommaire
- Une suspension portée au dossier le 24 octobre, et plus rien ne résout
- Le numéro 11724428 désigne une société galloise dissoute en janvier 2025
- Deux mille trois cent quatre-vingt-cinq jours d’activité pour un nom vieux de deux cent huit jours
- Une enseigne précédente jamais retirée des pages juridiques
- Cinquante et une briques louées, aucune écrite pour cette vitrine
- Rassembler les pièces alors que l’adresse ne répond plus
- Un dépôt en cryptoactif peut-il encore être discuté après la coupure
Une suspension portée au dossier le 24 octobre, et plus rien ne résout
Le dossier d’enregistrement d’alphaventureslimited.org a été modifié le 24 octobre 2026 à 13 h 06 UTC. Ce n’est pas une mise à jour de routine. La mention « client hold » a remplacé le verrou de modification, ramenant le nombre de verrous actifs de quatre à trois. Auparavant, le dossier portait simultanément les verrous de suppression, de renouvellement, de transfert et de modification, configuration habituelle d’un nom géré activement. Désormais, la suspension s’est substituée à ce quatrième verrou.
Interrogé le 26 octobre 2026, le nom ne rend plus aucune adresse. Cinq types d’enregistrement ont été vérifiés l’un après l’autre : l’adresse d’accueil, l’adresse de courrier, les serveurs de noms, et deux types d’enregistrement complémentaires. Tous sont muets. Les deux serveurs de noms Cloudflare figurent pourtant toujours dans le dossier, mais ils ne répondent plus pour ce nom. La délégation est inscrite, la résolution est morte.
Le certificat TLS que la vitrine servait avait été émis par Let’s Encrypt le 28 juillet 2026 à 21 h 35 UTC. Il couvrait le nom principal et l’ensemble de ses sous-domaines. Sa durée de validité standard de quatre-vingt-dix jours l’a conduit à expiration le 26 octobre 2026 à 21 h 35 UTC, soit deux jours après la suspension portée au dossier. Aucun renouvellement n’a été demandé. Le dernier certificat enregistré dans les journaux publics de certificats remonte au 6 octobre 2026 ; il aurait été valable jusqu’au 4 janvier 2027, mais aucune demande n’a suivi cette date. La vitrine a donc cessé de résoudre avant même l’expiration de ce certificat potentiel.
Le nom avait été créé le 1er avril 2026. Son enregistrement court jusqu’au 1er avril 2027. La suspension est intervenue plus de cinq mois avant l’échéance contractuelle : alphaventureslimited.org n’a pas atteint son terme, il a été coupé en cours de route, et son dossier restera ouvert jusqu’en 2027.
Dernière mise à jour : 26/10/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par alphaventureslimited.org, prise le 17 septembre 2026. C’est le dernier état connu de la vitrine avant sa suspension : on y distingue la grille des sept formules de rendement, le compteur d’utilisateurs affiché en une et le formulaire d’ouverture de compte, de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Le numéro 11724428 désigne une société galloise dissoute en janvier 2025
La page des questions fréquentes du site affichait, sans ambiguïté, le numéro d’immatriculation 11724428 comme preuve d’existence légale. Ce numéro est réel. Il appartient à CADRE HOLDINGS UK LTD, immatriculée le 12 décembre 2018 au registre des sociétés britanniques. Ce même registre la donne dissoute depuis le 7 janvier 2025, soit quinze mois avant la création du nom de domaine, le 1er avril 2026.
L’adresse de siège déclarée par cette société, Fair View Bungalow Hirwaun Road, à Hirwaun près d’Aberdare, au pays de Galles, est mot pour mot celle que la vitrine affichait en pied de page. Une seconde adresse apparaissait dans les mentions légales : Kemp House, 160 City Road, à Londres, adresse de domiciliation commerciale notoire. Aucune société propre au service n’a jamais été nommée nulle part sur le site.
Rien n’établit de lien entre CADRE HOLDINGS UK LTD et l’exploitant de la vitrine. Le numéro a manifestement été repris pour son apparence de légitimité, sans que la société concernée y soit pour quoi que ce soit. Consulter le rapport public de réputation du nom suffit à mesurer l’écart : il plaçait alphaventureslimited.org à 1 % de confiance, sans aucun avis déposé. Un numéro d’immatriculation affiché ne vaut que si l’entité qu’il désigne est active et correspond au service proposé. Ici, les deux conditions faisaient défaut.
Ce type d’emprunt d’identité légale figure parmi les signaux que la page où l’AMF recense les acteurs non autorisés permet de croiser, dès lors qu’un numéro de société ou un nom d’entité est connu.
Deux mille trois cent quatre-vingt-cinq jours d’activité pour un nom vieux de deux cent huit jours
Quatre compteurs animés occupaient la page d’accueil : 73 169 utilisateurs actifs, 2 385 jours d’activité, 14 511 807,17 dollars de retraits cumulés et 9 201 939,97 dollars de dépôts cumulés. Ces valeurs n’étaient pas calculées en temps réel. Elles étaient inscrites en dur dans le code de la page, dans l’attribut qui pilote l’animation du compteur. Elles ne mesuraient rien.
Deux incohérences les rendent instructives. La première porte sur la durée : 2 385 jours représentent six ans et demi d’existence, quand le nom, créé le 1er avril 2026, avait 208 jours au jour de notre relevé. La seconde porte sur l’ordre de grandeur : les retraits annoncés dépassent de plus de cinq millions de dollars les dépôts annoncés. Ce seul écart décrit un programme dont les sorties ne peuvent provenir que des entrées suivantes, c’est-à-dire la structure d’un système de Ponzi.
Les formules proposées allaient de 1,5 % à 6,3 % par jour, servies par cycles de quinze heures, chacune assortie d’une commission de parrainage de dix pour cent. L’arithmétique est simple : un taux journalier de 1,5 % appliqué sur une année dépasse 200 fois la mise initiale. Aucun actif légal ne produit de tels rendements. Le dossier Profitingvext documente un montage identique, avec des taux quotidiens du même ordre et des compteurs tout aussi fictifs.
Une enseigne précédente jamais retirée des pages juridiques
Trois écarts de marque subsistaient dans le site tel qu’il était servi. La politique de confidentialité s’ouvrait sur l’intitulé « Trust Financial Limited », absent de toutes les autres pages. La page consacrée à l’achat de bitcoins portait le même en-tête. Le titre de la page de connexion affichait le nom d’un autre domaine, trust-financial.ltd, qui ne résout plus.
Une mention destinée à être complétée, « insert providers name/s here », était restée en clair dans le corps de la politique de confidentialité. Ce type d’oubli est caractéristique d’un gabarit acheté et rebaptisé à la hâte, sans relecture complète des textes juridiques.
La navigation entière du site passait par un paramètre unique ajouté en fin d’adresse : login, signup, account, deposit, deposit_list, forgot_password, faq, rules, legal, terms, support, buy-btc. Cette liste est l’empreinte d’un logiciel de gestion de programmes d’investissement vendu dans le commerce. Le site n’a jamais été écrit pour ce nom : il a été acheté, rebaptisé, et mis en service tel quel.
Cinquante et une briques louées, aucune écrite pour cette vitrine
Le nom était servi derrière Cloudflare, sur deux adresses voisines, dont 188.114.96.3. Le certificat couvrait le nom principal et tous ses sous-domaines, signe d’une infrastructure mutualisée entre plusieurs sites. Le serveur annoncé était LiteSpeed. La version du langage employée, PHP 7.4.33, n’est plus maintenue depuis la fin de l’année 2022 : toute faille découverte depuis cette date n’a reçu aucun correctif officiel.
Notre analyse technique avait recensé 51 technologies réparties en 17 familles. Parmi elles : un module de messagerie instantanée pour dialoguer avec les visiteurs, un afficheur de cotations boursières, un afficheur de cours de cryptoactifs, un outil de traduction, une bibliothèque de pictogrammes et une dizaine de bibliothèques de script côté navigateur. Rien n’avait été bâti sur mesure pour ce service.
La zone DNS portait également des consignes d’exclusion visant plusieurs robots d’indexation et des assistants d’intelligence artificielle, ce qui réduisait la trace laissée dans les moteurs de recherche et retardait la détection. Ce même réflexe d’effacement préventif se retrouve dans l’affaire Traderscope, où l’infrastructure Cloudflare et les consignes d’exclusion similaires avaient retardé l’identification du montage de plusieurs semaines. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Rassembler les pièces alors que l’adresse ne répond plus
La disparition du nom change une chose fondamentale : les pages ne sont plus consultables. Toute copie datée réalisée avant le 24 octobre 2026 devient la seule trace vérifiable du contenu proposé. Les captures d’écran horodatées, les relevés du tableau de bord et les copies de la grille des formules constituent désormais des pièces irremplaçables. Aucun service tiers ne peut garantir une restitution fidèle d’un site suspendu au niveau du registre.
Les dépôts se faisaient en cryptoactif. Ce canal ne permet pas de déclencher un rappel auprès d’une banque comme le ferait un virement ordinaire. La transaction sur la chaîne est définitive dès sa confirmation. Ce qui reste mobilisable, c’est l’historique complet des transactions, avec les adresses de portefeuille de destination, les montants en cryptoactif et leur contre-valeur en euros au moment de chaque opération.
Les pièces à réunir sans délai sont les suivantes : les empreintes de chaque transaction avec date et montant converti en euros, l’ensemble des échanges avec l’interlocuteur par courriel et messagerie, l’écran d’ouverture de compte, les relevés du tableau de bord et une copie datée de l’accueil ainsi que de la grille des formules. Sur le point de droit : l’établissement qui a reçu les fonds avant leur conversion en cryptoactifs peut se voir reprocher un défaut de vigilance, s’il n’a pas alerté son client devant un versement manifestement destiné à alimenter un programme de rendement atypique. Consultez la marche à suivre pour déposer plainte pour structurer cette démarche.
Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, détaille dans l’entretien qui suit une victoire judiciaire obtenue pour des victimes d’escroquerie financière : un établissement bancaire condamné pour avoir manqué à son obligation de surveillance, et les conditions concrètes qui ont permis d’aboutir à ce résultat.
La voie pénale a déjà donné des résultats mesurables sur des dossiers comparables. L’entretien ci-dessus en montre les conditions : des pièces rassemblées tôt, un récit chronologique cohérent et une stratégie adaptée au canal de dépôt utilisé.
Un dépôt en cryptoactif peut-il encore être discuté après la coupure
La priorité est de rassembler toutes les pièces déjà en votre possession avant qu’elles ne soient perdues ou inaccessibles sur un appareil secondaire. Réunissez les empreintes de transactions, les échanges avec l’interlocuteur, les relevés du tableau de bord et toute copie du site réalisée avant la suspension. Déposez ensuite une plainte pénale devant le procureur de la République de votre domicile, ou auprès d’un service spécialisé, en joignant ces pièces classées par ordre chronologique. La disparition du site ne clôt pas le dossier pénal : elle en fixe simplement la date butoir pour la collecte de preuves.
La suspension « client hold » signifie que le bureau d’enregistrement a retiré le nom de la résolution ; les motifs de cette décision ne sont pas rendus publics. Elle ne restitue aucun fonds. Les transactions en cryptoactif effectuées avant cette date sont définitives sur la chaîne. La suspension confirme toutefois que le nom a été identifié comme problématique, ce qui peut constituer un élément utile dans un dossier pénal ou dans une discussion avec la banque qui a reçu les fonds avant l’achat de cryptoactifs.
Pour une société britannique, le registre Companies House, accessible librement, permet de saisir le numéro et d’obtenir le statut exact de l’entité, sa date de dissolution éventuelle et son adresse de siège. Si le statut affiché est « Dissolved », la société n’existe plus juridiquement. Comparez ensuite l’adresse de siège indiquée par le registre avec celle affichée sur le site : une correspondance exacte entre une société dissoute et une adresse reprise mot pour mot est un signal d’emprunt d’identité, non une preuve de légitimité.
Alphaventureslimited.org a été coupé le 24 octobre 2026, plus de cinq mois avant l’expiration de son enregistrement fixée au 1er avril 2027. Le nom ne résout plus, les pages ont disparu, et les fonds versés en cryptoactif ne reviendront pas d’eux-mêmes. Si vous avez déposé des fonds sur cette vitrine ou sur un service au fonctionnement similaire, BrokerDefense propose une évaluation préalable de votre dossier pour déterminer quelles voies restent ouvertes selon les pièces dont vous disposez.
Article réécrit le 26/10/2026


